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Labo Golf - Pas qu’un seul swing de golf ! Comment trouver ce qui marche pour soi

Labo Golf - Pas qu’un seul swing de golf ! Comment trouver ce qui marche pour soi

Si on s’amusait à résumer le swing de golf, on pourrait dire qu’il a pour fonction de produire une distance, et une direction. On dit souvent qu’un swing de golf est unique pour chaque joueur. Est-ce vraiment exact quand il s’agit de jouer un drive ou un fer ? Bien jouer au golf ? Est-ce que cela signifie avoir un bon swing de golf ou plutôt bien s’avoir se servir de ce que l’on a ? Les 20 dernières années ont été dominées par l’exemple de Tiger Woods, sans cesse en train de changer de swing pour aller encore plus loin dans la performance. Quelque part, il a influencé toute une logique de perfectionnement pour le swing de golf. Pour beaucoup d’amateurs, plus que de changer de swing, le véritable bénéfice serait d’apprivoiser leur swing existant. Dans cet article, je vais vous faire part d’une expérience personnelle avec un Trackman, qui a servi de révélateur pour mon swing. J’espère que cela pourra vous être utile.

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Il n’y a pas qu’une seule manière de réaliser un swing de golf !

Il suffit de visualiser le swing des professionnels Raphael Jacquelin, Clément Sordet ou Alexander Levy pour se rendre compte qu’à l’évidence, ils ont beau vouloir produire la même intention, un swing de golf, dans les trois cas, ils réalisent surtout leur propre interprétation de ce qu’est un swing de golf pour eux.

On dit souvent qu’il existe autant de swing de golf que de joueurs. Cela tient peut-être au fait qu’il n’y a déjà pas deux êtres humains qui se ressemblent.

Grand, petit, sec, trapu, nous différons tous beaucoup. Le swing de golf est notre chose.

Nous le produisons justement avec notre corps, notre physique, et donc toutes ces différences d’un individu à un autre.

Nous le produisons aussi avec notre esprit, notre manière de le conceptualiser, de l’imaginer.

Faut-il apprendre le swing parfait ou faut-il perfectionner son swing ?

Chacun pourra avoir son opinion.

Le juge de paix est en fait la capacité à répéter le plus souvent le même geste, et surtout, peut-être même plus important, savoir quand, comment et où utiliser ce geste sur le parcours.

Le golf ne se résume pas au swing de golf.

Sur le parcours, le véritable enjeu est d’avoir développé assez de savoir-faire, pour sortir le coup adapté à la situation ou alors savoir l’inventer, quand ce même coup à produire n’a jamais été appris ou répété.

Tous les pros ne passent pas leur temps à changer de swing

Parmi les meilleurs joueurs du monde, récent vainqueur de la Ryder Cup, l’anglais Tyrell Hatton est le contre-exemple de Tiger Woods pour la volonté de changer ou casser son swing.

Hatton, un petit gabarit, 1m75, déjà trois victoires sur l’European Tour dont deux successives sur le Alfred Dunhill Links Championship (2017 et 2018) a surtout appris à tirer parti de son swing.

Hatton, un petit gabarit, 1m75, déjà trois victoires sur l’European Tour dont deux successives sur le Alfred Dunhill Links Championship (2017 et 2018) a surtout appris à tirer parti de son swing.

A la différence de beaucoup d’amateurs, Tyrell Hatton sait surtout exactement ce qu’il actionne comme mouvement pendant son swing. Il a certainement appris plus vite en utilisant des radars comme le Trackman.

Il a pu mettre des valeurs sur des mouvements, et apprendre à ressentir dans son corps, comment déplacer le chemin du club ou ramener la face plus souvent à la cible.

Il ne faut pas croire que Tyrell Hatton, comme beaucoup de pros, tapent des coups parfaits avec une technique idéale.

Si on ne prend que la question du chemin de club, et c’est une des raisons qui explique pourquoi il y a autant de swings différents, il n’existe pas que trois familles de coups ou de chemins : Intérieur-extérieur, en ligne ou extérieur-intérieur.

Pour chaque grande famille, il existe une quantité infinie de degrés qui combinés avec la position de la face à l’impact peuvent engendrer une infinité de trajectoires différentes.

Dans le cas d’un Tyrell Hatton, il comprend très bien ou plutôt ressent parfaitement comment son swing à lui est intérieur-extérieur, et s’y est adapté pour donner les effets et trajectoires désirés à la balle.

Pour le coach Dan Whitaker, amené à décrire son geste, sur le tee de départ, quand il swingue le driver, au sommet du backswing, il perd un peu de hauteur (il se tasse un peu), et pour la récupérer, au moment de relancer, il a tendance à partir un peu en arrière avec le haut du corps.

Pour le coach Dan Whitaker, amené à décrire son geste, sur le tee de départ, quand il swingue le driver, au sommet du backswing, il perd un peu de hauteur (il se tasse un peu), et pour la récupérer, au moment de relancer, il a tendance à partir un peu en arrière avec le haut du corps.

« Il n’est pas nécessairement le joueur le plus droit qu’il soit au drive, mais il fait pourtant un travail incroyable pur coordonner ses bras, et son corps. »

Quand il tourne, il arrive très bien à connecter le buste avec les bras.

Pour ce coach, il n’enseignerait pas nécessairement cette manière de swinguer, mais reconnaît que cela fonctionne très bien pour Hatton.

C’est tout le secret du swing de golf.

Il ne s’agit pas forcément de reproduire le swing des autres ou idéalisé, mais d’apprendre à dompter son propre swing.

Pour Whitaker, à haut niveau, tous les pros savent dans quels domaines ils excellent, et dans quels domaines, ils peuvent s’améliorer.

Surtout, ils ont compris comment un type de mouvement peut entraîner un certain type de trajectoire de balle.

Hatton est suffisamment consistant dans ce qu’il produit actuellement, pour ne pas avoir nécessairement besoin de devoir changer son swing.

Il a surtout besoin de s’améliorer sur d’éventuels points faibles par compartiments du jeu, et surtout là où de petits gains peuvent lui apporter des progrès les plus rapides.

Hatton est suffisamment consistant dans ce qu’il produit actuellement, pour ne pas avoir nécessairement besoin de devoir changer son swing.

Si Tiger Woods a développé un culte pour le changement complet de swing, beaucoup d’autres pros essaient surtout d’améliorer l’existant par petites touches.

Un exemple de relation de cause à effet entre un mouvement à l’adresse et la trajectoire des balles

Confronté au problème de la direction de mes coups plus que la distance, constatant que sur le parcours, il pouvait m’arriver de taper encore quelques balles hors de contrôles, et hors du périmètre autorisé, ce qui immanquablement alourdissait terriblement ma carte de score.

Ce que Hank Haney appelle « The Big Miss », ce coup vraiment très raté qui peut entacher de manière irrémédiable une carte de score.

En conséquence, je passe encore beaucoup de temps à chercher, non pas à changer mon swing (j’en serai bien incapable), mais à chercher la cause de mon erreur la plus fréquente, un coup qui tourne fortement à gauche au drive ou avec un fer.

Pour vous, ce sera peut-être l’inverse.

Si je maîtrise l’explication théorique, la relation de cause-conséquence, le fait de développer un chemin de club intérieur… j’ai toujours eu du mal à comprendre ce qui causait justement un chemin intérieur.

Le club lui-même ? les bras ? les poignets ? la faiblesse de la rotation des hanches ?

En faisant des expérimentations, je dirai même par l’absurde, j’ai découvert qu’au drive, le fait de laisser mon épaule gauche pointer nettement à gauche de ma cible, en ne cherchant pas à l’aligner avec la cible, pouvait me permettre de réduire l’écart entre mon chemin de club très intérieur, et la ligne vers ma cible.

Epaule gauche qui pointe volontairement à gauche (les épaules vont de l'extérieur vers l'intérieur)

Au lieu de swinguer 5 degrés à droite (intérieur-extérieur), et donc lancer naturellement la balle à droite, par le simple ajustement de mon épaule gauche, sans rien changer d’autre, j’ai effectivement agi sur le chemin du club, et réduit le chemin de club de 2 ou 3 degrés. Je désespérais d’y parvenir.

Voir sur le graphique ci-dessus (club path à 2,1 degrés intérieur-extérieur)

De là, il ne me restait plus qu’à gérer la face de mon club dans la zone d’impact, pour opérer un bien meilleur contrôle sur la trajectoire de mes balles.

Voir sur le graphique ci-dessus (face ang. A 1,6 degrés légèrement ouverte)

Morale de l’histoire… Au lieu de chercher à changer mon swing pour le rapprocher de l’idéal enseigné, par une simple adaptation de mon corps, et surtout une compréhension de mon mouvement, j’ai appris ce qui chez moi, pouvait générer un chemin trop intérieur.

Dans ce cas, avec un chemin légèrement intérieur, et une face légèrement ouverte à droite de la cible (dès l’adresse), j’ai rendu mes coups plus prédictibles, et plus en ligne avec la cible avec un degré de dispersion amoindri (11 mètres en moyenne par rapport au centre).

Epaule droite qui pointe vers la droite de la cible (alignement des épaules plus intérieur-extérieur)

Inversement, en essayant de déplacer l’épaule gauche dans la ligne vers la cible à l’adresse (plus en direction de la droite), le chemin de club augmente automatiquement à 3,9 degrés plus intérieur-extérieur (il double quasiment par rapport à la série précédente), avec une face qui elle ne change pas (1,4 degrés), la direction du lancement est automatiquement plus à droite (lauch dir à 1,9 degrés), et la dispersion augmente nettement, de même que la « curve » de la balle (courbure) avec 60% des balles qui terminent trop nettement à gauche du fairway.

Nous n’apprenons pas tous de la même façon. Nous ne swinguons pas tous de la même façon.

Cette sensation d’épaule gauche plus à gauche n’est sans doute valable que dans mon exemple, et par rapport à mes contraintes physiques.

Le fait d’utiliser un radar m’a seulement permis de mettre une valeur sur cette correction, et de visualiser plus rapidement le rapport de cause à effet entre ce mouvement, et la trajectoire de la balle.

Avec l’aide d’un coach muni d’un tel radar, vous pourriez peut-être tout simplement chercher à évaluer différents de vos mouvements corporels ou votre posture à l’adresse, pour simplement mieux comprendre les incidences sur vos trajectoires de balles.

Un pied plus en avant, un pied plus en arrière, l’épaule plus à gauche ou plus à droite ?

Toujours au cours de cette expérience, je me suis rendu compte que la position de mon épaule gauche avait réellement un impact crucial sur mes trajectoires de balles.

Si au drive, je devais la laisser plutôt à gauche de ma ligne avec la cible à l’adresse, pour un fer je devais au contraire, la ramener sur cette ligne pour contrer une tendance à ne pas résister côté gauche au moment du downswing, et me laisser m’embarquer et lancer trop à gauche par une action des poignets qui venaient recouvrir la balle, comme pour compenser un manque de rotation du bas du corps.

Initialement, au drive, je lançais trop à droite mais finissait par une action des poignets à plus ou moins refermer la face pour générer un hook, selon une courbe assez prononcée de droite à gauche.

Avec un fer, la balle pouvait suivre la même trajectoire mais avec un lancement d’origine encore plus à gauche.

Cette expérience me force à considérer que le swing n’est en fait pas exactement le même, au drive ou avec un fer.

Bien entendu, les clubs n’ont pas la même longueur ou le même loft, le swing est par nature un peu différent d’un club à un autre, ce qui en fait un très bon argument pour les clubs à longueur unique.

En réalité, il faut surtout évaluer ses mouvements par rapport aux clubs utilisés, driver ou fer ou même petits coups de wedges.

L’utilisation d’un radar est vraiment très utile pour mettre des valeurs, et constater des tendances de trajectoires par mouvements.

Il faut regarder 3 paramètres : Le chemin du club, la position de la face à l’impact, et l’angle de lancement.

Les deux premiers paramètres peuvent se résumer à la mesure de la face au chemin (Face to path) qui est un différentiel donné par le Trackman.

Chemin du club et face sont alignés. Le rapport est proche de 0°

Le but ultime d’un golfeur ou d’une golfeuse qui ne voudrait pas donner d’effets ou de balles hors de contrôles pour taper un coup en ligne avec sa cible, consisterait surtout à réduire cet écart le plus près possible de 0, à savoir le chemin est en ligne avec la face.

Et si plus que de chercher à apprendre un geste avec un enseignant, on essayait de passer en revue tous les mouvements ou placements possibles du corps à l’adresse, pour comprendre les liens de causes à effets avec les trajectoires de balles ?

Ce serait vraiment une démarche pour trouver ce qui marche, et éliminer une bonne fois pour toute ce qui ne marche pas pour vous.

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