Driver Cleveland Launcher HB Turbo: Le tube de la rentrée 2019?

Deux ans après avoir fait son retour comme marque complète (OEM : Original Equipment Manufacturer), Cleveland veut faire un pas en avant avec la nouvelle gamme de clubs Launcher, le nom référence de la marque Californienne, au même titre que Big Bertha pour Callaway. Le tout nouveau driver HB Launcher reprend à son compte les « codes » de design du moment, pour un résultat visuel assez réussi. Que pourra-t-il en être du côté des performances ?

Que vaut le nouveau driver Cleveland HB Launcher Turbo ?

On le sait ! Dans l’univers très normatif du matériel de golf, et en particulier les drivers, les marges de manœuvres pour créer des différences sont très réduites. Néanmoins, chaque produit a bien une histoire à nous raconter.

Avant de s’attarder en détail sur les performances de ce nouveau driver HB Launcher Turbo, dont la disponibilité est annoncée pour le 15 octobre 2019, le premier élément « frappant » le concernant, c’est ce design « black » très viril, et quelque part très « américain » pour la filiale du groupe japonais SRI (Sumitomo).

En regardant de plus près, le dessin de la couronne, comme celui de la semelle, et en fait la tête dans son ensemble est extrêmement bien réussie.

En matière de design, depuis 10 ans, tout a déjà été plus ou moins inventé, et réinventé. Il est difficile de partir dans une direction qui n’ait pas été explorée jusqu’à présent.

Le Cleveland HB Launcher reprend à son compte et avec style, plusieurs dessins déjà expérimentés très récemment.

Sur la couronne, on retrouve un principe de dessin en nid d’abeille granulé, qui fait penser à ce que PING peut aussi réaliser de son côté et avec un autre motif sur sa gamme G.

Sous la semelle, le « deep weighting » semble aussi proche de dessin utilisé par Cobra sur le KING F9, alors qu’une cavité creusée derrière la face est aussi un principe déjà vue sur les drivers.

Il n’y a donc rien de proprement révolutionnaire.

Quoi qu’il en soit, le driver Cleveland HB Launcher est d’un point de vue du dessin, sans doute, l’un des plus réussis par la marque.

On aurait envie de faire le rapprochement avec l’univers de Batman, surtout pour la couronne, et quand vous le posez à l’adresse sous vos yeux.

Ce HB Launcher est assurément la bonne surprise de cette fin d’été, et pas seulement pour son dessin.

Bien entendu, le discours de la marque va surtout vanter des performances améliorées « plus vite, et plus tolérant », ou « tout ce qu’un golfeur passionné recherche pour jouer sur le tee ».

Cleveland aimant à se distinguer avec la gamme « Launcher » sur le principe de lancer plus haut, et plus droit.

Le Launcher, le lanceur en anglais, a toujours été autour de cette question du lancement amélioré.

Avec le modèle 2019, Cleveland veut rester fidèle à cette philosophie avec un hosel allégé, une couronne améliorée, et un poids encore plus déplacé en profondeur.

Pour Jeff Brunski, patron de la recherche et du développement pour le groupe « Nous avons enlevé du poids partout où on pouvait le faire, pour produire le driver le plus tolérant jamais réalisé. Nous avons réalisé cette opération en combinaison avec un manche dont l’équilibre est plus haut sur le manche, afin de rendre le fait de swinguer plus vite… plus facile. »

Il ajoute « Des technologies telles que la face Cup TurboCharged, le hosel ultraléger, et la couronne aérodynamique aident ce driver à gagner son nom : Turbo Launcher ! »

Pour défendre son argument, Jeff Brunski met en avant l’épaisseur de la face, qui aurait été encore affinée, pour favoriser l’augmentation de la vitesse de balle, depuis la plupart des zones de frappes, et pas seulement le point central.

Cette face opère dans un cadre, justement apporté et renforcé par la couronne, et la semelle, pour renvoyer l’énergie dans la balle à l’impact, dans une sorte de mouvement de contraction, puis d’expulsion.

Le dessin le plus caractéristique d’un driver Cleveland Launcher se situe sur la couronne, et près de la face, avec un étagement dit Step ou HiBore dont la fonction consiste à abaisser le centre de gravité de la tête.

Cette année, les ingénieurs ont semble-t-il travaillé sur la réduction du poids au niveau du hosel, une zone qu’il qualifie eux-mêmes de « pauvre » en intérêt pour un driver.

A l’arrière de la tête, sous la semelle, on peut retrouver la mention « Deep Weighting » qui synthétise à elle-seule l’idée derrière ce travail de répartition des masses.

On le verra dans le test, mais il est clair que pour ce driver, tout tourne autour du déplacement du centre de gravité vers l’arrière.

Cleveland annonce 4,4 millimètres de déplacement en profondeur (arrière de la tête), et 2,2 millimètres vers le bas.

Pour les ingénieurs, il s’agirait de créer les conditions d’un angle de lancement plus élevé, et ainsi que d’augmenter la distance produite.

L’un des points forts de Cleveland par rapport à la concurrence, c’est le fait d’être propriétaire de son usine de shafts (Miyazaki). Cela permet de concevoir le manche et la tête dans le même projet de développement, et de s’assurer au maximum de trouver la meilleure combinaison possible.

Le Miyazaki C. Kua a été imaginé pour rapprocher le poids du manche près du grip, ce qui aurait pour attrait de rendre le swing plus facile, tout en permettant plus de poids au sein même de la tête, afin de créer le parfait équilibre.

En somme, du poids en tête, du poids au niveau du grip, et ainsi, un meilleur équilibre tout du long du club pour favoriser l’accélération.

Le 15 octobre, ce driver non-ajustable sera proposé en loft 9, 10,5 et 12 degrés au prix de 349 euros.

On est loin des 459 euros pour un PING G410 Plus ou TaylorMade M6 ou encore 519 euros d’un Callaway Epic Flash.

Cleveland semble toujours vouloir assumer un positionnement prix tourné vers les débutants, ou les golfeurs moins sensibles au PGA Tour, et les drivers joués par les meilleurs golfeurs sur le circuit professionnel.

J’aime / Je n’aime pas

Clairement, j’adore le look de ce driver ! Comme cité plus haut, il pourrait faire penser au driver de Batman. C’est assurément le driver le mieux réussi esthétiquement parlant par Cleveland depuis des années, et le Classic XL Custom.

Sa ligne aérodynamique sous-entend parfaitement l’idée de puissance.

A l’inverse, son offset très/trop prononcé ne trompe pas sur le profil de golfeur imaginé pour ce club : Les golfeurs qui sont gênés par le slice.

Avec un tel offset, la direction du lancement est fortement poussée vers la gauche, ce qui exclut les trajectoires en fade.

Dommage de ne pas avoir imaginé une version avec moins d’offset ou ajustable…ce qui pourrait achever de marquer le retour complet de Cleveland dans la cour de récréation…

Mon premier essai

De ce premier test, j’ai pu en déduire quelques observations instructives. J’ai d’ailleurs répété le test à deux reprises pour retrouver sensiblement les mêmes données.

Cleveland nous a donc envoyé un driver 10,5 degrés de loft non ajustable sur un manche Miyazaki C Kua de 45,5 inches et 55 grammes en graphite regular. L’international Flex Code de 4443 nous indique que le manche est modérément rigide du but jusqu’au tip, avec encore un peu moins de rigidité au tip, sans doute pour favoriser le fouetté ou l’accélération.

Le premier fait qui saute aux yeux, c’est le taux de spin très/trop important généré par ce driver, et qui trahit/traduit ce qui est annoncé plus haut par Jeff Brunski : Le HB Launcher Turbo est un driver avec un centre de gravité très reculé, et peut-être même le plus reculé du panel de drivers 2019.

En clair, le moment d’inertie est poussé à son maximum, ce qui va être interprété pour de la maniabilité ou de la facilité à l’usage. Le swing weight est en D3.

Comme toujours, un club de golf est un compromis.

Ce qui est gagné en maniabilité, est donc perdu en spin.

Avec le Trackman 4, et l’expérience, j’ai pu aller un peu plus loin que le simple constat d’un spin autour de 3400 tours pour une vitesse de swing de 102 mp/h, et une vitesse de balle autour de 149 mp/h en moyenne.

En réalité, dès que la balle s’écarte du sweet spot idéal, le taux de spin grimpe en flèche.

Sur quelques balles, décentrées avec un smash factor inférieur à 1.45, (entre 1.43 et 1.44) j’ai relevé des taux de spin de 4100 et 4200 tours.

Pour des balles un peu moins décentrées, avec un smash factor de 1.45 ou 1.46, le taux de spin revient dans la moyenne de ce driver (3500 tours).

Pour réellement faire baisser le spin, il faut se rapprocher plus drastiquement d’une frappe sur le sweet spot (1.48 de smash factor), et dans ce cas, le spin va tomber autour de 2800 tours, ce qui reste beaucoup pour un driver.

Sur l’une des mes meilleures frappes (carry 230 m), avec une vitesse de swing de 102,5 mph, le spin a été de 2820 Tours, pour un vol de balle qui a duré 6,79 secondes.

Selon le calcul de l’Optimizer Trackman, cette excellente balle qui a atteint la distance de 250,7 mètres, avec un spin plus optimisé (à savoir entre 2200 et 2400 tours), cette même balle aurait pu parcourir 10 mètres de plus.

Cet exemple pour illustrer que ce qui est gagné, du côté de la maniabilité, et du moment d’inertie, a forcément un coût, le spin en trop.

Il n’y a pas de bons ou mauvais drivers. Le HB Launcher Turbo fait plutôt bien ce qu’il promet. J’ai même été positivement surpris par le résultat.

Cependant, avec une moyenne de smash factor de 1.45 ou 1.46, je ne peux pas affirmer que j’ai flirté avec les limites du COR, sans doute par le fait d’un centrage pas assez bon.

Ce centrage n’a sans doute pas été assez bon parce qu’avec l’offset proposé, avec ce driver, il faut forcément s’attendre à faire du draw. J’ai sans doute essayé de contrer ce phénomène au cours du test.

La direction du lancement (pour un droitier) est « forcée » à droite pour que la balle revienne à gauche, ce qui sera surtout un moyen de contrer du slice.

C’est là, la principale explication pour comprendre pourquoi ce driver ne sera jamais joué sur le tour, et par des professionnels.

Ce driver a clairement été conçu pour les amateurs, et seulement pour eux, à la différence d’un TaylorMade M5 ou d’un Callaway Epic Flash.

Il n’est pas franchement moins performant, mais le moment d’inertie défavorise trop le spin pour être un driver joué sur le tour.

Autre sujet posé par le fabricant : Le launcher lance plus haut !

C’est effectivement un peu vérifiable, alors que j’ai testé une version en loft 10,5 degrés sur le manche regular standard de 45,5 inches, et 55 grammes.

C’est en fait léger, mais vérifiable.

Pour les drivers 10,5 degrés que j’ai déjà pu tester cette année, le HB Launcher Turbo génère un loft dynamique entre 14,5 et 15 degrés (ce qui signifie que j’ajoute du loft au club avec mon swing puisqu’il faut prendre la balle en remontant), et l’angle de lancement est plus proche de 12,5 degrés alors que pour les autres drivers testés en 2019, il est en moyenne de 12,3 degrés avec un loft dynamique moyen de 14 degrés.

Des derniers drivers testés 2019, c’est en fait le XXIO Prime qui propose l’angle de lancement le plus élevé pour un loft comparable de 10,5 degrés.

Entre les différents drivers avec un loft affiché comme étant de 10,5 degrés, vous verrez que les variations n’excèdent pas souvent plus de 2 degrés, sauf à utiliser des manches rigoureusement différents, ou de comparer du regular avec du stiff.

Premier bilan sur le driver Cleveland HB Launcher Turbo

En somme, le Launcher HB Turbo a le potentiel (avec le manche proposé) de lancer un soupçon plus haut, mais sans que cela soit spectaculaire, surtout que le « peak height », sommet d’une bonne balle, avec ce driver reste dans la bonne fenêtre de tir, comprise entre 25 et 35 mètres de haut, toujours pour une balle tapée à 250 mètres.

A nouveau, si on se fie à l’Optimizer de Trackman, la seule donnée qui sort de la norme, c’est le spin.

Pour le reste, le spin loft, la vitesse de balle, l’angle de lancement, ou la hauteur, c’est parfait avec les contraintes législatives actuelles.

Ce qui me fait dire que c’est un très bon driver, surtout pour un prix 40 à 50% moins élevé que les drivers les plus réputés du marché.

Le rapport qualité ou distance/prix de ce driver est dans ces conditions forcément très favorable au Cleveland HB Launcher Turbo.

Pour moi, le point noir, en dehors du spin, qui ne peut pas se traiter par un quelconque ajustement puisque le driver n’est pas ajustable, c’est l’offset trop prononcé qui réserve ce club, principalement aux sliceurs.

C’est-à-dire des golfeurs qui présentent un chemin de club extérieur-intérieur avec une face ouverte à la cible, ou des golfeurs qui présentent un chemin intérieur-extérieur, mais toujours avec une face ouverte à la cible (push).

Dans les deux cas, la position du manche sur la tête, comme l’offset ont pour but d’en atténuer le plus possible les effets négatifs.

C’est un bon produit pour 80% des golfeurs en France, mais pas 100% car justement pas ajustable…

Dommage, cela aurait pu être un driver parfait dans le contexte normatif actuel, et surtout pour ce look parfaitement réussi, reprenant à son compte, les codes actuels du design d’une tête de driver moderne.

Que ce soit chez Srixon ou Cleveland, la marque n’a pas si souvent explorée ce dessin aussi masculin.

Le HB Launcher Turbo est plutôt une bonne surprise…

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