Drivers TaylorMade SIM2, SIM2 Max : Cap sur le moment d’inertie en 2021 ?

Quelques jours après Callaway, c’est autour de TaylorMade d’officiellement dévoiler ses nouvelles têtes de drivers, les SIM2, SIM2 Max, et SIM2 Max-D. Cela étant, ce n’était plus vraiment une surprise, étant donné le choix de la marque de commencer à diffuser sur ses réseaux sociaux, des images des joueurs professionnels testant déjà les clubs depuis quelques jours. Embargo ? Pas embargo ? Evénement ? Pas événement ? Qu’est-ce qui change réellement avec cette deuxième itération des drivers SIM, dont la signification est toujours « Shape In Motion » ?

A Callaway la Jailbreak, à TaylorMade la Shape in motion, en 2021, le duel reprend de plus belle entre les deux meilleurs rivaux de Carlsbad, en Californie.

Toujours enserrés dans l’optique d’une sortie de nouveaux drivers tous les douze mois, les marques s’obligent à inventer de nouveaux concepts sur des délais très courts.

C’est un exercice bien compliqué dans un contexte où le matériel de golf est très réglementé, et les marges de progressions de l’ordre de l’infime au mieux.

Si Callaway est cotée en bourse, ce n’est pas le cas de TaylorMade, propriété d’un groupe d’investisseurs KPS Capital Partners, cependant, la pression du résultat est la même, d’autant que ce n’est pas vraiment un match à deux.

Le marché mondial des drivers et bois de parcours est en réalité dominé par trois marques : Callaway, TaylorMade et PING.

Si seulement quelques années en arrière, TaylorMade dominait outrageusement ce segment dans tous les pays. En 2021, ce n’est en fait plus le cas, et au contraire, la marque se situe dans une inhabituelle position de challenger sur le produit qui a pourtant fait sa réputation.

De marque la plus innovante, elle a été rattrapée et dépassée par ses adversaires.

Techniquement dépassée ? Absolument pas !

Elle a fait des choix conformes à son ADN, à savoir proposer des produits destinés aux meilleurs golfeurs.

La stratégie de communication s’est d’ailleurs resserrée au fil des années sur quelques figures de proues, comme Tiger Woods, Dustin Johnson, ou Rory McIlroy… et à laisser filer des joueurs comme Sergio Garcia, Justin Rose ou récemment Jon Rahm.

Avec KPS Capital Partners, dans le combat opposant la marque à Callaway, il n’est plus question de dépenser quoi qu’il en coûte !

Le côté positif d’une communication basée sur les meilleurs golfeurs du monde, c’est l’envie que cela peut susciter auprès d’une partie des consommateurs, ceux qui sont les golfeurs les plus attachés au PGA Tour, et peut-être les plus passionnés de compétitions.

Pour autant, il y a un revers. Cette stratégie parle finalement un peu moins au golfeur loisir, un peu plus senior, et qui cherche plutôt de la facilité et du plaisir.

Insidieusement, dans l’esprit du consommateur, les drivers TaylorMade sont devenus « trop bons pour moi », et généralement, c’est très mauvais pour les affaires.

Résultat, selon les informations que j’ai pu collecter, à l’été 2020, Callaway et PING étaient bien en tête des ventes de drivers et bois de parcours dans l’hexagone, avec une bonne avance sur TaylorMade.

Si parfois, on ne comprend pas techniquement le besoin de sortir des drivers tous les ans, les ventes nous donnent une autre explication.

En 2021, si une marque a besoin de raconter une autre histoire, et de redistribuer les cartes, c’est bien TaylorMade.

Le SIM était-il un mauvais driver ?

Certainement pas, cependant PING et Callaway ont raconté de meilleures histoires, à ceux qui font le marché, et représentent les plus grands consommateurs : Les seniors et plus de 24 d’index.

Sans même parler des résultats des ventes, mi-décembre, à l’occasion de la présentation des nouveaux drivers SIM2, j’ai bien compris que mes interlocuteurs mettaient plus lourdement l’accent sur un paramètre clé : Le moment d’inertie.

Si les années précédentes, au cours de ces réunions qui mêlent journalistes européens et ingénieurs, l’accent avait beaucoup été mis sur la vitesse de swing.

Shape in Motion qui veut littéralement dire la « forme en mouvement » était d’ailleurs bien emblématique du projet de la marque.

Avec de plus en plus de golfeurs qui ont accès à des simulateurs, et la télévision qui relaie de plus en plus les vitesses de swings des champions, la marque qui travaille d’abord pour le consommateur américain voulait en fait axer sur la performance, en omettant de parler de tolérance.

Possible erreur que n’ont pas commise Callaway et PING.

En 2021, la chose que vous devez retenir principalement à propos des nouveaux SIM2, c’est que la marque a voulu corriger le tir sur le moment d’inertie, et notablement l’augmenter pour les trois têtes SIM2, SIM2 Max, et SIM2 Max-D (la tête anti-slice).

Dans un graphique qu’ils m’ont présenté mais pas laissé, TaylorMade affirmait avoir replacé son offre de drivers sur la meilleure ligne possible, par rapport à ses principaux concurrents.

Qui dit un moment d’inertie plus élevé, dit une tête de drive qui arrive plus stable sur la balle, et à l’impact, ce qui a pour conséquence d’augmenter à la fois le smash factor, et de réduire les risques de dispersions.

Clairement, TaylorMade veut renouer avec la majeure partie du marché, et ne pas risquer de ne parler qu’aux meilleurs.

« L'utilisation étendue du carbone permet d'économiser une quantité considérable de poids qui a été redéployée sur le générateur d'inertie sous la forme d'un poids arrière lourd (16 grammes pour le SIM2, 24 grammes pour le SIM2 Max et 22 grammes pour SIM2 Max-D). En plaçant ce poids important en bas et à l'arrière du club, on déplace la projection du centre de gravité vers le centre de la face, on optimise les conditions de lancement et le MOI- plus communément appelé tolérance. »

Est-ce que cela change fondamentalement quelque chose ?

Alors que Callaway parle de Jailbreak et d’intelligence artificielle pour assurer que ses drivers génèrent le maximum de vitesse de balle depuis n’importe quel point de contact sur la face, n’oublions pas que TaylorMade a les mêmes arguments avec la twist face, et la Speed Injection, des paramètres que l’on retrouve dans la conception des SIM2.

Un point me paraît néanmoins nébuleux « Ces dernières années, les golfeurs se sont habitués à voir les ports d'injection de vitesse sur la face du driver. Nouveauté pour 2021, le port a été déplacé vers la pointe extérieure. Grâce au fraisage CNC qui couvre désormais tout l'arrière de la face, les ingénieurs ont pu régler avec précision l'épaisseur du titane pour favoriser la vitesse de pointe sur une zone spécifique, légèrement en pointe. Grâce à ce développement, TaylorMade est désormais en mesure d'influer efficacement la vitesse sur toute la face en utilisant un seul port. Le résultat est un niveau de précision qui garantit à chaque golfeur une tête de driver réactive et rapide. »

Ces allers-retours incessant sur une technologie me laissent toujours me demander si c’est vraiment utile, et pas seulement de la communication.

Comme pour Callaway, ou même PING avec le G425, il n’y a en réalité pas de possibilité de progrès sur les performances pures, et la capacité à produire plus de distance.

Les drivers sont au maximum du coefficient de restitution possible (COR).

Donc premier constat, le SIM2 ne peut pas générer plus de rendement que le SIM.

Pour être parfaitement objectif, il y a tout de même un gain cette année, et j’ai pu le vérifier à travers des premiers essais que j’ai mené au studio JeudeGolf.

Lorsque j’avais testé les drivers SIM aux Canaries en décembre 2019, je n’avais pas vraiment pu noter des choses particulières. C’est la limite de cet exercice chez la marque.

C’est au retour à Lyon, dans notre précédent studio, et donc en Indoor avec le Trackman que j’avais été décontenancé par l’usage des drivers SIM, au point d’appeler Sylvain Debiais (TaylorMade), et lui faire part de mon étonnement.

Je n’arrivais pas facilement à générer le maximum de vitesse de balle possible, aussi bien avec le SIM et le SIM Max.

En tant que simple amateur de golf, j’ai alors appris une leçon très importante sur l’optimisation d’un driver.

En corrélation avec la vitesse de swing que vous déployez, un golfeur doit aussi placer la tête du club avec un loft dynamique cohérent.

En résumé, à près de 100 mph de vitesse de swing, je présentais la tête SIM avec un angle de loft dynamique trop important et supérieur à 15 degrés.

Résultat, les balles avaient tendance à être trop bombées, et mal contactées. Il n’y avait pas de rendement, et les sensations à l’impact étaient désagréables.

Comprenant finalement le problème, j’ai adapté mon swing mon réduire le loft dynamique, et le rendre plus cohérent, plus bas, en comparaison avec ma vitesse de swing, et de là, la tolérance ou plutôt le smash factor du club est remonté au niveau maximum.

Pour autant, avec d’autres drivers, je n’avais pas le sentiment d’avoir besoin d’adapter mon swing au driver.

Si vous n’avez pas un radar, et pas de connaissances en optimisation du vol de balle, si vous testez ce club sans faire les ajustements nécessaires, le risque était grand de finalement se dire qu’il n’était pas pour soi.

C’est en tout cas mon hypothèse pour expliquer pourquoi TaylorMade n’a pas dominé les ventes en 2020.

Le modèle SIM et sa conception assez innovante du point de vue du dessin demandait un bon moment d’explications auprès du futur acheteur.

De mon point de vue, et mes premiers essais des SIM2 et SIM2 Max, il y a un progrès sur ce point.

Sans que je sache complètement l’expliquer, je suis moins tenté de faire appuyer la tête de driver vers l’arrière, et donc d’involontairement créer trop de de loft dynamique.

Bref, je n’ai pas reproduit la difficulté de l’an passé, et la prise en mains des SIM2 a été meilleure.

Je suis arrivé plus rapidement à taper des coups proches du maximum possible en smash factor, et aussi parce que pour 100 mph de vitesse de swing, je ne peux plus utiliser un driver au loft supérieur à 9.5 degrés.

C’est un conseil que vous devrez vous aussi évaluer pour votre propre jeu. En fonction de votre vitesse de swing, le choix du loft est très déterminant sur la qualité des coups, et le rendement optimal de votre driver.

Passé cette question de la première prise en main, oui, les versions SIM2 sont plus faciles à optimiser, et sans avoir besoin de trafiquer son swing. C’est donc un progrès concret… par rapport à un modèle, le précédent.

Pour autant, s’agissant des performances, un golfeur ayant acheté un SIM, et sachant en tirer avantage, n’obtiendra pas de gains à passer au SIM2, sauf à améliorer sa configuration tête, manche et grip, soit faire un fitting d’optimisation complet, et pas seulement un changement de tête.

Je précise aussi que les drivers SIM2 ou EPIC 2021 sont aussi performants les uns que les autres.

Il n’y a en réalité aucune supériorité des uns par rapport aux autres.

Un golfeur fan de Callaway peut continuer à jouer du Callaway, et un golfeur fan de TaylorMade peut continuer à jouer du TaylorMade.

La question des performances étant réglée, je vais être positif sur finalement un critère que je trouve le plus important, et sur lequel on peut réellement débattre : Le design.

La première version dite SIM avait le mérite de l’originalité, mais je trouvais qu’elle peinait encore à rivaliser avec le très réussi M3.

Le nouveau SIM2 est de mon point de vue mieux réussi d’un point de vue du design, et des couleurs.

C’est de ce point de vue le driver qui progresse le plus en 2021. Le G425 étant probablement celui qui progresse volontairement le moins, alors que Callaway a fait une sortie de retour en arrière après l’épisode Mavrik pour revenir aux racines de l’EPIC.

Les drivers SIM2 sont vraiment très beaux, et cela en tient en partie au fait que TaylorMade a atténué la forme du conduit sous la semelle, le générateur d’inertie pourtant censé apporter la « shape in motion ».

Quand j’ai vu le driver pour la première fois, je n’ai pas pu m’empêcher de penser à des drivers NIKE de 2016, les Vapor Fly qui arboraient eux-aussi fièrement des couleurs mêlant des touches de bleues et de jaunes. Ils n’ont pas rencontré un franc-succès à l’époque.

La mode est un éternel recommencement ?

Maintenant au chapitre des moins, je trouve finalement dommage que pour la version SIM2, TaylorMade est abandonnée la possibilité d’ajuster la position de la face à l’impact, et notamment avec un poids coulissant sous la semelle.

Autant, j’ai eu du mal à trouver l’intérêt d’un poids coulissant d’avant en arrière, autant, le fait de déplacer un poids de droite à gauche peut s’avérer un petit peu utile.

Cela ne permet pas de créer automatiquement du draw ou du fade, mais cela permet d’atténuer des tendances.

Par exemple, si dans mon cas, par l’action des poignets, je ferme trop face de mon driver à l’impact, le poids complètement à droite en limite un peu l’effet.

Le fait de ne plus proposer réellement cette option est de mon point de vue une régression.

Comment TaylorMade compte reconquérir les amateurs ?

Sans doute, la marque va-t-elle plus encore communiquer sur l’un de ses trois drivers, le Max-Draw Type.

Jusqu’à présent, elle avait plus mis en avant les autres versions, mais considérant qu’une majorité de golfeurs ont des problèmes de slices, c’est bien le Max-D qui correspond le mieux au besoin du marché.

Tom Bystedt, directeur de la création le confirme « Le nouveau SIM2 Max-D a été conçu uniquement en pensant au golfeur. Nous avons examiné de près les données et les tendances pour vraiment comprendre qui a besoin d'un driver à tendance draw et pourquoi. À partir de là, nous avons remis en question les normes de l'ingénierie des drivers pour créer un produit fini qui réponde aux besoins d'une grande partie de la population mondiale des golfeurs. »

Par comparaison, la version SIM2 devrait en théorie être la tête qui propose le moins de spin à destination des golfeurs qui en produisent déjà suffisamment (vitesse de swing élevé et/ou angle d’attaque descendant).

Un poids de 16 grammes a été placé sur le générateur d’inertie (sous la semelle). Par définition, c’est peut-être la tête la plus légère, et donc celle qui peut potentiellement être la moins stable à l’impact, et donc la moins tolérante. Dans les faits de me premiers tests, ce n’est pas flagrant.

Il y a donc toujours un écart entre la théorie et la pratique.

Le SIM2 Max est vraiment celui qui doit proposer le plus de moment d’inertie (stabilité) avec un poids de 24 grammes sur le générateur d’inertie (sous la semelle). Le niveau de spin pourrait être plus élevé, et donc plus favorable pour des vitesses moins élevées ou des golfeurs qui ne génèrent pas assez de spins.

Les produits seront en magasin le 19 février au prix de 529 euros.

Callaway, Ping ou TaylorMade, si vous n’avez pas acheté de driver depuis plus de 5 ans, vous pouvez considérer un choix parmi ces nouvelles têtes 2021, en vous assurant d’optimiser les conditions de lancements (pensez à la longueur du manche, à la taille du grip, au loft de la tête, et au placement du manche sur le hosel).

En revanche, sur les dernières années, je ne trouve pas que les nouveaux modèles surpassent en performance pure des drivers récents. Chez TaylorMade, je préfère toujours les têtes M4 et M5.

Pour le M4, le moment d’inertie peut justement être amélioré en achetant sur Internet un poids plus lourd, et qui se remplace à l’arrière de la tête.

Le seul argument restant pour impérativement changer son driver en 2021 étant le look, et si vous avez un coup de cœur.

Restez informé

Recevez notre newsletter

(Note moyenne de 4.5 sur 2 votes)

Commentaires   

hervepicot1808@gmail.com
0 #1 Carry sim2 et sim2 maxhervepicot1808@gmail.com 23-03-2021 23:40
Bonsoir
Merci pour la qualité de vos tests
J'ai une question sur les carry des 2 générations de sim. Au vue de vos tests une augmentation du moi des sim max contribue à baiser le carry de façon énorme . Est ce lié à votre vitesse de swing ou a leur conception ? A priori cette différence de carry n'existe pas chez les callaway epic
Cordialement

Vous ne pouvez pas poster de commentaires si vous n'êtes pas membre du site.