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Driver TaylorMade M5: Une innovation de production

En décembre dernier, j’ai eu l’occasion de visiter le QG de la marque TaylorMade à Carlsbad (Californie) pour y découvrir en avant-première le nouveau driver TaylorMade M5 équipé de la nouvelle Twist Face améliorée. L’an dernier, pendant la présentation produit à Londres, j’avoue que j’avais été bluffé par l’idée, allant jusqu’à imaginer que cela pourrait révolutionner le jeu de golf. Une fois de retour en France, les tests avaient calmé mon enthousiasme. Cette année, je vais me montrer plus prudent, même si le nouveau modèle présente une idée très pertinente, et enfin, mise sur la table par un fabricant : La régularité de production !

Comment fabriquer un driver plus performant ?

Et si un bon driver n’était pas qu’une question de face, de couronne ou de positionnement du centre de gravité ? Et si un bon driver, c’était déjà le même modèle entre celui testé en magasin et celui finalement reçu chez soi ?

Il vous est peut-être déjà arrivé de tester un super driver, vraiment plus performant que le vôtre, de le commander, et finalement d’être déçu par ses performances. J’en ai fait l’expérience très récemment, ne comprenant pas vraiment d’où pouvait venir l’erreur.

Chaque année, les fabricants produisent plusieurs millions de têtes, et jusqu’à présent, il ne contrôlait qu’une partie infime de la production.

Sur un million de têtes en sortie d’usine, en contrôler ne serait-ce qu’un pourcent, c’était déjà en contrôler manuellement près de 100 000.

Un chiffre conséquent mais finalement un échantillonnage assez faible par rapport à la globalité des produits diffusés dans le monde entier.

Au cours de cette étape de contrôle, TaylorMade admet exercer une forme de tri à trois niveaux : Les têtes légèrement au-dessus du niveau de performance standard, les têtes dans la norme, et les têtes en-dessous du niveau de performance standard.

De quoi parle-t-on ? Une tête présente un niveau de performance variable ?

Sur une telle quantité de production, en effet, l’assemblage des différents matériaux ainsi que les très nombreuses opérations nécessaires pour finir le produit ne sont pas exempts d’infimes différences, qui au final, se retrouvent dans le coefficient de restitution du club à l’impact avec la balle.

Le COR de la face (coefficient de restitution) n’était pas jusqu’à présent une science totalement exacte.

De ce fait, sans solution de production pour garantir la perfection, toutes les marques y compris TaylorMade ont commencé à prendre des mesures pour se couvrir.

Il ne fallait pas dépasser les 0.83 limités par l’USGA, et trop friser la limite au cas où quelques têtes pourraient dépasser cette barre fatidique.

Cette limite indique qu'une face de driver ne peut pas restituer plus de 83% de la vitesse de swing à la balle au moment de l'impact.

Les marques ont commencé à brider la performance de leurs produits, ne voulant surtout pas qu’au moment d’un control du CT (Characteristic time) test qui a remplacé celui du COR par l’USGA, cette dernière refuse une production de plus d’un million de têtes au prétexte que sur un échantillon de dix têtes, quatre dépassent la limite !

Les marques veulent bien vous promettre de la performance, mais elles ne veulent surtout pas voir des millions de produits bloqués sur une chaîne d’assemblage.

Ces dernières années, Callaway, Ping, Cobra, TaylorMade, Cleveland… ont rivalisé d’ingéniosités pour vous dire qu’elles avaient trouvé le nouveau truc, pour casser les limites de la distance, et vous encourager à acheter toujours plus de drivers.

Callaway a inventé la Jailbreak technology qui se résume à mettre deux barres de titanes derrière la face. Ping a inventé les turbulettes. TaylorMade a imaginé la twist face pour réduire la dispersion…

Si on est objectif dans un environnement bridé par la législation, tous ces éléments ont joué un petit rôle d’optimisation du champ des possibles.

En gros, chaque année, les marques ont légèrement amélioré les produits sans jamais les révolutionner.

Si on prend du recul, entre un driver de 2008 et un driver de 2018, on doit logiquement trouver un gain de performance, soit au niveau de la réduction du spin, soit au niveau de l’angle de lancement, soit au niveau du smash factor, non pas que la face ait été améliorée sur son sweet spot, mais plutôt en périphérie.

Les gains existent. J’en ai vérifié une majeure partie, cependant, ce n’est pas pour autant que les scores des golfeurs amateurs sur les parcours se sont nettement améliorés. Le lien de cause à effet est très difficile à prouver.

Si je prends un seul exemple, et notamment celui de la Twist face, quand j’ai découvert ce projet vanté pour réduire la dispersion, effectivement, sur le papier, j’ai vraiment cru que ce serait un produit pour changer le jeu de golf.

Imaginez, non pas gagner 10 mètres en longueur, mais perdre 2 ou 3 balles de moins sur le parcours, trop à gauche, trop à droite, et les conséquences directes sur la carte de score !

En vérité, une face de driver ne peut pas corriger deux choses essentielles : Le chemin du club, et la position de la face à l’impact.

De mon séjour aux Etats-Unis, et d’une source que je ne citerai pas, je sais désormais que la Twist Face n’a agit que sur moins de 2% des balles tapées par les professionnels sur le PGA Tour.

De l’aveu de cette source, à ce niveau de jeu, c’est une performance considérable qui fait la différence entre gagner ou perdre un tournoi avec une dotation de plusieurs millions de dollars. Je veux bien le croire.

En revanche, à mon niveau, et celui d’une majorité d’amateurs, 2% c’est quasiment invisible à la fin de la partie.

TaylorMade n’a donc pas menti. Elle vend bien un produit qui présente une amélioration notable. Elle a seulement omis de préciser qu’il fallait vraiment être très bon pour en profiter.

C’est d’ailleurs un peu le même cas que l’histoire des turbulettes chez Ping. Il faut la vitesse de swing de Bubba Watson, près de 120 mph pour commencer à distinguer un bénéfice marginal…

Que dire pour les amateurs qui swinguent 20, 30 ou 40 mph de moins ?

Avec beaucoup plus de prudence et donc d’expérience, le nouveau M5 tout comme son petit camarade M6 présente une innovation que je trouve crédible, pertinente, et pour le coup concrète pour les amateurs.

Attention, j’ai tapé ces drivers au Kingdom en décembre, et avec le contrôle d’un radar Foresight. Cela ne veut pas dire pour autant que je vais vous donner, ci-après des données chiffrées que je valide comme certaines.

Là-encore l’expérience de nos amies les marques quand elles organisent ce type de session ouvertes à la presse me laisse penser qu’il vaut mieux vérifier « à la maison ».

Il y a deux ans, déjà en visite de mon propre chef à Carlsbad et au Kingdom, TaylorMade m’avait permis de comparer des balles TP5 et des balles Pro V1 pour un résultat tellement bluffant que je ne l’ai jamais reproduit une fois de retour en France…

Ne m’en voulez pas, mais il faut toujours un petit temps pour comprendre et décoder les marques. La vente de matériel de golf est un très gros business, et chaque détail compte.

Chaque marque va essayer de tout faire pour m’influencer.

Au siège de TaylorMade pendant deux jours, j’ai vécu une expérience en trois temps au sujet des nouveautés 2019 : Conférence de la part des ingénieurs sur l’innovation, interview de l’ingénieur en charge du produit, et test au centre d’essai le Kingdom.

Pour le M5, Justin Kleinert que j’avais déjà rencontré deux ans plus tôt avec Chandler Carr au sujet des M1 et M2, était cette fois seul aux commandes de la présentation. Le jeune ingénieur a visiblement pris du galon, au sein de l’équipe du boss, Brian Bazzel.

L’innovateur majeur : Une innovation de production plutôt qu’une innovation purement technologique

Comment produire un driver plus performant pour tout le monde ? Il s’agit déjà de produire un driver plus régulier.

Cette année, plus que de changer la Twist Face, TaylorMade revient avec un projet qu’ils ont mis des années à mettre au point : Le contrôle qualité de 100% des têtes en sortie d’usine.

Un projet jamais mené par aucune autre marque devant l’immensité du chantier, et des moyens à mettre en œuvre.

Justin Kleinert explique que TaylorMade a renversé le problème de la limite de COR. Ils ont produit des drivers qui dépassaient la limite, au lieu de chercher à taper juste en-dessous.

Il était en fait plus facile de réduire la performance d’un driver après coup plutôt que l’inverse.

Oui mais comment revenir dans la limite autorisée ?

En injectant une résine spéciale à travers deux trous creusés de chaque côté de la face, et selon un calcul fait par ordinateur (algorithme) pour ramener la performance globale du club dans la limite autorisée. Cette étape se faisant sur chaque tête pendant l’assemblage, et contrôlée par ordinateur.

Ainsi, le niveau de performance d’une tête à une autre n’a jamais été aussi homogène !

La résine injectée est en fait le régulateur de performance.

Si une tête présente un niveau de performance plus important, on injecte plus de résine, et à l’inverse sur une tête moins performante, le niveau de résine injecté est réduit automatiquement.

Le pari de TaylorMade est donc de rapprocher toute la production de têtes M5 de la limite autorisée, sans la dépasser, et ainsi proposer un gain de vitesse de balle, pour un échantillon de joueurs nettement plus important.

Sur le papier, je trouve que cela tient la route. TaylorMade ne me semble pas avoir sortie une baguette magique pour raconter n’importe quoi.

Bien entendu, au siège, je n’ai pas vu la ligne de fabrication, mais l’idée me paraît au moins plausible.

Quand j’ai testé le produit au Kingdom, j’ai tapé de superbes drives pendant que l’opérateur de la marque me commentait des chiffres en nette hausse par rapport à mes standards habituels.

Sur ce point, comme précisé plus haut, j’attendrais de refaire le test avant d’émettre tout autre commentaire.

L’innovation qui me convainc moins : L’inversion du rail T-Track

Par rapport au précédent M3, le M5 présente un changement visuel finalement assez prononcé, et notamment sous la semelle.

Le rail qui permet de coulisser deux poids sous la semelle, pour modifier conjointement le centre de gravité, et la position de la face à l’impact a encore été modifié avec le M5.

Selon Justin Kleinert, ce nouveau dessin en forme de T inversé doit apporter plus de 1000 possibilités de réglages du centre de gravité, et donc des insomnies pour trouver la bonne position pour chacun d’entre nous !

C’est le double par rapport au M1 de 2017 !

Précisément, il dénombre 1770 positions différentes pour jouer sur le taux de spin, et la position de la face à l’impact, plus fermée ou plus ouverte.

Deux poids de 10 grammes peuvent ainsi coulisser plus facilement, pour donner jusqu’à 600 tours de spin de différences selon les réglages, et près de 20 mètres de dispersions entre la position draw ou fade.

A noter, le loft peut aussi être ajusté de 2 degrés pour en faire le driver le plus ajustable de l’histoire de la marque TaylorMade.

En fin de compte, quand j’ai testé M5 et M6, c’est finalement avec le M6, et sans tous ces réglages que j’aurai à priori obtenu les meilleurs résultats pour la distance.

Néanmoins, je considère toujours qu’une tête qui propose la possibilité d’ajuster la position de la face présente un avantage, notamment quand un golfeur présente une tendance à trop fermer la face à l’impact ou l’inverse.

Sur le M3, j’avais au moins trouvé 2 degrés d’écarts qui m’avaient été utiles pour réduire ma dispersion, à condition d’avoir un radar pour la mesurer…

A retenir

Dans les autres changements, TaylorMade annonce avois mis au point sa quatrième génération de carbone sur la couronne, ou amélioré encore le principe Hammerhead, plus flexible, derrière la face.

Des changements qui paraissent toutefois mineurs par rapport aux deux évoqués ci-dessus.

A noter, le M5 sera proposé avec une version Tour de seulement 435 cc pour les meilleurs joueurs qui désirent une tête plus compacte, et encore moins de spin.

Ce nouveau driver sera commercialisé en France autour du 15 février au prix de 599 euros, soit une inflation par rapport au précédent M3, ce qui sera encore la tendance du marché pour les mois à venir, mis à part le cas PXG.

Le driver Tour ne sera pas disponible avant le 1er mars pour deux lofts, 9 et 10,5 degrés contre trois lofts pour le modèle M5, à savoir 9, 10,5 et 12 degrés.

Pour les manches, pas de révolution, TaylorMade va vous proposer un Mitsubishi CK Tensei Orange 60 ou le nouveau Project X HZRDUS Smoke 70.

Le fabricant propose d’autres shafts sans surcoûts.

La couleur orange devrait être le nouveau code couleur de TaylorMade en 2019…

Encore beaucoup de contenus à venir sur jeudegolf.org et jeudegolf.tv concernant ce nouveau driver qui n’a pas fini de faire parler.

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