Putter TaylorMade SPIDER FCG : La bonne surprise ?

Au cours des trois dernières années, la pénétration de TaylorMade sur le marché des putters de golf vendus en France a beaucoup fluctué, sans jamais réussir à prendre la première place solidement détenue jusque-là par Odyssey. Au gré des lancements de nouvelles formes de putters Spider, la marque Californienne a eu plus ou moins de succès pour se maintenir dans le top-3. C’est notamment le Spider X qui lui a offert les meilleurs retours de la part de la clientèle hexagonale. Avec le Spider FCG lancé à la fin de l’été 2020, la marque risque de ne pas bouleverser l’échiquier, sauf si finalement, le Spider FCG pouvait s’avérer une bonne surprise…

Au cœur de l’été 2020, alors que beaucoup de golfeurs étaient peut-être en vacances, TaylorMade annonçait un énième lancement de nouveau putter, le Spider FCG.

A force de proposer très régulièrement des nouveaux produits, le risque c’est de ne plus jamais créer la surprise, et de tomber dans l’anonymat ou le faible intérêt des golfeurs, et des golfeuses.

Trop d’événement tue l’événement !

Pourtant le putter Spider FCG mériterait un peu de notre attention, alors qu’il ne devrait pas remporter le premier prix de beauté ou de l’effet waouh.

D’ailleurs, je n’ai pas trouvé facilement l’information d’un golfeur pro célèbre sur le PGA Tour utilisant déjà ce putter en tournoi. La marque annonce pourtant avoir conçu ce putter en collaboration avec les meilleurs joueurs, et pour les meilleurs joueurs !

FCG, quel nom bien peu intuitif pour un putter !

Cela veut pourtant dire « Forward center of gravity » ou plutôt centre de gravité poussé vers l’avant…

TaylorMade nous explique que ce putter s’adresse aux golfeurs à la recherche de la tolérance d’un maillet et en même temps le touché d’une lame.

Il faut donc comprendre que c’est un « hybride ».

Du point de vue de la forme, le premier commentaire objectif que l’on peut faire, c’est qu’il dénote dans l’univers de la famille Spider. Ok, c’est un maillet, mais c’est à peu près tout ce qu’il a en commun avec les autres modèles de Spider que nous avons pu tester chez JeudeGolf.

D’ailleurs, au premier abord, cela le rend moins attractif, mais avec une sorte de « Je n’aime pas trop, mais il a quelque chose… »

En réalité, cela fait plusieurs semaines que j’ai reçu ce putter au studio, et je n’ai jamais trouvé l’inspiration pour écrire à son sujet, ou même le tester. Pourtant, curieusement, je l’avais gardé pas très loin de moi, en me disant « il faudra que j’en parle », comme si ce putter n’était pas très beau, mais avait du charme !

Curieux comme commentaire, j’ai donc fini par le mettre en jeu sur le parcours… pour un tout autre argument que l’histoire du FCG.

Une fois n’est pas coutume, ce putter présente un grip Superstroke 1.0 aux antipodes des grips de putter que j’ai pu tester ces dernières années, à savoir extrêmement fin !

C’est ce grip qui a fait mon intérêt pour ce putter.

TaylorMade aurait sans doute préféré que je sois subjugué par la nouvelle construction de ce putter au design inspiré d’un maillet.

Et la marque aurait peut-être raison, car finalement, il y a pas mal de choses intéressantes à relever à propos de ce putter, et notamment la nouvelle « True path T sightline » pour aider à l’alignement.

Il s’agit en réalité d’un dessin situé sur la couronne du putter, en forme de T. A l’heure où Odyssey a marqué beaucoup de points avec les nouveaux putters Triple Track (trois lignes d’alignements), TaylorMade a donc contre-attaqué avec cette T line qui est passée quelque peu sous silence, et n’a donc pas eu le même impact commercial.

A cette heure, je n’ai pas relevé d’informations laissant penser que le FCG avait bouleversé le top-10 des putters les plus vendus en France. On est peut-être tous passé à côté de quelque chose ?

La large T line de ce putter présente un intérêt pour l’alignement. Certes, il ne se joue pas avec une balle qui porte elle-même un T, mais pour avoir les deux principes (Triple Track et T line), finalement, je me demande si ce large T sur la couronne ne présente pas un meilleur intérêt ?

Pourquoi ? Car il s’agit d’un T, ce qui signifie qu’il y a au moins une ligne verticale qui peut justement servir à mieux placer la face à l’adresse derrière la balle. Je me réfère à un entretien avec notre expert putting Rudy Olmos expliquant qu’il est visuellement plus facile d’aligner un putter en plaçant une ligne horizontale, et une ligne verticale, et au contraire, beaucoup plus perturbant d’aligner des lignes entre elles.

En résumé, Rudy n’aurait jamais parié sur le succès des Triple Track. Je ne lui ai pas encore montré ce putter FCG, mais je suis quasi certain qu’il serait plus favorable à ce système d’alignement.

En plus de la ligne verticale qui matérialise bien le placement de la face, à l’usage sur le parcours, je me suis aperçu que la ligne horizontale plus large pouvait avoir un effet de réassurance pendant le stroke.

Bref, cette T line est plutôt et finalement une bonne surprise. Sur les précédents modèles de Spider, TaylorMade avait déjà mis en place ce principe de T line, mais sans aller aussi loin dans la largeur du trait.

L’effet d’optique est donc nettement plus prononcé, et finalement plus utile, alors que par exemple, dans le cas du Mini Spider, les lignes finissent par se faire oublier, et ne plus être utiles.

Bill Price, en charge de la création des putters chez TaylorMade déclare « Au moment de développer le FCG, nous avons pensé à beaucoup de tops joueurs sur le tour qui présentent un arc de swing relativement prononcé, qui ont besoin d’un putter avec beaucoup de moment d’inertie, et qui cherchent pourtant du feeling comme s’ils jouaient un putter lame »

Alors c’est justement l’attrait principal de ce putter : Proposer une équivalence de sensations aux lames.

Personnellement, cela fait longtemps que j’ai arrêté de jouer des putters lames pour privilégier des putters avec un maximum de moment d’inertie. 20 ans auparavant, je trouvais pourtant les putters demi-lune plutôt moches pour la plupart. Aujourd’hui, il faut bien admettre que les marques ont fait d’énormes progrès sur le design, même si justement ce FCG n’est pas esthétiquement le plus réussi de la gamme Spider.

Visiblement, cette notion d’hybridation entre lame et maillet a contraint TaylorMade. La marque explique que tout est question de placement du centre de gravité, et d’où sans doute le nom…

Sur un maillet traditionnel, la plupart du poids est placé en périphérie et à l’arrière de la tête, ce qui justement augmente le moment d’inertie (ce qui favorise la stabilité pendant le mouvement, et donc le centrage de la balle dans la face), et favorise le contrôle de la distance.

Sur le FCG, les ingénieurs expliquent qu’au contraire, deux tiers du poids total est placé en avant, permettant à la pointe de tourner autour du centre de masse.

Clairement, nous ne sommes pas sur un putter Face Balanced, mais plutôt un toe hang.

Pour ajouter du poids derrière la face, un poids ajustable a été placé sous la semelle, et directement derrière la face.  

La marque affirme que le talon et la pointe alourdis en tungstène comptent pour plus de 100 grammes du poids totale, alors que l’arrière de la tête a été considérablement allégé, y compris en coupant (creusant à l’intérieur).

Sur la face, un insert CU29 Pure Roll en 100% pure cuivre doit apporter la qualité du toucher. TaylorMade affirme qu’il s’agit de son insert historiquement le plus lourd (25 grammes).

Les rainures inclinées à 45 degrés auraient été conçues pour augmenter le topspin à l’impact, et améliorer la roule vers l’avant depuis n’importe quel point d’impact, ce qui aiderait à faire partir la balle sur la ligne, et y rester.

Clairement, le principal argument de TaylorMade pour affirmer que le FCG est un putter comparable à un putter lame, c’est bien la face censée apporter un toucher plus ferme.

Ce n’est pas cet argument que je trouve le plus convaincant, et à l’usage.

Le FCG est proposé en trois versions différentes au niveau du hosel, et pour correspondre à trois différents types de strokes (arc de swing plus ou moins prononcé).

La version « short slant hosel est dite toe hang à 46 degrés pour correspondre à des golfeurs avec un arc de swing très prononcé.

La version « L-Neck » présente un toe hang à 25 degrés avec une rotation de la face plutôt modérée (celle que j’ai testé), alors que la version « Single bend » est la version la plus proche d’être face balanced, et avec une rotation minimum pendant le stroke.

Prix annoncé 349 euros, ce qui est probablement le plus gros point faible de ce putter (le prix moyen d’un putter vendu en France est autour de 241 euros), ce putter est livré avec un manche KBS Stepless Black CT, et donc le grip Superstroke Pistol.

Le putter est disponible en droitier et gaucher, et surtout en trois longueurs (33, 34, et 35 inches).

De tous les arguments mis en avant par TaylorMade, j’ai donc surtout apprécié cet excellent grip très fin, et qui a été une véritable bonne surprise, dans un cas très particulier.

Utilisateur de gros grips depuis quelques saisons, je déplorais finalement quelques putts manqués à moins d’un mètre. Je voulais tester ce FCG justement dans cette situation, et n’ai pas été déçu.

Ce putter relativement léger, mais toutefois stable pendant le stroke m’a donné de bonnes sensations de contrôle sur des coups à faible intensité (moins d’un mètre) alors qu’avec un putter trop lourd paradoxalement, je suis susceptible de dégrader la qualité du contrôle de la face à l’impact, et manquer de quelques centimètres, à droite, ou à gauche.

En fin de compte, et comme l’a encore récemment prouvé Ian Poulter, un bon joueur sur les greens pourra rentrer des putts avec n’importe quel putter, confirmant au passage que ce n’est pas l’arc qui fait l’indien, il est donc difficile de dire que ce putter est l’arme absolue que tout golfeur devra acheter, surtout à 349 euros.

Cependant, ce putter est peut-être trop largement passé sous le radar des internautes, alors que les marques proposent trop de produits, et trop souvent, au risque justement de perdre notre attention quand un produit original apporte vraiment quelque chose.

J’avais ce produit dans mon bureau depuis bientôt six mois, sans trouver l’angle d’un éventuel article.

C’est finalement un test sur 9 trous qui m’a donné un sujet à raconter. Mon principal angle de recherche était donc ces putts courts où j’avais besoin de plus de confiance, ce qu’il m’a apporté. Je vais donc continuer à le tester sur d’autres parties, déjà très agréablement surpris par le… grip Pistol ou le manche de seulement 33 inches, et plus que par l'argument du centre de gravité avancé...

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