Filmer son swing de golf au ralenti, détecter une faute technique et corriger

A la suite du sujet récent consacré à une solution d’entraînement pour travailler son swing au practice, en revisionnant une séquence vidéo utilisée pour faire des photos, un ralenti m’a fait découvrir un défaut de swing difficilement visible à l’œil nu ou justement sans caméra, et qui fait partie des 16 « péchés capitaux » identifiés par le célèbre Titleist Performance Institute (TPI devenu MyTPI.com). Comment corriger ce problème ? Quels impacts sur les trajectoires de balles ? Quels exercices mettre en place ? Peut-on arriver à un résultat rapide ?

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Comment découvrir que l’on glisse avant l’impact ?

S’il y a bien un premier enseignement majeur à retenir pour tout golfeur ou toute golfeuse à un niveau amateur, c’est de reconnaître le grand intérêt de se filmer au ralenti, vue de derrière ou mieux encore vue de face.

Deux événements m’ont donc mis sur la piste de ce nouvel article : Visionner une vidéo au ralenti, et en plus, le fait d’avoir placé une baguette devant la balle, centrée au niveau du sternum, pour justement constater si un swing « slide » vers l’avant ou « sway » vers l’arrière…

Quand vous regardez un swing de golf, vue de face, il y a bien deux mouvements à surveiller et parmi les grandes fautes possibles : Glisser les hanches plutôt que les tourner vers l’arrière (sway en anglais) ou glisser les hanches plutôt que de les tourner vers l’avant ou vers la cible (slide en anglais).

Le fait de placer une baguette en position centrale par rapport au corps et à l’adresse, va justement vous permettre de plus facilement vous rendre compte à l’image, si vous subissez l’un ou l’autre de ces mouvements parasites.

Qu’est-ce que le slide ?

Un swing de golf est un mouvement d’arrière en avant. Il met en perspective une rotation du corps au-dessus d’une balle dont il ne faut jamais oublier qu’elle est un point fixe au sol, à l’inverse d’autres sports de balles, comme le tennis ou le football, où la balle est en plus du corps en déplacement.

Pour le swing de golf, et le fait de lancer une balle depuis un point fixe au travers d’une rotation du corps, idéalement et démontré par la plupart des grands experts, cette rotation doit se faire dans un espace restreint, et non pas dans une forme de mouvement de « hula hoop » des hanches, se baladant de gauche à droite, ou d’arrière en avant selon un large déplacement.

Centré au-dessus de la balle avec un fer 7 par exemple, on devrait « tourner » les hanches d’arrière en avant, mais non pas les « déplacer » d’arrière en avant, de sorte qu’elles quitteraient cet axe.

Il y a une nuance qui n’est pas anodine…

Merci de cliquer sur Paramètres (roue crantée) dans le lecteur Youtube et choisir une vitesse de lecture de 0.25 pour constater le ralenti

Bref, sway ou slide sont des mouvements susceptibles de parasiter la qualité du coup, et tout simplement parce qu’ils sont à même de nous faire déplacer le plan de swing et le point bas de l’arc de swing…de manière non désirée, ce qui ne peut pas manquer d’avoir un effet sur la façon dont la balle va ensuite se déplacer dans l’air.

Le « TPI » ou « Titleist Performance Institute » qui est une référence en matière d’instructions sur le golf classe 16 fautes majeures, dont le SLIDE qu’elle décrit comme un mouvement excessif du bas du corps en direction de la cible, et intervenant au moment spécifique du downswing.

Cette faute rend difficile le fait de stabiliser le bas du corps pendant le downswing, ce qui va faire perdre en vitesse, et puissance, du haut du corps jusqu’à l’impact, et toujours selon les études menées par le TPI.

La partie haute du corps a justement besoin de la stabilité de la partie basse du corps pour parfaitement accélérer avant l’impact.

Dès que le bas du corps démarre le transfert d’énergie au démarrage du downswing, son travail est de transférer justement de l’énergie à la partie haute du corps, et stabiliser les forces de rotations extrêmes qui sont créées dans la partie haute, les bras, et le club.

Si la plate-forme de swing n’est pas stable pour tourner autour, le joueur perd en puissance, et essaie de créer de la vitesse de swing d’une manière peu ou pas efficace.

Comme le « TPI » est un organisme très tourné sur les questions de préparation physique liée au golf, ils mettent en avant les questions « mécaniques du corps » pour expliquer les causes du slide.

L’avis du TPI

« Plusieurs caractéristiques physiques doivent êtres développées chez un joueur pour pouvoir parfaitement tourner. »

TPI explique « Premier point et très important, la rotation interne de la hanche « conductrice » est un prérequis à la rotation complète. Si le corps n’est pas capable à cause d’un problème physique ou musculaire, des mouvements latéraux vont dominer… »

Dans mon cas, je n’ai pas, en tout cas encore pour le moment de problème justement physique, et pourtant, je suis concerné par le fait de slider plutôt que de tourner avant l’impact.

Autre cause mise en avant par le TPI, la dissociation du haut et du bas du corps permet justement la stabilisation du bas, notamment quand vous tournez les hanches avec un finish complet.

Je crains plus cette deuxième explication avec une tendance à swinguer de manière associée entre le haut et le bas…

Pour le TPI, justement « la capacité à stabiliser latéralement la jambe dominante pendant le downswing est directement proportionnelle à la force et la stabilité des muscles fessiers. »

Selon leurs écrits, quand il s’agit de stabiliser latéralement le corps, le muscle fessier est le roi.

Ne pensant pas être concerné par ce problème de slide avant l’impact, c’est vraiment une vidéo au ralenti de mon swing, et de face, avec le bénéfice de la baguette d’alignement qui m’a montré de manière claire et nette que je « slidais » dans une grosse proportion. 

A la vidéo, il faut chercher deux indices : Une courbe se créé du côté droit du joueur entre la hanche et l’épaule droite, au lieu de tenir une posture droite ou en ligne droite du bas vers le haut du corps.

Au lieu de commencer à tourner, les hanches se décalent vers l’avant, et par conséquent le sternum est trop en avant de la balle, bien avant l’impact.

Une des conséquence de « slider » ou glisser selon le coach anglais Chris Ryan consisterait à créer outre-mesure un chemin de club de l’intérieur vers l’extérieur, susceptible de favoriser des balles ou trajectoires en hook.

Comment corriger le slide ?

Toujours selon Chris Ryan, la meilleure solution pour contrer un phénomène de slide consiste à imaginer au moment précis du début du downswing que l’on pourrait se tenir sur ses deux jambes en positionnant de « sauter », et un peu comme si vous souhaitiez réaliser un « squat ».

Cette position vient contrecarrer à l’inverse le fait de laisser aller le côté droit vraiment trop bas vers le sol, alors que le côté gauche monte.

Schématiquement, vous déclenchez votre backswing, puis montez le club au sommet, et enfin à la redescente, vous vous figez sur vos deux jambes sans chercher à lancer le club plus loin. A ce stade, vous devez sentir que vos épaules et vos hanches sont sur les deux mêmes lignes, et pas inclinées.

De là, si vous deviez sauter vers le haut, vous pourriez sauter en ligne vers le haut et sans inclinaison ou décalage.

Quand on est seul au practice, pour sentir ou contrôler si on slide, il est utile de placer une baguette d’alignement le long de sa jambe gauche (pour un droitier). Si vous slidez, votre jambe gauche va venir pousser la baguette, signe que vous slidez…

A l’inverse, si vous ne la touchez pas, cela signifie que vous n’avez pas glissé.

Solution testée

Ci-dessus, un coup tapé en se concentrant sur le fait de ne pas glisser, ce qui revient plutôt à ne pas se laisser entraîner à venir trop vite en appui à gauche.

Au-delà de taper un coup en ligne avec la cible et centrée dans la face du club, on peut noter plusieurs bénéfices : Un dynamique loft plus élevé (28 degrés au lieu de 24 ou 25 avec un fer 7 de loft 33 degrés), une face de club qui se ferme moins vite à l’impact (+1.6 degrés ouverte), un taux de spin qui grimpe en flèche (plus de 6000 tours au lieu de moins de 5000), et enfin une trajectoire de balle plus haute, et moins tendue (angle d’atterrissage de 48 degrés au lieu de 44 ou 45 degrés).

Des données qui illustrent en fait un très bon coup de golf…

Ci-dessus, une fois au studio, j'ai testé la solution proposée par Chris Ryan, contraint par le fait de ne pas pouvoir planter une baguette au sol, j'ai mis une poubelle en guise d'obstacle à ne pas franchir. Sur cette vidéo qu'il vous faudra aussi ralentir en utilisant les paramètres de Youtube, j'essaie de suivre sa recommandation, à savoir pousser vers le sol, comme si je cherchais à me baisser au moment de déclencher le backswing. On peut voir que même si ce n'est pas parfait, je ne slide plus, je ne glisse plus vers l'avant et avant l'impact.

Conclusion

L’exercice proposé par Chris Ryan n’est pas si simple à mettre en œuvre. Surtout, il implique de décomposer le mouvement, et de perdre en fluidité. Il faut donc beaucoup de concentration et de maîtrise de son geste pour néanmoins taper dans la balle. Cependant, au bout de plusieurs essais, on arrive à neutraliser complètement l’effet de slide. Le bénéfice de cet exercice est de nous rappeler le « bien » fondamental de rester en position équilibrée pendant la plupart du temps, et surtout avant l’impact.

Aussi, il permet de comprendre la différence entre glisser et tourner, sachant qu’effectuer une véritable rotation est sans doute facile à faire à « blanc » sans balle, et autrement plus complexe quand il s’agit de mettre de la vitesse pour taper la balle.

En fin de compte, j’ai rapidement détecté qu’il était plus facile pour moi de rester plus longtemps en appui sur ma jambe droite, à l’élan, et de retarder le transfert d’appui vers la jambe gauche que de chercher comme indiqué par le coach à « squatter ». J’ai obtenu le résultat désiré tout en ayant plus de fluidité dans l’exécution d’un swing à pleine vitesse.

De ce sujet, je retiens le fait fondamental de se filmer de face régulièrement et au ralenti, tout en utilisant une baguette, pour justement auto-diagnostiquer la qualité de sa rotation. De plus, c’est un bon rappel sur le fait qu’il est fondamental de conserver une posture équilibrée pendant un swing de golf. On a parfois du mal à cerner les liens de causes à effets. Ce sujet permet d’illustrer qu’un slide agit négativement sur le loft dynamique du club, sur le spin donné à la balle, et les trajectoires.

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Commentaires   

edepaire@gmail.com
0 #1 application : on formedepaire@gmail.com 07-01-2022 10:45
il existe une application gratuite pour se filmer et ajouter des formes: cercles , traits, angles, et choisir la vitesse de ralenti
c 'est pratique surtout si on ne peut pas planter de baguettes au sol (in door ou sol dur) disponible sur applestore : onform

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