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Driver PING G410 LST

En matière de driver, PING a été une des premières marques à clarifier ou segmenter son offre en trois, pour proposer trois solutions distinctes avec un même concept de driver. Déjà avec la ligne G, PING présentait le G, le G LST et le G SFT. Le premier modèle pouvant être considéré comme un driver standard, le SFT comme un driver volontairement "Closed ou Hook" face, et enfin le LST, un driver Low Spin. Dans d'autres marques, cela pourrait tout simplement être un seul driver mais complètement ajustable. Pour PING, cette orientation lui permet de se distinguer, et d'affirmer pousser l'expérience fitting plus loin. Avec le G410, PING a décalé la sortie du LST, une bonne manière de faire une piqûre de rappel. Low spin, high spin, est-ce que le centre de gravité d'un driver est le seul élément pour ajuster le spin ?


Ping avait dévoilé son nouveau driver G410 un peu plus tôt cette année, mais ils avaient arrêté le processus, en reconnaissant que le modèle LST, driver à faible spin devait retourner sur la planche à dessin.

Les ingénieurs de Ping avaient découvert en bout de chaîne de production que le prototype LST n’était tout simplement pas meilleur que le précédent driver G400 LST.

« Après le succès retentissant des drivers G410 Plus et SFT présentés plus tôt cette année, nous sommes heureux d’ajouter le très attendu modèle G410 LST à notre gamme, et à temps pour la saison de golf estivale », a déclaré John K. Solheim, Président de Ping.

« Cela nous a pris un peu plus de temps que prévu, mais c’est uniquement parce que notre première itération n’a pas dépassé les performances du G400 LST. Nous avons repensé la conception pour répondre à nos normes d’amélioration des performances, et nous sommes ravis de pouvoir mettre le driver G410 LST entre les mains des golfeurs ».

Ping confirme ainsi à présent que son nouveau driver G410 LST arrivera dans les magasins à la fin du mois de mai.

Ce discours sur la performance du driver est assez étonnant ! Pour ne pas dire un peu du jamais vu, tout du moins ces dernières années...

Une marque annonce volontairement décaler la sortie d'un produit au motif qu'elle ne le trouve pas assez performant, pour revenir moins de trois mois après avec un nouveau modèle, qui cette fois, soyez en assuré va mieux fonctionner !

Est-ce que la régulation sur les drivers édictés par l'USGA et le Royal & Ancient aurait changé dans ce laps de temps ?

Avons-nous manqué un épisode ? 

Non, la limitation du coefficient de restitution n'a pas changé. Que ce soit pour le G400, le G410 du début d'année ou le G410 LST à venir, le COR est toujours le même.

Comment rendre le G410 LST version 2 plus performant que la version 1 ou la version G400, et sans outre passer les règles ?

A ce stade, il faut se livrer à un jeu d'hypothèses. Soit PING a découvert un moyen de contourner la législation. Soit effectivement le G410 LST version 1 était effectivement vraiment moins bon que le G400 LST...

Ou alors c'est une jolie technique marketing pour annoncer une performance significative alors qu'en 2019, sur les derniers drivers testés pour les autres marques, on ne trouve quasiment aucune réelle amélioration versus 2018.

Attention, à force de crier au loup, il y a un moment où les golfeurs n'y croient vraiment plus.

Pour le driver G410, et donc la version LST, l'idée de base émise par PING était de combiner un taux de spin bas avec un moment d'inertie élevée.

Sans avoir la prétention d'être ingénieur, mais simplement en écoutant les ingénieurs eux-mêmes, c'est pourtant deux choses tout à fait antinomique. 

Plus vous déplacez le centre de gravité d'un driver vers l'arrière, et plus vous augmentez le moment d'inertie qui favorise une plus grande stabilité à l'impact, et plus en contrepartie, vous favorisez l'augmentation du taux de spin.

A l'inverse, plus vous avancez le centre de gravité, et plus vous réduisez le moment d'inertie, et en parallèle vous baissez le spin.

Arriver à faire les deux, c'est à priori contradictoire, sauf à effectivement révolutionner réellement la fabrication des drivers.

Au-delà de PING, les ingénieurs du monde entier seraient très intéressés de savoir réaliser une telle prouesse.

PING argumente que si elle déplace trop le centre de gravité, les frappes décentrées donneront moins de vitesse de balle. Ils n'ont pas voulu retenir cette option.

En réalité, pour essayer d'argumenter une meilleure performance du G410 LST versus le G400 LST, PING a joué sur un critère objectif : La dimension de la tête.

En l'augmentant à 450 cc, effectivement, de manière mécanique, le driver peut générer plus de vitesse de balle à l'impact. Le smash factor peut être légèrement amélioré de ce simple fait, sachant qu'un driver standard monte à 460cc.

Cependant, il semblait que les golfeurs qui optaient pour une tête LST appréciaient une forme justement plus compacte, et proche de 440cc. Quelle sera leur réaction avec ce G410 LST gonflé ?

Placé sur la liste de mise en conformité de l'USGA en avril, le G410 LST présente bien un volume de tête inférieur au G410 classique.

En revanche, il partage bien la même conception avec un poids amovible situé à l'arrière entre draw, neutre et fade. Ce qui pourrait être un progrès notable sur ce LST, ce serait que justement ce poids soit réellement suffisant pour modifier l'angle de direction de la balle au décollage...

Lors de notre précédent test, ce poids n'influait pas suffisamment sur la position de la face à l'impact.

Comme déjà maintes fois écrit, draw ou fade, c'est un abus de langage. En réalité, ce système n'influe que (quand cela marche) sur la position de la face à l'impact pour quelques degrés.

Si un golfeur amateur présente le plus souvent un swing très extérieur-intérieur, ce n'est pas parce qu'il va placer le poids sur draw qu'il va par miracle changer la forme de trajectoire de ses balles de slice en draw...

Il est d'ailleurs étonnant que le LST soit livré avec cette option. On aurait pu imaginer qu'un tel driver plutôt typé très bon joueur en soit dépourvu, laissant justement la possibilité au joueur de faire lui-même ses effets, et par sa technique. Ceci dit, ce commentaire vaut aussi pour le M5 de TaylorMade.

Comme sur le G410 Plus, et c'est l'un des points forts de PING, le G410 LST présente de nombreux réglages au niveau du hosel, notamment sur le loft et le lie.

Au niveau le plus simple, et dans une configuration neutre, les réglages produiraient au moins sept trajectoires de balles différentes, et en déplaçant simplement le poids ajustable, selon PING...

Sur ce driver, Ping reconduit également les turbulettes sur la couronne qui font partie de l'ADN des drivers Ping depuis la première introduction sur le driver G30 en 2014.

Comme le autres drivers G410, le G410 LST est doté d’un insert au niveau de la face en titane forgé T9S + et d’une tête en Ti 8-1-1.

La couronne, qui utilise une conception d'épaisseur variable appelée technologie « libellule », devient aussi plus fine avec une épaisseur de seulement 0,43 millimètre. Un principe qui permet effectivement d'abaisser le centre de gravité vers la semelle plus lourde, et ce, pour favoriser un angle de lancement plus élevé, un argument qui peut plus séduire les amateurs que les professionnels.

Selon PING, le G410 LST réduirait la rotation de 200 à 400 tours de spin par minute par rapport au modèle standard. Cet élément se teste, mais il est tout de même très marginal pour des amateurs qui drivent entre 180 et 220 mètres.

Paramètre qu'il faut d'ailleurs croiser avec la technique du joueur amateur, et la balle qu'il utilise. Choisir un driver annoncé comme faiblement spinnant, suppose que l'on pense aussi à jouer une balle adaptée, et dans le but de réduire le spin par "tous les côtés". Autrement dit, choisir un tel driver doit s'accompagner en toute logique d'une balle sur cette même longueur d'ondes.

Le placement du centre de gravité ainsi que la dimension de la tête peuvent effectivement favoriser une réduction du spin, mais est-ce vraiment suffisant pour justifier le choix du driver ?

Pour des vitesses de balle plus rapides, la surface de club forgée usinée avec précision T9S + offre plus de flexibilité à l'impact, ce qui permet également d'obtenir de meilleurs résultats lors des coups mal centrés.

Sur ce point, on se demande comment (remarque valable pour toutes les marques), le COR est limité à 0.83. Au mieux, le G410 LST est à la limite autorisée. Ce n'est pas vraiment un argument nouveau.

La technologie brevetée Dragonfly, qui a été mise en évidence sur la couronne du modèle G400, se trouve maintenant à l'intérieur et se combine avec un nouveau design externe pour permettre une structure plus fine et une plus grande économie de poids. 

Ce point se vérifie effectivement très souvent avec les drivers PING dont les poids de têtes sont souvent plus légers que le reste du marché. Avantage, la vitesse de swing est nettement améliorée. Inconvénient, avec moins de poids, l'effet marteau ou smash factor est moindre.

Cet argument est néanmoins très intéressant. Si vous préférez une tête légère, PING vous propose réellement cette possibilité. C'est surtout une question de goût et de sensation très personnelle.

« La taille de la tête est légèrement plus petite que celle du modèle Plus et le centre de gravité est bien placé pour réduire la rotation de plusieurs centaines de tours tout en offrant une tolérance extrêmement élevée », a déclaré le président de Ping, John K. Solheim, très confiant sur la qualité de son produit.

« La combinaison d’une rotation réduite et d’une plus grande stabilité, avec notre technologie de poids déplaçables, élargit considérablement les possibilités pour les golfeurs pouvant bénéficier de la technologie du driver G410 LST. Comme toujours, nous encourageons les golfeurs à effectuer un ajustement personnalisé sur mesure avec un spécialiste en ajustement Ping qualifié, afin de déterminer le modèle de driver G410 le mieux adapté à leur jeu ».

Alors que le G410 LST offrirait un MOI supérieur de 3% à celui de son prédécesseur, à savoir tout à fait marginal pour 99% des amateurs, la dimension plus petite de la tête versus le modèle classique va forcément coûter un peu en tolérance, et en vitesse de balle.

Il existe quatre options de shafts pour le G410 LST, notamment le Ping Tour et le Ping Alta CB, ainsi que le Mitsubishi Tensei Orange et le Project X Evenflow Black.

Si Ping maintient que le G410 LST est meilleur, les gains constatés par rapport au G400 LST seront marginaux. Ping ne promet pas 10 mètres de plus, ce qui est plutôt honnête.

Les joueurs qui constateront un bond en avant plus important seront les golfeurs qui jouent encore avec des drivers vieux de quelques années.

En conclusion, par rapport au G400 LST, mis à part la dimension légèrement augmentée, difficile d'imaginer un progrès notable ou des performances fortement supérieures. Comme souvent chez PING, il s'agit surtout d'une évolution qui a permis d'incorporer au passage les poids amovibles à l'arrière de la tête, un système qui pour l'instant, ne nous a pas convaincu chez JeudeGolf.

Pour en revenir à la question du spin, ce type de driver présente un intérêt si en complément vous choisissez une balle adaptée, et si votre swing n'a pas tendance à générer naturellement trop de spin, par le centrage de la balle dans la face ou la vitesse de swing...

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