Quel club pour s’échauffer et taper ses premières balles au practice ?

quel club choisir pour taper ses premières balles sur un practice de golf

A première vue, la réponse a cette question pourrait paraître évidente pour beaucoup de golfeurs et de golfeuses déjà expérimentés. Beaucoup pourraient répondre qu’une fois au practice, devant son tapis, pour taper les premières balles et démarrer son échauffement, rien de mieux que ce bon vieux fer 7 ou alors la démarche de taper du club le plus court au plus long…D’autres approches sont néanmoins possibles, et présenteraient de l’intérêt pour gagner plus rapidement en confiance, et en plaisir…

Découvrez nos formules d'abonnements

Si pour beaucoup d’enseignants de golf, dont Rudy Olmos, on n’apprend pas à bien jouer au golf sur un tapis de practice, force est de constater que pour beaucoup d’amateurs, le practice reste un des premiers lieux où l’on cherche à se perfectionner.

Certes, effectivement, le practice induit de se concentrer principalement sur la qualité de la frappe de balle, et pas nécessairement sur le jeu, et sur les variables d’un parcours de golf, comme le lie (comment la balle repose au sol), et les slopes (pentes), tout en sachant que le plus souvent un tapis fausse la perception du contact, à la différence du gazon ou de la terre.

L’idéal au practice, ce serait encore de taper depuis une zone en gazon versus le tapis, mais cela n’est pas toujours possible, ou trop souvent, à tort, les débutants pensent que ce n’est pas encore pour eux…alors qu’au contraire, tous les golfeurs de tous niveaux bénéficieraient de rapidement se confronter à la réalité d’un parcours de golf, qui est tout sauf un tapis synthétique…

Au passage, c’est un risque de confusion de penser qu’en installant un simulateur indoor chez soi, on peut potentiellement progresser plus vite, alors que justement on va jouer seulement sur un tapis synthétique, et alors que l’un des éléments majeurs de la pratique du golf, est le contact de balle sur un terrain qui n’est pas toujours uniforme.

Terrain gras, terrain sec, lie court ou haut, terrain sablonneux ou seulement en terre, la qualité du contact en fonction du terrain est un des aspects les plus sous-estimés dans l’entraînement au golf.

Le plus souvent, on arrive sur sa balle avec comme principale idée, la lever, et la lancer devant soi, et rarement, nous prenons le temps d’analyser le terrain sur lequel nous jouons pourtant, et qui va être déterminant sur la qualité du contact.

Bref, la qualité du contact, la qualité des premiers contacts de balle va jouer un rôle déterminant sur toute la suite de notre journée de golf, et surtout, si le practice sert d’échauffement ou de préambule avant une partie sur un 9 ou un 18 trous.

Qu’on le veuille ou non, les premières balles d’échauffement vont fortement nous conditionner pour la suite de la journée.

En sortant de sa voiture, un matin, un après-midi, un soir, en semaine ou en week-end, par temps chaud, par temps de pluie ou par temps froid, nous ne sommes quasiment jamais dans la même condition physique et mentale, de sorte qu’il est difficile de prédire ou de répéter comment nous allons jouer le jour J, l’heure H…

D’ailleurs, pour beaucoup d’actifs, il n’est pas toujours évident d’arriver suffisamment tôt pour taper des balles au practice, avant de vite courir sur le premier trou de la journée.

Partir sur le parcours sans avoir touché la moindre balle est un énorme handicap, qui potentiellement peut ruiner de trois à six trous, le temps d’avoir justement pris assez d’informations sur sa forme du jour, son swing du jour, et l’état du parcours du jour.

Justement, de combien de swing avons-nous besoin pour être en condition de jouer à notre niveau ?

Difficile d’apporter une réponse pour tous les golfeurs, et toutes les golfeuses qui puisse être considérée comme une vérité absolue.

Cependant, il y de grandes chances que l’on puisse considérer qu’un échauffement suffisant démarre à partir de 10 balles (dans mon cas personnel, j’ai observé au fil des années, qu’il me fallait un minimum de 14 frappes pour arriver à un semblant de swing…).

10 coups, si vous ramenez ce nombre de swings à un début de parcours, ce n’est pas loin de représenter 5 ou 6 trous, soit pratiquement un tiers de votre parcours, si vous jouez 18 trous…

Toutefois, taper 10, 14, 20 ou 36 balles (le contenu moyen d’un sceau de balles) avec un fer 7 ou alors dans une démarche sur le papier logique, du coup le plus court au plus long, n’est peut-être pas encore la meilleure façon de s’échauffer, et en plus, gagner rapidement de la confiance.

Car oui, l’échauffement peut viser plus loin que simplement mettre son corps et son esprit en condition de jouer au golf. Le practice doit aussi et surtout servir à trouver la confiance du jour.

Pour Arnaud Garrigues, cadet expérimenté sur le circuit professionnel, le but du practice avant une partie de golf n’est pas de faire un travail technique, mais bien au contraire, de seulement repérer les tendances du jour, avec des balles plus en draw naturellement ou l’inverse, des hooks ou des slices… bref à quoi doit-on s’attendre pour les premières minutes qui vont venir sur le parcours ?

La confiance, c’est le mot clé pour une séance de practice. Comme illustré plus haut par Rudy Olmos, le practice n’apprend pas à jouer, à la rigueur, il sert à prendre de la confiance dans la qualité de son swing.

Quel club est susceptible d’accélérer ce processus de prise de confiance ? Ce n’est peut-être pas le même pour tout le monde.

Si un golfeur peut prendre de la confiance en tapant des coups à 50 mètres avec un wedge, cela reste tout de même une sentence qui est antinomique avec cet objectif. Pourquoi ?

Là, on parle déjà de distance à parcourir, et donc d’un objectif, et qui plus est de précision, qui n’est pas le moindre objectif au golf.

Un golfeur expérimenté et source d’inspiration pour beaucoup d’entre nous la parfaitement compris, il s’agit de l’américain Tom Watson, légende de ce jeu, et souvent de très bons conseils du fait de sa grande expérience (72 ans).

Plusieurs fois vainqueur en majeur (deux Masters à Augusta en 1977 et 1981, un US Open en 1982, et cinq British Open entre 1975 et 1983), Tom Watson ne néglige pas le practice comme source de prise d’informations, et de confiance avant une partie de golf.

Si effectivement, beaucoup de professionnels démarrent leur échauffement avec des petits clubs pour monter graduellement jusqu’au driver, Tom Watson défend une approche complètement différente, et très pertinente pour nous les amateurs…

Aux antipodes de ce que nous voyons le plus souvent, le premier club qu’il sort du sac, et sans faire d’étirements au préalable est en fait un hybride !

Il tape son hybride pendant une dizaine de minutes, avant de prendre son driver pour enchaîner son échauffement sur la même durée (toujours 10 minutes) puis enfin, il prend des wedges pour exercer sa précision.

Il termine cette séance, et se dirige vers le putting-green.

Watson explique justement que sa méthode est particulièrement adaptée à des golfeurs amateurs « Je veux que mes premiers swings de la journée soient des longs coups. A contrario, commencer par des wedges ne m’échauffe pas assez rapidement. Le fait de commencer par un hybride m’amène plus rapidement en température. »

Ce n’est pas le seul intérêt de ce choix à contrario des idées les plus répandues, au-delà de lui permettre de s’échauffer plus vite, le fait de commencer avec un hybride lui apporte un autre bénéfice tout aussi important…

« Si je tape un bon coup de wedge comme premier coup de la journée, je vais peut-être me dire que la journée va être bonne, mais à l’inverse, si mon premier coup de wedge est gratté, je risque de penser que ma journée va être longue. »

Tom Watson fait de la psychologie inversé ! En prenant un club plus long et pour certains peut-être plus difficile à taper, Watson baisse son niveau d’attente et d’exigence sur le ou les premiers coups.

Il ne cherche pas à tout de suite toucher un drapeau à 50 mètres devant lui ! Avec un coup d’hybride, le niveau d’exigence à la cible est beaucoup plus modéré. Le joueur cherche plus une intention de direction, que de toucher une cible.

Si Watson tape un premier coup d’hybride moyen ou mauvais, il est moins susceptible de laisser son esprit divaguer ou penser que la journée s’annonce difficile, et tout simplement parce qu’il sait que dans une journée, il ne va pas taper 5O coups d’hybrides. Cela reste un club dont l’utilisation est potentiellement marginale dans la journée.

« Si je manque mes premiers coups d’hybrides, ce n’est pas très important, car tout un chacun sait que ce ne sont pas des clubs si faciles à jouer. »

On pourrait nuancer ce propos, et finalement concéder que taper un hybride est peut-être tout de même plus abordable que taper un fer 7 ou un coup de wedge 56 degrés comme premier coup.

Du fait de sa forme (une tête arrondie), de la longueur de son manche (pas un driver), l’hybride n’est peut-être justement pas le club le plus difficile à manier par rapport à un fer, un wedge, un bois ou un driver pour taper des premiers coups de golf.

Bien au contraire, pour beaucoup d’amateurs, c’est peut-être justement le bon club pour taper les premières balles, et trouver du rythme en même temps que du contact.

La méthode de Watson consiste essentiellement à baisser le niveau d’attente sur les premières balles pour s’enlever de la pression, et plus rapidement gagner en fluidité et en confiance.

Au-delà de cette idée bienveillante, le fait de démarrer par des coups d’hybrides peut aussi être un bon moyen de surtout se concentrer sur un élément majeur de la partie à venir sur le parcours : Le contact de balle.

En moyenne, avec un hybride, le smash factor idéal à chercher est de 1.46. C’est inférieur à l’idéal au driver (1.50) et supérieur à l’idéal avec un fer 7 (1.33).

Le smash factor est justement l’indicateur de la qualité du contact, et en particulier du centrage de la balle dans la face, à l’impact.

Taper son premier drive de la journée à 1.50 ou même les 5 premiers n’est pas forcément chose aisée. Pourtant, quand vous tapez un drive à 1.50 de smash factor, peu importe que vous ayez un radar pour vous le montrer, vous allez le sentir dans les mains par le retour de sensations du club.

Comme vous allez surtout sentir qu’un mauvais coup, pas encore en rythme, mal centré, va vous renvoyer une sensation désagréable…

A l’inverse, avec un fer 7, obtenir un smash factor de 1.33 sur la ou les premières balles n’est pas plus aisé.

Avec un hybride, potentiellement, vous n’allez peut-être pas non plus taper vos premières balles à 1.46, mais il y a de grandes chances que vos premières balles soient tapées avec un smash supérieur à celui d’un fer 7, et par exemple 1.40.

Pour un hybride, ce n’est pas assez mais le retour de sensation sera à minima meilleur qu’un coup de fer 7 moyen, et la question que vous devez vous demander, c’est : « Est-ce qu’avec un hybride au manche plus long sans être celui d’un driver, et une tête plus tolérante qu’un fer, je n’arrive pas plus rapidement à un smash factor susceptible de me donner de la confiance ? »

Pourquoi l’hybride plus que le driver ? L’hybride peut se jouer sans la question du tee et de sa hauteur, et parce que le manche est plus court.

Si en plus, comme le souligne Watson, l’hybride permet de se chauffer plus vite, et bien cela fait beaucoup d’ingrédients pour à minima tester cette option, et remettre en cause les idées reçues sur l’échauffement au fer 7 ou du club le plus court au plus long.

Dans une autre approche, celle le plus souvent utilisée par les professionnels qui ont tout de même un temps à disposition autrement plus long que la plupart des amateurs, et pour cause, c’est leur métier de taper des balles, l’approche de l’échauffement peut-être plus longue et plus progressive dans la cadence.

Dans le cas de l’exemple de Watson, finalement, on s’intéresse à une procédure pour des golfeurs qui ont entre 10 et 30 minutes avant une partie.

Une autre approche, toujours pour les golfeurs qui disposeraient de peu de temps, pourrait être de se concentrer sur les premiers coups de la partie, le départ d’un trou numéro un, un par-3 à 150 mètres ou un par-4 qui demanderait un driver comme premier coup…

Cependant, dans tous les cas de figure, et beaucoup d’amateurs se reconnaîtront, la qualité de l’échauffement est souvent directement en lien avec la qualité du score sur les premiers trous...

Dans le cas d’un golfeur professionnel comme Rory McIlroy par exemple, et illustré ci-dessous en vidéo, l’échauffement peut durer un minimum de 50 minutes, et dans ce cas, il va se proposer une approche qui va d’abord intégrer le petit-jeu, avant le grand-jeu pour aiguiser deux choses en premier : Sa concentration, et son rythme.

McIlroy commence donc par des coups en bord de green. Il va d’abord chipper entre 20 à 40 mètres, puis faire des pitchs ou balles roulées à moins de 20 mètres.

Il va ensuite enchaîner par une dizaine de sorties de bunkers. Toute cette séquence autour du green va durer environ 25 minutes.

Une fois au practice, effectivement, il va continuer sa logique qui consiste à monter graduellement en exigence de distance, et de précision, et le premier club qu’il va saisir du sac va être son 54 degrés qu’il joue pour une distance de… 105 mètres.

Il fonctionne par série de 10 coups en moyenne, puis passe au fer 9 qu’il envoie en moyenne à 150 mètres.

Il continue avec le fer 7 (il passe de deux en deux clubs) et toujours avec une dizaine de balles tapées (pas plus) et qu’il envoie à 175 mètres.

A partir du fer suivant, le 5, il commence légèrement à réduire le nombre de frappes (sous la dizaine) et alors qu’il joue pour 200 mètres.

Au passage, pendant cette séance qui va durer à nouveau 25 minutes, il n’oublie pas de s’hydrater et de s’alimenter…

Il finit sa séance par seulement cinq ou six drives à plus de 300 mètres, et ensuite se dirige au putting-green pour les 10 dernières minutes de son échauffement.

Sur le green, il commence par des putts courts pour finir par des putts longs, mais il faut dire qu’il se concentre essentiellement sur les putts à moins de deux mètres.

Au total, sur 50 minutes, il tape en moyenne et environ 110 coups dont plus de la moitié à moins de 90 mètres.

C’est un exemple parmi d’autres, et relativement classique. A l’inverse, d’un amateur, il consacre donc près d’une heure à l’échauffement avant la partie.

Avec moins de temps pour s’échauffer et se préparer, l’approche de Tom Watson présente donc un avantage certain, et à tester : Se mettre moins de pression sur les attentes, s’échauffer plus vite, et trouver peut-être plus rapidement un contact de balle du jour.

Crédit photo : Mike Nelson/Icon Sportswire et Lars Zahner

Restez informé

Recevez notre newsletter

(Note moyenne de 5 sur 3 votes)

Vous ne pouvez pas poster de commentaires si vous n'êtes pas membre du site.