Alors Armlock putter ou pas Mister Xander ? Quels sont les avantages ?

Cette semaine se dispute un très beau tournoi de golf, sur un très beau parcours, le Memorial de Jack Nicklaus sur le Muirfield Village Golf Course. Ce tournoi mériterait largement de devenir un Majeur de golf. Tous les meilleurs joueurs ou presque, engagés sur le PGA Tour, se donnent rendez-vous dans la tanière de l’ours blond, et l’américain Xander Schauffele, parmi les dix meilleurs putters du moment ne fait pas exception. Farouchement opposé aux putters dit Armlock, qui pourrait conférer un avantage sur les greens, l’américain a pourtant fait volte-face, et décidé d’en mettre un dans son sac à l’occasion du premier tour. Alors pour ou contre ? Quel intérêt pour ce type de putter ?

Rookie sur le PGA Tour en 2017, après deux saisons concluantes sur le Korn Ferry Tour, le jeune homme de 27 ans a fait une véritable percée sur le PGA Tour.

Vainqueur à sa première apparition du Tour Championship 2017, tournoi de clôture de la saison, et n’invitant que les trente premiers de la Fedex Cup, Schauffele s’est donc très rapidement fait un nom auprès des fans de golf.

Actuellement cinquième mondial, et virtuellement membre de l’équipe américaine de Ryder Cup, Schauffele a toujours gagné au moins un tournoi professionnel depuis 2017, sauf cette année où malgré une belle troisième place au Masters, il ne s’est pas particulièrement fait remarquer.

Serait-il à la recherche de son meilleur jeu sur les greens ?

Depuis le début de la saison 2021, l’américain aux origines Françaises par son père n’est pourtant pas à la peine dans son domaine de prédilection, le putting.

Actuellement neuvième pour la moyenne de coups gagnés sur les greens, Schauffele utilise régulièrement un putter de la marque Odyssey, son sponsor avec Callaway, et donc un modèle O-Works numéro 7 (RED).

Pourtant, pour ce Memorial dont certains greens ont été redessinés par Nicklaus, il a finalement opté pour un Odyssey Wrist Lock numéro 7 d’une longueur de 38 inches, de loft 5,5 degrés, et de lie 71,5 degrés.

Ce putter est muni d’un grip WristLock Superstroke, et bref, tout est question de bloquer le poignet gauche (Wrist Lock).

Pour l’anecdote, Schauffele est historiquement un anti-putter de ce type Armlock, et continue de militer pour son interdiction.

Le putter Armlock Quezako ?

En résumé, il s’agit d’un putter qui permet tout simplement de caler le grip du putter le long de l’avant-bras directeur (bras gauche pour un droitier) et neutralise en fait tout mouvement du poignet directeur.

Il y a quatre caractéristiques clés concernant un putter Armlock : Le premier, ce type de putter favorise une forte pression vers l’avant au cours du mouvement.  Le second, le grip est généralement plus long de 12 à 20 centimètres par rapport à un grip de putter normal. En trois, ce putter présente souvent de 3 à 5 degrés de loft supplémentaire par rapport à un putter traditionnel. Enfin, en quatre, la tête de putter pèse le plus souvent autour de 400 grammes, et donc plus lourde qu’une tête de putter traditionnelle.

Vous avez donc un club qui nécessite un swing adapté, plus de loft, un manche plus long, et une tête plus lourde… Il faut bien tenir compte de tous ces paramètres avant de jouer ce putter, et certainement pas sur un coup de tête.

On ajoute du loft à ce putter, car le joueur va généralement le tenir contre son l’intérieur de son bras gauche (pour un droitier), et par conséquent, la tête du putter sera le plus souvent poussée vers le sol, et donc le loft sera naturellement réduit (Voir Matt Kuchar, et Keegan Bradley)

A ce propos, c’est Matt Kuchar qui a été le premier à populariser ce type de putter non-conventionnel. Il a poussé Bettinardi à lui faire ce putter, et à créer cette catégorie.

Dorénavant, même Odyssey et les principales marques du marché se sont finalement engouffrées dans la brèche (sauf TaylorMade), et tant que les législateurs ne l’ont pas interdit, à l’image d’un autre type de putter, « Anchor » où on ancrait le putter dans le ventre.

Ancrer, cela semble donc bien une obsession des temps modernes, tout du moins pour un nombre limité de golfeurs professionnels, tant ces putters ne sont pas réellement très courants dans les sacs des amateurs.

Attention, d’autres golfeurs utilisent ce putter avec d’autres façons de tenir le putter, et par exemple, Webb Simpson qui utilise une prise dite « Claw grip ».

Pourquoi utiliser un putter Armlock ?

Le premier bénéfice supposé de ce putter est de favoriser une poussée vers l’avant qui elle-même aide à générer du « topspin », soit l’inverse de la plupart de tous les autres coups de golf qui consistent à créer du … Backspin.

Plus on ajoute du topspin à une balle de golf, plus la balle pourrait rouler en ligne droite sur le green.

Oui, vous lisez bien… Ce type de putter favoriserait bien une roule de balle plus en ligne qu’un putter conventionnel, et par le fait d’enlever une partie des problèmes de chemin de club induit.

Deuxième avantage, ce serait de manière prouvée, la technique de putting la plus stable que l’on connaisse.

Le fait d’utiliser un putter Armlock enlève effectivement la nécessité de « releaser » la tête de putter après les mains pendant le follow-through.

A l’adresse, avec un putter Armlock, vous devez placer les angles de vos poignets, et vous devez ensuite maintenir ces angles pendant tout le swing (stroke).

Avec un putter normal, il faut créer du release avec les poignets, la tête de putter passe les mains après l’impact, et parfois, des golfeurs connaissent des crises de yips ou de confiance. Le fait d’utiliser un putter Armlock serait alors la manière la plus simple de putter, et toujours légale par rapport aux règles du jeu.

S’agissant de la longueur du putter, Bettinardi recommande de choisir en tenant compte de votre taille, et la longueur de vos avant-bras.

Si vous mesurez moins d’1m80, vous pouvez opter pour un putter de 40 inches de long, et plus grand, vous pouvez partir sur un 42 inches (pouces).

Quand sait-on qu’il est intéressant d’utiliser ce type de putter Armlock ?

Il faut se poser une seule question : Etes-vous à l’aise sur les putts à moins d’un mètre du trou ?

Si la réponse est non, un putter Armlock pourrait être une très bonne chose pour votre score !

S’agissant de Xander Schauffele, ce qui est étonnant, c’est qu’il n’a peut-être jamais aussi bien putté depuis qu’il joue sur le PGA Tour, et pourtant, il a opté pour ce type de putter.

Devant la presse, en début de semaine, il a expliqué sa position, ou plutôt ce revirement « Mon coach putting, Derek Uyeda, et même toute mon équipe, nous étions contre le changement, et pourtant j’avais envie de tester. Je trouve cela amusant, d’être parmi les dix meilleurs putters du tour, et de pourtant changer de style de putting. »

Il a ajouté « Je suis néanmoins toujours pour l’interdiction, mais comme tout le monde peut encore l’utiliser, je suppose que les joueurs pourraient avoir un plus gros avantage, et par conséquent, je veux prendre ce même avantage. »

Et effectivement, au cours du premier tour sur le Memorial, Schauffele n’a eu besoin que de 28 putts pour terminer sa partie avec un score qui laisse rêveur de 68.

Depuis le début de la saison, sur les putts à justement moins d’un mètre, son taux de transformation était déjà de 99,75%, autant dire pratiquement 100% (58eme sur le PGA Tour), toutefois en 2020, son pourcentage était encore plus élevé à cette distance (99,84% en 26eme position).

On peut imaginer que Schauffele qui doit tracker la moindre statistique sur son jeu, y a vu une opportunité de gagner quelques coups.

En comparaison, nous les amateurs, ne sommes sans doute pas à 99% sur les putts à moins d’un mètre, et devrions donc regarder de plus près ces putters.

Après sa partie, le californien est encore revenu sur ce choix anticonformiste « C’est plus facile, c’est plus constant. Mon coach et moi travaillons justement beaucoup sur le démarrage de la balle, et nous nous assurons que la balle fait justement ce que nous attendons d’elle. Le fait que le putter soit ancré dans le bras vous prémunit de mouvements parasites au niveau poignet. Vous pouvez un peu trembler avec le poignet, mais généralement pas avec tout l’avant-bras. »

L’américain argumente toujours contre cette méthode de putting qui en fait enlève le stress du putting.

 « Le putting peut-être tellement stressant. Tous les coups sont potentiellement difficiles, mais les putts sont les coups qui déterminent le plus la carte de score. Un mauvais putting a ruiné des carrières de grands golfeurs, et au contraire, permis à des golfeurs moyens de faire des grandes carrières… »

Schauffele affiche clairement un objectif super ambitieux pour sa fin de saison : Terminer numéro un en coups gagnés sur les greens !

Et justement, avec cette technique, il estime pouvoir y parvenir, ce qui interroge pour les amateurs, et si ce type de putter et méthode de putting n’était pas une excellente école pour mieux putter ?

Si comme Schauffele l’atteste, cette méthode enlève autant de stress sur les putts, est-ce que le législateur ne va pas finir par considérer que c’est une trop grosse entorse à l’essence du jeu de golf ?

Webb Simpson, Bryson DeChambeau ont clairement bénéficié de cette technique pour gagner un majeur. Auraient-ils gagné sans ?

Cela donne envie de creuser, et de tester ce type de putter…

Crédit photo : Lee Coleman/Icon Sportswire / Todd Kirkland/Icon Sportswire

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