3 nouveaux Drivers Callaway EPIC (Speed et Max) en 2021 : Vraiment toutes les solutions ?

A quelques jours d’un PGA Merchandise Show virtuel pour raison de pandémie, comme un rituel, toujours le même, les principales marques de matériel s’empressent d’annoncer des nouveaux produits, et en particulier des drivers. Callaway n’échappe pas à la règle, et quelques mois seulement après le Big Bertha 21, un an après le Mavrik, c’est le retour du « vert » dans le design produit de la marque. Dominante dans les ventes de drivers, la marque a trouvé son gimmick avec l’intelligence artificielle. Pour autant, répond-t-elle vraiment à tous les besoins ?

Peu de golfeurs le noteront ou s’en préoccuperont, mais au début de chaque communiqué, la firme Callaway ne manque pas de rappeler une mention très importante : NYSE_ELY.

La société est cotée en bourse, et si 5 ans en arrière, TaylorMade était la compagnie numéro un dans le golf, aujourd’hui, Callaway est clairement affublée du titre.

Sur ce laps de temps, sous l’impulsion de Chip Brewer, la marque Californienne a réalisé une expansion exceptionnelle, au point de racheter de multiples entreprises, comme Jack Wolfskin, Travis Matthew ou plus connues Top Tracer et Top Golf.

En janvier 2016, la valeur de l’action ELY (Callaway) était seulement de 8,62 dollars.

En septembre 2018, en moins de deux ans, cette cote est montée à un haut niveau de 24,29 dollars. L’effet Jailbreak ?

Globalement, sur 5 ans, la valeur de l’action s’est toujours située entre 15 et 20 dollars à la bourse de New York (New York Stock Exchange), sauf en mars 2020 où patatras… l’action a dégringolé à seulement 7,27 dollars ! 5 ans d’efforts anéantis en quelques heures !

Le confinement quasi mondial des golfeurs était passé par là.

Depuis, en moins d’un an, la firme américaine a considérablement remonté la pente, au point d’être en janvier 2021, au-dessus de son plus haut niveau enregistré en 2018 (27 dollars).

Sans avoir encore tous les chiffres, on peut raisonnablement imaginer que les ventes de clubs ont légèrement reculé dans le monde (entre -5 et -10%), en revanche, la profitabilité des marques a bondi.

Baisse des promotions, licenciements et surtout baisse de déplacements, la profitabilité est venue de la baisse des dépenses, plus que de la hausse des revenus tout de même dopés naturellement pendant l’été par le déconfinement, et la soif de golf.

Toutefois, pour maintenir un haut niveau de l’action, Callaway comme les autres marques, se devait de reprendre une communication active, et plus positive, dès que possible.

Pourquoi lancer un nouveau driver tous les ans ? tous les 6 mois ?

Le marché, à savoir vous les golfeurs, attendez-vous vraiment et systématiquement un nouveau driver sur un laps de temps aussi court ?

Moi, je n’en suis pas convaincu, car tout simplement, à vous écouter, vous ne me l’exprimez pas ou plus.

Pour vous, le vrai sujet, ce n’est plus le nouveau driver, mais le driver qui va vous convenir, ce qui inclut la tête, mais aussi le manche, et le grip. Et ce driver peut avoir 6 mois, 1 an, 2 ans ou 5 ans… sur les têtes de clubs comment réellement mesurer des gains de performances sur une période aussi courte, et dans un contexte très normé ?

C’est le terrible défi qui attend les marques, et en plus, chaque année : Raconter une histoire qui va vous inciter à dépenser 500, 600 ou parfois plus d’euros.

Clairement depuis le premier driver Callaway EPIC, et la technologie JAILBREAK, la marque de Carlsbad a indiscutablement marqué le point par rapport à tous ses compétiteurs.

L’intelligence artificielle qui paraissait une idée bien saugrenue au départ, a elle-aussi achevé de convaincre bon nombre de golfeurs, et pour cause, si vous faisiez un fitting et ne suiviez plus que la valeur du smash factor, celle-ci était bien souvent proche du maximum possible.

EPIC, EPIC Flash, Mavrik, Big Bertha 21 et maintenant EPIC Speed, Max ou MAX LS, oui le rendement de la face est au maximum possible, et autorisé par les législateurs du golf.

C’est en même temps une bonne et une mauvaise nouvelle.

Maximum ?

Cela veut donc dire qu’il n’est plus possible de faire mieux, et les premiers tests des trois nouveaux drivers 2021 me confirment cette situation s’agissant du smash factor.

Pour générer plus de vitesse de balle, il ne me reste plus qu’à générer par moi-même plus de vitesse de swing.

Pourtant, dans sa communication, la marque met en avant une nouvelle façon de dessiner la JAILBREAK, et à cette fin, a envoyé des têtes découpées pour montrer la technologie.

Depuis son arrivée à la tête de l’entreprise, la meilleure nouvelle pour Callaway, Chip Brewer a mis en place des principes : Il faut que le client perçoive et visualise concrètement le bénéfice technique.

Faire de la technologie visible !

En 2021, c’est donc toujours le grand leitmotiv de sa communication avec une JAILBREAK modifiée pour encore augmenter la rigidité globale de la tête, et sa capacité à produire de la résistance ou plutôt du transfert d’énergie.

Callaway annonce « The Epic product line is framing the future of speed, with exceptional new technologies that are designed to deliver fast ball speeds for every type of player »

Cela veut dire que cette ligne de trois drivers se pose comme le cadre de l’avenir du marché des drivers, en particulier sur l’argument de la vitesse de balle.

Surtout, la marque ambitionne de vous délivrer les vitesses de balles les plus rapides et pour n’importe quel joueur de golf.

La marque aurait pu espérer que le type qui créerait JeudeGolf serait un golfeur doué avec un swing conventionnel. Je ne suis ni un golfeur doué, et pas plus que j’ai la chance d’avoir un swing académique ou qui coïncide avec les canons de technicité.

Je suis donc n’importe quel golfeur, et non, je n’ai pas obtenu les meilleures vitesses avec les nouveaux drivers 2021, aussi bien chez Callaway que TaylorMade.

Les nouveaux drivers ne sont pas bons ? Absolument pas, ils sont au maximum de la performance possible… de la face, mais pas seulement depuis cette année.

Les nouveaux EPIC sont excellents, pas moins bons ou meilleurs que le précédents MAVRIK ou EPIC de 2019.

Un driver, c’est donc une tête, un manche, un grip. Cependant, quand Callaway ou les autres marques annoncent un nouveau driver… elles annoncent surtout une nouvelle tête.

Quelles sont les caractéristiques d’une tête de driver ?

Un volume de 460 CC, soit le maximum possible aujourd’hui avec les règles en vigueur.

Un loft ajustable, et sur ce point, Callaway propose l’un des meilleurs systèmes d’ajustement du marché, en dissociant loft et lie, par une simple double bague sur le hosel.

Une forme ou dessin qui permet de déplacer le centre de gravité pour chercher moins de spin ou plus de moment d’inertie.

Le moment d’inertie, c’est d’ailleurs pour les amateurs, la clé des ventes ! Et ce sera encore cette année le principal cheval de bataille.

Plus il sera élevé, et plus le driver sera stable dans la zone d’impact, meilleur sera le smash factor, et meilleur sera la trajectoire.

Parfois, c’est un poids ajustable sous la semelle qui lui aussi permet de modifier de manière très marginale ce même centre de gravité, et aide les golfeurs à plus ou moins fermer la face à l’impact.

Les marques parlent de draw ou de fade. C’est un peu exagéré.

C’est surtout un moyen de modifier l’angle de la face à l’impact, soit seulement une partie de l’équation pour générer des effets (cela ne change pas le chemin du club).

Enfin, il y a encore un élément très important et sous-estimé : Le placement du hosel sur la tête, et par rapport au manche.

Ce placement varie beaucoup d’un driver à un autre, mais malheureusement, dans 95% des cas, il n’a été pensé que pour une seule catégorie de golfeurs, celle qui est ultra majoritaire : Les sliceurs !

C’est la première chose importante que je remarque concernant les nouveaux drivers Callaway 2021 !

Les trois têtes s’adressent principalement aux sliceurs ou plus précisément, les golfeurs qui développent naturellement un chemin de club extérieur-intérieur, et pour qui un placement dit « closed-face » va limiter les fautes liées à une face qui arriverait trop ouverte sur la balle, d’où le slice.

Pour eux, la majorité, sans doute beaucoup d’entre vous, ces drivers seront donc excellents, mais pas pour moi. D’ailleurs, je regrette le Subzero qui me semblait plus neutre. Je peux me tromper.

L’autre fait marquant de cette collection 2021 n’est pas la performance, mais le coloris.

Quelques années en arrière, TaylorMade avait frôlé les 50% de parts de marché avec un driver muni d’une couronne blanche. Pour le coup, c’était étonnant dans un marché dominé par une couleur sombre.

Deux ans en arrière avec son précédent EPIC, Callaway avait clairement sorti le plus beau driver du marché avec des lignes très réussies, et un très joli coloris vert. C’est d’ailleurs peut-être toujours le plus beau driver des trois dernières années, toutes marques confondues.

En 2020, toujours dans une logique de sortir un nouveau driver, de manière difficilement compréhensible, la marque a changé du tout au tout, et manqué l’opportunité de capitaliser sur cette couleur très distinctive.

Au cours de la présentation, dans les locaux de la marque, je me souviens ne pas avoir osé dire « vous êtes sûr pour la couleur ? ». Ce n’est pas à mettre à mon crédit.

En 2021, Callaway semble avoir d’elle-même percuté sur le bénéfice d’une couleur « stable » et symbole d’identité.

Dans certaines cultures, le vert symbolise l’espoir, le hasard (malchance ou chance), la nature, et la croissance.

A l’inverse, la couleur orange est associée à la joie, l’insouciance et l’optimisme. C’est la couleur emblématique du mouvement hippie.

Hippie ? Ce n’est pas vraiment ce qui caractérise le mieux un golfeur. En revanche, la nature, l’espoir, la croissance ou la chance, ces symboliques sont beaucoup plus dans la ligne du partie.

Quoi qu’il en soit, c’est surtout de cohérence et de continuité qu’il faut pour créer une identité de marque.

C’est là, la critique de cette politique pour sortir des clubs tous les 6 mois, avec le besoin d’accrocher le regard des consommateurs. A trop sortir de produit, trop rapidement, on perd parfois le fil conducteur.

Sortir un driver tous les ans, est-ce que cela a encore du sens aujourd’hui ? Sur les 2 dernières années, le MAVRIK était-il indispensable, au-delà d’exciter les ventes pendant quelques semaines ?

D’autant que l’on ne parle plus d’un driver chaque année, mais de trois…

Le modèle EPIC Speed aurait été conçu pour augmenter la vitesse de swing (par sa forme). Je trouve surtout des différences de niveau de spin, très notables par rapport à la tête suivante…

Le modèle EPIC Max serait le plus tolérant (comprenez celui qui propose le plus de moment d’inertie). Il présente surtout distinctement un poids coulissant de 17 grammes à l’arrière, pour faire évoluer l’angle de placement de la face à l’impact.

Enfin, l’EPIC MAX LS aurait été pensé pour les golfeurs qui veulent baisser le spin, tout en disposant d’un moment d’inertie élevé. Deux arguments qui sont normalement contradictoires, et qui m’interroge…

Callaway affirme qu’il s’agirait du driver favorisant le plus le fade… Je n’ai pas fait ce constat. La tête est encore trop « closed-face », à savoir la position du manche par rapport à la couronne incite un placement des mains avancées dans le stance.

Pour mon swing atypique, j’ai trouvé que les trois têtes m’enfermaient beaucoup sur le côté gauche du fairway (chemin de club très intérieur-extérieur).

Ci-dessus, mon test de l'Epic Max avec mon shaft Project X Black stiff, et la tête réglée sur un loft de 9,5 degrés. J'ai eu beaucoup de mal à mettre la face square ou même à droite !

Même type de trajectoire avec le modèle EPIC Speed. Dans un prochain sujet de test, je détaillerai davantage les données. Sur le graphique ci-dessous, vous pourrez constater que pour les trois têtes, la majorité des balles vont se poser sur la gauche du fairway...Le caractère closed-face des trois têtes explique pour partie ce résultat, et chez un golfeur avec un swing assez intérieur-extérieur.

Les têtes SPEED et MAX sont proposées en 9 – 10,5 et 12 degrés de lofts, tandis que la MAX LS sera proposée dans deux lofts seulement, à l’exclusion de la 12 degrés. Ces drivers arriveront dans vos magasins le 18 février 2021.

D'ici là, la marque a déjà mis à disposition des golfeurs amateurs, au studio jeudegolf, plusieurs têtes, et plusieurs shafts, qui permettront donc à certains d’entre vous de venir les tester, pour concevoir le futur article de test, fruit de plusieurs expériences objectives.

En complément de cet article, vous pourrez retrouver l'interview de Médéric Cocaire qui nous présente ces drivers sur jeudegolf.tv

En conclusion, n’achetez pas un driver parce que vous y êtes influencé par le marketing, les photos sur Instagram ou l’avis d’un tel ou d’un tel ou par rapport à des performances de toutes façons au maximum, mais parce que vous avez un coup de cœur pour le dessin, le son ou le touché, des arguments finalement seulement personnels.

Et encore plus important, si la tête, le manche, et le grip présentent des caractéristiques qui permettent d’optimiser votre jeu.

Les drivers Callaway cochent beaucoup de cases, sauf celle correspondant à des swings très intérieurs-extérieurs, car même la tête MAX LS est encore trop « close-faced » de mon point de vue.

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Commentaires   

edepaire@gmail.com
0 #1 Driver sans offsetedepaire@gmail.com 28-03-2021 22:00
Quand vous aurez trouvé un driver fait pour les non slicers merci de m’en informer car j’ai moi aussi un chemin très intérieur ..Je vous comprend tout à fait

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