Posté par le dans Mieux jouer au golf - Nos conseils techniques

Comment contrer le slice au golf ? Les conseils de Fabrice Tarnaud

A l’occasion d’une rencontre avec Fabrice Tarnaud, nous avons évoqué une des grandes tendances actuelles concernant beaucoup d'enseignants qui inciteraient leurs élèves à ouvrir les hanches à l’impact. Pour le pro français, cette influence est directement liée au jeu de Ben Hogan et Jack Nicklaus qui, subissant des trajectoires en hook (balles finissant fort à gauche) avaient trouvé comme solution de fortement tourner leur hanche à l’impact, et ce, pour optimiser leur trajectoire. Cet enseignement est-il directement à l’origine de générations de sliceurs ? Fabrice Tarnaud vous livre son point de vue, et surtout sa solution.

Découvrez nos formules d'abonnements

Les résultats d’Hogan et Nicklaus ont été tels qu’ils ont façonné cette idée de fortement tourner les hanches en modèle, d’abord largement repris par des générations d’enseignants, bien avant d’être plébiscitée par les golfeurs amateurs.

Problème, selon Fabrice Tarnaud, bien peu d’amateurs auraient en réalité la mobilité nécessaire pour réaliser ce type de mouvement, et mal réalisé ce mouvement entraînerait des risques de slice très importants.

Le slice étant une balle qui s’écarte fortement à droite de la cible visée par un golfeur droitier. Le golfeur perd à la fois la trajectoire, et en distance. Il peut ainsi mettre en jeu des obstacles ou des zones plus pénalisantes sur le parcours. En somme, il perd des coups.

Fabrice Tarnaud nous en rappelle l’origine : Il s’agit principalement d’une mauvaise synchronisation entre les mouvements du haut et du bas du corps.

Si le haut du corps tourne plus vite vers la cible, mais qu’à l’impact, le bas du corps est à la traîne, et les bras ne ramènent pas la face de club square à l’impact, le slice peut apparaître.

D’un point de vue mécanique, le chemin du club vers la balle peut venir de l’extérieur du plan vers la cible en direction du plan intérieur. On dit plus simplement que le joueur coupe l’axe vers la cible, et plus vulgairement qu’il « coupe du jambon » avec un mouvement principalement du haut du corps.

Sans dissociation de la rotation du bas et du haut de corps, le slice aura donc de bonnes chances de s’inviter dans votre jeu.

A ce chemin du club dans l’espace qui se suit une trajectoire extérieur-intérieur à l’axe de la cible, le plus souvent chez l’amateur, il faut ajouter une face de club qui reste très ouverte par rapport à la cible, et c’est la conjonction de ces deux phénomènes qui entraîne le slice.

La balle est fouettée vers la droite de la cible, toujours pour un droitier.

Toutefois, le slice ne devrait pas toujours être vécu comme une anomalie grave du swing de golf. Sur le parcours, dans certains cas, on peut avoir besoin de « slicer » la balle pour justement épouser la forme d’un trou ou tout simplement pour contourner un obstacle.

Le problème du slice se pose quand il n’est pas contrôlé ou systématique, et surtout pas désiré.

Fabrice Tarnaud nous invite donc à le retrouver sur le terrain, pour une solution détaillée, afin de vous permettre de ne plus slicer lors de votre prochaine partie, et quand vous ne souhaitez justement pas réaliser cette trajectoire.

Une balle qui finit fort à droite est généralement coupée ou slicée, et quand la balle part en push (à droite) pour ensuite tourner vers la droite en slice, Fabrice appelle avec humour ces balles des slush… une balle qui coûte souvent deux coups sur un parcours de golf, car finissant le plus souvent dans des obstacles compliqués, quand elles ne sont tout simplement pas perdues…

Ces balles sont généralement liées à une action au downswing (le retour du club vers la balle) avec des épaules très actives dès le début de la descente, et pendant tout le temps du mouvement du golfeur.

Les épaules sont très ouvertes, alignées à gauche au moment de l’impact.

Le cerveau le comprend justement très bien, et vous alerte instantanément…

Pour éviter que la balle ne finisse à gauche, les mains réagissent et ouvrent la face du club, ce qui provoque une balle coupée : la balle sort à gauche, tout droit, ou à droite mais toujours pour finir beaucoup trop à droite de la cible, justement sous l’effet de ce mouvement qui coupe la balle, et lui donne un fort spin latéral (effet), en plus de perdre en distance.

Pour sortir de cette spirale, le pro nous invite à nous concentrer sur le rapport entre les mains et les épaules.

Trop souvent, à l’impact, le haut du corps est déjà tourné vers la cible tandis que les mains arrivent après.

Certains parlent du retard du club (release), mais en l’espèce, il s’agit surtout d’une avancée du haut du corps.

Réussir à générer ce retard du club (qui peut surtout aider à avoir plus de vitesse de swing) sans provoquer d’avancée du haut du corps est alors difficile à calibrer, pour une grande partie des joueurs amateurs.

Le but du jeu va donc être de réussir à faire passer les mains avant le haut du corps.

La tête du club passe, les mains passent, et ce n’est qu’ensuite que les épaules tournent, entraînées par le club.

Les épaules doivent tourner, mais après que les mains sont passées.

C’est peut-être cette notion qui pourra vous sembler la moins naturelle ou la plus complexe. Cela peut-être bon de répéter un swing au ralenti et justement en cherchant à le mimer.

Fabrice Tarnaud évoque une piste de travail souvent proposée dans l’enseignement classique du golf, en simulant un swing avec uniquement le bras gauche.

Nul besoin de faire une montée complète, l’idée est simplement de swinguer en laissant le bras gauche passer, en gardant le buste stable, devant la balle pour bien sentir cette idée d’un club qui passe, avant de tourner le buste.

Le revers de la médaille de ce mouvement avec le seul bras gauche est qu’après la zone d’impact, le bras gauche s’éloigne du flanc gauche, provoquant une déconnexion du bras, dont on sait qu’elle n’est pas souhaitable.

Au golf, on vante souvent les bénéfices de rester connecté dans la mesure où un swing de golf est une suite de séquences de mouvements et d’accélérations dans lesquelles les bras sont en fait le dernier segment qui transmet le maximum d’énergie au club, puis à la balle.

Déconnecter, c’est en fait perdre la qualité de transfert d’énergie du corps vers les bras, et donc vers la balle.

Toujours sur ce mouvement spécifique avec le seul bras gauche (pour un droitier) on peut également noter que naturellement le poignet gauche va tourner vers la gauche, et se faisant, il va refermer la face du club.

Refermer la face du club… ce n’est pas forcément ramener la face de club square à l’impact, et donc en direction de la cible désirée.

Afin de ne pas déconnecter le bras du corps, Fabrice voit souvent des joueurs travailler avec une sangle ou avec un capuchon sous l’aisselle, un exercice souvent populaire chez les amateurs.

Problème, en procédant ainsi, on peut se retrouver à tout tourner ensemble, comme un bloc du haut du corps… et là on se retrouve à nouveau avec la faute du slice.

Fabrice Tarnaud explique « Voilà pourquoi de mon point de vue, l’utilisation du côté gauche, ce que l’on nous a proposé, vendu, pendant des décennies, à savoir l'utilisation de ce côté gauche au retour, avec l’idée de tourner, de reprendre appui sur la jambe gauche très vite, d’envoyer les hanches très vite, de tirer le grip avec le côté gauche très vite, d’utiliser le côté gauche très vite… tout ça, pour moi, ce n’est pas viable ! C’est même dangereux pour la qualité du coup ! Cela provoque à terme des balles coupées ! »

Que reste-t-il alors pour régler le problème du slice ? Utiliser le côté droit ?

Cela tombe bien si vous êtes droitier… (ou inversement, si vous êtes gaucher).

La proposition de Fabrice Tarnaud consiste à utiliser de façon dominante, votre côté fort.

Dit autrement, le côté de votre corps le plus en arrière de la balle.

L’idée est de lancer la tête du club par le côté fort plutôt que de tirer le club avec le côté faible.

Cela tombe bien, le golf est justement un sport de lancer.

Du coup, retour à l’exercice du swing à une main… mais au lieu de prendre le club dans votre main avant (la gauche pour les droitiers), vous le prenez avec votre main arrière (la droite pour les droitiers).

Vous réalisez votre backswing, soit une rotation des épaules, coude vers le bas...et là, l’idée est de venir tenir l’épaule avec la main libre, de tenir le haut du corps avec la main libre, et de retenir l’épaule, le haut du corps pour qu’il ne soit pas le moteur du mouvement.

A partir de là, enclenchez le downswing tout en libérant la tête du club.

Il faut laisser passer le club en faisant passer les mains devant l’épaule.

Passez les mains de l’arrière vers l’avant, les hanches peuvent rester actives si vous en ressentez le besoin, cependant, il est fondamental de réussir à faire passer les mains avant l’épaule droite, et avant l’impact.

Evidemment avec la vitesse, les épaules vont être entraînées, vous permettant de finir tourné vers la cible, mais cela est une conséquence d’un mouvement de lancer libéré, pas une intention.

L’avantage de ce mouvement, s’il est réalisé naturellement, si vous libérez votre main droite pour lancer la tête de club, si vous avez cette intention en dépliant le coude, de laisser passer les mains pendant que l’épaule droite reste calme, alors la main va naturellement se refermer après l’impact, et la tête de club arriver plus square à l’impact.

Cela va permettre à votre main de réaliser sa pronation naturelle (mouvement de rotation interne) vous permettant de réaliser une balle droite ou un petit draw.

Les mains ne vont pas se bloquer à l’impact, pour rester ouvertes à cause d’un mouvement d’épaule prématuré.

Il faut libérer les mains avant que les épaules n’aillent voir ce qu'il se passe à la cible.

Afin de bien ressentir les différences Fabrice Tarnaud vous invite à faire les 3 temps décrits :

1/ un swing avec le bras gauche libre,

2/ un swing avec le bras gauche connecté au corps par un capuchon,

3/ un swing avec le bras droit qui passe devant le corps et vers la balle.

Une fois bien compris les différents mouvements, vous pouvez reprendre le club à deux mains, en cherchant à reproduire les sensations obtenues lors du travail avec le seul bras arrière (droit pour un droitier).

Cela devrait vous permettre de commencer à optimiser la relation entre le chemin du club pendant le mouvement, et la face du club à l’origine de toute trajectoire.

Restez informé

Recevez notre newsletter

(Note moyenne de 5 sur 6 votes)

Vous ne pouvez pas poster de commentaires si vous n'êtes pas membre du site.