Stabilité du bas du corps : La fondation d’un bon swing de golf pour tous les amateurs ?

A l’occasion d’un leçon de golf avec l’enseignant Thierry Merle, j’ai eu l’occasion d’améliorer très sensiblement la stabilité de mon corps pendant mon swing, en particulier la partie basse (hanches et jambes), et sans faire un changement physique majeur. Ce gain de stabilité a été prépondérant dans l’amélioration de mon jeu, aussi bien autour du green, que sur les coups de fers, et au driving. En discutant avec d’autres amateurs, il semble bien qu’au-delà de ne plus vouloir faire de slice, ou d’autres fautes, la première bonne pierre d’un édifice soit la stabilité…

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A priori, pour un être humain, qui plus est un adulte, c’est plutôt naturel de se tenir debout sur ses deux jambes. Pour une majorité d’entre nous, golfeurs ou golfeuses, sans situation de handicap, c’est tellement naturel que nous n’y prêtons plus vraiment attention.

Pour un golfeur, la posture est une première étape de mise en place devant la balle, et justement l’occasion de créer un stance, une manière de se tenir debout devant la balle.

Quand on parle de stabilité, parfois, on parle d’ancrage dans le sol. C’est une chose d’être stable quand on est immobile devant la balle, et une autre que de conserver un minimum de stabilité quand on déplace le club, soit pour le backswing, soit pour le follow-through.

Dans mon modeste exemple, je me suis pourtant souvent vu « glisser » légèrement pendant le démarrage de mon swing, et être à la limite de la perte de stabilité à l’impact ou après.

Se filmer est un bon moyen de se rendre compte de son niveau de stabilité pendant un swing.

Le problème, c’est que le plus souvent, ce n’est pas ce que l’on veut voir, ou surtout on n’en mesure pas assez bien l’importance.

Pour ma part, j’ai passé plus de temps à regarder la forme de mon swing, le déplacement du club dans le plan, ou la position de mes hanches à l’impact.

Rarement, voir jamais, je ne me suis préoccupé de savoir si j’étais suffisamment stable.

Il convient bien entendu de définir ce qu’est la stabilité, surtout pendant un mouvement, car cela pourrait paraître antinomique.

Quand je parle de stabilité à mon niveau amateur, je veux évoquer le fait de tourner (rotation) plutôt que de glisser sur le côté.

Rester stable sur son axe de rotation… ne pas glisser d’un côté à l’autre (ce qui pourrait être mon problème) ou alors se baisser ou se relever (ce qui quelque part est sans doute un autre problème).

Le Titleist Performance Institute a contribué à nommer les fautes techniques, et dans ce cas, en particulier, les experts parlent de sway ou de slide.

Slide (glisser), cela veut dire qu’il y a plus ou moins un gros mouvement parasite qui va décaler le joueur de son axe de rotation au-dessus de la balle.

Logiquement, on peut comprendre qui si on se décale d’un axe alors que la balle ne bouge pas, et tout du moins, tant qu’elle n’a pas été contactée, et bien, on commence à créer une perturbation entre le mouvement du joueur, et le but recherché : Taper dans la balle.

Ainsi, j’imagine que ce mouvement parasitaire est à l’origine de fautes comme la gratte, le top, le slice ou le hook.

Définis tel quel, finalement, pour tout golfeur, de 5, 10, 15, 20, 30 d’index et encore plus, le premier objectif technique raisonnable, c’est bien de se préoccuper de cette stabilité devant la balle en posture, et encore plus pendant le mouvement.

Finalement, je m’interroge.

Et si la stabilité du bas du corps était tout simplement la première fondation à construire, à pérenniser, à solidifier dans un swing de golf ?

Je vais utiliser un terme qui n’est pas à mon avantage, et utilisé par Thierry Merle pour décrire mon swing de golf, au début de nos premières leçons ensemble.

La première chose que je lui ai dite, c’est « tu vas voir, j’ai un swing atypique que depuis les années 2000 je n’ai pas su modifier ».

Ce n’est pas ce que l’a préoccupé.

En revanche, il m’a tout de suite parlé de posture, en m’invitant aussi à visualiser par exemple la routine de l’anglais Tommy Fleetwood.

Dans mon cas, ce qui était péjoratif, c’est cette mise en place qui ne lui paraissait pas être d’un golfeur voulant devenir joueur à un chiffre, mais pire, pendant le swing, il détectait non pas un swing atypique, non pas quelque chose que le Trackman aurait pu traduire en chiffre, mais tout simplement, une forme de « dandinement ».

C’était la clé de mon problème.

Au lieu d’être bien stable pendant mon swing, il y avait bien un petit phénomène de « slide », de glissement sur mes jambes, à l’origine de beaucoup de mon irrégularité.

Le plus terrible, c’est que c’est vrai pour le jeu long (au drive) mais aussi autour du green pour de simples chips.

Une fois que j’ai pris conscience de ce mot, et nous avons travaillé à la fois sur le démarrage de mon swing, et surtout sur mon finish.

Pour Thierry, clairement, quelque soit le résultat du coup, réussi ou raté, je devais prioriser le fait de réaliser un beau finish en équilibre et face à la cible.

Jusque-là, je pouvais facilement, et dès que je sentais un mauvais impact, « abandonner mon finish », et terminer mon geste comme une m…

Non, là, je devais faire l’effort de toujours réaliser un beau finish, quel que soit la qualité du contact.

En très peu de leçons, moins de quatre, Thierry a été particulièrement surpris de mes progrès.

C’est la bonne nouvelle.

On peut rapidement progresser quand on identifie vraiment ce qu’il faut mettre en place.

Pour donner une valeur à ce progrès, au-lieu de jouer en moyenne 90 à 95 coups sur 18 trous, j’ai commencé à rendre des cartes de 80 et 82.

Il est peut-être trop tôt pour conclure ou crier au miracle.

En réalité, j’ai appliqué une chose très simple.

Je n’ai rien changé de particulier dans ma technique. J’ai simplement commencé à me répéter trois fois le mot « stable » « stable » « stable » dans ma tête, pendant toute la partie du take-away, justement la partie critique dans mon swing.

En me focalisant sur le fait d’être stable au démarrage du backswing, j’ai notamment amélioré la qualité de mon contact.

Assez rapidement, au bout de quelques séances de practice, j’ai remplacé ou alterné le mot « stable » avec le mot « calme » à nouveau répété trois fois, et toujours dans la période courte entre le take-away, et le sommet du backswing.

De mon point de vue, après la phase de transition, et jusqu’à l’impact, c’est difficile de se parler ou de se focaliser sur autre chose que la frappe.

Pourquoi j’ai remplacé « stable » par « calme » ?

Car une de mes fautes en stabilité était justement au motif de vouloir taper fort, de confondre vitesse et précipitation.

En calmant le démarrage de mon swing (rythme), j’ai l’impression d’avoir diminué le risque de perte de stabilité du bas de mon corps, pour rester le plus longtemps possible en équilibre (jusqu’au sommet du swing).

Au cours d’une récente discussion avec mon père, 72 ans, golfeur amateur 24 d’index, je me suis rendu compte qu’il avait en fait le même problème de stabilité sur ses jambes, pour se plaindre des mêmes conséquences : L’irrégularité.

On peut donner beaucoup de conseils à des golfeurs amateurs : Tourne les épaules, écarte les pieds, soigne ta montée, fais attention à ne pas être trop appuyé à gauche ou l’inverse…

J’entends plus rarement : Essaies d’être plus stable !

A tous les niveaux, c’est peut-être tout bonnement fondamental or comme cela nous paraît d’une telle évidence, nous cherchons beaucoup d’autres choses compliquées.

La stabilité est sans doute une évidence, mais obtenir un parfait équilibre pendant une rotation, cela ne l’est peut-être plus.

Quand on creuse la question, et notamment sur Internet « Comment améliorer la stabilité pendant un swing de golf ? », je constate deux grandes familles de réponses : Améliorer la stabilité du noyau et améliorer la qualité de votre swing ou faites du fitness en prévision du golf.

Dans le premier cas, on peut vous décrire beaucoup d’exercices pour améliorer la stabilité, et tout un tas de gadgets pédagogiques ou d’aides à l’entrainement peuvent servir.

Pour en avoir essayé beaucoup, j’ai tout de même une précaution à partager : Sur le parcours, c’est difficile de sortir son gadget à tous les coups.

Je ne suis pas sûr qu’il faille développer une dépendance à un outil.

Dans mon cas personnel, finalement, c’est la prise de conscience du besoin d’être plus stable qui a été au déclenchement d’une amélioration. Je me suis tout simplement mis à écouter mon corps.

Je me suis concentré sur ma stabilité, et tout du moins pour l’instant, cela m’a suffi à progresser sans utiliser des outils extérieurs.

Deuxième grande réponse, le fitness !

Là, encore, je crois qu’il ne faut pas se tromper d’objectifs. Qui dans la population des lecteurs de JeudeGolf veut devenir professionnel sur le PGA Tour ?

Faire 60 secondes de gainage tous les matins ? C’est un effort minime, et raisonnable en temps. Par conséquent, je peux arriver à le tenir.

De là, à faire 20 minutes tous les jours ou même tous les trois jours, l’expérience m’a prouvé que je peux le décider en mode « bonnes résolutions », et le tenir deux semaines puis finir par abandonner.

Je veux en venir au fait que la stabilité me paraît une priorité pour tous les golfeurs amateurs, et qu’avant de se lancer dans un grand programme d’entraînement avec des outils pédagogiques, ou de faire du fitness dans le but d’améliorer son corps, il y a déjà une première étape raisonnable à franchir : La prise de conscience.

Le fait de me répéter le mot stable pendant mon take-away, et à l’occasion de toutes mes séances de practices a déjà suffi à me sensibiliser, et faire dire dans la bouche du coach, que j’avais fait un progrès significatif.

Je ne sais pas si pour vous ce sera le mot « stable » ou un autre, mais peut-être que le fait de focaliser pendant un temps votre attention sur votre stabilité, peut-être en vous filmant, mais en examinant la partie basse de votre corps pendant le swing, vous permettra par la suite de construire d’autres améliorations de votre geste.

Crédit photo : Rich Graessle/Icon Sportswire

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Commentaires   

sylvainmazieres@hotmail.com
+1 #1 100% d'accordsylvainmazieres@hotmail.com 26-03-2021 12:08
Article très intéressant, sur un sujet qui effectivement n'est peut-être pas assez en avant.
J'ai moi aussi tendance à glisser à droite au backswing avec les genoux qui se décalent légèrement à droite. J'essaie (mais trop peu...) d'avoir une jambe droite qui resiste et un genou gauche qui, au lieu de glisser, va "pointer" vers le sol (l'image est d'avoir un gros ballon entre les jambes et de conserver un écartement entre les genoux)

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