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Driver Wilson Launch Pad 2020 : La solution anti-slice ?

Wilson Staff n'est pas vraiment la marque qui vend le plus de drivers en France. Si son modèle D7 pouvait être l'un des drivers à considérer en 2019, le driver Launch Pad de 2020 sera également un produit simple, sans poids réglables, ni réglage au niveau du hosel. Seulement deux lofts au choix, et un nombre restreint de shafts, Wilson entend surtout occuper le segment de marché entrée de gamme, et séduire des golfeurs qui ne veulent pas mettre plus de 500 euros dans un driver neuf. C’est toujours la question du coût du mètre supplémentaire…

C’est une histoire souvent aussi vieille que le jeu de golf : les golfeurs amateurs se battent avec leur driver, et notamment avec le slice.

Wilson Staff veut aborder ce problème de front, avec la conception de ce nouveau driver Launch Pad.

Pour aider les joueurs à handicap élevé à générer plus de distance, Wilson a imaginé ce driver pour qu'il soit aussi léger que possible.

Pour cette raison, il n'a pas été fabriqué avec des poids ajustables ou un hosel réglable, car ces éléments seraient susceptibles d'augmenter le poids global, et de nombreux joueurs de la catégorie visée ne rechercheraient tout simplement pas ces réglages.

En conséquence, le driver Launch Pad devrait peser environ 30 grammes de moins que de nombreux drivers mis sur le marché en 2020.

Ainsi, avec le même effort, et selon la marque, les golfeurs devraient pouvoir le swinguer plus rapidement, et délivrer plus de vitesse de balle à l’impact.

Pour autant, cet argument n’a rien de nouveau, de même qu’il ne se vérifie pas de manière automatique ou systématique.

XXIO se veut déjà le champion du driver ultraléger, et tous les golfeurs n’ont pas intérêt à choisir un driver ultraléger.

Il serait plus judicieux d’admettre que Wilson veut tout simplement proposer un des drivers les plus simples, et surtout des moins coûteux.

C’est peut-être une position évidente d’un point de vue commercial, mais pas toujours facile à assumer, en particulier quand un membre du Staff, Gary Woodland est justement tenant du titre du dernier US Open de golf.

Avec cette victoire, Wilson a justement pris la lumière, et de manière inattendue.

Cependant, la clientèle de la marque n’est pas nécessairement sur le PGA Tour, et Wilson ne veut pas oublier que la majorité de ses clients ne drivent pas à 270 mètres de moyenne.

C’est pourquoi la gamme Launch Pad est moins pensée pour un bombardier tel que Gary Woodland, mais plus pour Monsieur Tout le Monde.

Wilson prétend que « Launch Pad » sera une solution aux problèmes du golfeur moyen, celui qui joue au golf une fois par semaine avec ses amis, juste pour le plaisir.

Ce driver est destiné aux golfeurs ayant des difficultés avec le slice, et donc à la recherche d'un club de golf conçu pour aider à lancer la balle plus droite, et peut-être aussi pour aider les golfeurs qui ne swinguent pas aussi vite qu'ils le souhaiteraient.

Quand on lit ces arguments de la marque, on peut immédiatement penser que le driver présentera une face naturellement closed face, pour forcer un lancement plus à gauche par rapport au chemin du club.

Cette vieille recette présente énormément de limites.

Un club closed face n’empêche pas irrémédiablement le slice. Il pousse aussi et surtout les balles en hook, ce qui est un autre problème. 

« Une partie de l'ADN des Launch Pad est que nous essayons de promouvoir une tendance vers la gauche, ou un anti-slice », explique Jon Pergande, directeur de l'innovation chez Wilson Golf Club. « Si vous prenez le driver et le regardez, il a toutes les fonctionnalités qui favorisent une balle à gauche. » Ou à droite, si vous êtes gaucher.

Il poursuit « Nous avons essayé de maîtriser le plus possible le décalage du hosel pour obtenir un look agréable et net », explique Jon Pergande.

« Mais nous avons également examiné la distorsion du poids dans la tête, la spécification de l'angle de la face. Donc, lorsque vous ajoutez toutes ces choses ensemble, y compris un shaft léger, vous disposez d'une série de fonctionnalités qui aident à propulser la balle en direction de la gauche, sans dire sur la base de l’aspect du club, qu'il s'agit d'un club de type super anti-slice ».

L’esthétique, bien sûr, est dans le regard du golfeur.

Les produits de la famille Launch Pad sont attrayants par leur style, mais c’est relatif, voir subjectif…

Bien que Wilson les ait bien habillés, il ne faut pas s'y tromper : les faces des Launch Pad sont très fermées. Si vous ne slicez jamais, il n'y a rien pour vous dans la gamme Launch Pad.

Wilson défini pourtant l’offset du hosel du Launch Pad comme modéré.

13 grammes de poids situés sur le côté talon de la semelle, est en grande partie la raison de l'élimination du hosel réglable.

Un hosel réglable est justement une charge supplémentaire sur le coût de fabrication, et n'aide pas nécessairement le client golfeur qu’imagine Wilson Staff.

Le poids supplémentaire dans le talon aide à la fermeture de la face, et lorsqu'il est combiné avec tous les autres ingrédients mis en œuvre, la marque imagine que cela peut aider à atténuer le slice.

En fait, ce n’est pas aussi simpliste, et ne peut pas être pris en considération, sans connaître le chemin de club moyen du golfeur concerné.

Si vous êtes un golfeur qui déplacez le club de manière très intérieur-extérieure, et avec une face ouverte à l’impact, vous réalisez un push.

Si la face est plus ouverte que le chemin est intérieur-extérieur, cela se transforme en push-slice.

Dans ce cas, la face fermée à l’impact, va créer la condition d’une balle qui part à droite, et revient fortement à gauche.

Au lieu de slicer, vous hookez tout autant !

Pas sûr que vous y gagnez quoi que ce soit.

A l’inverse, si vous déplacez le club de manière extérieur-intérieur avec une face neutre ou ouverte, vous réalisez un pull fade.

Ce n’est pas nécessairement un mauvais coup de golf.

Avec une face plus fermée, vous pouvez atténuer l’effet.

Dans 100% des cas, opter pour un driver anti-slice est au mieux une rustine, au pire une difficulté supplémentaire.

Le problème, ce n’est pas le driver…

La solution, c’est de connaître votre chemin de club moyen, et votre position de face moyenne à l’impact, pour en tirer les enseignements nécessaires, et ce, pour corriger votre geste ou en dernier ressort, adapter votre driver.

« Nous avons effectué de nombreux tests avec des golfeurs ayant tendance à slicer », commente Jon Pergande.

« Ce qui se passe est une prophétie auto-réalisatrice : si vous pensez que vous allez slicer, vous commencez à viser à gauche. Et plus vous visez à gauche, plus vous slicez la balle. Si vous pouvez la frapper droit et ramener le spin loft à zéro, vous ne slicerez pas, et vous pourrez gagner une distance d'environ 10 mètres ».

Selon le fabricant, cela devrait réduire la vitesse de la balle et la distance, mais la plupart des golfeurs concernés seront heureux de sacrifier quelques mètres, pour rester sur le fairway.

La problématique que le fabricant omet de préciser. C’est qu’un golfeur ne se définit pas comme un seul sliceur !

Le premier problème d’un golfeur et plutôt débutant, c’est d’être régulier, et de reproduire plusieurs fois le même geste, y compris ce qui amène à un slice.

Avec un driver anti-slice, sur un bon coup, au lieu de taper droit, le joueur va envoyer la balle à gauche !

Les nouveaux drivers Wilson Staff Launch Pad se concentreront donc sur la réduction du taux de spin, afin d'optimiser les distances de vol de la balle, et grâce à des angles de lancement plus élevés.

Ce driver sera proposé en 10,5 ou 13 degrés de lofts.

Ces deux options de lofts seront disponibles pour le golfeur droitier, mais seulement l'option loft de 10,5 degrés sera déclinée pour le golfeur gaucher.

Ce driver ultra léger sera l'un des plus légers produits par la marque, avec seulement 272 grammes au total.

Wilson espère que cela se traduira par de meilleures vitesses de tête de club, pour aider à produire une plus grande distance, sans effort supplémentaire.

Les ingénieurs ont également donné au club, une face à épaisseur variable en titane 6-4. qui sera censée conserver la vitesse de la balle, en cas de coups décentrés.

Wilson proposera de série la nouvelle série de shafts légers UST-Mamiya Helium, en noir, ce qui correspondra très bien à la palette de couleurs noir-blanc-chrome de la tête.

Ils proposeront également un grip léger Wilson Staff Microlite Lamkin, pour au final appuyer cette construction super légère.

Le shaft UST-Mamiya s’intègrera bien visuellement avec la tête de club, correspondant parfaitement à l'esthétique globale du design.

Pour Jon Pergande : « Nous voyons cette nouvelle gamme comme littéralement la rampe de lancement destinée à améliorer le jeu des golfeurs débutants, et ceux qui souhaitent réduire leur handicap, pour profiter davantage du jeu de golf ».

Pour un driver « game-improvement », le look est assez réussi, simple mais avec un aspect premium.

Une bonne présentation pour montrer qu'il y a de la technologie à l'intérieur de la tête, sans que l’aspect général ne soit trop encombré.

Le driver Wilson Staff Launch Pad sera proposé au prix moyen de 300 euros, et c’est peut-être tout simplement cela l’information la plus importante à retenir.

Sur un marché qui a vu le prix moyen des drivers grimper en flèche depuis plusieurs années, Wilson maintient sa politique tarifaire à un niveau très raisonnable.

Cette stratégie ne permet pas de conquérir des parts de marché, car les golfeurs expérimentés ne se tournent pas vraiment vers cette marque, au moment de changer de driver.

Il faut dire qu’ils ne sont pas aidés par la distribution des produits qui se fait plutôt trop rare en magasins.

De plus, la nouvelle offre Décathlon vient directement se confronter à Wilson sur le segment capital pour la marque des nouveaux golfeurs.

C’est justement parce que le golf souffre d’un manque de nouveaux golfeurs que le positionnement prix/produit de Wilson ne paie pas aujourd’hui.

Si la création de licence était plus dynamique en France, le marché du driver à 300 euros serait plus porteur.

Pour son développement, la marque a sans doute manqué le virage de la victoire de Gary Woodland à l’US Open l’an passé, pour justement se remettre à l’esprit des golfeurs plus expérimentés, et aller challenger un TaylorMade ou un PING.

En France, la marque reste scotchée sous la barre des 5% des ventes de drivers.

A se demander si cela a un quelconque intérêt de sponsoriser des joueurs sur le PGA Tour ?

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Commentaires   

odauptain@gmail.com
0 #1 Comparer 5% en France et PGAodauptain@gmail.com 11-03-2020 00:41
Bonjour,
Je ne comprends pas très bien le lien que vous faîtes entre les 5 % de part de marché sur les Divers et donc d'avoir peu ou pas d'intérêt dans le fait que wilson ait un joueur sous contrat sur le PGA tour. Peut-être être que les 5% en France suffisent à payer le ontrat de Benjamin Hebert et qu'aux USA, la part de marché qu'à Wilson suffisent largement à payer Woodland et les 2 ou 3 autres ???
Bien à vous ...

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