Drivers Callaway MAVRIK: Ghost Rider en approche!

14 Janvier 2020, avec une météo très ensoleillée pour un mois de Janvier, et un thermomètre très clément pour la saison, Callaway vient de dévoiler au monde, son nouveau driver MAVRIK. Il sera décliné en trois versions, standard, Sub Zero et Max. Ce nouveau driver aura pour tâche de succéder au modèle EPIC Flash, qui avait introduit l’an passé, et pour la première fois, une conception de face misant sur l’intelligence artificielle. A quelques mois de la sortie du très attendu Top Gun 2, avec Tom Cruise toujours bon pied, bon œil, Callaway va-t-elle souffler la tour de contrôle avec un passage bas rapide non autorisé ?

MAVRIK : Pour un passage bas rapide

Je ne suis pas expert en avion de chasse, en F-14, et encore moins pilote, toutefois, je relève qu’un passage bas rapide d’un tel appareil peut présenter pas mal de similitudes avec un driver pour le golf.

Finalement, nous cherchons tous à lancer notre driver bas et rapide vers le tee pour friser les moustaches de la balle…

Dans le premier Top Gun, cela restera certainement un des moments culte du film, quand Maverick et Goose décident de « fêter » un premier succès contre leur instructeur, sur la célèbre base de l’aéronavale, Miramar.

Ce passage bas rapide aux pieds de la tour de contrôle n’étant pas au goût des officiels, cela aurait pu leur coûter leurs ailes de pilotes.

Heureusement, pour le spectateur, l’histoire ne s’arrêta pas là, mais de mémoire aucun autre film sur l’aviation américaine n’a mis en scène une telle situation aussi improbable, dans un environnement que l’on imagine aisément aussi sérieux, et millimétré, pratiquement sans jamais aucune fantaisie.

Quelques mois après avoir lancé une nouvelle balle de golf ERC Soft Triple Track, très clairement inspirée du système visuel d’appontage utilisé par la Navy (lignes bleues et rouges), Callaway nous propose un nouveau driver, qui fait une nouvelle fois référence à son environnement le plus proche, l’aéronavale.

Callaway a en effet établi son siège social dans la région de San Diego, et non loin de la base où a été tourné Top Gun, alors que la Californie du Sud était déjà stratégique pour toute l’industrie militaire américaine.

La construction de navires de guerres, en particulier de porte-avions induit une arrivée massive d’acier. C’est sans doute ce qui a présidé à la décision d’Ely Callaway, et d’autres dirigeants d’entreprises dans le domaine du matériel de Golf, comme TaylorMade, Titleist, Cobra, Cleveland ou encore EVNROLL, à s’y établir.

MAVRIK, quel nom tout simplement génial pour exprimer deux idées : D’une part, la vitesse, et d’autre part, une forme d’anticonformisme.

Deux en arrière, Callaway avait déjà tenté de casser les codes avec un driver au nom de ROGUE, encore en lien avec un film avec Tom Cruise en superstar (Mission Impossible 5 : Rogue Nation sorti en 2015).

ROGUE était déjà un nom osé pour une marque de matériel de golf bien propre sur elle, et très « rangée ».

Si pour un français, ce terme n’a pas une signification évidente, en anglais, cela peut se traduire « Gredin, fripouille, coquin, filou ou même escroc… »

On peut dire que c’était un pari osé.

Avec MAVRIK, Callaway poursuit dans cette voie un peu anticonformiste d’un point de vue du nom, et certainement pour marquer les esprits.

Hocknell l’assume « Nous avons consciencieusement adopté un esprit disruptif dans notre recherche d’un équipement de golf plus performant. Depuis que nous utilisons l’intelligence artificielle, nous avons une meilleure compréhension de ce qui génère la puissance. C’est ce qui nous aide pour être innovant, et défier les conventions, tout en répondant aux attentes des golfeurs. »

Le « naming » d’un driver est certainement un enjeu clé, au même titre que sa forme, sa couleur, le son émis ou les performances.

Dans un club-house de golf, on pourrait entendre « Tiens tu as acheté le dernier MAVRIK avec un sourire en coin du pilote de chasse-golfeur amateur éclairé qui prononce cette phrase envers l’autre pilote de chasse golfeur amateur propriétaire du dit objet, tout en laissant penser, toi aussi tu es amateur de vitesse ? »

Je m’égare… Alors que Top Gun 2 - Maverick sortira à l’été 2020, 34 ans après le premier volet, je n’ai pas pu m’en empêcher.

Toutefois, avec un tel nom, la promesse est d’ailleurs dans le nom, comment ne pas focaliser sur la vitesse ?

Sauf que cette fois, ce qui nous intéresse, c’est la vitesse de swing et la vitesse de balle, dans un environnement dont les règles, et les normes n’ont pas changé en 2020, par rapport à 2019.

On pourrait parler des drivers de 1986, mais je suppose que plus personne ne joue encore avec des drivers de cette époque.

Au milieu des années 80, nous étions seulement aux prémisses du Big Bertha. Décidément, il n’y a que Tom Cruise pour ne pas avoir pris une ride…

Une découverte en avant-première

J’ai eu l’occasion de découvrir le nouveau driver Callaway MAVRIK à l’occasion d’une visite privilégiée au siège de Callaway Golf Europe, à Chessington, près de Londres, en décembre dernier, et à l’invitation de la marque.

Pour cette première, j’ai non seulement pu découvrir la nouvelle ligne 2020, mais aussi la tester au Trackman, dans le centre dédié de la marque.

De retour en France, les premiers échantillons livrés mi-janvier, j’ai entamé le même processus de test rigoureux, avec une particularité supplémentaire : Le fait de préparer un shaft de test totalement identique, aussi bien pour les têtes TaylorMade que Callaway.

Ce sera l’objet d’un tout prochain sujet à venir avant fin janvier.

A ce stade, je vais vous retranscrire ma première expérience avec le MAVRIK 10.5 degrés de loft monté sur un manche Evenflow RIptide de 60 grammes (stiff), le manche vedette de Callaway pour cette année.

Bien entendu, MAVRIK est un driver qui va défendre l’idée de vitesse de swing et de balle supplémentaire.

Pour étayer cet argumentaire, Alan Hocknell et Callaway misent encore sur l’intelligence artificielle, et notamment pour dessiner la face de ce club.

L’architecture de la face est d’ailleurs appelée SS20 pour la distinguer de la précédente face déclinée sur l’élégant driver Callaway EPIC Flash, un driver que je plaçais allègrement parmi les plus beaux du marché l’an passé.

Pour Alan Hocknell, la face « Flash » issue de l’imagination de l’intelligence artificielle était déjà indissociable de la technologie dite Jailbreak, visant à raffermir la structure autour de la face, et notamment pour générer plus de vitesse de balle à l’impact.

C’est bien entendu toujours le cas avec la nouvelle tête MAVRIK.

Chaque face est recréée spécifiquement pour fonctionner avec une structure de tête différente. Si vous changez le corps de la tête, sa structure, vous devez changer la face.

Un argument qui faisait déjà dire l’an passé à Alan Hocknell que la face flash ne pourrait pas fonctionner sur un autre driver Callaway ou même d’une autre marque.

On peut y voir là une volonté de placer le driver Callaway dans une forte différenciation, surtout à une époque où il est parfois de plus en plus difficile de séparer les marques de matériel de golf, et mis à part le marketing.

A ce stade, je sais que je m’exprime auprès d’un public aussi large que divers.

Il y aura ceux pour penser que ce n’est que du discours marketing avec très peu de fondement réel et technique, et ceux qui ont envie de rêver devant un bel objet dont la première fonction est avant tout de procurer du plaisir.

Je vais donc devoir répondre à tout le monde, et avec un maximum d’humilité depuis la place qui est la mienne.

Pour justifier de la performance, Callaway met en avant le dessin d’une nouvelle tête, un nouveau dessin qui déplace le centre de gravité, en fait une nouvelle répartition de la masse pour maximiser la distance.

Pour essayer de faire mieux que les années précédentes, Callaway a donc misé sur un nouveau matériau, le titane FS2S, au nom de code tout droit sorti de Top Gun.

Pour le fabricant, son intérêt consiste à proposer une face toujours plus fine, sans compromettre sa résistance à l’impact.

Pour rappel, le coefficient de restitution est toujours limité sur les drivers. La législation n’a pas changé, et la vitesse de balle est un élément particulièrement contraint.

En plus de l’année passée, la recherche et développement du géant américain, numéro un mondial pour la vente de drivers dans le monde, a laissé ou piloté l’intelligence artificielle, je ne sais pas comment le dire, accentué les efforts sur l’amélioration du contrôle des vibrations émises à l’impact, et à l’intérieur du driver.

Comme TaylorMade, Callaway parle de vitesse, car les deux marques savent qu’il s’agit de l’accélérateur principal des ventes, pourtant, elles ont et surtout travaillé sur le son, et les sensations à l’impact.

Ce que l’utilisateur va entendre, et ressentir, ce qui in fine, constitue le plaisir, et presque tout autant que la distance finale…

Avec l’ajout de petits accotements à l’intérieur de la tête, et donc dictée par l’intelligence artificielle, Callaway aurait amélioré la fréquence des vibrations émises, quand la balle heurte la face du club.

Avec le driver standard, pas de réglage du centre de gravité ou de la position de la face du club à l’impact, Callaway a sans doute admis que l’immense majorité des amateurs n’utilisent pas les réglages autres que ceux du loft et du lie.

Sur ce point, Callaway présente toujours l’une des meilleures astuces du marché, puisque l’on peut régler le loft et le lie de manière séparée, ce qui présente un très grand avantage quand on utilise des Grips ALIGN

En effet, pour d’autres marques de drivers, quand vous changez le loft, inévitablement, vous changez l’alignement du shaft, et donc la position du grip.

Pour les plus puristes, ce n’est pas sans poser un problème pour la fréquence de réponse du shaft. Je suis incapable d’étayer cet argument avec des faits illustrés.

Le driver Callaway MAVRIK standard ne présente donc pas d’autres ajustements dont l’utilité est parfois douteuse.

Il en serait presque simple, si ce n’est la possibilité d’interchanger des poids entre avant et arrière sur la version Sub Zero, un élément qui modifie la position du centre de gravité, et joue effectivement sur le taux de spin.

Finalement, après toutes ces précisions, la nouvelle gamme MAVRIK n’annonce pas d’autres innovations que la continuité de l’usage de l’intelligence artificielle.

La question de la succession

Pour ceux qui suivent l’actualité du matériel de golf avec assiduité, vous aurez noté que même si Callaway lance un nouveau driver tous les ans, il y a bien un rythme entre driver année 1 et driver année 2.

Le driver année 1 est celui qui porte le plus de nouvelles idées, et le driver année 2 celui qui marque une forme de continuité.

EPIC en 2017 et EPIC Flash en 2019 étaient des drivers années 1, alors que ROGUE et MAVRIK sont des drivers années 2.

1 ou 2, cela n’a rien de péjoratif.

C’est simplement un constat sur le mode de fonctionnement d’un industriel, contraint de se réinventer chaque année, et surtout de reprendre la parole fréquemment sur un marché hyperconcurrentiel.

C’est là où il faut parler d’esthétique.

Alors qu’en 2019, Callaway misait principalement avec le vert, une couleur qui m’avait interpellé positivement, en 2020, c’est l’orange qui sera mis à l’honneur.

Peut-être le plus important pour mettre tous les fans de la marque d’accord, c’est finalement la possibilité de configurer la couleur de son choix.

Mise à part cette question de l’habillage des panneaux sous la semelle, la tête du MAVRIK est finalement très semblable à un driver Callaway, notamment quand on porte son attention sur la couronne, toujours conçue avec un carbone triaxial T2C.

Visuellement, le plus gros changement se situe sous la semelle, quand on renverse la tête. On peut voir que le dernier driver Callaway présente un aspect plus bombé.

Ce n’est pas que pour des raisons esthétiques.

C’est bien une manière de placer le centre de gravité plus bas, et plus en arrière.

Quand TaylorMade invente un « Inertia Generator », Callaway modifie le dessin de sa tête ou lui donner plus de volume.

Entre les deux marques, on peut relever que le marquage à la culotte des idées continue…

S’agissant du son et des sensations à l’impact, je peux dire d’emblée de jeu, que ce soit à Chessington ou à Lyon, ma perception a été bonne.

Je ne suis pas tout à fait certain d’être assez mélomane en matière de drivers de golf pour distinguer réellement si cela chante mieux que les années passées.

De ce que j’ai pu en voir en visitant les marques, et leurs centres de recherches, elles mesurent les fréquences avec des outils très précis. Il est probable qu’ils aient les moyens de mesurer ces différences, alors que pour un amateur, ce sera peut-être plus difficile à réellement percevoir.

J’en viens aux performances.

Premier test du driver MAVRIK Standard

A ce stade, j’ai testé le MAVRIK Standard avec une tête 10.5 de loft sur réglage neutre standard, et une tête 9.5 degrés, soit le réglage -1 possible avec la même tête.

Premier constat, et comme je l’écris de plus en plus fréquemment, le manche 45.5 est trop long, ce qui nuit à ma performance. J’ai plus de dispersion, et surtout moins de balles tapées au centre de la face.

Le gain de vitesse de swing d’un manche plus long n’est d’ailleurs pas si évident.

Avec le manche Evenflow, j’ai mesuré un swing weight en D3 avec un poids total du club de 300 grammes (shaft de 60 grammes).

L’an passé Callaway avait fourni des clubs de démo sur des manches de longueurs identiques, mais d’un poids légèrement plus élevé (67 grammes) toujours pour du stiff.

Au Trackman, je relève deux paramètres en particulier avec le MAVRIK et pour les 2 réglages : Un taux de spin très bas (parfois sous les 1800 tours), et une constance au niveau du smash factor d’un coup à un autre, avec plusieurs coups au maximum possible, soit 1.50

Sur un shot, j’ai battu mon record de distance personnel au studio, soit 153 mph de vitesse de balle pour 234 mètres au carry (268 mètres avec la roule calculée).

Comparativement au précédent EPIC Flash, en un an, sans avoir pu retester la tête 2019, il apparaît que j’ai encore modifié ma vitesse de swing (Merci JeudeGolf). La comparaison doit donc être relativisée.

En janvier 2018, je swinguais en moyenne à 98 mph de vitesse de swing avec un driver sur un manche 45.5 inches.

Un an plus tard, je passe au moins à 102 avec des pointes parfois allant jusqu’à 108 mph.

Affirmer que le driver est la seule explication ne serait pas crédible.

Au contraire, au cours de mon premier test avec le MAVRIK, j’ai swingué moins vite par rapport au TaylorMade SIM, ce que j’explique par le fait d’avoir utilisé un manche un peu trop long, et inconfortable pour moi.

Pour le prochain test, j’aurai un shaft Project X HZRDUS Black 6.0 coupé à 44.5 inches.

S’agissant du manche Evenflow, je constate que j’ai produit des trajectoires un peu trop hautes à mon goût, ce qui bien entendu, doit vous conforter dans l’idée de faire votre propre fitting, et de surtout chercher un manque qui correspondra aux trajectoires que vous voulez réaliser.

Premier avis 

A ce stade, je peux vous témoigner du fait que la tête MAVRIK me paraît plutôt bonne.

Dans la lignée des précédents drivers Callaway, le smash factor est facilement proche du maximum, signe qu’il s’agit toujours d’une tête tolérante. La tête standard est à 460 cc quand la tête Sub Zero descend à 450 cc.

Le point à retenir, c’est le taux de spin plutôt bas, qui pourrait intéresser les golfeurs avec une vitesse de swing rapide, et alors que ce driver assume un moment d’inertie reculé…

Avec beaucoup de prudence sur les performances, comme le TaylorMade SIM, le MAVRIK me semble bien né.

Je pourrai le mettre dans mon sac, mais en changeant de couleur. Je ne suis pas un fan de l’orange en règle générale. Bon point, justement, on peut changer la couleur…

Visuellement, il parait moins parfait que ne l’était l’EPIC Flash, un des plus beaux drivers de ces dernières années. Le match était de toute façon difficile à gagner.

Le MAVRIK parait moins sophistiqué. Le son et les sensations sont excellentes, mais tous ces commentaires sont très subjectifs ;

En revanche, un point va encore faire débat : Le Prix !

J’ai oublié de le relever concernant TaylorMade, et c’est d’ailleurs le même constat pour les deux marques.

Des retours que vous me faites, ce que j’entends en magasin de la part des distributeurs en off, et des ventes qui se sont confirmées en 2019, le prix médian que vous visez pour un nouveau driver est plutôt autour de 450 à 470 euros.

Avec un prix de 549 euros, le MAVRIK est comme l’an passé, légèrement au-dessus de ce cœur de cible.

C’est pourtant un élément clé pour que le « Ghost Rider » frise les moustaches de la tour en 2020 ! Il ne reste plus à ce que Callaway nous fasse une photo de son driver dans les mains de Tom Cruise, pour parfaitement réussir son « buzz of the Tower ».

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Commentaires   

golfnswing@gmail.com
0 #1 SPINgolfnswing@gmail.com 17-01-2020 10:59
Attention, sur le test publié, le spin, très bas, est calculé, pas mesuré, ça peut faire de grosse différence....

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