Driver Callaway Big Bertha 21 : Une sortie à point nommé?

En matière de choix de titre et de rédaction au sujet d’un nouveau club de golf, bien souvent, et même systématiquement, la presse qui se dit spécialisée dans le golf manque singulièrement d’originalité, si ce n’est pour empiler les superlatifs, afin de faire plaisir à la marque, et surtout susciter chez elle, l’envie d’augmenter le « prize-money ». Le lecteur ou golfeur final n’est finalement que le spectateur de ce jeu de dupe, ou de course à l’échalotte sans fin. Le driver Callaway Big Bertha 21, nouveau descendant de la lignée Big Bertha est-il une arme fatale ? Est-ce un game changer ? Une chose est sûre, c’est un driver, et il obéit à des normes strictes, qui n’ont pas changé depuis plusieurs années. Cela étant, j’ai testé objectivement ce driver avec trois vitesses de swings distinctes, 80, 90 et 100 mph, dans notre studio indoor muni d’un Trackman 4, pour apporter des réponses et observations objectives, pour une majorité de golfeurs.

Un driver Big Bertha 21 avec un moment d'inertie élevé ?

Au premier coup d’œil, il y a des choses qui ne trompent au sujet d’un nouveau driver, à commencer par la forme de la tête, plutôt en poire, s’agissant du nouveau driver Callaway Big Bertha 21.

Ce dessin me fait immédiatement penser qu’il s’agit d’un club à moment d’inertie élevé.

Chez Callaway, Big Bertha n’est pas en fait évocateur de produits destinés aux golfeurs les plus aguerris et notamment les professionnels.

Cette ligne de produits, qui par le passé a rencontré un immense succès commercial, fait mouche sur le gros du marché, nous, les amateurs qui pouvons être en proie à des difficultés pour produire beaucoup de distance, et aussi à poser la balle sur le fairway, et non pas dans le rough de droite (pour les droitiers).

Pour être tout à fait honnête, je ne m’attendais pas à ce que Callaway propose une nouvelle gamme dès cette rentrée 2021.

Quelques mois plus tôt, au Printemps, le confinement avait agi comme un tremblement de terre sur une industrie qui ne fait pas la une des journaux généralistes, les fabricants de matériel de golf !

Les ventes ont plongé dans des profondeurs abyssales provoquant un véritable vent de panique, et des mesures d’exceptions pour sauver les entreprises, Callaway y compris.

Entre mise au chômage partiel ou définitif des collaborateurs, annulations des commandes en Asie, qui aurait pu prédire que seulement 6 mois plus tard, il y aurait un véritable boom mondial pour la pratique du golf ?

C’est pourtant ce qui s’est passé, avec par conséquent un appel d’air pour du matériel de golf neuf.

Un contexte porteur pour la vente de clubs

Dans ce contexte, depuis la fin du confinement, les ventes de drivers sont reparties à la hausse pour rattraper une grande partie des ventes qui n’ont pas été faites pendant le printemps.

En janvier dernier, Callaway avait de hautes ambitions pour son driver Mavrik qui devait confirmer la première place de la marque sur l’échiquier mondial, et aussi français.

Fait paradoxal, cet été, Callaway est bien la marque numéro un pour la vente de drivers dans l’Hexagone, mais sans avoir son driver phare dans le top-3 des ventes !

Callaway vend beaucoup de drivers, mais pas nécessairement le Mavrik en tête de liste. Le PING G410 semble toujours indétrônable, et certainement au bénéfice de son positionnement prix légèrement inférieur.

Ce boom des ventes, et cette relative contre-performance du driver Mavrik dans un contexte où Callaway arrive pourtant à convaincre pratiquement un golfeur sur quatre explique donc peut-être pourquoi le besoin d’une nouvelle gamme Big Bertha 21, et bien plus qu’une nouvelle technologie révolutionnaire ou une soi-disant arme fatale.

A l’heure actuelle, les derniers tests de drivers que j’ai pu réaliser n’invite pas à l’optimisme. Les marques sont bien dans un « plateau » de performance, et n’arrivent pas à proposer des produits notablement plus performants d’une année sur l’autre.

Quelques années en arrière, oui, on pouvait constater de légers gains de performances, soit par un taux de spin amélioré, soit par un peu plus de vitesse de swing (des manches plus longs), des faces un peu plus performantes (déjà de manière marginale)…

Pour vous, le choix doit surtout être fin.

Il vous faut établir un projet, et identifier quel produit présente les caractéristiques les plus adaptées.

Le fitting « fine-tuning » n’a jamais eu d’autant d’importance, car on parle bien d’optimisation, et non pas de saut en avant.

Qu'est-ce qui change quand rien ne peut changer drastiquement ?

Depuis le début de l’année 2020, non, la législation sur les drivers n’a pas changé. Le seul élément sur lequel la marque peut jouer, c’est l’éternel placement du centre de gravité.

Comme c’est un centre de gravité, son placement ne peut pas beaucoup varier du … centre. L’ajustement se mesure en millimètre.

Le Big Bertha 21, qui vise donc une clientèle "tout public" et plutôt sliceuse, présente donc un dessin avec un moment d’inertie plus important. On pourrait croire qu’au moment de frapper des balles, le taux de spin délivré serait important.

Or, surprise, ce n’est franchement pas le cas.

Au bout de seulement quelques drives, on perçoit très vite que le smash factor est facilement élevé, et le taux de spin inversement bas, alors qu’il devrait fonctionner de pair.

Pour le coup, c’est intéressant, et cela confère un début d’intérêt pour ce produit.

Comment est-ce possible ?

En théorie, cela ne peut pas.

A cette heure, après mes tests, je n’ai pas la réponse de savoir comment un driver qui paraît très classique pourrait délivrer un moment d’inertie élevée, et peu de spin en même temps.

Sauf si la tête n’est pas la réponse, et c’est plutôt le manche qui en est à l’origine…

Dans ce cas, Callaway a misé sur un surprenant RICH 45 logoté Callaway, et dont je ne connais pas encore le véritable fabricant d’origine, étant entendu que Callaway ne produit pas de manche.

Certes, pendant le test, et selon toutes les vitesses, 80, 90 et 100 mph, j’ai plutôt tapé au centre de la face, ce qui pourrait aussi expliquer un taux de spin bas.

Est-ce que pour autant j’ai battu mes propres records de distance avec une telle combinaison (smash factor élevé et spin bas) ?

Non, car en vitesse de swing, je suis resté dans des zones inférieures à ma vitesse de swing maximum, et notamment à cause d’un manche regular probablement trop léger, et un ensemble tête, manche et grip trop léger (290 grammes).

Cela dit, je ne suis pas la cible de ce club, qui avec une couleur différente, me fait beaucoup penser au Callaway Fusion.

Un driver classique et performant ?

Avec un manche de 45,5 inches, Callaway n’a pas triché sur la longueur du shaft pour augmenter artificiellement la vitesse de swing. C’est finalement un driver très classique, ajustable au niveau du hosel pour modifier le loft et le lie.

On distingue sous la semelle les deux barres en titane du principe Jailbreak tandis que sur la face est inscrite la mention Flash Face qui signifie qu’elle a été dessinée à l’aide de la fameuse intelligence artificielle.

En dehors de ces éléments qui servent surtout à identifier le driver comme étant un ADN Callaway, un seul point a retenu mon attention : La semelle n’est pas tout à fait bombée, mais légèrement creusée en pointe, et en talon vers l’avant, et proche de la face.

Enfin, point rédhibitoire pour les non-sliceurs, le placement de la tête par rapport au manche induit une correction forcée du chemin de club, et donc, dans mon exemple, des balles qui potentiellement vont toutes finir par tourner à gauche, en hook.

Si le hook est votre problème, comme beaucoup d’autres drivers, surtout ne vous arrêtez pas sur ce Big Bertha 21.

Pour être indulgent, l’effet est plus modéré que sur certains drivers dit « draw bias ».

Callaway a été raisonnable. Cela aurait pu être plus radical, ce qui veut aussi dire qu’un golfeur confronté à des problèmes sévères de slices pourra trouver d’autres options.

Petite déception personnelle, alors que Callaway avait eu la bonne idée de munir ses drivers de grips MCC Align, cette fois, le Big Bertha 21 vient avec un grip plus quelconque, le Tour Velvet toujours de Golf Pride.

Pour être le plus complet possible, j’ai donc testé ce driver de loft 10,5 degrés (ce qui là-aussi aurait dû favoriser le spin par rapport à un loft plus bas) avec trois vitesses de swings distinctes : 80, 90 et 100 mph pour essayer de vous aider à imaginer ce que vous pourriez produire comme distance.

Ce tableau synthétise mes tests de drivers Callaway depuis 2 ans, aussi bien en stiff ou regular, et selon différentes têtes. En jaune, je vous ai illustré le test du Big Bertha 21.

Comparativement aux autres tests réalisés sur un manche regular, on retrouve quelques paramètres constants, comme le loft dynamique, ou les angles des trajectoires.

En revanche, le taux de spin bas (2000 tours) avec un smash factor très élevé pour une moyenne (1.50) permet de constater un gain de distance (+3 mètres de roule).

Ce n’est pas la meilleure configuration que j’ai testé, en revanche, ce driver propose une très bonne constance du smash factor, coup après coup.

149 mph de vitesse de balle en moyenne, c’est un bon résultat pour moi. Cependant, habitué à des clubs plus lourds, j’aurai pu faire mieux.

Comparaisons avec des vitesses différentes

Premier constat positif, quelle que soit la vitesse de swing, l’efficacité de la face est constante, et le rendement très élevé (Smash Factor à 1.50).

Que vous swinguiez à 80, 90 ou 100 mph, et c’est logique, vous allez toujours retrouver le même niveau de rendement.

En revanche, plus un golfeur swingue vite, et plus, il va générer une trajectoire haute. L’angle de décollage aura beau être similaire, le point de hauteur maximum de la balle va s’élever, et par conséquent, l’angle d’atterrissage aussi.

Deuxième constat, le niveau de spin relativement bas s’observe quelle que soit la vitesse de balle, entre 2000 et 2200 tours.

Ce n’est pas un avantage réservé uniquement aux plus rapides, mais aussi et forcément fortement dépendante de la qualité du centrage dans la face.

Ceci dit, plus on tape fort, et plus l’efficacité du driver augmente, le ratio spin sur angle de lancement joue plus favorablement pour les longs-frappeurs.

Ce tableau illustre donc que ce driver peut correspondre à beaucoup de golfeurs. La vitesse de swing n’est pas un élément discriminant.

En revanche, plus j’ai tapé fort, et plus j’ai poussé la balle vers la gauche du fairway, et à la faveur de l’orientation de la face par rapport au placement du manche sur le hosel.

Pour parfaitement utiliser ce driver, j’aurais intérêt à jouer à 90% de mon intensité (90mph), en acceptant de perdre 25 mètres de longueur, mais pour gagner notablement en précision.

Conclusion

Le manche joue certainement un rôle non-négligeable dans les très bonnes performances de ce driver, et notamment le faible taux de spin.

Taux de spin bas qui ne se fait pas au détriment du smash factor de ce driver que j’ai trouvé globalement facile à manier.

Et pour cause, son poids relativement léger le rend très abordable, et plaira à beaucoup d’entre vous. En revanche, très léger, je manque de poids dans la balle pour aller chercher des distances encore plus importantes.

Est-ce que ce driver est une arme fatale ou un game changer ?

Ce sera surtout un beau driver bien conçu et qui fera très bien son travail : A savoir vous donner une impression de facilité, un smash factor élevé, et peu de spin, pour un maximum de roule.

Sa tête limitera la cible clients aux golfeurs qui slicent.

Le gain de distance réalisé par le spin et le smash factor sera toutefois atténué par le poids trop léger du driver pour un golfeur qui tape déjà très loin.

Point important, à 449 euros, Callaway fonde de grands espoirs sur ce nouveau driver Big Bertha 21, pour justement reprendre des parts de marché au PING G410, et dans un contexte où Callaway réussit déjà à convaincre beaucoup d'amateurs d'écouter la globalité de son catalogue, mais pas nécessairement avec... le Mavrik à 490 euros...

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