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Driver Srixon Z565 : Allez-vous surfer sur la vague ?

Lancé pour l’été 2016 afin que vous puissiez retrouver ces clubs dans vos magasins préférés à la rentrée, les nouveaux clubs Srixon annoncent la couleur. Et cette année, la tendance est à rester à la plage ! Non pas celle communément appelée « bunker » mais tout simplement l’évocation du ciel bleu, d’une plage de sable fin, et une mer de vagues…situées sous la semelle d’un nouveau driver, le Srixon Z565 !

Découverte d’un club qui veut faire des vagues !

Dans un marché sursaturé d’offres, où en plus les constructeurs ont eu la mauvaise idée de sortir des produits tous les six mois, il devient difficile de proposer un nouveau club avec un principe d’innovation qui soit à la fois visible, et pertinent pour le golfeur.

D’autant que le marché s’étant retourné, aujourd’hui, il ne s’agit plus de sortir un driver tous les six mois, mais de réussir à vendre à moins de golfeurs, un club qui coûte de plus en plus cher à produire en R&D.

C’est un peu le concept de la pyramide ! Les derniers étages sont les plus coûteux, et pourtant les plus petits !

La pression est donc forte sur l’ensemble des constructeurs.

Comment en 2016 convaincre de l’utilité d’un nouveau driver ?

Bien entendu, beaucoup de fans de matériel de golf sont un peu comme les fans de technologie et d’high-tech. Chaque nouveau lancement est une phase excitante.

Et on imagine que chez Srixon, quand il s’est agi de partir d’une feuille blanche, ils ont pensé à cette excitation, qui est chez nous tous, un puissant moteur d’achat.

Pourtant, on n’aimerait pas forcément être à la place des ingénieurs !

Vous imaginez devoir dessiner un club dont à la base les contraintes sont fixées au niveau design et performance.

Qu’est-ce qui ressemble plus à un driver qu’un autre driver ? Certaines marques ont bien essayé les drivers carrés ! Nous, consommateurs avons rejeté l’idée. Trop anticonformiste !

En prenant du recul, finalement, esthétiquement, ce qui distingue le plus un driver d’un autre driver, c’est pourtant la partie cachée de l’iceberg (en tout cas à l’adresse devant sa balle) : la semelle.

Du recul ?

Oui, sur ces trois/quatre dernières années, force est de constater que la semelle des drivers est ce qui évolue le plus que ce soit chez TaylorMade, Ping, Callaway, Cobra, Mizuno, Titleist, Nike (ah non Nike c’est fini), et donc Srixon.

En préparant ce sujet, nous avons noté trois arguments techniques principaux. Pourtant, nous avons eu envie de parler de la semelle pour commencer !

Au cours des tests que nous avons mené ces deux dernières années, date du retour de Srixon dans la bagarre en Europe, nous avons noté que les clubs étaient particulièrement tolérants à défaut d’être systématiquement les plus longs.

Particulièrement tolérant ? Nous avons mesuré le driver Srixon Z545 à un smash factor de 1.49 pour une vitesse de swing de 91 mph ! Soit pratiquement la note de tolérance la plus élevée possible pour un bois numéro 1.

Et ce qui n’est pas dit dans les chiffres, c’est que sur la série de balles tapées pour faire la moyenne, il y avait eu une extrême régularité dans l’obtention de ce chiffre élevé sur quasiment chaque frappe.

En 2015/2016, le Srixon Z545 s’était révélé une drôle de surprise !

A titre de comparaison, seul le driver Cobra King Ltd avait généré le même résultat, à la différence qu’il avait pu être swingué plus vite pour une distance plus importante.

Pour mémoire, quelques mois plus tôt, au cours d’une discussion avec le président de Srixon, nous évoquions un autre produit, le Cleveland Classic XL Custom, un club plutôt bien noté.

Pourtant, dans les ventes, ce n’était pas un hit de l’année, et le président l’expliquait par le fait qu’il pouvait être considéré par la majorité des golfeurs amateurs comme étant trop pointu.

Ce qui est un fait intéressant avec le fonctionnement commercial, marketing et technique de Srixon, c’est que sans être la marque la plus « fashion » du secteur golf, ils écoutent les clients, et surtout, ils sont capables en l’espace de 36 mois de changer de stratégie du tout au tout.

Revers de la médaille, nous, les golfeurs ne percevons pas toujours aussi vite ces changements d’orientations techniques parfois radicaux.

C’est d’ailleurs un vieux serpent de mer chez Cleveland/Srixon que d’être capable de démontrer rapidement au marché une innovation.

Avec le Srixon Z565, un des enjeux sera de constater, si sur ce point, la marque arrive enfin à transposer sa compréhension du besoin client, et son expression avec l’humeur du moment.

C’est pourquoi cette histoire de semelle est aussi cruciale ! A l’adresse, vous ne la voyez pas ! Dans un rayon de magasin de golf, vous ne voyez qu’elle comme partie immergé de l’iceberg.

C’est la semelle qui fait ou ne fait pas le coup de cœur !

Bien entendu, pour Srixon comme pour d’autres marques, il ne s’agit pas que de cosmétique !

Contraintes par la législation, les marques ne peuvent pas réellement modifier la forme de la face ou de la couronne. La semelle est le dernier terrain de liberté pour ingénieur en quête d’expression.

Le driver Z565 va donc tenter de se démarquer par au moins cet aspect.

Les précédents produits étaient d’ailleurs bien trop discrets, et presque trop « japonais », à savoir sobre, pas prétentieux, timide, poli mais aussi un peu insipide.

Le principal défaut du Z545 était qu’il était bien trop quelconque d’un point de vue design.

Etre le driver le plus tolérant du marché ne suffit pas à faire une vente.

Avec le Z565, Srixon ne tord pas tout à fait sa personnalité. Ne demandez pas à un ingénieur japonais de devenir soudainement « fashionista » !

Srixon qui domine les ventes de clubs de golf au Japon de la tête et des épaules avec plus d’une vente sur quatre dans un marché qui est juste le deuxième plus gros après les USA, est confronté à l’équation suivante : Satisfaire son marché interne très pointu et beaucoup plus conservateur que nous ne le sommes, et intriguer les américains, et les européens qui eux veulent être surpris.

Le Z565 est un peu un mélange de ces deux expressions.

D’une part, ce club reste sobre (trop sobre ?) au niveau de la couronne, et interpelle au niveau de cette semelle en forme de vagues qui n’est pas sans rappeler de manière même lointaine, ce que Mizuno a très bien réussi à faire avec le JPX 850, à savoir la shockwave, une autre forme de vagues mais plus petite.

Quel est l’enjeu derrière cette question des vagues ?

Les marques ne peuvent pas déformer la face au-delà d’un certain niveau de coefficient de restitution. Verboten ! dixit le Royal & Ancient ! Toutefois, personne n’a parlé de ce qui pouvait se passer avant la face ! Et qu’est-ce qui supporte la face d’un driver ? La semelle !

En privilégiant la déformation de la semelle, le « ripple effect » de Srixon, on tourne autour du pot…qui consiste à accentuer le smash factor à vitesse constante.

Souvent, les amateurs nous interrogent sur le fait de savoir si d’une année sur l’autre, est-ce que les marques proposent réellement des améliorations ?

Dans l’absolu, oui, mais ce n’est pas forcément extrêmement visible, et ce n’est pas tout à fait qu’un problème de marketing.

Si les marques n’étaient pas bridées par la législation, on enverrait déjà des drives entre 250 et 300 mètres !

Chaque année, le petit jeu pour une marque consiste à chercher comment contourner cette fichue limitation du COR.

Avec le Z565, il s’agit d’augmenter de manière cumulative l’angle de lancement et le MOI.

La semelle qui est aussi appelée Power Sole présente une sorte d’étagement dont la mission consiste à favoriser une meilleure flexion de la partie basse de la face à l’impact.

Remarque ! Ce qui veut dire qu’au moment de tester ce driver, il faut particulièrement prendre en compte le point idéal de frappe qui n’est pas nécessairement pile au milieu…

Deuxième argument mis en avant par Srixon qui lui n’est pas visible à l’œil nu, et pas franchement vérifiable, la face a été améliorée pour favoriser une augmentation du sweet spot de 10%

Comme déjà écrit dans d’autres articles, c’est un abus de langage des marques. Le sweet spot est un point sur la face qui mesure la taille d’une tête d’épingle ! Augmenter la taille d’une tête d’épingle de 10%, cela reste la taille d’une…tête d’épingle !

Maintenant, considérant que le précédent modèle a permis un smash factor de 1.49, on peut laisser le bénéfice du doute à Srixon sur une face plus tolérante, même si la raison reste un peu secrète. Et ce n’est certainement pas cette histoire de 10% !

En revanche, ce que le golfeur peut retenir, c’est que ce driver doit délivrer une meilleure vitesse de balle même sur les coups décentrés.

Enfin, comme c’est un grand classique en matière de driver, la couronne a été désépaissi de 4 grammes dans le but de déplacer le centre de gravité.

Centre de gravité qui comme la tête d’une épingle ne peut de toute façon pas bouger que de quelques millimètres.

En résumé, de tous les arguments présentés par Srixon, la seule grande innovation…c’est la semelle, et l’usage d’un système certes visuellement différent de celui de Mizuno, mais qui justement a fait ses preuves.

Le driver Z565 en 460cc avec un réglage de base plutôt favorable au draw a en théorie tout d’une petite bombe, sauf peut-être son look de premier de la classe, bien trop propre sur lui.

Ceci étant, Srixon ne peut sans doute pas changer totalement son ADN de marque sérieuse. Pourtant, ce serait sans doute intéressant de les voir se lâcher un peu sur le design…

Précision : le Z565 est accompagné d'un driver Z745 en 445 cc proposé en standard avec un shaft Miyazaki plus lourd (Kaula Mizu 6) disponible en loft 9.5 et 10.5°.

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