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Titleist lance les nouveaux drivers TS2 et TS3 à l’occasion de l’US Open

Il y a quelques jours, Jimmy Walker a été "attrapé" par la télévision en train d’essayer un nouveau driver Titleist. Alors que les nouveaux TS2 et TS3 arrivent sur la liste de mise en conformité de l’USGA, il n’était de toute façon plus possible de cacher l’information. Titleist démarre officiellement son habituel processus de mise sur le marché, passant déjà par la mise à l’épreuve du Tour, et notamment à l’occasion de l’US Open à Shinnecock Hills où Justin Thomas et Jimmy Walker vont tous deux le mettre immédiatement en jeu. Ces nouveaux drivers seront significatifs de l’époque que nous vivons. Prenons un peu de recul pour comprendre le contexte, et ce qui vous attend…

Deux nouveaux drivers pour l'US Open

L’information a fuité en début de semaine, Titleist prépare bien la sortie de nouveaux drivers TS2 et TS3.

« Fuité » est peut-être un grand mot, sachant que tous les médias de golf peuvent facilement accéder à la liste de mise en conformité de l’USGA.

Cette liste est un passage obligatoire pour toute marque voulant mettre sur le marché un nouveau club.

Elle sert à définir les grandes caractéristiques du produit, sans toutefois dévoiler tous les secrets du club. Visuellement, vous ne pouvez voir que la semelle du driver, et pas la couronne .

Vous vous demandez sans doute souvent pourquoi un nouveau driver ?

Que peut-il faire de plus ?

Je ne vais pas pouvoir complètement répondre à cette question concernant les TS2 et TS3 sans toutes les informations nécessaires.

Cependant, je peux vous argumenter le pourquoi un nouveau driver selon Titleist.

Non seulement parce que j’ai rencontré Stéphanie Luttrell qui s’occupe de la conception, ainsi que l’ensemble du board des ingénieurs, parce que je connais le contexte commercial de Titleist, et parce que je comprends l’enjeu auquel la marque est actuellement confrontée, spécifiquement sur les drivers.

Premier élément, le nom change, et ce n’est pas anodin. C’est même très révélateur.

TS2 au lieu de 919 D2

TS2 ou TS3 plutôt que 919D2 ou 919D3, Titleist veut absolument marquer une rupture nette avec les modèles 913, 915 et 917.

Comme TaylorMade avec le M3, M4 ou Callaway avec le Rogue et le Rogue Subzero, la mode est à proposer deux drivers conçus sur une même base, mais avec une variante d’ajustements pour justifier un décalage de prix entre les deux.

Il y a donc un modèle ultra-ajustable, le TS3, et un modèle plus économique, et donc moins ajustable, le TS2.

Ce que la photo de la semelle déposée sur la liste de conformité de l’USGA nous enseigne, c’est que justement le TS3 embarquera toujours le principe Surefit CG qui permet de modifier le centre de gravité de la tête, alors que le TS2 ne le proposera pas.

Pourquoi Titleist veut faire une rupture ?

Parce que justement entre 913, 915 et 917, Titleist a défendu une approche trop conservatrice, qui s’est finalement retournée contre elle, d’un point de vue commercial.

Titleist a volontairement privilégié la tolérance au détriment du spin, préférant afficher des ratios élevés au niveau du smash factor.

Entre les trois drivers, les changements n’ont pas été suffisamment significatifs.

Alors que le 913 était en 2014, un des tops-2 drivers du marché pour la distance, il a progressivement reculé dans les classements émis par les différents médias américains.

En 2017, le 917D2 était un top-4 pour moi, et au niveau de TaylorMade, Callaway ou Cobra, mais à condition de passer par la case fitting.

Dans ce cas, il n’y avait aucun problème. Il pouvait concourir.

Cependant, nous vivons dans une nouvelle époque où le Trackman est le nouveau juge de paix de la performance d’un driver.

Or, à ce petit jeu, sans fitting, les drivers Titleist commençaient à apparaître légèrement trop spinnant par rapport aux TaylorMade(s), de moins en moins spinnant.

A vitesse de balle équivalente ou angle de lancement équivalent, ce paramètre pouvait suffire à créer des écarts de distances.

Vous tenez là, le « pourquoi » un nouveau driver de la part de Titleist.

A cela s’ajoute le marketing des uns et des autres, les problématiques de marges laissées aux distributeurs, et vous avez certains vendeurs qui commencent à vous dire que Titleist n’a jamais été connue pour faire des bons drivers.

C’est complètement faux, et très facilement vérifiable avec les bons arguments.

Il faut juste regarder les choses dans le détail.

Le positionnement historique de Titleist s'agissant des drivers

Ci-après, un tableau que j’ai extrait de mes tests de drivers depuis 2012 pour des têtes en 10,5 degrés montées sur manches « regular », soit plus de 70 clubs.

Avec ce tableau réalisé sans trucage, et je n’avais d’ailleurs pas le souvenir des données que j’allais trouver en compilant tous les drivers par marques, on peut retrouver des tendances.

Il s’agit bien de tendances puisqu’ici je mixe des drivers ensembles au seul motif qu’ils appartiennent à des mêmes marques.

Les constats que je peux faire sont les suivants : Les manches sont souvent plus courts et plus lourds chez Titleist.

Au jeu de « Je Triche pour annoncer des gains de distances », Titleist est la marque qui jusqu’à présent participait le moins avec une moyenne à peine supérieure à 45,08 inches contre 45,4 pour le reste du marché.

En revanche, pour des manches « regular », Titleist avait tendance à privilégier 2 grammes de plus en moyenne versus le reste du marché.

Un manche plus lourd peut ralentir la vitesse de swing, et potentiellement favoriser la stabilité du club en mouvement, et donc expliquer le phénomène suivant : Les drivers Titleist proposaient globalement un meilleur smash factor que la concurrence, soit une meilleure tolérance pour produire un maximum de vitesse de balle.

J’ai surtout constaté une petite tendance à lancer plus haut (16 degrés) à vitesse de swing équivalente, qui couplée avec un taux de spin un peu plus élevé (2700 tours contre 2500 pour TaylorMade) pouvait expliquer qu’in fine, un driver Titleist pouvait être très légèrement plus court (-2 mètres versus Callaway et TaylorMade).

Comme toujours, un club de golf est une affaire de compromis.

En perdant 2 mètres de distance en moyenne, un driver Titleist donnant moins de roule selon le Trackman, ce même driver donnait aussi moins de dispersion entre un bon et un mauvais coup.

En somme, c’est notre lecture des chiffres qui fait évoluer l’offre des drivers.

Parce que l’on regarde trop la vitesse de swing, et le spin, on oublie la dispersion, et l’efficacité générale du club.

Parce que TaylorMade a très bien réussi à diriger le marché sur la lecture de ces critères, nous finissons tous par demander moins de spin, plus de vitesse de swing, et plus de distance, sans regarder la question de la dispersion.

J’ai bien peur qu’avec les nouveaux TS2 et TS3, Titleist renonce à défendre sa vision du driving pour s’ajuster sur le reste du marché.

Le phénomène a en fait été enclenché dès le 917 D2, qui pour la première fois proposait en standard un manche de 45,15 inches.

0,15 inches, cela a suffit à modifier les données de lancements.

Si je ne peux pas occulter le fait qu’en 6 ans, à force de taper des balles et tester des clubs, j’ai amélioré mon swing, et donc partiellement faussé les comparaisons, le 917 D2 donnait forcément un peu plus de vitesse de swing.

En contrepartie, et de manière quasi mécanique, le smash factor ne pouvait que décroître, en particulier chez un amateur.

Un pro pourrait plus facilement centrer la balle malgré un changement de longueur du manche.

A bien regarder les chiffres dans le tableau ci-dessous, à vitesse de swing équivalente, le 915 D2 était en fait plus efficace que le 917 D2.

Autrement dit, oui, Titleist était arrivée à une sorte de plafond de verre avec sa série 900. Oui, les têtes n’ont plus assez évolué entre les 3 générations.

Le manche un peu plus long avait un peu masqué le phénomène.

Conséquence, dans les ventes, Titleist a vu son driver reculer, reculer, reculer…

A l’heure actuelle en France, la marque n’occupe que le 7eme rang pour la vente de drivers en volume, trois loin derrière TaylorMade, Ping ou Callaway.

Devancée y compris par Cobra, Srixon ou Wilson, Titleist est actuellement hors du coup, et même hors marché avec moins de 5% des ventes.

Le changement de braquet

Pour contrer ce type d’analyse laissant penser qu’en distance pure, les drivers de la marque pouvaient être un peu en-dessous de la concurrence, la rumeur veut que Titleist propose donc à l’avenir des manches plus longs.

Un manche plus long a pourtant un effet direct sur la vitesse de swing.

Oui, mais à contrario, cela influe aussi négativement sur la dispersion, surtout chez des amateurs.

Un demi ou un inch de plus, ce n’est pas anodin, et finalement, la vitesse de balle, le véritable critère à prendre en compte, n’augmente pas toujours, et même au contraire, peut décroître, surtout si par conséquence, on décentre la frappe.

Quand vous irez taper dans un simulateur, attention de prendre tous ces éléments en compte.

Pour ma part, après de nombreux tests, j’ai découvert qu’un manche à 45 inches était la meilleure solution pour chercher 70 à 80% de fairways en régulation.

Pour moi, un drive mis hors de la piste, c’est clairement un trou de fichu, au mieux bogey, et plus sûrement un double.

Alors deux mètres de moins pour être plus au centre… j’ai changé ma vision de la performance au drive. Je crains que tout le monde ne prenne pas le problème par le même bout.

En conclusion, je pense vous avoir exposé toutes les raisons pour lesquelles Titleist a besoin de vous présenter un nouveau driver.

Le bénéfice pour vous pourrait être de gagner en vitesse de swing, et en distance, suivant les mêmes préceptes de TaylorMade, Ping et Callaway.

A noter, ce changement de philosophie intervient au moment où le PDG historique de la marque a passé la main. Il n’aurait peut-être jamais approuvé ce changement.

Pour rappel, Justin Thomas est déjà paradoxalement le golfeur qui donne le moins de spin à la balle avec le driver, et parmi les plus longs frappeurs.

A près de 1800 tours de moyenne, je ne sais même pas si ce dernier pourrait réellement bénéficier d’un changement de driver, sachant qu’il faut tout de même un peu de spin pour faire voler la balle (l’idéal balistique se situe à 1700 tours pour 17 degrés d’angle de lancement).

Dans les prochaines semaines, Titleist devrait communiquer sur les éléments technologiques qui vont composer ce nouveau driver.

On peut déjà constater que l’Active Recoil Channel a été abandonné. Je serai curieux de connaître les arguments techniques expliquant cette marche arrière.

Pour moi, avec le fait que Titleist communique sur un « switch » rapide de ses joueurs vers le nouveau driver à l’occasion de l’US Open, la marque se « TaylorMadise », et cela pourrait bien marcher d’un point de vue commercial.

Cela en dit plus sur nous, les acheteurs de matériel, que sur les marques elles-mêmes.

Faut-il penser pourcentage de fairways en régulation pour le bien du score ou distance absolue pour la frime ? dixit un frimeur repenti.

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