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Wedges Titleist Vokey SM6: L’héritage de Bob Vokey

Pour Titleist, l’événement du début d’année consiste dans le lancement auprès des joueurs professionnels du PGA Tour de la nouvelle gamme de sandwedges Titleist Vokey SM6. Quelques jours plus tôt, nous avions eu l’occasion de croiser ces clubs au PGA Merchandise Show d’Orlando, en même temps que son concepteur Bob Vokey, pas peu fier de sa nouvelle ligne. Qu’est-ce que l’on peut réellement attendre de nouveaux wedges ?

Le lancement savamment orchestré des wedges Titleist Vokey SM6

Cela fait déjà plus d’un mois que les premiers joueurs du PGA Tour ont reçu leurs nouveaux wedges SM6 dessinés par l’illustre Bob Vokey.

Accompagné de son fidèle bras droit Aaron Dill, Vokey s’est rendu sur le practice du TPC de Summerlin pour apporter à chaque joueur en contrat avec Titleist plusieurs nouveaux wedges SM6.

On vous passera le commentaire de Geoff Ogilvy, vainqueur de l’US Open 2006, qui devant la caméra ne manque pas de se demander « Mais n’est-ce pas un game changer ? », la phrase favorite des marques de matériel !

Celle qui évoque un produit extraordinaire qui va changer à jamais votre vie de golfeur.

Plus raisonnablement, Dill et Vokey se sont mis en quatre pour apporter à chaque joueur le club le plus parfait, et le plus adapté.

Contrairement à ce que vous pourriez croire, le sandwedge est le club le plus important du sac du professionnel.

Comme le rappelle Bob Vokey, les pros jouent pour gagner leurs vies. Et le sandwedge est le club qui fait la différence entre un chèque de 1000 dollars ou un chèque de 50 000 dollars.

C’est peu dire que les pros qu’ils s’appellent Jason Dufner, Adam Scott, Geoff Ogilvy ou Alexander Levy se montrent très observateurs et très intéressés quand on leur apporte un nouveau wedge.

Ils regardent d’abord la forme générale de la tête, puis la semelle. Pour Aaron Dill, le bras droit de Vokey, il est très important que le club paraisse beau.

Plus le wedge sera beau, et plus le pro sera enclin à l’apprécier, et en fait, à lui faire confiance.


Après ce premier contact, s’en suit un incessant balai entre le practice et le camion de fitting pour ajuster le lie, travailler la semelle, et apporter toute une série de petites modifications qui vont permettre la personnalisation du club au joueur.

Là-aussi, c’est sans doute un concept pour nous amateur, mais le wedge est peut-être le club le plus important à fitter.

En fonction de votre angle d’attaque, un rebond peut être plus adapté qu’un autre.

Depuis que j’ai utilisé le Cleveland Wedge Analyzer, personnellement, je ne conçois plus le wedging de la même façon !

Après plus de vingt ans de golf, je viens seulement de découvrir que j’étais un joueur qui avait besoin d’un rebond très faible, alors que comme la plupart d’entre vous, je joue les wedges que je trouve dans le commerce, des wedges de rebond standard.

Sur le tour, cela fait belle lurette que les pros ne se posent plus ce type de questions.

Qu’est-ce qu’une série SM6 peut apporter de plus par rapport à la précédente SM5 ?

Cosmétique ? Marketing ? ou véritable innovation ?

Titleist ne nous a pas permis d’assister à la conférence de Bob Vokey à Orlando

Qu’est-ce que 500 000 golfeurs français par rapport à 3 ou 4 millions de golfeurs pour le seul état de la Floride ?

Qu’à cela ne tienne, nous avons tendu l’oreille, et on s’est baladé sur le stand Titleist en quête d’informations utiles.

Depuis plusieurs années, le discours de la marque, et en fait celui de Bob Vokey, ne varie pas.

Les wedges sont une affaire de lofts, de semelles et de fitting par rapport à chaque swing, sans oublier la gestion des écarts de lofts.

Avec le SM6, cela ne change pas sauf que la marque a considérablement réduite son offre, enlevant les versions les plus spécialisées pour faciliter le choix.

C’est d’ailleurs une tendance de fond de la filière, et pas seulement chez Titleist.

La raison étant surtout que les distributeurs ne veulent plus stocker autant de références différentes…

Dans la bouche de Bob Vokey, l’essentiel est ailleurs. Pour lui, le rebond doit être votre ami !

Selon son point de vue, chaque joueur devrait mettre le plus de bounce que son swing lui permet…Dans mon cas, visiblement très peu !

Si Titleist a réduit le nombre de bounces proposées sur la SM6, en revanche, la marque propose toujours un large éventail de lofts, allant de 46 à 62 degrés.

Passé ces considérations d’ordre organisationnelle, la véritable plus-value du SM6 tient dans le fait que Vokey a travaillé sur le centre de gravité de ses wedges.

Plus précisément, l’idée conductrice consistait à aligner la position du centre de gravité avec le point d’impact idéal recherché par les joueurs sur le tour.

Il a travaillé sur ce seul point pendant six ans.

Pour y parvenir, il a commencé par changer la structure de son wedge, redessiner la tête, et changer la forme du « muscle back », et ce, en fonction du loft de chaque club.

En résumé, le centre de gravité est déplacé vers le haut de la face à mesure que le loft augmente, pour justement maintenir une cohérence avec le point d’impact réel avec la balle.

C’est nécessaire, car plus vous ajoutez du loft, et plus vous frappez la balle plus haute dans la face.

Sur la série SM5, la hauteur du centre de gravité était déjà plus haute que sur une série de fers AP2, notamment les lofts de 46 à 54 degrés, tandis qu’elle était plus basse par rapport au lob wedge.

Sur la série SM6, le centre de gravité va être au même niveau du loft 46 au loft 52 degrés, et ensuite, cela monte progressivement et doucement sur 54 et 56, avant d’atteindre son point le plus haut sur le 58 degrés.

Pour quel bénéfice ?

C’est toute la question.

Du point de vue de Bob Vokey, il favorise un meilleur contrôle de la distance, et une plus grande consistance.

Pour lui, les pros vont pouvoir beaucoup mieux travailler leurs trajectoires.

En quelque sorte, il veut renverser l’équation. Ce n’est plus le club qui façonne la trajectoire du coup. Désormais, c’est le joueur !

Concrètement, pour parvenir à ce résultat, Vokey a donc ajusté le dos de ses wedges, ce qui s’appelle le Muscle Back, littéralement le dos musclé en français !

Par rapport au SM5, vous ne trouverez pas de différences sur les wedges 54 et 56 degrés.

En revanche, sur un 58, comme les coups sont plus hauts dans la face, et que le centre de gravité du club doit être plus haut, la section centrale du muscle back a dû être affinée, et ce pour ajouter du poids sur la partie supérieure.

Toujours dans cette optique de déplacer le centre de gravité, Vokey a aussi travaillé sur le fait de varier la longueur des hosels en fonction du loft.

D’un 50 à un 60 degrés, les différences au niveau du hosel sont très marquées.

Enfin, toujours dans la comparaison entre SM5 et SM6, il faut noter que sur les lofts les plus fermés, les têtes paraissent un tout petit peu plus petites, alors que c’est l’inverse quand on arrive sur les lofts les plus ouverts.

En résumé, le SM6 est bel et bien changé par rapport au SM5 : gestion du hosel, taille progressive, dessin du muscle back, position du centre de gravité…

Je ne sais pas si c’est un game changer, mais c’est certainement un club très changé !

D’ailleurs, certains confrères parlent déjà plus de révolution plutôt que d’évolution.

Pourtant, il y a un juge de paix ! La performance sur le terrain !

De ce point de vue, les premières constatations laissent penser que le SM6 propose les mêmes conditions de lancement que le SM5.

Autrement dit, les changements sont difficilement perceptibles par le commun des mortels. Certains diront que le contact est plus agréable…peut-être.

Le fait est que Vokey veut démontrer que les wedges SM6 permettent surtout de mieux contrôler les distances, et d’être plus consistant (plus régulier) dans la frappe de balle.

Il y a encore un point sur lequel la marque peut argumenter pour proposer un gain quantifiable : les rainures !

Comment ne pas parler de rainures quand on évoque des wedges ?

C’est bien entendu, l’un des éléments qui est le plus important.

Titleist argumente sur le fait d’avoir mis au point de nouvelles rainures appelées TX4.

Comme précédemment, les rainures sont plus fines et plus profondes sur les lofts les plus fermés, et plus larges et plus étroites sur les lofts les plus ouverts.

Sur les SM6, Titleist a innové en accentuant l’accroche de la face au travers de cinq mini rainures supplémentaires entre les lignes.

Objectif : Renforcer le spin.

Depuis le fairway, nous ne devrions pas trouver de différences au niveau du spin alors que depuis le rough, selon la marque, elle aurait trouvé un gain supplémentaire de 200 tours par minute.

Quelle performance ?

En conclusion, si les wedges Titleist Bob Vokey SM6 s’inscrivent dans la tradition des plus beaux wedges de la marque, et si le fait de déplacer le centre de gravité fait du sens, les premiers retours utilisateurs laissent penser que l’amélioration est marginale.

En somme, pour un wedge, il faut dépenser des trésors d’inventivités pour changer un tout petit peu les choses.

Quelque part, n’est-ce pas logique dans un domaine où les possibilités d’actions restent limitées ?

Et encore, avec le SM6, Bob Vokey s’est dépensé sans compter !

Le véritable message important que ce soit avec le SM6 ou le SM5, c’est surtout d’essayer les différentes versions de semelles proposées pour trouver celle qui va correspondre à votre swing, et n’oubliez pas que les rainures s’usent très rapidement.

Les wedges sont les clubs qu’il faut changer le plus régulièrement dans un sac de golf. Bob Vokey espère bien que vous penserez à lui…

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