Plus de 5000 pages pour votre jeu de golf. Matériel, technique, parcours, voyages...

Driver TaylorMade M6: Pour plus d’inertie?

Annoncé en même temps que le nouveau driver TaylorMade M5, le M6 est le moins ajustable des deux, mais pas forcément le moins intéressant. Découvert à Carlsbad en décembre, j’ai pu taper quelques balles avec ce driver muni lui-aussi de la technologie Speed Injection. En 2019, la marque mise tout sur la vitesse de balle à l’impact. Pour renforcer ce projet, en plus de la Speed Injection, le dessin de la semelle en carbone est censé générer une plus grande vitesse d’inertie. Toujours plus vite ? Toujours plus loin ?

Obtenir plus de régularité de production…

Tout comme le M5 vient remplacer le M3, le M6 prend la succession du M4 que j’avais trouvé décevant l’an passé.

Depuis quatre ans, TaylorMade a redéployé son offre de drivers autour de la famille M. Il y a d’abord eu une première version des drivers M1 et M2, puis une seconde génération, et enfin les M3, et M4.

Il semble que chaque année désormais, TaylorMade va procéder par petites touches sur le nom de ces drivers emblématiques.

En 2017, le driver M2 avait été selon nos tests l’un des drivers les plus performants de la saison, et pourtant, un an plus tard, le M4 était loin d’être aussi excitant.

A Carlsbad, les premiers essais au Kingdom, le centre de test de TaylorMade, des drivers M5 et M6 m’ont permis de constater que le M6 semblait m’apporter plus de performances, bien que moins ajustable.

Avec l’aide d’un fitteur de la marque, j’ai testé plusieurs têtes et plusieurs manches pour arriver finalement sur le M6 en 9 degrés de loft sur un manche Project X HZRDUS, nettement plus performant.

Et si on touchait directement au problème soulevé par TaylorMade avec l’irrégularité de production ?

En 2017, est-ce que j’aurai testé un M2 plutôt performant ? Est-ce qu’en 2018, le M4 fourni par la marque n’était pas tout simplement dans les 15% des drivers les moins performants ?

Au cours de la présentation faite par Justin Kleinert, au siège de TaylorMade, il nous a justement présenté une courbe de Gauss démontrant que sur 100% des drivers fabriqués, 70% sont à un niveau de performance médian, alors que 15% sont plus performants que la moyenne, et 15% moins performants que la moyenne !

TaylorMade n’est pas la première marque à m’avoir parlé de ce phénomène. Quelques années en arrière, notre consultant, Alexandre d’Incau, clubfitter m’avait alerté sur les irrégularités de productions des marques.

A l’époque, je n’avais pas d’éléments chiffrés ou de preuves réelles de ce qui était une hypothèse crédible.

Plus tard, à l’occasion de mon premier déplacement à Carlsbad, et notamment chez Cleveland/Srixon quand j’avais interrogé Jeff Brunski, ingénieur en chef de la marque, il m’avait lui-même répondu que si j’avais testé un driver Srixon 2017 moins performant qu’un driver 2015, c’était peut-être aussi à cause de cette fameuse irrégularité de production.

D’un driver à un autre dans une même marque, il était possible que le niveau de COR ne fût pas exactement à 0.83 points, mais plutôt 0.80 ou 0.81, ce qui finalement pouvait expliquer une différence sur la vitesse de balle, et le smash factor.

Pour le driver M6, TaylorMade pense avoir trouvé la solution avec la Speed Injection, technologie qui consiste à injecter de la résine derrière la face, et au niveau du talon et de la pointe.

Sur la chaîne d’assemblage, un algorithme permet de calculer le besoin exact de résine pour chaque tête, afin de s’assurer d’un niveau de performance optimal, et le plus proche possible de 0.83.

L’objectif de la marque était double : Rapprocher toute la production de drivers le plus près possible de 0.83 de COR, tout en réduisant drastiquement le nombre de drivers trop au-dessus ou trop en-dessous de cette valeur.

En gros, resserrer la base de la pyramide tout en la faisant monter plus haut.

Une façon aussi d’assumer qu’il reste une petite marge de progression par rapport aux règles édictées par l’USGA et le Royal et Ancient.

Une face toujours Twisted…

Comme le M5, le M6 n’abandonne pas le principe de Twisted Face.

Il s’agit au contraire de continuer à miser sur cet argument qui aurait fait ses preuves sur le PGA Tour, et pour les meilleurs professionnels.

Pour les amateurs, la réduction de dispersion vantée par cette technologie était pourtant marginale avec les M3 et M4, car un amateur doit déjà beaucoup plus se battre avec les notions de chemin de club, et d’angle de la face à l’impact plus rarement square.

Le défi pour TaylorMade avec le M6 sera de nous démontrer que cette fois la Speed Injection ne jouera pas seulement sur une part marginale de notre performance.

La Twisted Face censée proposer légèrement plus de loft dans la partie supérieure et en pointe de la face, et moins de loft sur la partie inférieure et en talon devait contrer les effets de Gear Effect pour atténuer le taux de spin latéral donné à la balle.

Avec la speed injection, TaylorMade espère augmenter la surface de frappe qui génère le plus de vitesse de balle. Un argument qui pourrait effectivement mieux correspondre aux besoins des amateurs, dans la mesure où ils sont plus concernés par les coups décentrés.

La petite différence qui peut avoir toute son importance entre le M5 et le M6 et qui pourrait expliquer pourquoi j’ai produit de meilleures distances avec le M6 tiendrait dans le fait que la face soit 1 millimètre plus haute par rapport au M5.

La face présente donc une surface globale légèrement plus importante. C’est infime, mais cela a pu m’apporter un soupçon de tolérance en plus.

Si la technologie Speed Injection a particulièrement retenu mon attention avec les nouveaux drivers M5 et M6, il y a un autre argument mis en avant par le fabricant pour ses nouveaux drivers : Le nouveau dessin aérodynamique de la semelle.

TaylorMade parle du principe « Inertia Generator » !

Comment générer plus d’inertie avec la semelle d’un driver ?

Tout comme le M5, la tête du M6, et notamment la couronne supérieure est recouverte par six couches de carbones.

La semelle du M6 a aussi été réalisée à partir de fibres de carbones, pour déplacer du poids dans d’autres compartiments.

Par rapport au M4, TaylorMade prétend avoir déplacer plus de 54% du poids du M6, justement en utilisant cette fibre de carbone sous la semelle.

Ce procédé a permis de déplacer le centre de gravité de la tête plus bas et plus en arrière pour augmenter au maximum la stabilité de la tête à l’impact, et donc générer plus de tolérance.

Je veux me garder à ce stade de vous communiquer des chiffres sur les quelques tests que j’ai pu effectuer chez TaylorMade, notamment parce qu’ils ont été réalisés chez la marque, et avec ses outils (Radar Foresight)

Avant de reproduire des tests plus poussés en France, j’ai effectivement pour l’instant trouver plus de performance avec le M6 versus le M5, et de manière comparable à ce que j’avais déjà trouvé entre M2 et M1 en 2017.

Il n’y a que l’an passé où je n’avais pas retrouvé cette logique entre M3 et M4, et peut-être pour une question d’irrégularité de production.

A ce stade, il y a deux façons de voir les choses.

Soit on considère que les marques, TaylorMade en tête, nous a sciemment vendu pendant des années des produits dont elles savaient que 15% de la production totale n’était pas au niveau de performance optimal du reste du panel.

Soit on considère qu’aujourd’hui, TaylorMade a trouvé une solution, pour en grande partie résoudre cette question, et c’est un pas en avant.

Finalement, la speed Injection n’est pas une révolution du produit alors que le contexte législatif n’a pas changé. C’est plus un nouveau procédé de fabrication pour mieux flirter avec la limite.

Sur le papier, cela tient la route. La véritable question que je n’ai pas encore résolue avant de réaliser un test plus complet, c’est « Est-ce vraiment significatif ? »

M6 D-Type, prix et disponibilité

Tout comme les années précédentes, TaylorMade vous proposera en complément un driver TaylorMade M6 D-Type dont le principe sera toujours de favoriser ce qu’ils appellent du draw, mais qui est en réalité une façon détourner de fermer la face à l’impact pour empêcher le slice.

Résultat, le M6 D-Type devrait générer en moyenne des trajectoires autour de 18 mètres plus à gauche du centre du fairway par rapport au M6 classique.

Comme le M5, le M6 a subi une inflation tarifaire notable avec un prix annoncé à 529 euros pour les premiers modèles à venir en magasin autour du 15 février.

Le M6 sera proposé en loft 9, 10,5 et 12 degrés (ce dernier loft étant proposé seulement pour les droitiers).

Deux manches seront proposés en option par Fujikura : Atmos Orange 5 pour des trajectoires plus hautes, et un Atmos Black pour des trajectoires plus pénétrantes.

Le M6 D-Type sera proposé avec un manche Project X EvenFlow Max Carry 45 en 6.0, 5.5 et 5.0 (stiff, regular et senior) alors que pour les femmes, il sera proposé en loft 10,5 et 12 degrés sur un manche TaylorMade 45 grammes L-Flex.

Restez informé

Recevez notre newsletter

Vous ne pouvez pas poster de commentaires si vous n'êtes pas membre du site.