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Les explications derrière l’innovation du putter Stroke Lab

Sans présager de tous les prochains putters annoncés pour le reste de l’année 2019, le principe Stroke Lab présenté par Odyssey a le mérite de prendre le contre-pied de nombreux principes qui n’avaient plus été contredits depuis un certains temps. C’est d’ailleurs ce que nous ont présenté les ingénieurs en charge de la conception de cette gamme de putters, au siège de la société, en Californie. Vous lirez que le manche a perdu 40 grammes, et qu’il est constitué pour la première fois d’acier et de graphite. Ci-après, on vous explique, pourquoi et comment Odyssey en est arrivé à cette nouvelle idée.

Pour expliquer l’origine de l’idée qui a mené à la création originale du Stroke Lab, Dr Alan Hocknell a tenu à rappeler le contexte dans une présentation à laquelle j'ai pu assister.

A savoir, depuis plusieurs années, les marques de putters ont investi sur comment améliorer l’alignement, comment améliorer le roulement…

En réalité, l’industrie essaie de masquer les faiblesses d’une frappe spécifique au lieu de les améliorer. Ce constat apparemment réalisé par Odyssey est la clé pour comprendre ce que le fabricant voulait réaliser avec Strokelab.

Les ingénieurs ont noté que la majorité des golfeurs ont un putting irrégulier.

La plupart des technologies de putter s'intéressent à l'amélioration de l'alignement ou de la qualité du roulement, au lieu en fait d’améliorer le stroke.

Pour y parvenir, Odyssey imagine qu’une modification en profondeur de la distribution du poids pourrait justement permettre à une majorité de golfeurs de mieux répéter, coup après coup, un meilleur stroke.

Une fois n’est pas coutume dans l’industrie, et notamment des OEM, c’est plus le shaft que la tête qui représente la solution ultime.

Objectif : Améliorer la consistance du stroke, notamment au backswing (temps du mouvement), l’angle de la face à l’impact, la vitesse de balle, et la direction de la balle.

Jusqu’à présent, les équipes menées par Austie Rollinson ont relevé que depuis 20 ans, certains nombres de paramètres ont changé, à commencer par la masse des têtes des putters, qui a continuellement augmenté tous les ans, passant de 219 grammes en moyenne en 1975, à près de 360 grammes de nos jours.

Il y aurait une raison facilement identifiable pour comprendre cet alourdissement.

Les gens apprécient un moment d’inertie plus élevé, et c’est pour cette raison que les putters présentent des têtes de plus en plus importantes en tailles, qui au passage, permettent de placer de plus en plus, des aides à l’alignement.

C’est aussi plus facile pour les marques de placer un centre de gravité plus bas avec de têtes plus larges et plus lourdes. Pour les ingénieurs, effectivement, toutes ces chose sont censées être bénéfiques.

Comme le poids des têtes a continuellement progressé, logiquement, le poids global des putters a aussi augmenté.

De fait, pour déplacer plus de poids au putting et avec plus d’amplitude, il faut agir avec les plus gros muscles du corps.

A partir des années 2015, avec la popularité des grips superstrokes, les ingénieurs ont noté une stabilisation du poids global des putters, malgré la constante progression des têtes.

Les putters superstrokes étaient plus volumineux, mais en fait souvent bien plus légers que d’autres.

Le swing weight des putters a donc été modifié par conséquence.

Dans les années 70, le swing weight des putters était globalement dans une plage de rang C, alors que désormais, il serait plutôt en moyenne dans les F.

La majeure partie du poids d’un putter est logiquement proche de la tête.

De là, Alan Hocknell et Austie Rollinson, en charge des putters chez Odyssey, se sont demandés, si c’était une bonne ou une mauvaise chose, notamment que le poids le plus important soit le plus loin de vos mains, car finalement, vous êtes moins en relation ou en feeling avec le putter.

Autre changement majeur intervenu au cours des 20 dernières années, la rigidité des manches de putter n’a cessé de décroître.

C’est en croisant des données sur le swing weight et la rigidité des manches que les ingénieurs ont commencé à se mettre sur la piste du Stroke Lab.

Un putter avec un manche unique en son genre, mais pas seulement.

Le shaft Strokelab permet ainsi d'économiser 40 grammes.

Cette évolution est rendue possible par un nouveau design du shaft multi-matériau, alliant un corps en graphite aux extrémités en acier, pour parvenir à un poids de tout juste 75 grammes, dont la plus grande partie est concentrée dans la pointe.

Odyssey annonce avoir redistribué le poids économisé en ajoutant 10 grammes dans la tête sous la forme de deux poids en semelle, et 30 grammes au niveau du grip, grâce à une opération en deux temps.

Ils ont d’abord opté pour un grip pesant 10 grammes de moins et ensuite, ils ont ajouté un poids de 40 grammes à son extrémité.

L'effet de la distribution du poids des Strokelab sur les frappes des golfeurs serait dite spectaculaire. J’y reviendrai.

Les études d'Odyssey constatent des améliorations quant à la constance du temps de backswing, de l'angle de face à l'impact, de la vitesse de balle et de la trajectoire de la balle.

Le toucher avec la tête du putter gagne en précision, et permet au golfeur de recommencer la même frappe homogène coup après coup. Tout est alors question de régularité.

Alan Hocknell évoque la consistance, la répétabilité des coups, comme l’élément qu’ils ont le plus analysé, et en particulier, la longueur totale du backswing pendant un putt.

Il estime que le Strokelab améliore considérablement cet aspect du putting.

Les ingénieurs nous ont présenté un tableau évoquant un gain de régularité de près de 29% pour la longueur du backswing, de 21% pour la position du putter au sommet du backswing, de 19% pour l’angle de la face toujours au backswing, et 13% à l’impact entre autres chiffres.

Le gain de contrôle de la vitesse à l’impact serait ainsi de 14%.

Attention, cela ne signifie pas que cela augmente la vitesse de balle, seulement la régularité, et notamment votre capacité à répéter plus facilement des longues distances où cela pourrait se ressentir plus facilement.

Comme le déplacement du poids se fait plus près des mains (23% du poids total du putter), la marque affirme que vous obtenez donc en contrepartie trois grands bénéfices : Du contrôle, de la stabilité, et de la consistance.

En termes de formes de têtes, Odyssey sort l’artillerie lourde et décline son innovation dans de très nombreuses versions, et même pour sa gamme EXO.

Sur cette gamme, il semblerait que la majeure partie des têtes dépassent d’ailleurs la barre des 5000 gr/cm2 de MOI.

Alan Hocknell a sur ce point voulu faire une comparaison avec les modèles populaires sur le tour, les Spider Tour et Mini (3700 gr/cm2) du rival TaylorMade, tous deux en-dessous de ces valeurs.

Il se trouve que je putte régulièrement avec un putter avec un niveau de MOI d’environ 3500 gr/cm2, et malgré sa tête plus petite, pour l’avoir testé au Trackman, et au Zenio, c’est un putter, qui dans mon cas, me produit les meilleures performances.

Attention à cette notion de MOI, elle est certes importante, mais ce n’est pas le seul critère d’adéquation d’un bon putter avec un golfeur.

Concernant la face, vous retrouverez aussi sur toute la gamme Strokelab, la face Microhinge, et donc en résumé selon Odyssey, le meilleur de toutes les technologies proposées par Odyssey sur un putter.

Pour Luke Williams, le directeur principal du marketing des putters. « La tête du putter se déplace librement, en douceur et selon une trajectoire constante. Vous pouvez ainsi faire rouler la balle avec précision, tout en ayant plus de contrôle sur la vitesse. »

A mon humble niveau, pour avoir putté avec un modèle Strokelab quelques minutes seulement sur le putting-green du Ely Callaway Performance Center, et sans outils de mesures, je n’ai malheureusement pas de commentaires particuliers à faire.

Je ne suis certainement pas un très grand putter, et tout ce qui est décrit ci-dessus demande du temps pour être parfaitement appréhendé.

Alan Hocknell en convient. Ce n’est pas en tapant un putt ou deux que l’on saisit tout de suite la différence avec un putter traditionnel.

Si on peut constater, et pour le coup, c’est de la technologie visible, que le shaft ne ressemble à rien de commun, je pense qu’il faut vraiment passer une heure ou deux sur un putting-green pour travailler soigneusement son stroke, mesurer ses putts (éventuellement utiliser un tapis de putting) et contrôler la profondeur.

De retour à Lyon, et avec des échantillons, c’est tout à fait quelque chose que je pourrai faire pour évaluer la relation entre la technologie démontrée ci-dessus, et la perception tangible que pourrait en faire un amateur.

Sur le papier, objectivement, tous les arguments présentés par les ingénieurs Odyssey emmenés par Alan Hocknell font sens. La question, ce sera la traduction de ses arguments dans les mains des futurs consommateurs, et surtout, comment ils pourront les évaluer.

C’est la plus grosse difficulté de l’industrie du golf qui s’adresse à des millions de golfeurs tous différents.

Il faut non seulement expliquer des nouvelles technologies, démontrer l’intérêt et l’efficacité, et prendre en compte l’expérience ou le ressenti de chacun.

Strokelab est vraiment une idée très intéressante.

Au moment de la présentation, la majorité des journalistes étaient vraiment étonnés positivement. Toutefois, il reste à appréhender le bénéfice réel pour le joueur, une fois sur un green. Ce n’est jamais ce qui est le plus simple au golf, quand il y a tant de paramètres extérieurs au club qui peuvent influer.

Globalement, un putter Stroke Lab pèsera entre 540 et 545 grammes selon les modèles de têtes : #7, #7S, Marxman, Marxman S, 2-Ball Fang, 2-Ball Fang S, Red Ball, Red Ball S, Tuttle, Tuttle Flow, V-Line, V-Line ang S, V-Line CS, #2, #3, #9, Double Wide et Double Wide Flow.

Il y aura bien entendu des putters pour gauchers (#7, #7S, Marxman, 2-Ball Fang, V-Line, #1, #9 et Double Wide).

Tous les modèles seront disponibles dans des longueurs de 33”, 34” et 35” pour une gamme de prix comprise entre 259 et 279 euros (R-Ball et 2-Ball Fang).

Pour Nick McInally, les premiers joueurs du tour à avoir essayé ces putters ont eu d’excellents retours. Phil Mickelson a d’ailleurs gagné son match contre Tiger Woods avec un putter Strokelab.

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