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Putter Toulon Design Memphis Pistol par Odyssey

Sean Toulon, ex-ingénieur star de la marque TaylorMade a fait valoir ses droits à la retraite pour quitter sa marque de toujours, et rapidement monter derrière, sa propre compagnie de putters, Toulon Design. L’aventure commencée en 2016 a tourné court puisqu’il a été racheté depuis par Odyssey, le leader mondial du secteur. Pour autant, son premier modèle, le Memphis n’a pas été corrigé par les nouveaux propriétaires. Nous avons pu en tester un modèle en exclusivité…

Au passage, nous remercions la société Callaway Golf pour nous avoir librement fourni un putter Memphis SS Pistol, un club, qui depuis le rachat par sa filiale Odyssey n’a pas réellement subi de modifications par rapport au modèle d’origine.

Précision importante : Ce produit ne sera disponible à la vente qu'à partir du 15 septembre en France.

Seule la mention Odyssey apparaît au bout du grip, sinon, l’ensemble reste fortement logoté Toulon Design sur un grip SuperStroke mis aux couleurs.

Il est intéressant de relever que les designers de putters aiment choisir des noms évocateurs de la culture américaine. TaylorMade avait le Daytona. Sean Toulon est resté dans ce type d’inspiration pour choisir le nom de Memphis, capitale de la « Soul music », ville de charme et de culture outre-Atlantique.

« Nous nous sommes inspirés de l’esprit général de la ville pour concevoir ce putter, qui est lui-même seulement et magnétiquement charmant. »

De nos jours, en matière de putter, il devient difficile de sortir des formes en lame, demi-lune, maillet ou tête carrée.

Ce n’est pas sur la forme que le modèle Memphis se distingue, mais plutôt sur sa construction multi-matériaux, qui selon le concepteur, est censée apporter un touché incroyable, et une grande tolérance.

Multi-matériau ? En fait, c’est sous la semelle que vous pouvez vraiment le distinguer avec une combinaison élégante entre la semelle et le body vissé ensemble.

Au moment de sa création, Sean Toulon voulait insister sur des putters avec un seul coude au niveau du manche pour mettre en valeur ce putter face balanced.

Sur le dessus du putter, une seule ligne permet de s’aligner. Elle est bien entendu parfaitement au centre de la cavité.

Il y a une chose que les rédacteurs qui passent leurs temps à repomper des communiqués de presse ne peuvent pas sentir à propos de ce club, et c’est pourtant terriblement flagrant dans les mains : le poids en tête !

J’y reviendrai au moment du développement du test, mais ce n’est pas sans effet sur la performance générale du putter.

L’histoire de la marque Toulon Design peut être contée de deux manières : Soit, c’est un retentissant échec pour son fondateur qui a cru pouvoir partir de TaylorMade pour tracer seul sa route, en comptant sur la richesse de son carnet d’adresse. Soit, c’est un coup de maître pour avoir su se faire racheter par le numéro un mondial, et ainsi passer à la concurrence en contournant une éventuelle clause de non-concurrence.

Entre Callaway et TaylorMade, la distance entre les deux « headquarters » n’est pas très importante.

Les uns sont à Rutherford Avenue dans un quartier d’affaires, et les autres à Fermi Court à l’extérieur du Carlsbad Research Center.

Si les ingénieurs passent de temps en temps d’un camp à un autre, comme par exemple, José Miraflor ou Tom Olsavsky, passé de TaylorMade à Cobra, cela ne les empêche pas de conserver des rapports cordiaux quand ils se croisent dans les différents « diner’s » et pubs de la ville.

Dans le cas de Sean Toulon, visiblement, chez TaylorMade, la pilule n’est toujours pas très bien passée.

Pour vous, potentiel utilisateur, peu importe… ce qui compte, c’est l’attrait de ce putter qu’il soit logoté Toulon Design ou discrètement Odyssey.

Dans un environnement qui a du mal à se renouveler, une nouvelle marque ne peut apporter qu’un peu de fraîcheur.

Sans la puissance et le réseau de Callaway/Odyssey, Toulon aurait sans doute eu du mal à populariser ses putters, surtout en-dehors des Etats-Unis.

Proposé à 420 dollars aux USA, ce produit vient concurrencer le haut de gamme de Scotty Cameron, typiquement un secteur où Odyssey peine à lui chercher des « noises », d’où l’intérêt de tenter le coup Toulon Design.

Sur le produit, si le poids est un élément qui a particulièrement retenu notre attention, ce n’est bien entendu pas la technologie clé de ce putter.

Le principal élément à retenir est en fait le dessin de la face qui a été usiné de manière innovante pour un feeling particulier, et une roule plus précise.

Sur ce dernier point, c’est extrêmement difficile à quantifier pour nous.

Toutefois, le poids en tête joue clairement sur une vitesse de balle plus importante en sortie de face.

En fait, sans détailler le shaft, la forme en demi-lune ou l’aide à l’alignement, tout ce qui concerne ce putter se joue sur le roulement de la balle !

Il est annoncé pour être facile à ajuster sur n’importe quelle vitesse de green, allant jusqu’à dire qu’un coup tapé sur la pointe ou au talon reste sous contrôle pour une roule clean !

Pour taper en pointe ou au talon avec ce putter, il faut tout de même en vouloir ! Sachant que la face usinée ne fait pas toute la longueur de la tête…

Concernant le touché, cette face délivre justement un contact doux que la balle soit prise au centre ou pas.

Pour en juger, il suffit de taper une balle au centre, puis une autre en pointe. Effectivement, le son au centre de la face est nettement plus doux, presque atténué…

Maintenant, s’agissant du test, comment avons-nous procédé ?

Nous avons utilisé un tapis de putting welling putt de 3 mètres, distance considérée comme étant la « birdie zone » avec des balles Callaway Chrome Soft, pour enchaîner deux séries de 7 balles avec le Memphis, une première pour découvrir le club, et une seconde pour optimiser le test.

Ce test a été réalisé avec un radar de mesure Zenio, qui collé à la face du putter, permet d’identifier les points de contacts, le rythme, et la maniabilité du putter (ouverture et fermeture de la face) entre autres données qui permettent de réellement comprendre le fonctionnement d’un putter.

Ce type de test n’a pas pour but de dire qu’un putter est bon ou moins bon, surtout par rapport à un seul utilisateur.

L’objectif est de vraiment comprendre ce qui se passe, et sortir des commentaires à la « j’aime/j’aime pas » stériles ou pire, la recopie stérile du communiqué de presse.

Je me suis prêté au test en comparant ensuite ce putter avec mon putter, forme en maillet carré, et un putter lame type Daytona.

La première chose importante à dire concernant un putter est le fait qu’il faut toujours un temps pour apprivoiser son fonctionnement, surtout dans le cas d’un modèle qui détone par le poids ou la forme.

La première impression est d’ailleurs rarement un coup de cœur.

Le fait de réaliser un premier test permet de découvrir le club, mais par expérience, ce n’est pas suffisant et assez instructif. Il faut faire et refaire.

Comme l’explique souvent Alexandre d’Incau, clubfitter, le premier club à fitter dans le sac de golf est le putter.

Il a bien raison. Il n’y a pas de mauvais putter. Il y a un bon putter pour vous, à condition de vraiment savoir ce qui est bon pour vous.

Vous pouvez taper des putts sur un tapis dans un magasin, sans l’avis d’un professionnel ou d’un outil professionnel, ce sera un défi de savoir ce qui est pertinent, de ce qui ne l’est pas.

Dans le cas de mon essai, je vous propose des indicateurs simples avant d’aller dans plus de détails.

Les indicateurs simples sont : la qualité du centrage des impacts dans la face, la régularité du rythme, et la régularité de la maniabilité (ouverture et fermeture de la face).

On peut aller dans plus de détails avec les angles d’ouvertures et de fermetures ou le loft/deloft donné au club, sachant que sur un tapis à 3 mètres du trou, le nombre de putts rentrés étant de plus de 90%, ce n’est pas un argument pour valoriser un putter.

Comme attendu, le premier essai du Memphis n’a pas été très concluant.

Il faut s’adapter à la masse en tête. Le score d’impact et de rythme est bon, signe que c’est à l’évidence un putter de qualité.

En revanche, le poids en tête important a eu un effet considérable sur la gestion de la face (ouverture et fermeture) qui dans le premier essai est resté très moyenne, à seulement 50% quand chez les pros, ce ratio est au moins à 88% de régularité sur tous les coups.

Ce n’est pas temps au backswing que j’ai été irrégulier. C’est surtout à la relance et après que le poids en tête m’ait perturbé, provoquant quasiment 7 coups différents sur 7.

Concernant le loft, j’ai très classiquement pour mon swing délofté de 10 degrés à la fin du backswing, et ajouté du loft entre 20 et 25 degrés à la fin du swing, ce qui est au-dessus de ma moyenne.

Après ce premier tour de chauffe, comprenant mieux le fonctionnement du putter, j’ai recommencé le test avec cette fois un meilleur fonctionnement.

On peut s’adapter à un putter ! La question est de savoir jusqu’où on peut optimiser le tandem club/joueur.

Au cours du deuxième essai, la qualité du centrage et du rythme sont restés très proches. J’ai surtout amélioré la maniabilité, et augmenté la régularité de 50 à 69%.

Le premier essai m’aurait incité à ne pas sélectionner ce putter pour mon jeu. Le second est déjà tout à fait convenable. C’est ce qu’il faut retenir de cet article ! Le Memphis demande comme tous les putters, un temps d’adaptation et de compréhension du fonctionnement de la tête, et en particulier de la masse.

Sans pouvoir l’étayer avec des chiffres, je constate que cette tête a eu une propension à me faire sortir les putts plus vite de la face. Rien de rédhibitoire, encore faut-il le gérer sur le green !

Par la suite, j’ai repris mon putter habituel. Les scores ont été plus rapidement meilleurs par rapport au Memphis, notamment pour le centrage des frappes dans la face.

Rien d’étonnant, j’utilise un putter en réalité plus large, avec plus de MOI, et plus léger. J’ai donc une habitude assez différente par rapport à celle demandée par le Memphis.

Ensuite, avec le Daytona, les datas ont été très comparables. Disons que le centrage et le rythme étaient légèrement inférieurs.

Pour finir, j’ai repris le Memphis pour un troisième et dernier test, où j’ai encore pu faire monter la performance de maniabilité (régularité à 74%), ce qui démontre encore qu’il faut du temps pour apprivoiser ce club. Toutefois, j’ai plafonné sur la qualité du centrage et le rythme.

Pour vous, si vous voulez changer de putter, toute la question va être d’évaluer la forme, le poids de la tête, mais aussi la longueur et la forme du shaft, ainsi que le grip, puis surtout vous donner du temps pour comprendre le fonctionnement du duo club/joueur.

Le Memphis est un très joli club, très épuré au contact doux. Il me semble qu’il conviendra assez à des golfeurs qui ont un stoke de putting court, car le poids en tête favorise une sortie de balle rapide. Il permet vraiment d’appuyer les longs putts.

En revanche, la forme de tête ne me convient pas personnellement, et s’adresse plutôt à d’excellents golfeurs, capables de parfaitement gérer avec régularité ouverture et fermeture de la face.

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