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Déplacer ou pas la tête pendant un swing de golf ?

Déplacer ou pas la tête pendant un swing de golf ?

L’enseignement du golf implique de rester concentré sur la balle au moins jusqu’au contact. Le fait de tenter de manière intense de rester complètement immobile au niveau du cou peut créer des tensions au niveau des épaules. Cela peut aussi induire l’effet inverse recherché, des shots plus courts, et un release trop précoce. Tous les enseignements s’accordent sur le fait que le haut du corps doit rester au même niveau le plus longtemps possible, du début du swing jusqu’au finish…C’est ce qui doit assurer un angle de la colonne stable, un plan de swing cohérent, et un chemin de club direct à la balle… L’exemple du haut niveau démontre qu’il n’y a pourtant pas qu’une seule façon de faire, et que certaines théories se contredisent… Que faut-il considérer ?

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Comprendre la théorie du swing de golf quand on est amateur

Si on visualise le swing d’un golfeur de face, et que l’on s’intéresse au fait de lancer le club vers la balle dans le but de lui transférer un maximum d’énergie, il paraît logique que le point le plus bas et le point le plus haut se situent sur une même ligne, stable, et même relativement fixe pour que l’impact soit le plus violent possible.

Si le corps d’un golfeur devait bouger ou branler comme un château de cartes, on comprend aisément que le transfert de puissance recherchée du corps vers la balle ne pourrait pas être efficient.

Oui, mais, amateur… Peut-on réellement contrôler le mouvement naturel de la tête pendant un swing qui dure à peine plus d’une seconde ?

Contrôler le mouvement latéral ? Contrôler le mouvement horizontal ?

Certains enseignants préconisent de conserver la tête immobile plutôt que basse, ce qui est une différence subtile, sachant que cette même tête va en fait légèrement se déplacer sur la droite pendant le backswing, et à gauche pendant le swing vers l’avant, dans un mouvement qui suit les épaules. Ça… c’est la théorie.

L’idée de ce sujet est venue à la suite de la visualisation récente d’une vidéo du swing de Tiger Woods, illustrant le fait que pendant tout le swing, au ralenti, sa tête reste dans un cadre et n’en sort quasiment pas, du mouvement de démarrage jusque bien après l’impact.

L’idée de ce sujet est venue à la suite de la visualisation récente d’une vidéo du swing de Tiger Woods

On peut voir que l’ensemble de son corps agit dans un périmètre finalement très restreint, qui se résume en fait à la largeur de ses épaules, de son bassin, et de l’écartement de son stance.

Le mouvement latéral du corps est très limité, pourtant, la vitesse du mouvement, et plus précisément la rotation est extrême.

Quand on est amateur, très vite, on essaie de reproduire cette rotation, sans réellement parvenir à cette excellence ou plutôt cette rotation si rapide dans un espace si restreint.

Le Titleist Performance Institute définit d’ailleurs très bien les différentes fautes que nous commettons : Sway, Slide, extension précoce, swing over the top, pivot inversé, frappe en arrière, frappe trop en avant, casser les poignets, swing en aile de poulet, ou encore le fait de recouvrir les poignets à l’impact (scooping), autant de fautes qui résultent d’une mauvaise compréhension de ce qu’est réellement une rotation.

Le TPI parle d’insuffisances mécaniques, ce qui justement peut engendrer des risques de blessures.

Aligner le corps et laisser la tête libre de se déplacer

La tête qui symbolise la partie supérieure du swing de golf est un élément important.

Qu’un golfeur glisse depuis sa position initiale vers la gauche au démarrage du swing, ou vers la droite à l’impact, on retrouve dans tous les cas, un écart entre la position de la tête et la position de la balle dans le stance.

Stabiliser le haut du corps est donc bien un enjeu du swing de golf.

Le fait que Tiger Woods arrive à une stabilité quasiment maximale avec un mouvement limité à moins de 2,5 centimètres entre sa tête et la position de la balle au sol à l’adresse est sans doute un cas extrême

Le fait que Tiger Woods arrive à une stabilité quasiment maximale avec un mouvement limité à moins de 2,5 centimètres entre sa tête et la position de la balle au sol à l’adresse est sans doute un cas extrême, et pas nécessairement facilement répétable par une majorité de golfeurs et de golfeuses.

Pour Derek Hooper, enseignant de golf à Troon, le fait de conserver la tête totalement immobile serait en fait un mythe.

Il fait partie de ceux qui considère que si un amateur force trop à rester immobile au niveau de la tête, il ne va pas pouvoir swinguer de manière agressive, et donner un maximum d’énergie à la balle.

Il fait partie de ceux qui considère que si un amateur force trop à rester immobile au niveau de la tête, il ne va pas pouvoir swinguer de manière agressive, et donner un maximum d’énergie à la balle.

« Le fait de garder la tête totalement immobile pendant le backswing va rendre difficile le fait de tourner le corps correctement. »

Il ajoute « Quand je vois des élèves tenter de garder la tête complètement fixe au-dessus de la balle de l’adresse au sommet du backswing, je constate qu’il n’y a donc pas de rotation de la tête, alors qu’au contraire, la tête devrait justement se déplacer légèrement vers la droite, de sorte que mes yeux puissent voir l’arrière de la balle plus que le dessus au centre. Le fait de légèrement déplacer la tête permet de rendre plus facile la rotation de tout le haut du corps, y compris le buste. Ce faisant, je permets à mon corps d’être légèrement plus en appui à droite par rapport à ma position initiale à l’adresse. »

Ce faisant, je permets à mon corps d’être légèrement plus en appui à droite par rapport à ma position initiale à l’adresse. »

Derek Hooper a étudié de nombreux swings à l’aide d’outils 3D, et de son expérience, il a relevé que la tête peut se déplacer de 2,5 centimètres à 7,5 centimètres pendant le mouvement.

Il affirme que la « longueur » de ce mouvement, votre mouvement va dépendre de votre propre flexibilité.

L’autre point très intéressant relevé par cet enseignant britannique concerne le fait qu’en tentant d’imiter les pros avec une tête particulièrement fixe, l’erreur la plus fréquente consiste à créer un pivot inversé !

Le pivot inversé est un mouvement où en réalité, la tête se retrouve en avant de la balle au sommet du swing, et donc plus du tout sur un seul plan direct des pieds à la tête.

Le pivot inversé est un mouvement où en réalité, la tête se retrouve en avant de la balle au sommet du swing, et donc plus du tout sur un seul plan direct des pieds à la tête.

Ce décalage conduit à des frappes avant la balle, et donc à de la perte de puissance.

Retenez que le pivot inversé peut justement provenir d’une tentation de trop raidir le cou.

Autre élément important, le pivot inversé fait perdre la position idéale de la colonne vertébrale par rapport à la balle.

La colonne se retrouve en avant, et dans une position justement d’angle inversé.

Idéalement, la colonne vertébrale doit être légèrement décalée vers l’arrière de la balle à l’adresse, et non pas l’inverse.

Au moment de relancer le club vers le sol, le pivot inversé rend plus difficile le fait d’attraper la balle avec régularité.

J’ai justement testé le fait de « bloquer » la tête pendant la majorité du swing avec un trackman, et en utilisant la fonction vidéo pour effectivement corréler les chiffres décrivant le coup, et l’image de mon mouvement.

D’un coup à l’autre, il y a énormément d’inconsistance avec des variations de profondeurs, et de trajectoires.

D’un coup à l’autre, il y a énormément d’inconsistance avec des variations de profondeurs, et de trajectoires.

Surtout, à l’image, on peut voir qu’au moment de relancer le club vers le sol, le pivot inversé est prononcé.

Surtout, à l’image, on peut voir qu’au moment de relancer le club vers le sol, le pivot inversé est réel.

Pour Derek Hooper, le bon mouvement consiste à laisser la tête venir pratiquement au-dessus du pied droit pendant le backswing.

De la sorte, l’angle formé par le corps par rapport à la balle va être bien meilleur.

La résultante sera un meilleur impact, plus de régularité et plus de vitesse de swing.

Pour Derek Hooper, le bon mouvement consiste à laisser la tête venir pratiquement au-dessus du pied droit pendant le backswing.  De la sorte, l’angle formé par le corps par rapport à la balle va être bien meilleur.

Oui mais alors d’où vient le mythe de la tête immobile que nous avons tous plus ou moins entendu dans notre enseignement ?

Le mythe de la tête immobile et du swing type

Un enseignant américain, Jeff Richmond, a réalisé une étude très intéressante sur la base du swing de 23 golfeurs professionnels parmi les plus renommés dont Jack Nicklaus, Tiger Woods, et Rory McIlroy.

Il s’est justement focalisé sur le mouvement de la tête pendant la durée du swing.

Il a eu l’idée de cette étude après avoir entendu que le déplacement moyen de la tête d’un golfeur professionnel sur le PGA Tour pouvait être en moyenne de seulement 2,5 centimètres.

Il a découvert que cette moyenne était au pire fausse ou au mieux très réductrice par rapport à l’immense diversité des swings qu’il a finalement observé chez les plus grands golfeurs de la planète.

Il ne s’est pas contenté de regarder le swing de Woods, McIlroy, Fowler ou Scott.

Il a analysé les swings de gauchers, de golfeuses ou de golfeurs d’époques plus anciennes comme Sam Snead, Greg Norman ou Arnold Palmer.

23 golfeurs et des différences flagrantes

Dans le cas d’Adam Scott, qui est considéré comme l’un des plus beaux swings de notre époque, ce dernier a une tête relativement basse pendant tout le mouvement, mais effectivement, elle ne sort quasiment jamais d’un même périmètre restreint de l’adresse à l’impact.

On peut simplement constater qu’elle descend légèrement à l’impact. Elle n’est pas non plus tout à fait immobile.

On peut simplement constater qu’elle descend légèrement à l’impact. Elle n’est pas non plus tout à fait immobile.

Dans le cas de Payne Stewart, le mouvement est très limité. La tête se déplace très peu sur la droite pendant le backswing, et très peu vers la gauche pendant le mouvement à l’impact.

En revanche, ses épaules pivotent complètement, et bien entendu, dans son cas, il n’y a pas de pivot inversé.

Dans le cas de Payne Stewart, le mouvement est très limité. La tête se déplace très peu sur la droite pendant le backswing, et très peu vers la gauche pendant le mouvement à l’impact.

A contrario, le gaucher Phil Mickelson déplace un peu plus la tête vers l’arrière au backswing, mais finalement toujours dans un périmètre très restreint.

C’est sans doute sous l’effet d’une très grande rotation des épaules. Mickelson ne se contente pas de déplacer les épaules sous son menton… il va plus loin !

A contrario, le gaucher Phil Mickelson déplace un peu plus la tête vers l’arrière au backswing, mais finalement toujours dans un périmètre très restreint.

Si on s’intéresse maintenant au cas du sud-africain Ernie Els, ce dernier étant aussi considéré comme un modèle pour son swing d’école, dans ce cas, on constate que le Big Easy sort du périmètre initial !

C’est donc le premier cas qui illustre une rupture de procédé par rapport à la théorie de la tête qui ne bouge pas.

Sa tête se décale nettement à droite au backswing et reste assez en arrière à l’impact !

C’est donc le premier cas qui illustre une rupture de procédé par rapport à la théorie de la tête qui ne bouge pas.

Richmond constate le même phénomène pour Tom Watson.

S’agissant de la dernière génération de golfeurs ou golfeuses athlétiques, au premier rang desquels figurent Michelle Wie ou Rory McIlroy, il constate un autre phénomène intéressant, comme si une nouvelle école de pensée avait vu le jour entre les années 90 et les années 2010.

S’agissant de Michelle Wie, sa tête reste très fixe avant peu de rotation de l’adresse jusqu’au sommet du swing, en revanche, à l’impact, au lieu d’envoyer sa tête vers l’avant, cette dernière la maintient très en arrière par rapport à la balle !

Soit l’inverse du mouvement considéré comme théorique d’une tête qui va en arrière au démarrage, et en avant à l’impact.

Ce mouvement est justement à l’origine de sa puissance ! Michelle Wie est très souvent la plus longue frappeuse du LPGA Tour… quand elle n’est pas blessée… Faut-il y voir un lien de cause à effet ?

S’agissant de Michelle Wie, sa tête reste très fixe avant peu de rotation de l’adresse jusqu’au sommet du swing, en revanche, à l’impact, au lieu d’envoyer sa tête vers l’avant, cette dernière la maintient très en arrière par rapport à la balle !

Dans le cas de McIlroy, on pourrait encore constater des différences, et dire de son swing qu’il est en trois temps.

A l’adresse et après le take-away, la tête n’a pas beaucoup bougé. Cependant, au sommet du swing, sa tête s’est décalée vers l’arrière, et à l’impact, comme Michelle Wie, au lieu d’aller vers l’avant… elle descend !

Ce swing est très similaire à celui de Tiger Woods, le modèle avoué de Rory. Jason Day, un autre disciple de Woods adopte lui-aussi ce type de mouvement…

Nous parlons ainsi des plus longs frappeurs des 20 dernières années.

A l’adresse et après le take-away, la tête n’a pas beaucoup bougé. Cependant, au sommet du swing, sa tête s’est décalée vers l’arrière, et à l’impact, comme Michelle Wie, au lieu d’aller vers l’avant… elle descend !

Cela ne nous dit toujours pas d’où vient le mythe de la tête fixe sur la balle…

On doit peut-être ce principe à Jack Nicklaus, l’une des premières références du golf moderne !

Connu pour être un golfeur à la « tête froide », il fait partie de ces joueurs qui ne déplacent quasiment pas la tête pendant tout le mouvement.

Connu pour être un golfeur à la « tête froide », il fait partie de ces joueurs qui ne déplacent quasiment pas la tête pendant tout le mouvement. Il a remporté 18 majeurs dans sa carrière dont le dernier à plus de 40 ans passés en 1986 à Augusta.

Toujours est-il que de Nicklaus à Woods, en passant par McIlroy, Day, Fowler ou même Bubba Watson, il faut bien admettre que les mouvements de la tête sont plutôt très limités.

Contemporain de Nicklaus sur la fin de sa carrière, star des années 90, Greg Norman a longtemps été considéré comme le meilleur driver de tous les temps.

A l’inverse de Nicklaus, il déplace énormément la tête pendant le swing ! Elle sort du périmètre initialement dessiné à l’adresse, et reste même très en arrière.

A l’inverse de Nicklaus, il déplace énormément la tête pendant le swing ! Elle sort du périmètre initialement dessiné à l’adresse, et reste même très en arrière.

Dernier swing illustré par Richmond, celui d’Arnold Palmer qui est un autre cas intéressant, car lui bouge dans tous les sens !

Surtout, il est un des seuls à déplacer sa tête en avant par rapport à la position à l’adresse !

Dernier swing illustré par Richmond, celui d’Arnold Palmer qui est un autre cas intéressant, car lui bouge dans tous les sens !

Richmond en est arrivé à la conclusion que la tête d’un golfeur professionnel ne se déplace pas seulement de 2,5 centimètres, mais bien de 7,5 centimètres en moyenne !

Scott, Mickelson ou Nicklaus ne la bouge quasiment pas. Ils sont sans doute en-dessous de 2,5 centimètres.

Els, Watson, Snead, Hogan, Norman, Player ou Faldo la déplace beaucoup, et même au-delà de 7,5 centimètres pour certains, ce qui représente une demi-tête.

Surtout, Richmond relève que le plus important se joue au moment de l’impact.

Dans ce cas, sur 23 swings observés, 13 ont la tête en arrière, 7 sont au-dessus de la balle, et 3 sont même en avant dont Gary Player et Arnold Palmer.

On peut en déduire qu’entre les années 60 et les années 2000, l’enseignement de la puissance auprès des golfeurs professionnels a évolué sur ce point.

Quelles conclusions sur la base des swings des pros ?

« L’idéal serait très peu de mouvement pendant le swing jusqu’à l’impact, mais vous pouvez vous autoriser une demi-tête de mouvement vers l’arrière pendant le backswing. »

On imagine notamment, comme l’expliquait Derek Hooper, que cela peut permettre d’éviter la faute du pivot inversé.

« A l’impact, l’idéal serait que la tête soit revenue dans sa position initiale ou mieux légèrement en arrière, et loin de la cible. »

Il ajoute « toute cette étude démontre qu’il n’y a pas qu’une seule façon de faire, et qu’il ne faut pas trop se focaliser sur la tête, sauf si vous sortez de ces grands standards. Au backswing, si vous déplacez la tête plus en arrière que les pros qui le font, il faut effectivement songer à limiter ce déplacement. »

En résumé, la tête n’a pas besoin d’être parfaitement immobile.

Chercher à reproduire le swing des athlètes comme Woods ou McIlroy peut engendrer des pivots inversés.

Il ne faut alors pas seulement « piquer » le déplacement de la tête, mais « toute la rotation du haut du corps mêlé à la stabilité du bas. »

La clé, c’est la qualité de l’impact. L’idéal serait que la tête soit dans la même position à l’adresse et à l’impact, en acceptant un mouvement entre ces deux étapes.

Remerciements : Derek Hooper et Jeff Richmond

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