La solution anti-push slice au drive de Bryson DeChambeau fonctionne-t-elle pour un amateur ?

Qu’est-ce qu’un « push slice » ? C’est en réalité une balle qui part à droite de sa cible dès l’impact avec le club, et qui termine encore plus à droite, à la fin de sa course… Bref, le cauchemar de beaucoup d’entre nous, golfeurs ou golfeuses à un niveau amateur, mais c’est aussi une problématique à résoudre pour des golfeurs professionnels, dont Bryson DeChambeau, et depuis qu’il a considérablement augmenté sa vitesse de swing. L’enseignant anglais Chris Ryan a récemment illustré la solution employée par l’américain pour se prémunir de ce problème, et qui peut prendre des proportions considérables, surtout quand on swingue à 132 mph ! Sans aller jusque-là, récemment concerné par le problème, je me suis mis en tête de tester cette méthode…

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Du hook au push-slice, qu'est-ce qui est en jeu ?

Longtemps connu pour être un joueur de « hook », une balle qui part à droite de ma cible (je suis droitier) mais tourne fortement vers la gauche, comme un crochet, au fil des années, après avoir beaucoup travaillé sur mon swing, j’ai fini par redresser notablement mes trajectoires.

Pour donner un effet à une balle, de droite à gauche, de gauche à droite… il faut bien comprendre deux notions simples : Le chemin parcouru par le club avant l’impact, et la position de la face à l’impact.

A ces deux notions, il faut encore ajouter le point d’impact de la balle dans la face de club, entre talon, centre ou en pointe.

Pour le chemin du club, il est le plus souvent de deux natures : De l’extérieur à la ligne vers la cible, à l’intérieur. Le club coupe la ligne imaginaire vers la cible d’extérieur en intérieur.

Enfin, l’inverse existe aussi, à savoir de l’intérieur de la ligne vers la cible, à l’extérieur.

Pour un droitier, cela veut dire un club qui sort de la ligne vers la droite de la cible, alors que dans le premier cas, le club sort à gauche de la cible.

Le chemin du club a une incidence directe sur la trajectoire que la balle va suivre durant son vol.

En plus du chemin, la position de la face à l’impact entre fermée à la cible (à gauche pour un droitier), au centre (square), et ouverte à la cible (à droite pour un droitier), influe sur la trajectoire de la balle.

En caricaturant, si la face est ouverte, elle est susceptible de pousser la balle vers la droite de votre cible, et inversement, si elle est « fermée » à la cible, et donc à gauche, toujours pour un droitier.

Chemin de club et position de la face sont liées, tant et si bien que l’on calcule un ratio du chemin par rapport à la face, et plus ce ratio est neutre, et plus la balle part droite, et plus ce ratio est élevé, et plus la balle est susceptible de courber.

Pour donner un exemple, le mien, pendant des années, mon chemin de club naturel avec un driver était supérieur de 10 degrés intérieur-extérieur par rapport à 0 degré, qui est en fait le centre du fairway ou la cible.

Avec un tel chemin, très intérieur extérieur, si par malheur, je fermais ma face de seulement 2 degrés à gauche, la balle pouvait fortement courber en hook, et donc de droite à gauche.

Ce type de trajectoire quand il n’est pas désiré, et pas conforme au tracé du trou à jouer expose à une balle perdue en hors limite à gauche.

En fait, un tel chemin est dans tous les cas un problème. Le degré d’écart avec le centre du fairway est tel que même une balle prise avec une face square va tourner à gauche fortement…

J’ai donc travaillé sur ma posture et mon swing pour réduire cet écart de 10 degrés à moins de 5 degrés aujourd’hui.

Ces deux dernières années, on ne peut plus dire que je suis un joueur de « hook », et au contraire, je peux taper des balles très « droites », car en parallèle, je contiens la position de ma face de club dans une sorte de cohérence, à savoir pas trop fermée ou pas trop ouverte.

Pourtant, récemment, sur une partie de golf anodine, je me suis mis soudainement à taper d’énormes « push slice » où la balle est introuvable, et la pénalité extrême.

Ce n’est pas mon chemin de club qui s’est dégradé ou alors inversement transformé dans l’inverse de ce que je pouvais produire jusqu’à présent…

Que s’est-il passé ?

Au moment d’écrire ses lignes, j’ai du recul, et trouvé la solution. Cependant, quand cela s’est produit, puis répété de manière systématique, j’étais bien embarrassé et impuissant pour trouver la parade.

C’est là que je suis tombé sur l’analyse du coach Anglais Chris Ryan, un célèbre youtubeur, au sujet de la solution mise en œuvre par Bryson DeChambeau contre ce même problème de push slice.

En réalité, sur un tee de départ, si cela vous arrive comme cela m’est arrivé, il y a toujours 3 questions à se poser : Quel chemin de club ? Quelle position de la face ? Et j’en ai pour l’instant moins parlé, quelle position de l’impact de balle dans la face ?

En situation de « crise », on devrait toujours revenir à ces trois questions.

J’ai donc fait une séance de drive au Trackman pour constater ce qui pouvait bien se passer…et comme je le présentais, ce n’était pas un problème de chemin du club.

Restait donc la position de la face, et l’impact de la balle dans la face…

Quelle est la solution de Bryson DeChambeau illustrée par Chris Ryan ?

Pour éviter une balle qui s’échappe à droite de la cible, Ryan explique que DeChambeau craint les balles tapées en talon (près du hosel du club), car ces impacts ont tendance à ouvrir la face du club, et donc déclencher un push slice.

DeChambeau qui swingue désormais très vite, doit tout faire pour éviter une telle erreur, qui dans son cas, est encore plus aggravée que dans le mien, ou dans le cas d’un golfeur senior avec une vitesse de swing lente.

En effet, la vitesse de swing agit comme un facteur aggravant… Plus la balle part vite de la face du club, et plus cet effet sera prononcé, et l’écart avec le centre du fairway pourra être énorme.

Pour éviter un coup tapé en talon, DeChambeau a mis au point une solution toute simple, consistant à dans un premier temps, adressé son club, non pas au centre face à la balle, mais il a placé sa tête de club avec la pointe seulement face à la balle.

Il a désaxé sa tête de club, et comme s’il voulait la taper avec la pointe, et non pas au centre. Il ne s’est pas arrêté là !

A partir de cette organisation qui en fait contribue à reculer son corps à l’adresse de la balle, il soulève le club du sol d’un ou deux centimètres, ce qui dans sa position, ramène la tête de driver plus ou moins en face de la balle, au centre du club….

Ce mouvement de la tête de club lui permet d’adopter une posture légèrement différente par rapport à la balle, de sorte qu’il ait plus de chances de prendre la balle au centre de la face à l’impact ou en tout cas, moins en talon. 

Rappelons-nous qu’au golf, il faut toujours revenir aux fondamentaux. La posture est un élément fondamental du swing, et explicatif d’une trajectoire.

Quand au Trackman, j’ai constaté que je tapais effectivement plutôt vers le talon du driver, j’ai appliqué cette méthode pour voir si elle pouvait fonctionner pour moi.

Et sans faire de faux suspense, oui, cela a fonctionné immédiatement, j’ai pu constater ce faisant un recentrage de mes frappes de balles dans la face du club.

Cela ne s’est d’ailleurs pas opéré sans un deuxième changement : La hauteur de mes épaules.

En fait, pour lancer la balle au driver intérieur extérieur avec une face ouverte, j’avais tendance à laisser mon épaule passée bien en-dessous de mon épaule gauche.

Qu’est-ce que la solution de DeChambeau change justement et concrètement ?

Eh bien, je me suis justement redressé, et moins placé mon épaule droite sous mon épaule gauche à l’adresse. De cette façon, j’ai moins créé les conditions de mon lancement vers la droite, et avec un impact plus talon.

Ci-dessous, la première série de drives que j’ai tapé sans chercher à me corriger. Soit la série qui référence mon problème du moment, avec des frappes qui peuvent partir en push-slice.

Sur plus d’une dizaine de frappes, on peut constater qu’en moyenne, je prends les balles plutôt vers le talon, et en bas de la face.

Selon les chiffres, le « club path » n’est que de 2 degrés intérieur-extérieur, ce qui est un gros progrès par rapport aux 10 degrés que je pouvais réaliser encore quelques années en arrière.

Cependant, on peut voir que quelques balles dégagent fortement à droite en push slice, et ces balles, je vais bien les avoir sur un parcours, et par conséquent, je vais perdre beaucoup…

Ci-dessus, une deuxième série de frappes où j’ai appliqué la solution DeChambeau conseillée par Chris Ryan. Là, clairement, les frappes se recentrent dans la face. Pour donner une mesure, au lieu de prendre les balles décalées de 7 millimètres en moyenne du centre de la face, la mesure n’est plus que de 2 millimètres en moyenne.

En conséquence, en moyenne, on peut voir que les balles se recentrent vers le milieu du fairway, mais je ne suis pas non plus un magicien, il reste des erreurs de trajectoires.

En réalité, la solution DeChambeau expliquée par Chris Ryan fonctionne… pour recentrer les balles dans la face, en revanche, cela ne résout pas le deuxième problème : Des frappes avec une face qui s’ouvrer à l’impact, soit en raison d’un mauvais rythme, soit tout simplement d’un mauvais geste.

Je n’ai donc résolu qu’une partie de mon problème.

Ci-après, je vous détaille quelques exemples de frappes

Le cas ci-dessus, la balle est tapée en basse en talon, et la face est ouverte de 4 degrés à l’impact. Même si mon chemin de club est modérément intérieur-extérieur, ma balle va tout de même terminée 32 mètres à droite du centre du fairway ! C’est clairement la faute que je voudrais éliminer.

Dans le deuxième cas ci-dessus, je tape encore plus la balle en talon et basse, et pourtant la trajectoire estimée par le trackman est relativement droite… La position de la face à l’impact est fermée de -3 degrés !

Si la balle avait été prise au centre, ma balle aurait terminée à gauche…

Dans ce troisième exemple ci-dessus, cette fois, je centre à merveille la balle dans la face. Mon chemin de club est même inversé, légèrement extérieur-intérieur… Je ne devrais pas envoyer la balle à droite, et en plus loin, à 31 mètres du centre !

La face de club est en fait ouverte de 3 degrés vers la droite !

Centrer la balle dans la face est une condition indispensable mais pas suffisante…

Dans ce quatrième exemple ci-dessus, enfin, je lance la balle parfaitement au centre vers ma cible. A la fois, la balle est tapée au centre de la face, et en plus, la face est square à la cible ! Il ne peut rien se passer…

Le problème du push slice se résout donc par deux solutions à mettre en place. Effectivement, c’est mieux de centrer la balle dans la face du club, mais ce n’est pas suffisant. Il faut aussi, pour un droitier, placer la face la plus square possible par rapport à un chemin de club cohérent, à savoir un lancement en ligne avec la cible.

Si vous tapez la balle square dans la face avec un chemin de club très intérieur-extérieur ou même l’inverse, le ratio de chemin et face va s’accentuer, et la balle va courber.

Personnellement, je préfère chercher à taper des drives droits car je trouve que c’est plus facile à prédire en termes de trajectoires que des balles en courbe. Cela étant, Bubba Watson est l’exemple du type du golfeur qui ne s’est jamais embêté avec ce sujet, et courbe toujours ses balles, ce qui ne l’empêche pas de faire partie des meilleurs golfeurs du monde. Que fait-il ?

Il sait qu’il ne place pas sa face square à l’impact, et il ne déplace pas plus son club dans un chemin parfaitement neutre à la cible.

Par conséquent, il gère les « inverses »

Si moi, j’essaie d’aligner chemin et face, sachant que pour un amateur, les erreurs de faces à l’impact sont monnaies courantes, Bubba part du principe que si par exemple sa face est toujours plus ou moins ouverte de 2 ou 3 degrés à l’impact, pour ne pas slicer, son seul enjeu est de tout faire pour créer…. un chemin extérieur-intérieur (il est gaucher) supérieur à 2 ou 3 degrés par rapport à sa cible.

Ainsi, son objectif est de créer une trajectoire qui part à droite de sa cible mais revient à gauche, en s’alignant systématiquement vers la droite du fairway pour ouvrir en grand… le côté gauche.

De son côté, DeChambeau cherche à taper une balle avec un chemin neutre, et une face square… il cherche à faire des traits.

Il n’y a pas de bonne ou mauvaise solution. Dans les deux cas, ce qui les distingue d’un amateur, c’est qu’ils savent pourquoi lls le font, et surtout déterminer le lien de cause à effet, entre posture à l’adresse, et trajectoire de balle.

Pour ma part, avec cet exercice, j’ai avancé d’une case, et me suis refocalisé sur le centrage de balle dans la face. Cela n’a pas tout résolu, mais aidé. Je dois surtout faire attention à ne pas lâcher la face de mon club vers la droite de ma cible.

Alors que par le passé, je fermais trop ma face par rapport à mon chemin, maintenant, avec un chemin moins marqué intérieur-extérieur, je ne ferme plus assez ma face, et au contraire, je la laisse trop s'ouvrir à l'impact...

Pour l'instant, je n’ai pas vraiment trouvé de solutions autre que… la concentration pendant mon geste alors que tout se joue en moins d’une seconde.

Si vous êtes concerné par le Push slice, vous avez donc trois paramètres à questionner : Votre chemin de club, votre face à l’impact, et votre centrage de balle.

Le chemin et le centrage peuvent être « bougés » par la posture que vous allez adopter devant la balle, et bien avant de déplacer votre club. 

Crédit photo : Ken Murray/Icon Sportswire 

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