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PING G : Trois drivers sinon rien !

Après une année et demi de bons et loyaux services, PING a décidé de remplacer son driver à succès, le G30, par un driver tout simplement appelé G ! Un pari risqué pour la marque qui a réussi à se hisser en tête des ventes pendant plusieurs mois d’affilées au nez et à la barbe de TaylorMade et Callaway. Ceci dit le G n’arrive pas seul puisqu’il sera encadré par deux autres versions, le SF Tec, l’arme anti-slice, et le LS Tec, l’arme anti-spin. Armes fatales 3…Mel Gibson a-t-il du souci à se faire ?

Ping et le challenge de passer du G30 au G !

Le G30 a passé une grande partie de 2015 en tête des ventes de drivers un peu partout dans le monde. Plébiscité, il était presque inconcevable de devoir le remplacer, et surtout pour quoi faire.

Quel objectif technique pourrait poursuivre Ping après avoir marqué les esprits avec ces turbulettes ?

Comme souvent dans le domaine des équipements de golf, c’est l’impératif concurrentiel qui dicte le rythme de sortie des produits.

Il est avéré qu’au bout de 18 mois, sans renouveau, un produit perd de son pouvoir d’attraction, et la concurrence a largement le temps de se réorganiser, et d’apporter d’autres éléments.

Alors certes, chez Ping, on se défend de sortir un nouveau driver pour sortir un nouveau driver !

Ceci dit, pour discuter avec toutes les marques tout au long de l’année, elles me disent toute ça !

Comment les distinguer sur cet argument ? Franchement, c’est impossible.

Si je réfute l’argument de certains clubmakers expliquant que du fait de la législation, il n’est pas possible d’améliorer la performance d’un driver.

Le raisonnement est trop simpliste, et les paramètres variables sur un club de golf trop nombreux, surtout pour un driver.

D’un autre côté, d’une année sur l’autre, la progression est rarement spectaculaire.

Elle existe ! Elle se mesure à coup de centaine de tours de spins, et de dixièmes de degrés d’angle de lancement.

Pour rappel, toutes les marques aiment à commenter leurs derniers produits sous le prisme du centre de gravité.

Or, ce fameux centre de gravité ne peut jamais être déplacé de quelques millimètres au prix d’un immense travail sur le poids du club.

Si vous prenez du recul par rapport au tableau d’ensemble, et vous comparez des drivers sur des périodes de dix ans. Les progrès sont très spectaculaires, mais sur un an ou sur un an et demi…C’est un pari osé.

Alors ce qui est intéressant avec la nouvelle famille de drivers Ping G, c’est l’origine du produit, et aussi l’occasion de parler de ses trois versions de drivers, G, SF Tech, et LS Tech.

Pour l’origine, et comme me l’avait raconté, Dave Fanning, lors du PGA Merchandise Show d’Orlando, c’est Monsieur Solheim qui a ramené l’idée d’un de ses voyages.

Le Ping G est en fait inspiré de la nature !

Comme toujours, il s’agit d’économiser du poids en tête et de le déplacer pour optimiser les conditions de lancements, « launch angle », et taux de spin.

Pour y parvenir, Ping a misé sur une toute nouvelle technologie dite « Dragonfly » en rapport avec la couronne du driver, et une évocation de la libellule.

John Solheim avait en fait ramené une photo d’ailes de libellule, et certain qu’il pourrait en tirer quelque chose, confia à ses ingénieurs le soin de faire le lien entre un principe naturel, et un principe balistique.

Après avoir misé sur les turbulettes avec le succès que l’on connait, Ping a parfaitement compris qu’une technologie qui vend est une technologie qui se voit, et qui même se met en scène.

Et quel meilleur endroit que la couronne d’un driver pour démontrer une technologie ?

Quand vous êtes à l’adresse, le nez sur votre driver, c’est la principale chose que vous observez.

Techniquement, Ping a mis au point une structure comparable à un exosquelette capable de supporter une couronne plus légère, et surtout plus fine d’environ 0.43 mm.

Soit l’épaisseur de trois feuilles de papier !

Ceci étant dit, il faut savoir que TaylorMade et Cobra travaillent aussi dans ce sens avec des structures assez similaires.

Sur ce coup, le talent de Ping aura été de bien mieux démontrer sa technologie que ses rivaux.

C’est d’ailleurs ce qui fait souvent la différence entre les marques…Pas la technologie, mais la façon de la présenter !

A l’inverse, Cleveland a souvent été la marque la plus innovante du marché des drivers sans jamais parvenir à l’expliquer de manière aussi évidente pour le consommateur final.

Pourquoi Ping a misé sur ce type de structure ?

Pour apporter d’une part une grande stabilité et durabilité, et d’autre part, offrir une très nette réduction du poids.

Le cas présent, Ping a économisé huit grammes sur le G par rapport au G30.

Le plus important n’étant pas d’économiser huit grammes mais bien de les utiliser pour déplacer le centre de gravité de la tête de club plus bas, et plus en arrière pour au final, favoriser un lancement plus haut et moins de spin, les éléments qui contribuent à faire de la distance.

Ping se démarque depuis plusieurs années sur le fait de proposer des clubs avec un haut niveau de MOI (grande tolérance) combiné avec justement des conditions de lancements favorables à la distance.

C’est clairement la quadrature du cercle pour une marque !

Arriver à combiner deux éléments qui s’opposent : tolérance, et longueur !

Sur le G30, et c’est pour cela que le driver s’est bien vendu, l’équilibre trouvé avait déjà été très bon.

Avec ce gain de huit grammes, Ping a donc pu déplacer le centre de gravité du G de 1.27 mm vers la semelle, et de 1.8 mm à l’arrière de la tête.

Sur ce point, il y a des différences entre la version G, et la version LS Tec, censée donner encore moins de spin.

Par rapport à l’axe central du centre de gravité, sur le LS Tec, ce dernier n’est décalé que de à 0.5 mm.

Concernant le MOI, Marty Jertson, l’ingénieur de la marque, indique qu’il a aussi été amélioré de 1% sur la largeur de la face, et de 6% en hauteur.

En gros, cela revient à dire que la surface de frappe idéale a été élargie.

Souvent les marques commettent l’erreur de parler de sweetspot élargie.

Pour rappel, le sweetspot est de la taille d’une tête d’épingle et pas forcément parfaitement au centre de la face d’un driver.

Allez-y pour élargir substantiellement la taille d’une tête d’épingle !

Le cas présent, Jertson parle plutôt de Spinsistency, évoquant plutôt le fait que la face du driver G permet de maintenir un meilleur niveau de consistance sur une plus grande surface de frappe.

Depuis plusieurs années, les marques ont parfaitement compris qu’il ne s’agissait plus d’augmenter la performance d’un driver sous le prisme du sweetspot dans la mesure où si les pros centrent parfaitement et régulièrement la balle dans la face, les amateurs ont besoin de consistance partout ailleurs que seulement au centre !

C’est d’ailleurs dans ce domaine précis que les drivers de 2016 ont progressé par rapport à 2006 : Le taux de spin donné à la balle en-dehors du centre de la face !

En somme, Ping a de son point de vue réalisé d’importants progrès dans la gestion de la répartition des masses sur son nouveau driver.

Sans vouloir minimiser cette performance, concrètement pour un amateur, cela ne va pas se traduire par le fait d’envoyer des missiles, 50 mètres plus loin.

Un énorme pas pour l’homme, un petit pas sur le practice…mais un petit pas quand même.

Telle est l’histoire d’un driver par rapport à son prédécesseur, et encore, il arrive que l’on ne retrouve pas de gain, pour tout un tas d’autres paramètres qui peuvent rentrer en ligne de compte.

Notez qu’un driver n’est pas qu’une tête, et ce, même si Ping ne nous parle que de tête !

La longueur du shaft, son poids, sa fréquence peuvent influer de manière encore plus notable sur la performance du couple joueur-produit.

D’où l’intérêt d’un fitting, et de se méfier des formules à l’emporte-pièce comme le fait que par exemple, les seniors ont systématiquement besoin de drivers plus légers.

Pas plus tard que la semaine dernière au cours d’un test, notre testeur de 66 ans découvrait qu’un driver plus lourd en tête lui était beaucoup plus favorable par rapport à…son swing.

C’est bien la chose la plus importante. On se fiche de l’âge…Ce qui compte, c’est le swing.

Pour en revenir à Ping, confronté à la solide concurrence du Callaway XR 16 développé en partenariat avec Boeing, vous comprenez que l’aérodynamique devait forcément être au centre des débats.

L’aérodynamique, c’est justement un élément qui contredit les clubmakers qui affirment que les limitations imposées aux marques ont figé les performances.

Limitations qui portent essentiellement sur le COR de la face.

Sur ce point, il faut être précis. Les tests menés par l’USGA pour rendre conforme un driver ne portent absolument jamais sur l’aérodynamique, ou sur tout ce qui pourrait faire que le golfeur swingue plus vite.

L’USGA se borne pour l’instant à s’assurer que la face ne se déforme pas d’une telle façon qu’elle génère un avantage contre les autres drivers. C’est la limitation de l’effet trampoline.

En revanche, si vous swinguez plus vite, il y a des chances que vous génériez une plus grande vitesse de balle à l’impact, et donc plus de distance.

Par contre, il faut avoir conscience d’une chose à propos d’aérodynamique. C’est une prime aux meilleurs !

Si vous avez la vitesse de swing de Bubba Watson, vous gagnez beaucoup.

Si vous avez la vitesse de Mary Poppins, vous gagnez peu.

Autrement dit, ce type de driver peut favoriser bien plus un pro qu’un amateur…

Trois versions d'un seul et même driver

Ce qui est sympathique et bien amené par Ping, c’est cette notion de versions de drivers, le G, le SF Tec et le LS Tec.

C’est d’ailleurs mieux amené et vendu que le TaylorMade M1 et M2 ou le Callaway XR 16 et le Big Bertha DD Alpha 816, où on vous explique qu’il y a un driver premium, et un driver abordable.

Chez PING, les trois drivers ont le défaut d’avoir le même prix.

Vous ne payez pas moins cher parce que vous êtes moins bon !

Un bon driver est en fait décliné en trois besoins distincts. C’est ce qui est pertinent chez Ping.

Le SF tec conçu comme un driver anti-slice a le défaut de ses qualités…Si vous n’êtes pas vraiment un "sliceur né", cela envoie franchement la balle à gauche.

Déjà à l’adresse posé au sol, la face du club parait nettement orientée à gauche.

Résultat, c’est là aussi une technique visible qui semble fonctionner.

Enfin, le LS Tec est censé donner moins de spin, surtout pour un golfeur qui swingue à plus de 100 mph.

En réalité, le G standard devrait tout de même correspondre à 80% des amateurs.

Quid des turbulettes ?

Vous n’imaginez pas à quel point ces petites ailettes ont contribué au succès commercial du G30 ?

Encore une fois, une technologie qui se vend est une technologie qui se voit. En particulier dans un environnement où la part de psychologie est très importante dans la perception de la performance.

Sur le G, Ping n’a pas jugé nécessaire de revoir fondamentalement sa copie. C’est pourquoi les turbulettes seront bien entendu toujours présentes.

Dernier élément à évoquer à propos de ce nouveau driver, le Vortec !

Et c’est sans doute le changement le plus notable entre le G30 et le G.

Il s’agit toujours d’aérodynamique avec une pièce situé à l’arrière de la tête, et censée fonctionner comme un élément réduisant la traînée.

Ping s’est en fait inspiré de camions 33 tonnes aux USA qui ont adopté ce type de système pour augmenter la force de traction tout en réduisant la consommation de carburant. Toutefois, cela créé aussi une certaine instabilité.

Il restait à l’appliquer à un driver. Pari qu’a osé Ping.

Après toutes ces explications techniques, reste à savoir si le G va plus loin que le G30.

Nous approfondirons cette question au cours de la publication de notre test.

Pour avoir moi-aussi testé toutes les versions de G, et le 30, j’ai bien constaté un certain gain de vitesse de swing. Je dirai près de 2 mph !

J’ai trouvé le club maniable, et justement agréable à manier avec une certaine impression de légèreté.

En revanche, le SF Tec m’a déstabilisé avec son côté « je pousse à gauche pour ne pas aller à droite ». J’imagine qu’un sliceur appréciera plus que moi.

Enfin, entre le G, et le Low Spin Tec, l’écart de spin que j’ai constaté a été de seulement 100 tours. Autant dire aucun écart, et surtout pas moins de spin avec le club censé donner moins de spin puisque c’est avec le G que j’ai donné le moins de spin à shaft identique.

En fait, et curieusement, le LS Tec m’a paru plus tolérant que le G (ma note de smash factor s’en est ressenti, passant de 1.43 à 1.48 en faveur du driver censé être le plus pointu.

En comparaison au G30, le G donne moins de spin, et en fait plus de vitesse de balle.

Est-ce pour autant le driver de l’année 2016 ? Je vous invite à consulter notre nouveau guide des drivers.

Précision :

Le G est réglé avec un swingweight en D3, disponible de loft 9° à 10,5°. Le G LS Tec est en D4 avec la même offre de lofts. Tandis que le SF Tec (straight flight) est en D1 pour un loft allant de 10 à 12°

Tous les drivers sont ajustables de + ou – 0.6°.

Les shafts standards proposés sont des Ping ALTA au point d’équilibre relativement haut.

Possibilité de faire monter un shaft Ping Tour pour un coût additionnel.

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