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Labo Golf: Comment contrôler la direction de ses coups de golf

Labo Golf: Comment contrôler la direction de ses coups de golf

A l’occasion d’une récente partie de golf, j’ai eu ce que l’on pourrait appeler « une mauvaise journée de golf » quand le score monte, monte, monte, sans que vous ne trouviez vraiment la solution. Sur le moment, je n’avais pas le recul nécessaire pour comprendre l’origine des erreurs qui m’ont coûté plus de dix coups au-dessus de mon handicap de jeu. Deux chiffres ont été en fait révélateurs : Le nombre de fairways pris en régulation, et le nombre de greens en régulation. Sur le parcours, en situation concrète, la gestion de la face du club s’avère cruciale…

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Une partie de golf révélatrice d’un problème de contrôle de la face du club

En sortant du dix-huitième trou du parcours de golf du Gouverneur, le Breuil, joué des boules blanches, commençant à comprendre que le score allait être plus lourd que d’habitude, deux chiffres ont suffi à résumer la partie : 14% de fairways pris en régulation et 22% de greens en régulation.

Deux chiffres qui résument simplement l’insuffisance de mon jeu sur cette partie.

J’aimerai me réfugier derrière une flopée d’excuses pour expliquer cette contre-performance, mais en réalité, un seul élément suffit à l’expliquer : La position de la face du club au moment de l’impact.

Dans cette journée « sans », au bois comme aux fers, j’en ai mis à gauche, à droite, et un peu partout.

Parfois dans une journée sans, on peut avoir la chance de suivre une tendance, et s’y adapter.

Si vous ratez systématiquement à gauche, vous pouvez en tenir compte, et adapter vos cibles.

Le cas présent, j’ai raté autant à gauche qu’à droite.

L’Arccos Caddie pouvait m’indiquer 50% de drive trop à gauche du fairway, et 35% trop à droite.

Idem pour les coups de fers avec même encore plus d’équité… (21% dans les deux directions).

Derrière, la sanction tombe ! Pour seulement 4 greens en régulation, je n’ai pas pu faire mieux que 5 PARs.

Pour le pro Xavier Bretin, témoin de cette partie douloureuse, clairement je n’avais pas le contrôle sur la face du club, et donc pas de contrôle sur la trajectoire de mes coups.

Là, il ne s’agissait pas de faire le malin à jouer en draw, en fade, etc…

En dehors de faire des mauvais choix tactiques, les balles pouvaient partir dans toutes les directions possibles, sans que le matériel ne puisse rien y faire.

La face du club, source de tous nos maux

Après avoir passé du temps à travailler le loft dynamique pour mieux compresser la balle, le chemin de club pour le rendre moins intérieur-extérieur, gagner en vitesse de swing, je butte encore et toujours sur la gestion de la face.

Pourtant si, nous, les golfeurs amateurs, pouvons résoudre le contrôle de la face à l’impact, et notamment pour la mettre square, nous serions en mesure de résoudre une grosse partie de l’équation pour mieux jouer au golf.

Mais comment contrôler un événement qui se passe le temps d’un instant à une vitesse de 60, 70 , 80 ou 90 mph !

Comment s’assurer de mettre la face à 0 degré par rapport à sa cible quand elle peut bouger de -5 à +5 degrés ?

En dehors de la puissance, la différence entre un joueur de haut niveau et un golfeur à un chiffre, puis avec un golfeur amateur classé autour de 24 se fait justement à chaque fois dans la consistance ou la régularité pour ramener la face avec un écart minime entre chaque coup.

Pour un golfeur professionnel, entre chaque coup, l’écart est peut-être entre -0,5° (léger gauche) et +0,5° (léger droite).

Pour un golfeur à un chiffre, entre chaque coup, l’écart est peut-être de -1° à +1°, ce qui représente déjà un écart maximum de 2 degrés, et en soit une dizaine de mètres.

Pour un golfeur autour de 24, entre chaque coup, l’écart de position de la face à l’impact peut osciller entre -4 et +4°, un écart maximum de 8 degrés, et donc une balle dans le rough à gauche ou le rough à droite, selon la vitesse de la balle.

Selon les études menées par Trackman, l’angle de la face est la donnée la plus importante quand il s’agit de déterminer la position de départ de la balle.

La balle va démarrer sa trajectoire sur une direction proche de celle de la face du club à l’impact.

Pour Jamie McConnel, un enseignant irlandais « L’angle de la face est l’élément qui agit le plus sur la direction de démarrage de la balle, mais nous ne cherchons pas toujours à obtenir le zéro degré absolu. »

En effet, une position de face peut être contrée par un chemin de club ou une position de l’impact dans la face entre talon ou pointe.

Cependant, le plus important, ce n’est pas de mettre la balle à 0 degré dans la face, c’est de le choisir le moment voulu.

La plupart du temps au golf, on vise une cible.

Notre cerveau, nos yeux nous commandent d’aller dans une direction, et pourtant, au moment d’opérer le swing, le résultat peut différer entre la volonté et la réalité.

On a beau essayé de swinguer dans la bonne direction, c’est donc la face qui fait un peu ce qu’elle veut.

Pour Mark Anderson, un autre enseignant muni d’un Trackman « Avec un élève, je regarde son grip, la position de sa balle, la position de ses mains au sommet du swing, et la position de ses mains à l’impact pour voir comment il influence l’angle de la face à l’impact. »

Comme beaucoup d’amateurs, je pourrai croire que je n’ai pas d’influence ou de contrôle sur la position de la face, ou en tout cas moins que je le voudrai.

Comme le souligne Mark Anderson, tout golfeur a bien une influence de cause à effets sur la position de la face, et c’est ce que je me suis efforcé de découvrir avec le Trackman dans l’expérience suivante.

Expérience pour modifier l’angle de la face

Avec un fer 6, j’ai tapé 10 balles en m’organisant comme je le ferai naturellement.

Sur cette séance, la face a bougé entre -0,3 et -4 degrés. La face arrive donc systématiquement fermée à la cible au moment de l’impact.

Conséquence, les balles terminent leurs courses entre 1,5 mètres à droite, et 12 mètres à gauche, soit 13,5 mètres de dispersion latérale.

En moyenne, la face est -1,9 degrés fermée à gauche alors que dans le même temps, le chemin du club est aussi 2 degrés à gauche.

Naturellement, le swing et la face sont orientées à gauche.

C’est le postulat de départ dont la conséquence est tout de même problématique : Plus de 13 mètres de dispersion pour un coup tapé à 145 mètres de distance.

Pour baisser le score, il faut impérativement réduire cet écart.

Deuxième exercice, j’essaie d’adresser ma balle en pointe, pour voir si je peux « ouvrir » la face au moment de l’impact.

L’idée, c’est de ne pas modifier le swing, mais seulement le point de contact dans la face, et voir si en prenant la balle en pointe, au contact, cela ouvre justement la face…

A part dégrader le smash factor (réduit de 1.36 à 1.34), cela ne modifie pas l’angle de la face qui reste bloqué autour de 2 degrés à gauche.

La dispersion se situe entre -0,5 mètres et -11,7 mètres.

Troisième exercice, j’utilise cette fois un repère visuel à viser juste devant ma balle.

Je place ainsi une balle de couleur rose flashy 30 centimètres devant moi, pour me concentrer à sortir mon club devant à l’impact, espérant ainsi diriger la face.

Résultat, la face reste désespérément orientée à gauche, variant de -0,9 à -5 degrés.

A -5 degrés, la balle termine sa course à 19 mètres à gauche du centre du fairway.

Sur ses trois premières séances, le chemin de club est resté extérieur-intérieur autour de -2 degrés.

N’arrivant pas à ramener la face dans l’axe, je me concentre alors sur le chemin de club en vue de le réduire pour au moins limiter les effets d’une face à gauche.

Ainsi, j’arrête un temps de me focaliser sur la face du club.

En démarrant mon swing plus en ligne par rapport à la cible, je baisse le chemin de club de -2 degrés à pratiquement 0 sur 10 balles.

Comme je n’ai pas agit sur la face, cette dernière reste constante à -2 degrés à gauche.

Malheureusement, en dispersion, je passe de 4 mètres à gauche par rapport à 15 mètres à gauche, soit un écart de 11 mètres.

Par la jeu du chemin de club par rapport à la face, j’ai en fait accentué la courbure à gauche de mes balles.

Il suffit de voir le ratio de face to path augmenter à -2,1 degrés alors que dans les exercices précédents, j’avais au moins le mérite de swinguer à gauche, et de placer la face du club à gauche.

Sur les premières séances, face et chemin à gauche me faisaient tirer tout droit à gauche.

En réduisant le chemin de club à 0 degré, et en maintenant la face à gauche, j’ai accentué le phénomène de draw.

Séance suivante, en maintenant un chemin de club plus à la cible (autour de -0,4 degrés), j’ouvre exagérément la face à l’adresse, comme si je voulais taper avec la face orientée à droite.

Cela rejoint un peu l’idée d’adresser la balle en pointe, à savoir, sans trop changer le swing, comment modifier ou même altérer la trajectoire de la balle ?

Le résultat n’est pas très concluant.

Néanmoins, sur 10 balles, je commence à en envoyer deux à droite de la cible ! Les deux seules balles où j’ai en fait réussi à ouvrir la face positive à l’impact de toute la séance, et jusqu’à présent.

Sur la dizaine de frappes, je reste avec une quinzaine de mètres de dispersion.

Pour enfin modifier concrètement la position de la face à l’impact, je dois agir sur mes poignets. Comment ? Il faut en fait considérer que la face du club peut suivre le mouvement que les poignets impulsent.

Si les poignets permettent de monter le club à la verticale sans tourner au backswing, la face peut rester square à ce stade du swing.

En réalité, pendant tout le mouvement, les poignets ne doivent pas modifier la position de la face, et surtout à l’impact.

Dans ma gestuelle, à trop vouloir accélérer le club, et obtenir un maximum de vitesse, je créé une faute : Je tourne les poignets, ce qui agit sur la face.

Pour donner une image, c’est comme si je forçais mon swing, que je cherchais à donner plus de puissance que ce que ma rotation corporelle pouvait en fait donner.

En déconnectant cela, en me concentrant sur les poignets, et ne les faisant pas tourner exagérément pendant le mouvement, j’arrive à ramener la face dans une position plus neutre (0 degré).

Sur 10 balles, 7 sont tapées avec une face square. Le smash factor remonte à 1.37.

Plus la face se rapproche de square, et logiquement plus le smash factor augmente.

En se concentrant sur les poignets, j’ai limité les écarts de positions de faces de plus ou moins un degré. J’ai ralenti mon swing de 2 mph sans toutefois franchement perdre en vitesse de balle.

Ce n’est pas suffisant pour complètement réduire la dispersion. A la face, il faut bien entendu en plus aligner le chemin.

Résoudre l’équation d’un bon swing de golf consiste à marier ces deux paramètres.

Suite de l’expérience Comment contrôler la face du club

De là, j’ai voulu tester d’autres solutions et corrections.

Ainsi, j’ai notamment utilisé le Swing Shirt déjà testé aux Etats-Unis.

En-dehors du fait que c’est assez inconfortable, le swing shirt permet de mettre l’accent sur la connexion bras-buste.

Toutefois, cela ne m’a pas permis d’améliorer mes résultats, ni sur le chemin, ni sur la face.

En fait, c’est un outil plus utile pour un golfeur qui aurait encore moins que moi des sensations concernant le chemin, et le contrôle de la face.

Ce n’est pas une idée à rejeter.

C’est plutôt un outil pour démarrer et travailler conjointement chemin de club, et face.

Ce n’est juste pas la solution pour aller dans encore plus de finesse et de détails, comme ce que je cherche à faire ici.

Sur le swing shirt, je mets de l’eau dans mon vin. Cela fonctionne puisque sur le graphique ci-dessous, on peut voir qu’il n’y a pas trop d’incohérences de trajectoires.

J’en reviens alors à la gestion de la face à travers l’action des poignets et des avant-bras.

Je décide de faire des quarts de swing, en me contentant de placer le club à la verticale par rapport au sol au backswing, et de relancer vers la balle depuis cette position.

L’objectif de l’exercice consiste alors à faire en sorte de ramener la face de club square dans tous les cas.

Avantage de cet exercice, le chemin de club et la face sont assez souvent proche de 0 degré. Inconvénient pour moi, l’angle d’attaque n’est pas très prononcé.

Les balles ne sont pas bien compressées, et surtout, cet exercice qui permet de sentir physiquement quand la face est square est difficile à reproduire à pleine vitesse, et pleine amplitude.

Autrement dit, comment passer d’un quart de swing avec la face plutôt square à un plein swing toujours avec la face square ?

J’en reviens à la connexion bras-buste. Je cherche alors simplement à tourner le corps au démarrage du swing complètement synchronisé avec les bras, et le club.

J’ai la sensation que le bras droit est collé au buste pendant toute la première partie de la rotation et du backswing, puis quand je monte le club vers le ciel, je maintiens cette connexion entre le bras droit et le buste.

Les résultats sont alors assez bons en termes de chemin de club, de position de la face à l’impact, et de rapport entre les deux.

Dans cet exercice, je ne pense pas nécessairement aux poignets, par contre, je perds encore en vitesse de swing. Je descends à moins de 76 mph…

Sur 18 balles, seulement 6 (un tiers) sortent au-delà de 5 mètres de dispersion à droite ou à gauche.

Dernier exercice, je décide d’installer un accessoire sur le grip du fer 6, un swinggyde dont l’objet est justement d’éduquer les poignets à s’armer pendant le backswing.

Quand vous déclenchez le backswing, au moment de l’armement des poignets, vous ne devez pas perdre la « connexion » entre le swinggyde et le club.

Sans être exceptionnel, le résultat de l’expérience montre que l’accessoire agit sur trois paramètres du swing : Le chemin de club plus neutre, la position de la face plus neutre, et aussi en complément, un angle d’attaque légèrement amélioré (un peu plus négatif).

Il faut un petit temps d’acclimatation avec cet outil. J’ai reproduit l’exercice une deuxième fois avec des résultats sensiblement améliorés.

Bilan de l’expérience sur le contrôle de la face

Deux exercices ont véritablement permis de modifier la position de la face à l’impact : Ne pas chercher à tourner trop les poignets pendant le swing, et se concentrer sur la connexion bras-buste.

Dans ces deux cas, j’ai ramené la position de la face plus square par rapport au début de l’expérience.

Il y a aussi un chiffre à retenir, et c’est valable pour tous les golfeurs : La consistance !

Trackman indique pour chaque séance, sous la valeur de la donnée mesurée, le degré d’écartement entre les coups tapés.

Le problème d’un golfeur, ce n’est pas de taper avec une face square à 0, c’est de réduire l’écartement entre la face la plus à gauche ou la face la plus à droite.

Au début de l’expérience, je tapais tout à gauche, ma consistance au niveau de la position de la face était plutôt excellente (autour de + ou – 0,7 degrés).

Si j’avais eu ce swing pendant ma partie jouée sur le parcours du Breuil, j’aurais pu finir par adapter mon swing à mes cibles.

Cette expérience avait donc deux objectifs : Ramener la face plus square tout en cherchant à le faire plus régulièrement.

Entre l’exercice sur la connexion bras-buste et l’exercice sur les poignets, c’est dans le deuxième cas où j’ai été le plus consistant avec un écart de seulement + ou – 1 degré.

Autre élément que je quantifie difficilement, le tempo du swing a un impact sur la position de la face à l’impact.

Quand vous accélérez au-delà de votre vitesse normale, vous risquez de perdre le contrôle de la face, et d’envoyer à gauche. Inversement, il semblerait que trop en-dessous de sa vitesse de swing, on ne ramène pas suffisamment vite le club square.

Si vous n’avez pas facilement accès à un outil de mesure, au practice, prêtez vraiment attention à vos trajectoires de balles.

Regardez dans quelle direction elles démarrent, à gauche, à droite ou au centre, vous verrez alors où la position de la face a pu se situer.

Avec un radar et l’aide d’un enseignant, ce sera encore plus facile de travailler le contrôle de la face de votre club, et notamment sa consistance.

Je suis persuadé que cet élément du swing est clé pour aider les amateurs à progresser, et pourrait faire que moins de golfeurs abandonnent le jeu, car jugé trop difficile.

Plus que la distance, à l’entraînement, la priorité devrait être donnée sur comment gérer la position de la face à l’impact. Chacun pourrait trouver l’astuce qui lui correspond.

Autre bénéfice que j’ai relevé entre le début et la fin de l’expérience, le spin a augmenté à mesure que je tapais plus square, ce qui a réduit l’écart entre le carry et la distance totale de près de 2 mètres.

Dernier élément, c’est loin de s’ancrer rapidement et facilement. Il faut taper des quantités de balles pour arriver à ressentir les mouvements qu’il faut effectuer pour contrôler la face, et quelle que soit la méthode employée.

J’espère que cet article vous donnera envie de faire vos propres recherches s’agissant de contrôler la face de votre club, et que vous trouverez une astuce parmi celles que j’ai testé qui correspondra à votre swing.

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