Driver XXIO X-EKS : Un pari plus sportif

Le Japon est une nation vieillissante. Les plus de 65 ans représentent déjà 27% de la population, et selon les chiffres de l’IPSS (Institut pour la population et la sécurité sociale). En 2065, les Japonais ne seront plus que 88 millions contre les 126 actuels, et toujours selon la même source. Ce fait de société n’est pas sans conséquence sur l’industrie du golf Nippone, et notamment pour le numéro un du marché, XXIO, filiale du groupe Sumitomo Rubber Industrie. 20 ans après le lancement de la marque, les dirigeants veulent anticiper, et ostensiblement accélérer leur pénétration du marché occidental, aussi bien en Amérique du Nord qu’en Europe. Cela se traduit par une inflexion majeure de sa stratégie de conception produit, et l’arrivée du nouveau driver XXIO X-Eks.

Sur une tendance régulière depuis 2000, à savoir sortir un nouveau produit tous les deux ans, XXIO a dépassé la dixième génération de clubs de golf.

Pour fêter la nouvelle décade, XXIO lance à la fois la gamme Eleven et une toute nouvelle gamme X, des clubs que je viens de recevoir et tester au studio.

Jusqu’à cette année, XXIO assumait clairement un positionnement à la fois disruptif et pragmatique. A savoir, pas de présence sur le tour professionnel, et des produits concrètement dessinés en faveur des seniors, et pour être plus précis, les plus de 60 ans.

Confronté au vieillissement accéléré de la population, et une probable baisse du nombre de golfeurs au Japon d’ici 45 ans, soit 10 millions de golfeurs au lieu de 15 aujourd’hui, la marque nippone a donc décidé d’infléchir sa stratégie, et tenter non seulement de s’adresser encore plus aux occidentaux, et en même temps, à une population des 40/50 ans.

D’où la genèse de la nouvelle gamme X avec un driver clairement assumé pour des golfeurs plus athlétiques, et cela saute clairement aux yeux quand on porte le premier regard sur ce driver X Eks.

Alors que le driver Onze ou Eleven sera dans la lignée des précédents drivers de la marque japonaise XXIO, à savoir favorisant la tolérance, et la légèreté, le driver X se rapproche des standards du marché américain.

Plus lourd, plus conventionnel, plus américain, avec au passage un logo modernisé et plus international, il s’agit de moins perturber les occidentaux, et commencer à les attirer vers la marque, avec 10 ou 20 ans d’avances sur le projet initial.

Un driver est toujours la composition d’au moins trois éléments clés : Le grip, le manche, et la tête

La nouvelle formule du driver X comporte des arguments pour ces trois composants.

S’agissant du grip, et c’est la principale nouveauté chez XXIO cette année, ce dernier arrive avec l’idée que XXIO est probablement aller au bout de son concept Dual Speed Technology (DST) qui laisse à penser que le golfeur a besoin d’une certaine dose d’inertie pendant qu’il swingue, pour optimiser la vitesse de swing créée.

Les manches XXIO sont souvent très longs et très légers. C’est la marque de fabrique de XXIO, ce qui d’ailleurs plaît aux seniors, mais beaucoup moins aux golfeurs avec des vitesses de swings rapides.

Avec le grip Weight Plus, XXIO tente d’optimiser le sujet de la vitesse de swing, non pas par le manche seul, mais par l’ajout d’un poids en laiton et en caoutchouc au bout du grip.

La volonté des équipes de R&D dirigé par Jeff Brunski est de rehausser le point d’équilibre du club, pour selon ses dires, favoriser un swing plus doux et une meilleure position pour plus de puissance.

Visuellement, le bout extérieur du grip est plus large par rapport au reste du grip plus classique, et comme si le fabricant avait cherché à créer une « butée » pour que les mains du golfeur restent bien « agrippées » même pendant un swing très rapide.

A l’usage, dans les mains, ce grip un peu différent se ressent, mais impossible pour moi d’en évaluer le bénéfice.

S’agissant du manche, XXIO affiche sa marque consœur Miyazaki, et non pas XXIO, dans le but de jouer la marque sportive, et moins le côté senior que selon elle, pourrait conférer un manche brandé simplement XXIO… C’est du marketing.

Long de 45,5 inches, c’est classique pour un manche standard sur le marché de nos jours, mais toujours trop long pour des golfeurs qui ont déjà des vitesses de swings importantes, et qui chercheraient davantage de contrôle.

Pour le test, XXIO m’a adressé son nouveau manche AX-1 de seulement 47 grammes en stiff, soit un manche plutôt très léger pour cette rigidité !

Cela reste le point fort et distinctif de la marque : Proposer des manches légers y compris pour une cible de golfeurs plus sportifs.

Toujours au chapitre des points positifs, Miyazaki continue d’afficher la couleur concernant la rigidité réelle de son manche, et à travers l’International Flex Code.

Pour ce manche AX-1, il est de 4333, soit finalement une rigidité moyenne en butt, et très modérée sur tout le reste de la longueur du manche, et jusqu’au tip.

Ce n’est clairement pas une barre à mine. Le niveau de torque est décrit sur le manche (4.9).

Au studio, j’ai pu mesurer que le manche était bien de 45,5 inches, et constaté que le poids total du club se situait bien entre 295 et 300 grammes (annoncé à 299 grammes par XXIO).

J’ai effectivement mesuré le swing weight du club en D0, ce qui tranche encore avec les drivers américains en D2 ou en D3.

Pour un driver plus sportif, XXIO n’a pas créé un club encore aux antipodes de ce qu’elle avait l’habitude de faire.

En fait, la partie la plus « transformée » par rapport aux usages, et aussi la plus visible se situe au niveau de la tête du club, et précisément la semelle très américanisée.

Réalisée totalement en fibre de carbone, légère, elle est censée redistribuer le poids de manière plus égale, pour plus de lancer et plus de tolérance.

Une définition qui reste obscure pour ma part.

Nous y reviendrons plus loin avec le premier essai.

Pour ma part, je m’attache surtout à ce que je vois, et l’esthétique est probablement le plus important.

Jusqu’à présent, pas très fan des semelles de drivers XXIO, le dessin plus moderne du X pourrait bien être plus séduisant, et cette semelle effectivement plus « occidentale ».

Comme les autres marques américaines, XXIO a placé un poids à l’arrière de la tête, sans doute pour suggérer un moment d’inertie plus élevé, et donc plus de stabilité de la tête au moment de l’impact.

La couronne est finalement plus conventionnelle pour un driver XXIO, et suggère bien le caractère premium d’un driver qui sera proposé en prix tarif à 749 euros.

Ce ne sera pourtant pas l’argument le plus important en comparaison de la Face Cup censée générer plus de vitesse sur les coups centrés, et décentrés.

Alors que TaylorMade axe sa communication sur la Twist Face et Callaway sur l’intelligence artificielle, XXIO, sans en faire des « caisses » n’est pas en reste, et avec moins de vigueur marketing, se sent quand même obligé de nous parler de ses stries de vitesses dessinées sur la face.

Usinées à l’arrière et au centre de la plaque de la face, elles auraient pour effet de canaliser l’énergie transmise à la balle autour du périmètre de flexibilité, ce qui produirait un meilleur smash factor, et donc plus de distance.

Les résultats de mon premier essai

Début février, au studio, j’ai donc testé au trackman ce nouveau driver censé correspondre à ma classe d’âge (40/50 ans).

Si je trouve que le manche standard est encore trop long, je note un point très positif, et cohérent avec le marché visé : L’offset du driver est nettement moins « draw oriented » par rapport aux habituels produits XXIO.

De mon point de vue, c’est l’une des informations clés à retenir par rapport à ce nouveau driver X.

Pour un driver testé avec loft de 10,5 degrés (tête collée et non ajustable), j’ai retrouvé l’impression de facilité d’un driver XXIO (légèreté du manche), avec effectivement une puissance ou « nervosité » plus importante, et par rapport à un profil plus athlétique.

Du haut de mes plus de 100 kilos sur la balance, j’ai obtenu des performances très comparables à des drivers américains Callaway ou TaylorMade.

Quand je dis comparable, c’est même identique avec un record de distance de 262 mètres avec le XXIO X Eks, quand j’ai déjà envoyé une balle avec le Mavrik de même loft, et de même longueur de shaft à 263 mètres !

Entre les deux clubs, les seules différences étant le poids du club et du manche, à savoir 47 grammes pour le Miyazaki et 60 grammes pour le manche testé sur le Mavrik.

Cette différence a d’ailleurs eu un impact mesurable sur ma vitesse de swing, supérieure de 2 mp/h avec le XXIO X versus le Mavrik.

En revanche, si comme souvent avec un driver XXIO, on swingue plus vite, la vitesse de balle est pratiquement identique entre le Callaway et le XXIO, signe que le smash factor est légèrement moins élevé avec le XXIO.

S’agissant du smash factor, sur plusieurs dizaines de frappes, je me suis baladé entre 1.42 et 1.47

En résumé, le driver XXIO X est donc bien le driver le plus « musclé » produit par la marque japonaise, et il peut rivaliser avec les leaders du marché, Callaway et TaylorMade.

Comme cela reste un driver avec un moment d’inertie un peu élevé, et une tête légère, le taux de spin reste un peu haut, et le smash factor un peu bas, mais c’est compensé par une plus grande vitesse de swing, ce qui à l’arrivée donne des distances équivalentes aux autres clubs américains.

Finalement, peu importe la recette, Eh oui elle est légèrement différente selon les clubs, et la marque, mais à la fin, en cohérence avec l’ADN de la marque, le résultat sera comparable ou en tout cas pas moins performant avec un driver X.

Je reprocherais juste au set-up du club un manche trop long, et une tête quand même très légèrement « closed face », ce qui pour un golfeur avec un chemin intérieur-extérieur va favoriser la production de trajectoires en draw ou en hook.

En revanche, pour un golfeur avec un chemin inverse, soit la majorité des joueurs, cela pourra peut-être atténuer une petite tendance de slice.

Revers de la médaille, et pour un golfeur qui veut être plus libre dans les formes de trajectoires, et notamment taper des draw ou des fades, selon les circonstances, ce sera un peu plus difficile par rapport à une tête neutre.

Je répète que le point positif, c’est que cette tendance closed face est très réduite par rapport aux habitudes de XXIO.

Le sujet sera maintenant de savoir si les golfeurs de 40/50 ans commencent vraiment à expérimenter des baisses de distances au drives, et ont envie de se laisser séduire par XXIO.

Un argument ne va pas tout à fait dans ce sens. Entre 46 et 50 ans, un golfeur comme Phil Mickelson a réussi à gagner 10 mètres de moyenne au drive.

La perte de distance n’est pas encore une fatalité pour des golfeurs dans cette tranche d’âge, en particulier, si en plus du golf, ils ont une activité physique soutenue (course à pied ou fitness).

Par rapport au marché français que XXIO a particulièrement bien pénétré depuis 10 ans, je ne vois pas encore très bien quelle clientèle pourrait basculer vers cette offre, finalement très différente de l’usage chez XXIO. C’est finalement un vrai pari commercial sur l’avenir, et avec aucune certitude de succès.

Ce qui est certain, c’est que si XXIO ne tente pas, elle n’aura pas la réponse.

Jusqu’à présent, XXIO a très bien réussi auprès de la clientèle 70 ans et plus. Peut-être que cette nouvelle gamme sportive retiendra l’attention des 60-70 ans qui se sentent justement encore jeune dans la tête, et envie de damer le pion à des petits jeunes de 50 ans ?

En donnant deux choix distincts entre la gamme Onze/Eleven et la gamme X, XXIO multiplie peut-être son pouvoir de séduction par deux…

PS : Un détail à revoir, le capuchon est certes très beau, mais difficile à enfiler sur la tête, de sorte que l'on a peur de la casser.

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