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Driver Callaway Rogue

Un an après la sortie remarquée des drivers EPIC, Callaway qui a trusté un peu partout dans le monde des positions de leaders dans les ventes, propose une nouvelle version de la « Jailbreak technology » avec le driver Rogue. Nouveau driver ? Nouvelle histoire ? Comment Callaway va organiser la riposte par rapport à la Twisted Face de TaylorMade ?

Callaway en mission ROGUE !

Si vous êtes fan de Star Wars, peut-être avez-vous vu l’excellent Rogue One, épisode de la saga qui vient s’intercaler entre les anciens opus de George Lucas, et notamment pour expliquer le tout premier volet consacré au début des aventures de Luke Skywalker, Han Solo et la princesse Leia.

Rogue One, du nom d’une mission désespérée pour récupérer les plans de l’Empire, signifie en Français : Gredin, fripon, filou ou encore fripouille. Le mot le plus usité étant coquin !

La marque Callaway a-t-elle retenu ce nom pour faire un clin d’œil à Star Wars ? Pour s’inspirer du nom d’un des plus gros blockbusters de ces deux dernières années ? Ou alors est-ce que le nouveau driver Rogue va nous surprendre tel un coquin qui voudrait nous jouer un tour, et pour une marque se destinant à vendre son produit, on peut espérer un bon tour.

S’agissant des drivers, l’année 2017 a été indiscutablement marquée par la technologie Jailbreak et la percée très forte de Callaway dans les ventes de drivers, avec notamment la première place aux USA de Janvier à aout 2017.

A l’occasion d’un voyage aux Etats-Unis, j’avais pu constater de visu sur cette période, la puissance de communication supérieure de Callaway, et l’impact sur le marché américain.

Pendant ce temps, TaylorMade accusait légèrement le coup, critiqué outre-Atlantique pour n’avoir pas bouleversé son tandem M1/M2, et seulement procédé à des ajustements.

C’est tout le problème en matière de driver. Toute l’industrie admet qu’il faut entre 18 et 24 mois pour parvenir à des changements très significatifs en matière de driving, et pourtant, les grandes marques sont contraintes de sortir une nouvelle évolution tous les ans.

Pourquoi contrainte ?

Tout simplement, parce que le cycle de vie produit est plus court. On peut critiquer les marques pour l’excès de marketing, et c’est vrai, personne ne sera surpris par ce commentaire « Il y a beaucoup de marketing ».

Pour avoir été dans le passé, un homme de marketing, je sais aussi que ce mot signifie « connaissance du client » ou plutôt apprendre à écouter le client.

En matière de driver, c’est nous, consommateurs qui nous lassons plus vite, et sommes en attente d’excitation permanente.

A qui la faute ? Les marques ? Les consommateurs ? Finalement, peu importe, à condition de connaître les enjeux et de décoder les messages.

En 2018, c’est autour de TaylorMade de relancer ou de contre-attaquer avec la Twisted Face pendant que Callaway entend capitaliser sur son succès de 2017. Comment aurait-il pu en être autrement ?

On voit mal Callaway se dédire de la technologie Jailbreak et partir sur complètement autre chose, moins de 12 mois après avoir proposé ce qu’ils appellent une véritable innovation.

Autre fait incontestable, le marché est hyper concurrentiel. Le principe d’offre et de demande ne suffit pas à expliquer le phénomène de cycle de vie produit. La pression concurrentielle et les enjeux de parts de marchés ont atteint un niveau considérable.

En France, sur les trois premiers mois de l’année, on peut estimer qu’il se vend autour de 20 000 drivers pour un marché d’environ 5 millions d’euros. C’est seulement pour les trois premiers mois de l’année, sachant que le meilleur mois est avril !

Sur ce marché, TaylorMade et Callaway occupent 50% des ventes. Le trou est fait avec les autres marques comme Ping, Srixon, Cobra et Titleist.

2017 a été une année EPIC. Est-ce que 2018 sera une année ROGUE ou Twisted Face ? C’est vous qui le déciderez ?

Après avoir écouté les arguments des deux marques, je dirai simplement que TaylorMade a fait une grosse promesse avec les nouveaux M3 et M4. Et qui dit grosse promesse, suppose grosse attente.

Attention de ne pas décevoir…

Je suis encore à quelques jours de démarrer les tests, et donc encore dans l’expectative à ce sujet.

A l’inverse, au moment d’écrire ces lignes, Callaway a déjà envoyé le modèle d’essai, et plus que des conjectures, j’ai de quoi argumenter.

Sur ce point, tout en restant neutre, Callaway a été mieux organisé.

Quels nouveaux arguments ?

Avant de délivrer un premier essai, et un premier avis, penchons-nous sur les arguments techniques du nouveau ROGUE.

Il défend toujours le principe Jailbreak, mais propose un petit ajustement dans la forme des barres de titanes placées derrière la face. Celles-ci reprennent un principe de sablier à la différence de la première mouture.

Sans écourter la présentation produit, les autres arguments principaux proposés par Callaway tournent autour de la X face VFT pour donner de la vitesse de balle à l’impact, la couronne en carbone triaxial pour augmenter le MOI tandis que l’on retrouve le principe déjà vu sur la série des drivers XR, le Speed Step développé avec la collaboration de Boeing.

Le Rogue se veut donc la dernière mise à jour de tous les savoir-faire de Callaway en matière de driver.

Il y a en fait un argument qui a retenu mon attention dans l’argumentaire de présentation rédigé par Alan Hocknell, le patron de la recherche et du développement : la taille de la tête !

A une question du service de presse Callaway : « En apparence, les drivers Rogue ont l'air plus gros que les Epic. Est-ce vraiment le cas ? »

Alan Hocknell répond « Visuellement, ils ont l'air plus gros mais ils font toujours 460 cm3. Le modèle Rogue est allongé au niveau de la face vers l'arrière et aussi étiré, quoique légèrement, de la pointe au talon. Pour obtenir ce look dans une tête conforme, nous avons dû créer une forme de couronne légèrement plus plate, surtout comparée à Epic. Nous voulions nous assurer qu'il était évident pour les consommateurs que la gamme de drivers Rogue était plus tolérante qu'Epic, ce qui signifie que le poids devait être plus éloigné du centre de la tête vers l'arrière, d'un point de vue de positionnement de masse. Pour ce qui est de son apparence globale observée au moment de l'adresse, le nouveau driver Rogue standard ressemble à l'Epic Sub Zero, alors que le Rogue Sub Zero présente plus de similitudes avec l'Epic standard. »

Il y a un fait que j’ai pu vérifier par le passé, et qui m’avait été aussi confirmé par José Miraflor et Tom Olsavsky au cours d’un rendez-vous chez Cobra, la taille de la tête d’un driver, lorsqu’elle est poussée au maximum des limites ou contraintes fixées par l’USGA, joue un rôle dans le smash factor.

Cobra a par exemple beaucoup tendance à pousser ces limites au maximum, et pour conséquence, ces deux dernières années, leurs drivers ressortent dans les meilleurs pour la tolérance.

Avec le Rogue, Callaway semble faire la même chose.

Sur le tour, les meilleurs joueurs peuvent potentiellement, mais pas systématiquement, préférer des têtes 440 cc ou tout du moins plus compactes, car ils les préfèrent visuellement.

Mon hypothèse étant qu’il s’agit plus de confort visuel à l’adresse que pour satisfaire l’argument des effets donnés à la balle.

Pour les amateurs, une tête de driver au maximum du COR autorisé avec une tolérance élevée est très certainement le meilleur cahier des charges possibles, dans un contexte encadré par les législateurs.

De EPIC à ROGUE, Callaway va chercher à soigner sa communication pour assurer une transition en douceur. Ne pas déshabiller trop vite « Pierre » pour rhabiller « Paul ».

Le driver EPIC propose un poids ajustable alors que ce ne sera pas le cas du ROGUE. Le driver EPIC propose une empreinte moins large. Le ROGUE va plus loin sur la dimension.

Sur la question du rail pour régler un poids coulissant, Alan Hocknell apporte encore une réponse intéressante à commenter, et qui suscite souvent des interrogations de la part des golfeurs.

« Le poids coulissant réglable est une technologie visuellement évidente à laquelle les joueurs adhèrent, et vous le retrouverez probablement dans les futurs drivers Callaway, mais nous voulions différencier Epic et Rogue. L'utilisation d'un rail de guidage de poids ajoute une masse statique significative au driver et le supprimer nous donne beaucoup plus de flexibilité dans le processus de conception. En premier lieu, nous pouvons augmenter sensiblement les dimensions de tolérance de la tête. Notre étude auprès des consommateurs a prouvé que toutes les nuances liées à la technologie des poids coulissants ne conviennent pas forcément à tous les joueurs. Nous constatons qu'un grand nombre de golfeurs utilisent les poids coulissants en position neutre ou poussés vers le bas pour en tirer le maximum d'avantages lors du draw. Ce constat a été le fondement de la gamme Rogue en trois drivers : standard, Draw et Sub Zero. Nous voulions que le driver Rogue standard ait les mêmes caractéristiques que l'Epic standard verrouillé en position neutre, mais avec un MOI (résistance à la torsion) beaucoup plus élevé. Nous souhaitions ensuite mettre au point un driver Rogue Draw distinct avec deux avantages évidents par rapport à Epic : qu'il offre un MOI beaucoup plus grand et qu'il ait un effet draw beaucoup plus important qu'Epic, même lorsque le poids ajustable d'Epic est bloqué en position « draw » maximale. Rogue est peut-être moins « haute précision » en matière d'ajustement, mais l'avantage est que le driver obtient beaucoup plus d'effet draw et de MOI, le MOI est accru dans une configuration plus neutre. Le troisième driver, le driver Rogue Sub Zero, est capable d'effectuer plus ou moins de spin via un poids avant/arrière interchangeable qui influence directement la trajectoire de la balle, ce que tout joueur accompli recherche. Surtout, les trois modèles sont très tolérants »

On comprend à partir de cet argument que Callaway cherche à couvrir deux types de besoins distincts. Quand EPIC est plus ajustable, il pose des contraintes sur le dessin de la tête, alors que ROGUE, moins ajustable, libère des contraintes.

Callaway cherche à répondre à deux types de besoins exprimés par les golfeurs, entre ajustabilité et MOI.

Alan Hocknell précise le gain potentiel pour le driver ROGUE : « Si votre swing atteignait 158 km/h, par exemple, vous pourriez maintenant frapper à 161 km/h avec Rogue, sans effort supplémentaire. Dans un tel cas, votre vitesse de balle augmenterait d'environ 1,5 fois, soit environ 5,6 km/h de plus, ce qui est très significatif. Pour ce qui est de la distance, cela pourrait augmenter le rendement d'un golfeur de 4,5 m à 5,5 m sur le départ. Si vous regardez la conception de la tête Rogue dans son ensemble et tous les efforts mis dans l'effet Jailbreak, nous aurions pu perdre tous les avantages si nous n'avions pas optimisé l'aérodynamique, d'où son importance. »

Pour vérifier cet argument, je vous propose un tableau recensant tous mes tests de drivers Callaway depuis 2013, dont en particulier, le GBB EPIC et le ROGUE. Pour la question du Subzero, je vous proposerai un autre article.

Un premier test du driver Callaway ROGUE

J’ai réalisé un premier essai du driver Callaway ROGUE en loft 10,5 degrés monté sur un manche regular.

Si personnellement, je constate une certaine stagnation de ma vitesse de swing entre 94 et 95 mph, c’est moins bien pour mon golf, et mieux pour les tests.

Dans ce cadre, on peut voir qu’avec le Rogue, j’ai swingué à 95 mph de moyenne, alors qu’un an auparavant, presque jour pour jour, j’avais swingué 2 mph de moyenne plus vite à longueur de shaft équivalente (45,5 inches), mais grammages différents…

Le manche du Aldila Synergy monté sur le ROGUE est en fait 5 grammes plus lourd versus celui du EPIC, le Project X HZRDUS.

Pourtant, il ressort visiblement que j’ai généré une vitesse de balle supérieure avec le ROGUE, soit 140 mph au lieu de 139 mph.

J’ai donc voulu vérifier si ma perte de vitesse de swing était imputable aux 5 grammes de poids en plus.

Dans le tableau ci-dessus, j’ai compilé les essais de drivers toutes marques depuis 2015 en loft 10,5 degrés et sur manche regular.

Est-ce que je peux dire qu’il y a un lien de cause à effet entre le grammage et ma vitesse de swing ?

Ce n’est franchement pas évident. La seule chose qui transpire, c’est que globalement, plus le manche est lourd, et plus je grapille quelques mètres en plus, indépendamment de la vitesse. Selon un clubfitter comme Alexandre d'Incau, selon le profil d'un joueur, le torque peut être un élément très important à prendre en compte.

L’an passé, après avoir testé tous les drivers des grandes marques, et surtout testé les processus de fitting des marques à Carlsbad, j’étais arrivé à la conclusion, que si on s’en donnait la peine, on pouvait arriver à des résultats très similaires

Sur des produits standards que l’on peut prendre dans des racks de magasins, bien entendu, ils subsistent des différences importantes. Tout simplement, parce que certains composants diffèrent, notamment les choix de shafts.

Avec 1.44 de smash factor avec l’EPIC, je n’avais pas défrayé la chronique. Avec 1.47, le gain est déjà plus net. J’ai déjà fait mieux chez Callaway (avec le Subzero réglé sur Low Spin) ou dans d’autres marques.

Mais s’agissant de l’argumentaire d’Alan Hocknell, effectivement, je peux vérifier ses propos.

J’ai trouvé un gain de distance de 5 mètres entre le ROGUE et l’EPIC. Je le précise, car ce n’est pas toujours évident de retrouver ce qu’une marque peut avancer.

Ce gain est non seulement lié à la vitesse de balle en légère amélioration, mais aussi un léger gain en hauteur de balle, et en réduction du spin (200 tours de moins).

En réalité, tout est à corréler au smash factor. En prenant tout simplement la balle plus régulièrement, et plus près du sweet spot, les paramètres balistiques sont améliorés.

A mon avis, cela tient à la dimension et forme de la tête.

Par rapport aux drivers Callaway testés depuis 2013, le XR 16 reste celui qui génère la meilleure vitesse de balle, mais il faut noter que le manche était plus long, et du coup, cela avait pour effet d’accroître la vitesse de swing… et le risque de dispersion.

Ces dernières années, les deux principaux éléments sur lesquels les marques peuvent notablement intervenir restent le spin et l’angle de lancement.

Et elles parviennent à les améliorer à la marge. Concernant la vitesse de balle, cela semble extrêmement compliqué à faire dans un contexte législatif borné.

Entre EPIC, et ROGUE, sur ce test, effectivement, ce coquin de ROGUE est un soupçon plus adapté aux amateurs.

D’un point de vue esthétique, le ROGUE diffère de l’EPIC par la couleur. Si le vert était de mise, ce sera plutôt une année bleue pour Callaway.

Dernière précision, le loft sera toujours ajustable de +2 ou 1 degrés pour un produit commercialisé 549 euros.

Pour le choix des shafts, je laisse le mot de la fin à Alan Hocknell : « C'est une question d'équilibre à bien des égards. Le marché est passé d’un choix de shaft unique à un choix extrême offrant de nombreuses options aux clients. Nous avions 20 propositions dans le passé, sans frais supplémentaires, et cela a entraîné beaucoup de confusion chez les consommateurs. Avec Rogue, nous avons essayé de proposer une sélection plus facile à gérer pour tout le monde en ce qui concerne la façon dont nous travaillons d’un point de vue opérationnel et quant aux aspects que le détaillant et le consommateur doivent comprendre. Maintenant, nous avons une option de shaft de qualité supérieure dans chacune des gammes de poids clés : 40 g, 50 g, 60 g, 70 g et 80 g, et nous avons choisi nos favoris assortis aux drivers Rogue dans chacune de ces gammes. Certains sont entièrement nouveaux et d'autres ont été développés à partir des spécifications que nous avons transmises aux fabricants de shafts. Nous proposons également des shafts « de référence » de 70 g et 80 g adaptés au Tour (Project X Even Flow et HZRDUS) car nous savons que c'est une option importante pour les meilleurs joueurs. »

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