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Driver PING G425 : Toujours plus de promesses pour mieux jouer au golf ?...

Les trois marques qui dominent les ventes de drivers viennent successivement en janvier 2021 d’annoncer de nouveaux drivers. Avec Callaway et TaylorMade, PING annonce les têtes G425, et ne lésine pas sur le marketing, en particulier la promesse de scorer plus bas, alors que paradoxalement, sa description du nouveau produit, fidèle à son ADN, se veut plus une évolution qu’une révolution. Si les golfeurs ne scorent pas plus bas, pourront-ils demander à être remboursés ?

Gagner plus de distance ! Toucher plus de fairways ! Obtenir un driver plus facile à jouer, sous-entendu plus tolérant ! Générer plus de vitesse (ce qui revient à obtenir plus de distance !

En matière de driver, les promesses faites aux consommateurs peuvent-être plus ou moins importante, mais tournent souvent toujours autour des mêmes arguments : La distance, la facilité ou la précision.

A lire le communiqué que PING nous a fait parvenir, marque qui refuse toutefois et ostensiblement de soumettre des échantillons pour évaluation chez JeudeGolf, cette fois la promesse est encore plus forte.

« Nous sommes très heureux d’offrir aux golfeurs la prochaine génération de clubs sur mesure qui permettent de scorer plus bas », a déclaré le président de PING, John K. Solheim.

Scorer plus bas ! La promesse est faite, et là, tous les golfeurs, quel que soit l’index devraient s’arrêter, et se demander « Comment ? »

Scorer plus bas, c’est tout de même l’obsession d’une grande majorité d’entre nous. Qui ne serait pas prêt à acheter un produit, un accessoire ou un club qui lui promettrait de passer de 100 à 90, de 90 à 80 ou même de 80 à 70 sur un parcours de 18 trous ?

« Nos équipes d'ingénieurs ont considérablement amélioré les performances de la famille G425 et nous sommes convaincus qu'elle plaira aux joueurs PING fidèles de longue date, ainsi que les autres golfeurs qui cherchent à améliorer leur jeu tout en prenant plus de plaisir, y compris les golfeurs qui débutent. C'est dans notre philosophie d'ingénierie, nous ne lançons pas de nouveau produit à moins qu'il ne soit sensiblement meilleur que son prédécesseur. La famille G425 dépasse les standards en termes de performance et de look ».

La question qui peut se poser, et seuls les golfeurs qui ont acheté des clubs PING peuvent y répondre en toute objectivité. Vos précédents clubs, par exemple, les gammes G410 ou G400 vous ont-elles fait scorer plus bas ?

C’est une question difficile, car il faut forcément faire la part entre le matériel, le matériel adapté, et les compétences du golfeur ou de la golfeuse.

Comment être objectif et impartial ?

Il faut estimer que par exemple le dernier driver PING G410 a permis de toucher 10% de fairways en plus par rapport au précédent driver, et pourquoi il a permis cela.

Son manche était plus court ? Le loft correspondait mieux à la vitesse du joueur ?

Ne vous méprenez pas. Je n’ai pas une idée préconçue, sauf à me demander comment on peut affirmer ou faire une telle promesse, dans un jeu, le golf où il y a tant de paramètres qui rentrent en compte dans la performance : Le terrain, le joueur, la météo, la tactique, les partenaires, l’humeur du moment, et effectivement le matériel, si possible adapté au projet de jeu.

Si j’étais un fabriquant, je trouverais plus facile de vous dire « Regardez, c’est notre nouveau driver. Nous avons fait en sorte qu’il atteigne les performances maximums autorisées par le règlement. Et cette année, principalement, on a revue l’esthétique et le design pour le rendre encore plus attractif ».

Un discours qui pourrait finalement s’apparenter à celui d’un vendeur de voiture. La série 3 de BM en 2021 est-elle vraiment plus performante que celle de 2020 ? Les limitations de vitesses sur autoroute n’ont pas changé. En revanche, même sans être un expert en automobile, tout le monde pourra constater que le modèle 2021 est beaucoup plus joli que le modèle de 2001.

Les marques de matériel sont rarement contredites dans leur marketing, tant et si bien qu’elles peuvent annoncer que vous allez scorer plus bas.

Quelle étude objective le prouve ?

Quelle caractéristique, le loft, l’offset, le volume de la tête ou alors la rigidité ou la longueur du manche, peuvent avoir un tel résultat ? Et puis finalement, scorer plus bas, qu’est-ce que cela veut dire ? Passer de 83 à 82 coups, c’est une baisse. Est-ce que pour autant, cela vaut 499 euros dans un nouveau driver en 2021 ?

Explorons donc ensemble les arguments de la marque pour soutenir un tel projet.

« Les premiers retours de nos joueurs du Tour sur le Driver G425 ont été exceptionnels », a ajouté Solheim.

Parce qu’ils disaient quelque chose de différent lors du précédent lancement d’un driver PING ? Est-ce qu’il y a franchement un changement de discours. J’ai plutôt l’impression d’avoir déjà entendu cela, l’an passé, deux ans en arrière, et encore plus.

Toutefois, la marque commence son argumentation de score le plus bas, non pas par les amateurs, ceux qui achètent les clubs, mais par les professionnels, ceux à qui on met les clubs dans les mains, et qui représentent moins d’1% de la population golfique, et surtout, celle qui est la plus douée.

« Cela a commencé par une victoire lors de la première semaine sur le circuit européen entre les mains de Tyrrell Hatton au BMW PGA Championship et c'est poursuivi avec des victoires dans le monde entier. Viktor Hovland a remporté le Mayakoba Golf Classic début décembre avec le G425 LST et une semaine plus tard, la championne de l’U.S Open féminin s’est également appuyée sur le nouveau Driver. Au total, le Driver G425 compte déjà six victoires à son actif, contribuant à remporter des titres sur les Tours dans le monde entier. Les joueurs ont été immédiatement attirés par l’aspect épuré et haut de gamme des clubs et encore plus impressionnés par les performances. »

Si on suit cette logique, et je ne vous trompe pas, le communiqué de PING commence vraiment ainsi, c’est donc les clubs qui font gagner les joueurs.

Cela étant, TaylorMade et Callaway, pour n’en citer que deux, peuvent peut-être nous dire la même chose, et compter les victoires sur le tour.

En quoi est-ce que cela va aider l’amateur à décider son achat de driver ?

PING apporte alors sa réponse. Le moment d’inertie a été poussé au maximum !

Je croyais que cela avait été déjà fait sur les versions précédentes, et surtout que le coefficient de restitution imposé par le législateur ne pouvant évoluer, finalement, le niveau de performance d’un driver est figé.

« Dans la série des Drivers G425, le modèle principal est appelé Max car il élève le moment d'inertie (MOI) au plus haut niveau dans l'histoire de PING et offre aux golfeurs le Driver le plus tolérant du golf. Se joignent au G425 Max les modèles LST (Low Spin Technology) et SFT (Straight Flight Technology) pour correspondre au mieux aux différents swings des golfeurs. »

Pour nous aider à comprendre, il faudrait peut-être que les marques nous donnent la grille de lecture du moment d’inertie. Je veux dire aux golfeurs amateurs, et pas seulement à JeudeGolf.

On parle d’élever le Moment d’inertie. Mais jusqu’où peut-on aller ?

Considérant qu’un driver ne peut excéder un volume de 460 CC, le moment d’inertie peut-il augmenter sans limite ? Je ne suis pas ingénieur, mais cela ne paraît pas plausible.

Le driver le plus tolérant ? En admettant que PING parle du smash factor, le ratio entre vitesse de swing, et vitesse de balle, il est impossible d’affirmer que le G425 puisse être notablement supérieur aux Callaway EPIC Speed ou Max, ou TaylorMade SIM2 et SIM2 Max.

On en revient malheureusement toujours aux mêmes normes qui définissent un club de golf. Elles sont les mêmes pour tous les fabricants, et à ce jour, si je n’ai pas pu tester cet excellent G425 (je n’en doute pas), j’ai testé les Callaway et TaylorMade, et ils sont au maximum de rendement.

Le PING G425 ne peut donc pas être le plus tolérant. Il peut être au niveau maximum comme les autres.

En revanche, comme les années passées chez PING, les modèles LST ou SFT font probablement ce qu’ils annoncent (ce serait à vérifier pour le LST).

Dans le premier cas, le driver doit présenter un centre de gravité plus avancé, et donc mécaniquement permettre un peu moins de spin.

Est-ce que cela fait scorer plus bas ?

Juste pour rappel, un drive pour un amateur va voler entre 5 et 7 secondes dans le meilleur des cas, et une balle bien tapée peut prendre entre 2000 et 3000 tours par… minute, soit en vérité, un écart compris entre 200 et 300 tours sur un vol de 6 secondes.

L’écart de seulement 100 tours contribue-t-il à me faire scorer plus bas sur le parcours ? Comment une valeur si petite pourrait-elle vraiment faire la différence ? Encore plus si je balance un grand coup d’épaule ou un grand coup de main, et que ma balle part dans la forêt ?

Par contre, objectivement un golfeur qui serait confronté à un slice systématique va mécaniquement profiter d’une tête closed-face comme la SFT qui veut dire Straight Flight Technology, or pour avoir testé ces têtes dans le passé, elles font tout sauf envoyer la balle droite !

Elles corrigent une face trop ouverte à l’impact, et « redressent » la trajectoire, mais seulement pour un golfeur qui présente un chemin de club particulièrement extérieur-intérieur.

Pour un golfeur qui swingue le club intérieur-extérieur par rapport à la ligne de jeu, ce type de tête pousse irrémédiablement la balle à gauche du fairway, Ce n’est pas de la science-fiction… c’est mécanique, et c’est valable pour toutes les marques. De mon point de vue, quand TaylorMade parle de D-Max ou draw bias, ce n’est pas encore le bon terme, mais c’est plus proche de la justesse que « straight ».

A partir de là, on ne sait toujours pas ce qui va nous faire gagner des coups sur le parcours.

PING argumente « Pour atteindre les nouveaux niveaux de performance du G425 Max (9º, 10.5º, 12º), les ingénieurs PING ont combiné les technologies clés du G400 Max et du G410 Plus. L'augmentation du MOI de la tête de 460 cm3 provient principalement d'un poids ajustable en tungstène de 26 grammes, ce qui est rendu possible par des gains de poids attribués aux progrès de la technologie Dragonfly de la couronne du Driver. Le poids peut être positionné selon des réglages distinctifs sur une zone plus petite que le G410 Plus / LST, pour aider à déplacer le centre de gravité plus bas et plus loin vers l'arrière sans sacrifier les performances. Le poids ajustable peut être fixé sur l'un des trois réglages - Neutre, Draw ou Fade - pour améliorer la tolérance et la trajectoire pour des performances maximales. L'augmentation moyenne du MOI est de 14% sur les trois positions par rapport au G410 Plus, avec trois combinaisons de positions de poids et de lofts dépassant un MOI combiné de 10 000 (gm-cm²). »

A relire deux fois…pour bien comprendre.

Admettons que le moment d’inertie puisse réellement augmenter sans fin, et au prix d’efforts considérables, qui fait que tous les 18 mois, ces efforts sont d’ailleurs toujours vendus au même prix, à savoir autour de 500 euros, ce qui englobe la tête, le manche, et le grip… or, ici, on ne nous parle que de la tête !

Donc si le moment d’inertie augmente, la tête va être plus stable au moment d’impacter la balle. Deux gains possibles : La vitesse de balle augmente, et la dispersion baisse.

Nulle part dans le communiqué, je trouve ces deux informations capitales.

En vérité, la vitesse de balle est limitée par le COR, et ne peut donc pas augmenter. Cette première illusion s’envole. En revanche, pour la seconde, là, il pourrait y avoir un truc.

Le hic, c’est que cela se confronte à d’autres problématiques : Quel angle de lancement ? Quelle position de la face à l’impact ? Quel chemin a suivi le club pour arriver sur la balle ? Où la balle a-t-elle été impactée sur la face ?

Il suffit qu’un ou plusieurs de ses paramètres soient de nature à créer une trajectoire indésirable pour détruire le bénéfice de la tête plus stable, ou le rendre imperceptible par le golfeur.

J’en reviens à la question de départ : Comment on va scorer plus bas ?

PING répond « Le modèle LST (9º, 10.5º) est conçu avec une tête en forme de poire et mesure 445 cm3 pour offrir des réductions de spin d'environ 200 tr / min par rapport au G410 LST et de 500 à 700 tr / min par rapport au G425 Max. La tête compacte du LST utilise un poids de 17 grammes avec trois réglages (Draw, Neutre, Fade) pour s'adapter au swing du golfeur et au vol de balle souhaité ».

On comprend que le modèle LST ne fait pas 460 cc, mais 445, ce qui va le rendre un peu plus délicat pour maximiser la vitesse de balle. Ce n’est clairement pas le modèle pour 95% d’entre nous, car avec moins de volume, notre smash factor va baisser.

Au moins, c’est clair. Il n’y a pas de surprise.

PING continue « Pour les golfeurs qui ratent souvent leurs coups de départ vers la droite, la version 460cc SFT (10.5º) est conçue avec un poids positionné en Draw pour aider à ramener les coups en ligne et sur le fairway. Il dispose d'un poids fixe en tungstène de 23 grammes qui déplace le centre de gravité plus près du talon, pour favoriser une trajectoire de droite à gauche d'environ 25 mètres par rapport au modèle G425 Max ».

25 mètres ? C’est mesuré comment ? Pour quelle vitesse de swing ? Quel chemin de club ? Quel rapport du chemin à la face ?

Cela ressemble plus à une affirmation plutôt qu’à une démonstration.

TaylorMade avait fait plus ou moins la même argumentation avec la Twist Face. Personne n’a jamais réussi à vérifier ces chiffres. Personne, car chaque golfeur est unique.

Continuons l’exploration des arguments de la marque « Pour contribuer à l'augmentation de la vitesse de swing et de la vitesse de balle, les trois modèles partagent les innovations éprouvées du Driver PING, y compris les turbulettes pour améliorer l’aérodynamisme et la face forgée T9S+ pour augmenter la flexibilité de la face de club pour plus de distance. Une structure nervurée interne dans le corps Ti-8-1-1 améliore l'acoustique pour un son solide et agréable. Chaque modèle dispose également d'un hosel léger à 8 positions pour les ajustements de loft (+ -1,5 °) et de lie (jusqu'à 3 ° plus flat) afin de personnaliser votre vol de balle. »

Notez que PING parle bien conjointement d’augmentation de vitesse de swing, et de vitesse de balle, ce qui est juste !

Les turbulettes sont à PING ce qu’est le Jailbreak à Callaway, soit une énorme clé marketing pour justifier sa place de leader sur le marché des drivers sur les dernières années.

Les turbulettes, c’est même peut-être plus fort que Jailbreak ou twist face, car l’impact sur les ventes a été immédiat. Pour le coup, c’est de la technologie visible.

Cependant, personne ne peut réellement affirmer avoir gagné en vitesse de swing avec ou sans ?

Surtout, les précédents modèles PING en étant pourvus, ce n’est toujours pas l’élément distinctif qui va nous faire scorer plus bas.

Par contre, on notera et c’est toujours un bon plus de la part de PING, les drivers sont ajustables en loft et en lie, et même jusqu’à 3 degrés flat, ce qui pourrait être excellent pour mon swing atypique.

Cette caractéristique pourrait paraître anecdotique, alors que tout à fait en lien avec une notion de fitting, et pourtant, c’est peut-être le seul argument indiscutable pour affirmer pouvoir scorer plus bas !

C’est d’autant plus important que les concurrents n’affichent pas forcément des valeurs aussi importantes !

Un driver 3 degrés plus flat, cela ne court pas les rues, même si cela concerne l’usage de peu de golfeurs.

Finalement, on n’en arrive à la conclusion avec un dernier argument : Le prix !

Pour 499 euros le nouveau driver dont on ne sait pas complétement comment il va nous faire scorer plus bas, on peut en revanche noter qu’il reste plus abordable (façon de parler) que l’équivalent TaylorMade ou Callaway en 2021 (529 euros), et c’est peut-être finalement la seule information pertinente et objective. De mon point de vue, c’est une grosse partie de l’explication de la part de marché conséquente de PING. Ils sont moins gourmands.

Vous l’aurez peut-être perçu, j’ai été essentiellement critique du marketing répétitif et très pauvre de PING. Cela ne remet pas en question la qualité des produits. Il s’agit sans doute d’excellentes têtes, pas moins performantes que leurs rivales.

La clé pour gagner des coups sur le parcours, en particulier le driver, c’est de connaître les caractéristiques de son club, et si possible, de les rapprocher de ses caractéristiques de swings.

C’est peut-être tout simplement cela que PING aurait pu expliquer. « En 2021, nous allons encore plus vous accompagner pour choisir le bon modèle, ce qui comprend aussi la longueur du manche, et la taille du grip, à minima ».

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