Un Mini-driver à quoi cela sert ? Lancement du nouveau TaylorMade 300

Début juillet 2021, TaylorMade annonce la mise sur le marché d’un nouveau mini-driver 300 au prix de 419 euros. Un prix mini pour un driver ? Des performances mini ? Moins de distance ? Moins de dispersion ? Au-delà de l’aspect purement marketing présenté par la marque pour remémorer une première série de bois de parcours 300 lancée dans les années 2000… justement par le passé, les précédents mini-drivers n’ont pas vraiment défrayé la chronique, et notamment dans les ventes…Qu’en sera-t-il cet été ?

Le mois de juillet est traditionnellement un deuxième rendez-vous saisonnier pour relancer l’intérêt des golfeurs pour le matériel de golf.

En janvier, les grandes marques comme TaylorMade lancent leur collection principale, avec un mélange de drivers, de fers, de wedges ou encore de putters.

En juillet, au-delà de la piqûre de rappel, c’est aussi le moment de ne pas laisser le terrain complètement libre aux autres marques qui se décalent de six mois, notamment Ping et Titleist, pour profiter du British Open comme nouveau théâtre d’expression.

Dans ces conditions, on peut légitimement se demander si le produit n’est pas moins important que l’effet de communication.

Un mini-driver est-ce vraiment un produit attendu par les consommateurs ? Pas vraiment et notamment à une époque où les golfeurs misent de plus en plus sur des drivers les plus tolérants possibles, avec une dimension de 460cc.

La dimension du driver est un élément qui contribue largement à l’augmentation de la distance, et en particulier à la vitesse de balle.

On pourrait avoir un autre réflexe et se dire qu’un driver plus petit pourrait exiger plus de précision dans le centrage de la balle dans la face, et par conséquent, un meilleur rendement…

D’une part, c’est purement théorique, et d’autre part, pour Monsieur Tout le Monde, cela ne se vérifie pas.

Alors qui pourrait être concrètement intéressé par ce type de produit ?

Un nostalgique des drivers de moins de 460cc ? Ils doivent sérieusement commencer à se faire rare, et d’ailleurs combien se souviennent réellement de la gamme 300 que TaylorMade veut aujourd’hui honorer ?

Dans la plupart des communiqués de presse, les marques arguent toujours des termes « iconiques » ou « grand succès du passé ». Cependant, aucun fait ou chiffre ne vient appuyer cette affirmation. Au contraire, je ne suis pas certain que cette ancienne gamme ait justement connu un succès mémorable, ou au moins comparable au R1 (driver blanc).

Un mini-driver dont la dimension est en réalité de 308cc (bien plus petit qu’un driver de 460cc, soit -30%, et encore plus grand qu’un bois 3, soit +45%) proposé sur un manche de 43,75 inches s’intercale en fait entre un driver classique, et un bois de parcours numéro 3, d’autant que le cas présent, TaylorMade ne propose que deux lofts : 11,5 et 13,5 degrés ajustables.

Henrik Stenson ?

Un mini-driver est-ce une bonne solution pour un golfeur qui décide de ne pas utiliser un driver, car il est suffisamment long pour jouer un bois de parcours numéro 3, et surtout pour chercher plus de précision ?

Le cas du suédois est intéressant car justement il illustre le fait que tous les golfeurs ne gagnent pas à utiliser un driver 460cc monté sur un manche plus long, et par exemple 45,5 inches.

Il est avéré qu’utiliser un manche plus court réduit le risque de dispersion en même temps qu’il réduit en théorie la capacité à créer beaucoup de vitesse de swing.

Cela étant, je ne croise pas souvent de golfeurs amateurs qui renoncent à emmener un driver dans leur sac. Il n’y a pas beaucoup d’adeptes de la méthode Stenson, de même que j’imagine que les ventes de Mini-driver seront anecdotiques.

C’est finalement bien plus un événement médiatique qu’un événement dans les ventes.

C’est aussi un choix tellement particulier qu’il ne concerne que quelques professionnels de golf sur des parcours bien … particuliers.

Phil Mickelson qui joue pourtant du Callaway en aurait testé un à l’occasion de l’US Open 2021 disputé sur le parcours exigeant de Torrey Pines (South). Dustin Johnson aurait aussi testé ce club, mais aussi de manière très ponctuelle. Il envisagerait de l’utiliser à l’occasion du British Open qui va se dérouler du 15 au 18 juillet prochain sur le parcours du Royal St. Georges à Sandwich.

L’américain anticipe peut-être des conditions avec des rafales de vents, et où il voudra justement mieux tenir la ligne de sa balle au départ du tee, sachant que c’est lui-même un joueur qui le plus souvent donne un effet de gauche à droite…en power fade.

Avec un loft plus élevé par rapport à un driver de 9 ou 10,5 degrés, le joueur qui veut utiliser un mini-driver espère en réalité réduire le « sidespin », soit l’effet latéral donné à la balle, et en comparaison avec un driver classique.

Ce n’est pas pour taper plus droit, c’est plus pour moins dévier la balle sur la gauche ou sur la droite, surtout avec un manche plus court.

Finalement, c’est donc une option possible de plus, entre le driver de 9 degrés 460 cc, et le bois 3 de 15 degrés.

Une option aussi du point de vue de l’angle de lancement ? Contre un driver de 9 degrés, un mini-driver avec un loft de 11,5 degrés, c’est clairement une option pour lever plus la balle depuis le tee, et sans pour autant, trop augmenter le spin, de l’avis du fabricant.

Ce sera vrai à condition que le choix du shaft soit cohérent…

Trop souvent, les marques qui se focalisent sur la tête dans la présentation du produit, oublie ou relativise l’autre élément majeur pour comprendre hauteur de balle, et spin : Le shaft.

Si d’un point de vue esthétique, TaylorMade joue à fond la carte de la nostalgie, la marque argue tout de même de distance, de tolérance et de contrôle pour un club avec un centre de gravité abaissé, et un moment d’inertie élevé.

Le club peut aussi se jouer sur le fairway, et sans tee, ce qui le rend plus polyvalent par rapport à un driver classique. C’est d’ailleurs peut-être son argument le plus percutant.

Imaginez un long par-5 qui demande deux coups relativement longs…

Avec une couronne en fibre de carbone pour réduire le poids, et au contraire, ajouter une pièce sous la semelle (soleplate) de 54 grammes pour abaisser le centre de gravité et favoriser un angle de lancement plus haut avec moins de spin, la construction favorise en fait l’interaction avec le gazon quand le club est joué directement sur le fairway…

D’un point de vue purement technique, TaylorMade met en avant une face en titanium haute densité, et une speed pocket Thru-Slot placée sous la semelle, des éléments finalement classiques ou peu déterminants sur la performance, mais bien plus sur l’ADN d’un produit signé TaylorMade.

Monté en standard sur un manche Mitsubishi MiDr Proto 65 et avec un grip Golf Pride Z-Grip, justement, pour vous éventuel acheteur, la question d’un tel produit ne peut pas être standard, et demandera certainement un ajustement fin du choix.

Toujours en standard, l’équilibrage est annoncé en D3, soit un feeling de poids plus en tête de club…

S’agissant de ce shaft proto, il n’apparait pas encore au catalogue du fabricant Mitsubishi, ce qui confirme que c’est une série sans doute exclusive pour ce mini-driver.

Deux questions se posent : Aurez-vous vraiment besoin d’un tel club, et surtout où ?

En-dehors de ces questions légitimes, c’est une jolie réalisation de la part de TaylorMade, et une option de plus proposée aux golfeurs en mal de précision depuis le tee de départ…

Toutefois, un club n’a jamais résolu à lui seul un gros problème de slice ou de hook…

De mon point de vue, est-ce un club utile ? Les chiffres ont illustré par le passé que très peu de golfeurs considéraient le mini-driver comme une solution.

Moins de distance, c'est assuré par rapport à un driver classique, alors que moins de dispersion, cela reste très théorique.

Ce sera en réalité le cas pour un golfeur déjà bien capable de gérer son swing, alors que ce ne sera pas un remède miracle pour un golfeur amateur en difficulté au drive, et finalement, un bois encore plus court comme le bois 3 pourra rester une meilleure option.

Sur les forums américains, les fans, souvent d'excellents golfeurs à un chiffre vantent surtout le fait que cela puisse être une option, mais en aucun cas, un remplacement d'un driver. Au mieux, ils considèrent cette option sur les trous les plus étroits, mais surtout l'envisagent pour des coups directement depuis le fairway (ce qui reste plus compliqué à faire que de taper un bois 5). 

Cela étant, comme moi, d'autres voix s'élèvent pour remettre en doute le bien-fondé d'un tel club, préférant un bois de parcours conventionnel ou alors allant jusqu'à demander des tailles de drivers plus réduites (380 à 420cc) sans justement tomber dans le mini-driver...

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