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Driver Cobra KING F9 Speedback: Une question d’aérodynamique et d’efficacité?

Ce pourrait bien être l’un des produits événement du prochain PGA Merchandise Show d’Orlando en janvier prochain. Le tout nouveau driver Cobra KING F9 Speedback devrait sortir le 18 janvier, soit quelques jours avant l’ouverture du salon, et en être une des attractions. Pourtant Cobra sort un nouveau driver tous les ans, ce qui a tend à tendance à épuiser l’argument du « toujours mieux ». Comment pourront-ils cette année encore susciter l’intérêt, et tenir la promesse d’une performance supplémentaire ?

Est-il vraiment possible de faire mieux en matière de driver ?

Depuis la série des drivers Cobra KING F6 mis sur le marché en 2016, il faut largement admettre que la marque propose des drivers parmi les plus performants du marché, et sur certains critères comme la tolérance, probablement les meilleurs.

Quand je teste les drivers King F6, King F7 ou King F8, je retrouve très fréquemment le même niveau de rendement s’agissant du smash factor, à savoir pratiquement la note maximum possible.

Le problème, c’est que lorsqu’on est au plafond maximum, comment espérer encore sortir un nouveau produit qui puisse surpasser ce qui a été fait ?

Si je ne m’intéresse qu’aux versions King F6, F7 et F8 en écartant pour l’instant les versions + qui présentent généralement des réglages supplémentaires, je constate effectivement un léger gain de spin, mais si léger qu’il n’est pas suffisamment significatif pour provoquer un écart de distance majeur.

En réalité, le niveau de performance de la série KING F est tel qu’il est même difficile et peut-être même impossible pour Cobra de faire mieux.

Pour avoir échangé avec les ingénieurs de la marque lors de mon passage au siège à l’hiver 2017, j’avais bien compris que la philosophie de conception des têtes Cobra était portée sur des dimensions aux limites du possible, pour justement favoriser un placement du centre de gravité optimum pour la plupart des golfeurs amateurs.

Comprenez que Cobra est peut-être la marque qui flirte le plus avec les limites autorisées sans jamais les dépasser, et ce pour proposer des drivers hyper tolérants.

C’est simple depuis le King F6, si j’ai trouvé à chaque fois un niveau de smash factor ultra-élevé, à contrario, j’ai eu du mal à obtenir vraiment mieux avec le KING F7 ou le KING F8.

Tout bonnement parce qu’on arrive aux limites du possible, à savoir 1.50 de smash factor.

F6, F7, F8, les trois sont d’excellents drivers, mais ils ne se surpassent pas vraiment les uns, les autres.

Sur l’argument du smash factor, je doute donc que Cobra puisse vraiment faire mieux avec le F9 Speedback.

Beaucoup de golfeurs sont las du marketing des marques qui annoncent chaque année avoir trouvé mieux que l’année précédente, et surtout de ne pas vraiment le vérifier, une fois sur le parcours.

En sortant un driver tous les ans, Cobra prend donc le risque de lasser, au même titre que TaylorMade ou Callaway, et dans une moindre mesure pour Titleist, Ping ou Srixon qui attendent plutôt deux ans pour renouveler le driver.

Cependant, avec le F9 Speedback, Cobra revient avec une nouvelle histoire à nous raconter, et l’histoire est souvent prépondérante dans la vente d’un club.

Améliorer l’aérodynamique sans sacrifier la tolérance ?

Pour augmenter la distance au drive, il y a plusieurs possibilités : Augmenter la vitesse de swing, augmenter la vitesse de balle, jouer sur l’angle de lancement et réduire le taux de spin.

Sachant que ces paramètres sont quand même fortement dépendants du golfeur qui manie le club.

Dans mon exemple, j’illustre que sur la vitesse de balle, Cobra semble être déjà au maximum du possible sur l’optimisation.

Sur le taux de spin, elle semble aussi être proche du niveau idéal.

Il ne reste donc plus qu’à jouer sur la vitesse de swing, probablement le critère le plus dépendant de la forme et de la technique du golfeur.

Le driver KING F9 Speedback porte donc très bien son nom puisqu’il s’agit d’augmenter la vitesse du swing par un travail sur l’aérodynamique du club.

Illustré dans le tableau plus haut, on peut voir que ma moyenne de vitesse de swing ne progresse plus vraiment depuis trois ans, car je suis arrivé sans doute à un palier.

Si la restitution de la face ne peut plus me faire gagner quelques mètres, il ne reste plus qu’une seule solution : Augmenter la vitesse de swing.

Ce qui est intéressant dans le cas du nouveau driver Cobra KING F9, c’est que justement la marque s’est penchée sur le mariage de l’aérodynamique du club, et en même temps son efficacité.

La plupart du temps, quand les marques cherchent une nouvelle solution spécifiquement sur l’aérodynamique de la tête de club, comme par exemple les turbulettes pour PING, elles ajoutent du poids sur la couronne, et forcément, elles déplacent le centre de gravité.

Pour faire simple, toute l’histoire du nouveau Cobra KING F9 tourne autour du fait d’avoir travaillé l’aérodynamique du club, sans sortir la position du centre de gravité du point idéal déjà trouvé par Cobra.

Ne pas faire de compromis et réellement créer une innovation.

Cobra parle alors de « Aeroficient »

Le problème d’ingénierie vue par Cobra étant lié au fait que jusqu’à présent, quand un driver avait de bonnes propriétés aérodynamiques, comme par exemple le PING G400, le TaylorMade M4 ou le Callaway Rogue, le centre de gravité de ses têtes étaient au mieux dans une position dite intermédiaire ou avancée dans le cas du M4.

Ce dernier n’est clairement pas le driver le plus tolérant du marché, par contre la vitesse est optimisée et le taux de spin bas.

En revanche, il n’est pas systématique de trouver 1.49 ou 1.50 de smash factor. L’optimisation de la vitesse de balle n’est pas simple pour un golfeur amateur avec ce type de driver.

Pour parvenir à combiner tolérance et vitesse, Cobra a donc complètement redessiné sa tête de driver, et plutôt selon une ligne très agressive, et même non-conventionnelle.

Ce sera peut-être le défi de ce driver : Convaincre visuellement. Un défi qui n’est pas toujours le plus simple à réussir.

Concrètement, la couronne a encore été élargie de 12% par rapport au précédent KING F8, ce qui a en conséquence demandé de rigidifier encore le cadre, pour éviter les pertes d’énergies.

Cobra a mis au point ce qu’ils appellent le PWR Ridges pour renforcer la stabilité.

En toute logique, une tête plus importante entraîne un centre de gravité plutôt haut, ce qui peut remonter le taux de spin, et donc annihiler tout gain de vitesse.

Pour contourner le problème, la marque a donc littéralement enroulé la couronne dans la structure de la tête.

Bien que la surface soit plus large, Cobra prétend avoir économisé 4 grammes de masse avec ce procédé.

Quand on regarde la tête et notamment sous la couronne, on peut justement voir que le KING F9 Speedback présente un look très différent des drivers classiques. Le profil est beaucoup plus carré, et pourtant, il est censé réduire la traînée aérodynamique, et donc augmenter la vitesse de swing.

C’est une manière différente d’exprimer le principe Vortec vu sur les drivers PING.

Pour stabiliser la tête dans la zone d’impact, et continuer à prétendre à des ratios de smash factor élevés, Cobra a ajouté du poids en arrière et vers le bas.

Bref, la marque prétend avoir combiné un principe aérodynamique générateur de vitesse de swing, sans perdre en stabilité, et en positionnement du centre de gravité, ce qui est en soi une performance d’ingénierie.

Cobra a validé sa trouvaille avec des tests robots. Ils ont pris des drivers de la concurrence, les ont monté sur des manches identiques, tout en s’assurant que les têtes testées avaient bien le même poids, et ce pour constater des gains de 1.5 mph par rapport à la concurrence.

Toutefois, ces tests ont été réalisés sur des vitesses dignes de joueurs du tour professionnel (120 mph). Comme déjà vu avec le discours de PING au sujet des premières turbulettes, les gains de vitesses sont plus importants pour les joueurs qui ont déjà des vitesses très importantes.

Le bénéfice est moindre pour une golfeur avec une vitesse de swing lente.

Le meilleur driver du moment ?

Pour Cobra, le KING F9 Speedback est le meilleur driver du moment.

Pour avoir récemment testé le Titleist TS2, qui lui aussi joue dans la catégorie tolérant mais rapide, je demande à voir, et attention, Callaway ne devrait pas être en reste.

Il ne faudra pas comparer le KING F9 Speedback avec le Rogue, mais bien avec le prochain modèle, qui devrait lui aussi sortir en janvier 2019.

Le F9 va être proposé en version 9, 10,5 et 12 degrés, ajustable de + ou - 1,5 degrés avec une option upright.

A la différence des années précédentes, il semblerait que Cobra ne propose pas de modèle +.

Au contraire, ce sera le travail du loft 9 degrés que de proposer une variante low spin aux bons joueurs. Ce modèle présentera un centre de gravité abaissé et avancé.

La marque admet ainsi que les différences de lancement et de spin entre F8 et F8+ n’étaient peut-être pas assez importantes.

Cobra annonce que le F9 en 9 degrés pourrait bien descendre le niveau de spin de près de 500 tours par rapport au F8+.

Si cela sa vérifie, cela en ferait un driver vraiment très/trop peu spinnant. Ce sera à vérifier.

Dans mon cas, j’avais donné 2100 tours de spin avec le F8+. 1600 tours de spin, ce serait alors trop bas pour optimiser la distance, et le vol de balle.

Comme l’an passé, le driver Cobra KING F9 Speedback sera fourni avec une face usinée, ce qui avait été la principale innovation de 2018.

S’agissant des poids ajustables sous la semelle, Cobra est là-aussi resté dans ce qui avait été déjà vu l’an passé, avec deux poids de 14 et 2 grammes.

Si vous placez le plus lourd devant, cela devrait abaisser la trajectoire, et réduire le spin. A l’inverse, le poids important à l’arrière, et vous augmentez la trajectoire et le taux de spin, mais vous augmentez aussi le MOI, et donc la tolérance.

Concernant le look, Rickie Fowler ayant eu le choix de plusieurs prototypes, et ayant opté pour le jaune style voiture de course, ce sera bien la couleur qui vous sera proposée.

Là-encore, c’est un pari ! On a plus vu de driver vraiment jaune depuis le Nike Sasquatch.

Toutefois, Cobra proposera quand même une version plus conventionnelle.

Pour les shafts, Cobra aurait misé sur plusieurs manches adaptés à différents profils de joueurs comme le Atmos Black TS 7 particulièrement bien adapté à la tête jaune d’un point de vue visuel.

Cobra proposera aussi le nouveau Project X HZRDUS Smoke 60 que j’ai pu tester sur le Titleist TS2 sans grand succès. Un manche prévu pour les trajectoires low-mid.

Pour les swings modérés, la marque devrait proposer le UST Helium 50 en regular et lady.

A noter, le grip du driver sera bien muni du système Cobra Connect.

En conclusion, le nouveau Cobra KING F9 Speedback promet beaucoup. C’est un véritable pari technique, et commercial par son look anticonformiste.

Pour cela, Cobra a au moins déjà marqué des points sur l’histoire à raconter…Ce driver devrait bien être l’une des principales curiosités de l’année à venir.

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