Les 5 fautes de swings les plus fréquentes chez les amateurs

A l’occasion du dernier PGA Show, virtuel en conséquence de la situation sanitaire mondiale, l’un des pros PGA les plus reconnus en Autriche, Christoph Bausek, a réalisé une intéressante présentation concernant les fautes les plus récurrentes ou communes à une majorité de golfeurs, et de golfeuses au niveau amateur. Au cours de sa conférence en ligne qui a duré plus d’une trentaine de minutes, il s’est évertué à détailler, et illustrer cinq grandes fautes récurrentes, à l’aide d’un capteur fixé sur le poignet des joueurs (Hackmotion), pour justement comparer à l’idéal recherché. L’intérêt de cette approche est qu’elle permet de très précisément comprendre l’écart entre le réalisé et le recherché…

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Préambule

Comment être certain que tous les amateurs pourraient se reconnaitre dans une grande famille de fautes, alors que finalement, tous les individus sont foncièrement différents, et souvent les mouvements épousent ces différences ?

Au départ de sa conférence, Christoph Bausek utilise une précaution d’usage « Souvenez-vous que tous les mouvements du poignet directeur peuvent différer d’un joueur à un autre, cependant les fautes, et les solutions peuvent être universelles »

Pour nous motiver, il ajoute « Ces cinq fautes peuvent nous servir de guides pour savoir où regarder de possibles améliorations sur un swing de golf ».

Commençons par liste les cinq fautes identifiées par le pro Autrichien : En premier lieu, cela va concerner le grip à l’adresse, puis une trop forte extension du poignet directeur à l’adresse et/ou à l’impact avec la balle, une déviation radiale du poignet directeur trop importante, un mouvement trop rigide du poignet au sommet du swing, et qui va trop verticaliser le manche du club, et enfin un mauvais timing du swing. 

Jeux de mains…jeux de vilains ?

Sur ces cinq erreurs ou fautes, deux sont plus faciles à appréhender de but en blanc, tandis que trois autres paraissent tout de suite plus difficiles à comprendre. Nous allons essayer d’examiner chaque cas.

Premier constat, Christoph Bausek nous parle essentiellement des mouvements du poignet, finalement un des segments mis en jeu par un swing, mais pas le seul.

Pour faire écho à notre dernier sujet sur l’estomac, possible cerveau d’un swing de golf, un de nos intervenants, Loïc Gambardella expliquait que pour beaucoup d’amateurs, et notamment ceux qui travaillent toute la journée sur un ordinateur, la perception des mouvements des mains est encore plus accentuée.

Il en fait une corrélation avec le swing, et explique l’expression : Les golfeurs qui jouent beaucoup avec leurs mains !

Ainsi, le club est beaucoup plus manipulé par les mains que la résultante d’une séquence mettant en jeu le bas du corps, le haut du corps, les hanches, les épaules…

Ce n’est donc pas très surprenant que Bausek s’intéresse plus spécifiquement aux mouvements du poignet… directeur.

Le cas présent, on ne parle pas des poignets, mais bien du poignet directeur, le gauche pour un droitier, et inversement le droit pour un gaucher.

Et tout commence à l’adresse, bien avant de taper la balle de golf…

Le grip, première source d’erreur pour un amateur

Tout commence avec le grip, qui justement est potentiellement identifiée comme la première source d’erreur ou faute possible.

Au-delà des constats, ce qui est intéressant dans la démarche de l’enseignant, c’est qu’en utilisant un outil tel que le système de capteurs à fixer sur le poignet directeur, le HackMotion, il ne fait pas seulement que constater, mais en plus, il nous donne des repères, des guides, des valeurs pour tenter de bien comprendre l’écart entre ce que nous faisons, et ce que nous devrions faire.

Pour illustrer cet article, étant en possession de ce capteur, j’ai moi-même revêtu le capteur pour tenter de reproduire les indications du pro.

Quel est justement le placement idéal du poignet à l’adresse ? Comment gripper le club idéalement ?

Pour Bausek, les mesures faites chez les golfeurs professionnels permettent de définir justement une plage de valeurs comprise entre 10 et 30 degrés d’extensions du poignet à l’adresse.

Toutefois, il se justifie de possibles exceptions en fonction de grips plus forts ou plus faibles.

A l’aide du capteur, la première faute pourrait être de trop courber le poignet directeur à l’adresse, et en-dessous d’une valeur de 10 degrés.

Dans ce cas, il en déduit justement deux problèmes : En premier, le grip peut être justement trop faible ou le grip du club pris trop dans la paume de la main, et pas assez dans les doigts.

Autre possibilité, par l’action des poignets, le shaft du club est trop mis en avant par rapport à la balle, en direction de la cible.

Cette première mesure fournie par le capteur doit donc vous inviter à ajuster votre grip à l’adresse.

Pour le coup, et parmi les cinq fautes identifiées, c’est une fois correctement identifiée, la faute la plus facile à corriger.

Pour vous donner une indication moins mathématique et peut-être plus parlante, il s’agit de légèrement faire reposer le club sur le talon à l’adresse, et pour obtenir un degré d’extension du poignet directeur cohérent.

Etant équipé du capteur, j’ai justement cherché à vérifier les propos du pro.  J’ai pu constater que j’obtenais assez naturellement une valeur autour de 18 degrés d’extension du poignet directeur.

Par la suite, j’ai voulu expérimenter les deux extrêmes : Pas assez d’extension et trop d’extension.

C’est toujours intéressant de tester des positions au golf en exagérant les mouvements. C’est facile à dire, mais finalement, après cette expérience, un bon grip, c’est plus naturel qu’on ne pourrait le croire quand on débute.

Le club doit reposer à la base des doigts des deux mains, et non pas dans la paume des mains. Le talon du club posé sur le sol.

Trop d’extension du poignet à l’impact du club avec la balle, deuxième source d’erreur

Deuxième cas de figure ou faute récurrente chez un amateur, l’extension justement excessive du poignet directeur, et notamment à l’impact et par rapport à la position du poignet à l’adresse.

A ce stade, pour déchiffrer la complexité de l’explication du pro, il faut comprendre que pendant un mouvement de swing, le poignet directeur se déplace, et à priori, s’étend ou se fléchit de manière différente entre l’adresse, au sommet du swing et l’impact avec la balle.

C’est là que peuvent apparaître des mouvements parasites.

Les professionnels sur le Tour nous aident à donner une référence idéale.

Selon les mesures de Bausek, un pro verrait l’extension de son poignet directeur baisser de 20 à 25 degrés à l’impact par rapport à la position à l’adresse.

On peut donc en déduire que, si au sommet, l’amateur présente une extension plus importante du poignet par rapport à l’adresse, il est possiblement en faute.

Pour Bausek, une extension excessive du poignet (le fait de courber ou cupping en anglais et donc augmenter l’extension du poignet) au sommet du swing peut engendrer un retard dans le fait de ramener la face square à l’impact (en parfaite direction vers la cible).

Le résultat peut être un contact de balle assez inconsistant, et un vol de balle incontrôlé, en slice ou en hook.

Nous devons comprendre à travers les propos de Bausek qu’un slice ou un hook peut provenir d’un mouvement d’extension excessif du poignet au sommet du swing.

Dans sa vidéoconférence, il propose des exercices pour corriger ce point en particulier. Toutefois, à mon niveau, à la différence du grip, je considère que mesurer cette extension excessive, et surtout la corriger commence à être plus compliqué, surtout seul sans coach.

Un des exercices recommandés consiste seulement à swinguer sur un plan horizontal (dit de 3 heures à 9 heures sur une horloge) pour sentir le bon mouvement du poignet.

En France, je dois mentionner qu’un pro est spécialisé sur cet outil Hackmotion. Il s’agit de David Arrignon qui peut sans doute aider les golfeurs qui voudraient aller plus loin dans le détail des mesures, et des corrections.

Quand il s’agit des mouvements du poignet, il n’y a pas que l’extension ou la flexion.

On répertorie trois grands types de mouvements : Flexion/extension, déviation radiale ou ulnaire, et pronation/supination.

La troisième faute remarquée par le coach autrichien concerne une déviation radiale excessive du poignet pendant le swing.

Déviation radiale excessive du poignet, troisième source d’erreur

Toujours en prenant comme base les professionnels, au moment du backswing, ces derniers ajouteraient naturellement 20 à 40 degrés de déviation radiale du poignet directeur (cocking), ce qui va sans doute leur permettre de créer du retard, et donc ajouter de la vitesse de swing avant d’impacter la balle.

Bausek observe chez les amateurs que la déviation radiale peut au contraire excéder 40 degrés.

Or, ce mouvement qui se combine avec l’extension du poignet (l’un a tendance à créer l’autre), et en excès, peut rendre plus difficile le fait de ramener la face square à l’impact, et depuis la phase de transition du swing (entre backswing et downswing).

Toujours dans sa visioconférence, Bausek propose des solutions et corrections. Surtout, il insiste auprès de nous pour ne pas surjouer avec les poignets.

Il utilise comme conseil une astuce : Pensez que votre club de golf est un parapluie, et que vous devez rester au sec quand vous montez le club au sommet.

Un mouvement trop vertical, quatrième source d’erreur

Quatrième faute observée et qui consiste à créer un mouvement trop vertical, l’amateur est susceptible de placer le shaft du club trop à la vertical par rapport au sol, et par conséquent, risque de causer des slices ou des coups dans le sol trop tôt avant la balle.

C’est là où entre en jeu les mouvements de supination pendant la phase de transition entre le backswing, et le downswing.

Le capteur permet de suivre ces mouvements pendant le swing.

Toutefois, Bausek ne nous donne pas la valeur idéale obtenue par un pro, il se contente de rappeler que les meilleurs swings ont tendance à légèrement horizontaliser le club au moment de la transition.

Il donne une fois de plus un exercice plutôt simple pour corriger ce mouvement handicapant. Cela consiste à utiliser un ballon placé entre les bras pendant tout le mouvement, ce qui favoriserait selon lui, le fait d’horizontaliser légèrement le club.

Un tempo trop précipité ou trop lent, cinquième source d’erreur

Dernier point qui pénalise un amateur, le timing du swing !

Le capteur HackMotion permet là-encore de mesurer le temps passé entre deux séquences : Le backswing, et le downswing, pour en déduire un ratio ou un tempo.

Le bon tempo serait de 3 pour 1 chez un professionnel. Pour un amateur, le ratio est parfois trop rapide ou trop lent.

Avec le grip, c’est peut-être le deuxième point le plus facile à comprendre et à travailler.

Le pro nous suggère de tester différents tempo, notamment au backswing (c’est plus difficile de travailler la vitesse du downswing sauf à être à son maximum).

Conclusion

Pour avoir contrôlé avec le même capteur, mes valeurs par rapport à ces cinq fautes édictées, en conclusion, oui, c’est une bonne piqûre de rappel pour le grip, et le tempo.

A force de s’entraîner, on peut facilement oublier de bien tenir son club, et précipiter son tempo.

S’agissant des autres mouvements, l’extension trop rapide du poignet, un mouvement radial trop important, et une tendance à trop verticaliser le shaft, cela peut sembler d’emblée plus compliqué à saisir. Toutefois, les exercices proposés sont accessibles.

En revanche, sans un enseignant de golf à ses côtés, cela paraît tout de même très difficile de s’auto-corriger ou de percevoir si on travaille dans la bonne direction.

A moins qu’on considère que les trajectoires de balles produites sont toujours un bon indicateur de la qualité du travail que l’on cherche à produire.

Il y a donc deux choses à retenir : Savoir faire le diagnostic, et pour cela, Bausek nous donne des mesures ou des repères intéressants à rechercher. C’est essentiellement ce qui m’a motivé à écrire cet article.

Parfois, parler d’amélioration du swing sans donner de valeurs à rechercher, peut sembler confusant.

La deuxième chose à retenir, c’est que corriger des mouvements du poignet demande vraiment l’intervention d’un coach de golf, soit qualifié HackMotion, pour travailler dans une précision extrême du geste, soit avec un coach qui n’utilise pas cet outil, mais distingue bien une complication du mouvement du poignet, et va proposer un exercice adapté.

La technologie, et notamment le capteur HackMotion n’est pas une obligation pour un pro ou un élève. Cela permet simplement de mettre des valeurs sur un mouvement, et cela va plus parler à un certain type d’individus plutôt que d’autres.

Il n’en demeure pas moins qu’une partie des erreurs de swings d’un amateur peuvent bien provenir des poignets, car dans notre vie de tous les jours, nous agissons souvent bien plus avec nos mains qu’avec notre corps, c’est d’ailleurs ce qui distingue un golfeur loisir ou amateur d’un sportif professionnel et de haut niveau qui travaille surtout avec son corps.

Veuillez trouver ci-après la vidéoconférence de Christoph Bausek

Crédit photo : Alberto Chagas, Hackmotion et JeudeGolf

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