Wedges TaylorMade Milled Grind 2 Black: La face RAW

Deuxième itération des wedges TaylorMade Milled Grind, la version 2 entend combiner la précision de l’usinage avec la technologie de la face « Raw », qui elle a été imaginée pour augmenter le spin, la précision et le toucher. Si la face est censée rouiller avec le temps, la tête dans son ensemble devrait conserver son aspect original. Le beau est-il nécessairement bon ? TaylorMade nous a envoyé un wedge 50 degrés pour le tester…

Les principales caractéristiques techniques du Milled Grind 2 Black

S’agissant des caractéristiques techniques de ce nouveau wedge TaylorMade, il faut retenir principalement la semelle usinée, ce qui commence à être une véritable marque de fabrique pour la firme californienne, le dessin de tête qui varie les épaisseurs (Thick-thin), et l’insert TPU à l’arrière de la cavité.

Pour la semelle Milled Grind, TaylorMade veut nous démontrer que son nouveau processus de fabrication propose un niveau de tolérance difficilement égalable par l’action humaine.

Le résultat est une semelle précisément dessinée pour une optimisation maximum du contact avec le gazon, et des performances régulières coups après coups.

Pour le dessin de la tête, en redistribuant le poids, les ingénieurs estiment qu’ils peuvent optimiser la position du centre de gravité, pour un vol de balle plus précis, et un toucher améliorer.

Enfin, l’insert en TPU au dos du wedge doit amortir les vibrations à l’impact, pour un contact plus solide, et donc toujours plus de toucher à l’impact.

Disponible en deux finitions, satin chrome et mat black, c’est justement dans cette dernière option que TaylorMade a envoyé un échantillon à tester.

Pourquoi un nouveau wedge 2019 ?

Deux ans après la première version du Milled Grind, TaylorMade revisite son club, et toujours autour de l’argument de l’usinage de précision de la semelle, et du rebond (bounce), pour une meilleure régularité de production.

Les wedges Milled Grind ne font pas mystère du fait qu’ils ont été imaginés pour les golfeurs professionnels.

Sur la version 2019, la nouvelle finition RAW au niveau de la face rappelle le principe ROTEX déjà vu chez Cleveland, avec la gamme RTX.

Il s’agit de renforcer la rugosité du toucher, et surtout ajouter de la « friction » à la balle quand elle touche la face, et ce pour optimiser le spin, et en produire avec plus de régularité.

Autre avantage revendiqué par la marque, cela devrait produire un vol de balle plus stable, et moins d’effet de glissement (skid), juste après l’impact de la face avec la balle.

Pour y parvenir, TaylorMade a justement conçu des rainures plus étroites, et plus profondes, les ZTP Grooves. Ces rainures sont entrecroisées avec des marques réalisées au laser, pour donner un côté encore plus agressif à la face.

L’usinage réalisé avec une machine CNC est autant visible sous la semelle que sur le leading edge (bord d’attaque du wedge). Selon TaylorMade, cela a été réalisé avec une méthode bien plus précise par rapport à l’usinage traditionnel et manuel, et pour plus de régularité.

Pour le fabricant, c’est une façon de garantir une plus grande constance dans sa production, d’un club à un autre.

Par rapport au précédent wedge, TaylorMade a procédé à un léger relooking, surtout visible à l’arrière de la tête.

Personnellement, je trouve cela très réussi, et confère une véritable « personnalité » à ce wedge.

Pour avoir testé ce wedge en situation de chip, je pense avoir peut-être trouvé une utilité à l’usinage sous la semelle, et sur le bord d’attaque. Il est effectivement possible, mais je ne peux pas le prouver « scientifiquement » ou au moins avec certitude, que cela permette de mieux « couper » le gazon au contact du sol.

Sur des chips à 10 mètres du green, et malgré un sol assez gras, je n’ai pas réussi à prendre le club en défaut, et été plutôt régulier dans mes distances, avec bien entendu une amplitude ou vitesse de swing relativement constante.

Cela étant, est-ce vraiment quelque chose qui permet de distinguer un wedge par rapport à un autre ? Je n’en suis pas certain, au-delà d’avoir effectivement des bonnes sensations.

En complément, j’ai réalisé un test plus « mathématique » à l’aide du Trackman 4, et sur des situations de pleins coups à 65/70 mètres du green.

Un premier essai m’a fourni des résultats surprenants, et pas dans le bon sens du terme.

Le test

Avec une vitesse de swing avoisinant les 70 mp/h, un plein coup sans une forte intensité, le smash factor était dans les attendus pour ce type de club (en général, j’obtiens entre 0.95 et 1.00 de smash factor), la roule m’a paru plus importante par rapport à des wedges de lofts comparables (50 degrés).

Soit environ 8 mètres contre 5 avec un Mizuno S18 ou un Cleveland RTX-4.

Je me suis d’abord rendu compte que cela venait de mon geste.

A l’impact, je fermais beaucoup trop la face. Le loft dynamique descendait trop bas (39 degrés pour un wedge 50).

Le taux de spin était bas, mais c’était surtout l’angle d’atterrissage qui n’était pas conforme à un coup de cette nature.

J’ai donc refait le test en contrôlant plus précisément le loft dynamique (je l’ai remonté de 3 degrés pour être en conformité avec les autres wedges testés dans la même situation).

Malgré cela, la roule donnée à la balle est restée plus importante (7 mètres contre 5 dans cette situation).

En réalité, le niveau de spin donné à la balle en comparaison de la trajectoire est bien plus faible qu’un wedge Mizuno S18 ou un Cleveland RTX-4. J’ai même vérifié avec un Mizuno T7 pour trouver le même écart.

En matière de test de sandwedge, il est très rare de trouver des écarts notables entre un club et ses concurrents.

Quand on passe le doigt sur la face du TaylorMade Milled Grind 2, on pourrait s’attendre à ce que la face soit effectivement plus RAW ou surtout plus rugueuse.

En le comparant au TaylorMade Hi-Toe qui n’est pas muni de ce type de face, au toucher, je n’ai pourtant trouvé aucune différence notable, ou flagrante.

Visuellement, on voit bien que la face a été retravaillée, et donne cet aspect, mais on ne le sent pas au toucher.

En toute transparence, c’est aussi assez peu flagrant au toucher avec une face Rotex Cleveland sur le même principe.

Seulement, sur un RTX-4, le « fraisage » de la face est sur toute la surface, y compris hors de la zone de frappe, tant et si bien que l’on peut sentir un petit quelque chose de « grip ».

L’effet Raw semble bien plus visuel que « physique ».

Ce n’est peut-être pas la seule explication, mais sur le seul club mis à disposition par TaylorMade pour faire le test, le niveau de spin n’est pas au rendez-vous.

A titre de comparaison, je n’ai pas trouvé ce manque sur le modèle Hi-Toe testé le même jour !

Ce test n’a pas valeur de vérité absolue, mais pas moins que les tests des sites anglais qui affirment que le niveau de spin de ce wedge est plus bas qu’un Callaway MD5 Jaws sur les pitchs en bord de greens, et équivalent sur des pleins coups !

C’est donc un test et une information à prendre avec des pincettes.

Si vous êtes intéressé par ce club, ce sera un point à vérifier sur un wedge 50, 52, 56 et/ou 60 degrés.

A ce stade, et sans plus d’éléments, je reste dubitatif, et malgré le fait que le club est très beau visuellement, et donne l’envie d’être mis dans son sac.

Cependant, on attend d’un wedge une précision extrême au niveau du contrôle de profondeur, et un minimum de roule. Si le compte n’y est pas, c’est un argument suffisamment important pour qu’il soit éliminatoire.

Concernant la régularité des distances produites avec un wedge, un autre argument défendu par TaylorMade, je ne dois pas être un assez bon golfeur pour arriver à atteindre cet objectif, qui serait pourtant si prolifique pour ma carte de score.

Sur 10 balles, la plus longue parcoure 79 mètres, et la plus courte 59, soit 20 mètres d’écarts en tentant de produire le même coup.

Contrairement à ce que vous pourriez penser, ce n’est pas la vitesse de swing qui est en cause.

Avec ce test, j’ai pu mettre en lumière, et cela fera sans doute l’objet d’un autre article que notre irrégularité d’amateur est en fait lié à la difficulté d’amener la face de club de manière régulière sur la balle.

On parle plus souvent du problème du contrôle de la face, entre fermée, ouverte ou square, mais sans doute pas assez du même phénomène concernant le loft dynamique.

Entre le coup à 59 et le coup à 79 mètres, j’ai swingué 2 mp/h plus vite pour aller à seulement 59 mètres !

En revanche, en tentant de répéter le même geste, j’ai modifié le loft dynamique de près de 10 degrés entre les deux coups ! A savoir, j'ai plus fermé ou plus ouvert la face entre les deux tests.

Pour 59 mètres, mon loft dynamique était de 43 degrés (wedge de 50 degrés), alors que pour 79 mètres, il était de 33 degrés ! Dans les deux cas, je n’ai pas fait exprès de créer de tels écarts.

En moyenne sur 10 balles, mon loft dynamique serait plutôt de 41 degrés pour en moyenne 68 mètres, mais comme l’exprime souvent Richard Hurvitz, ancien golfeur pro et enseignant à Salvagny, on ne joue pas au golf pour taper des coups moyens.

Pour achever de vous convaincre, sur 10 balles, mon écart-type de vitesse de swing était seulement de 1.7 mp/h, soit entre 66 et 68 mp/h à chaque coup.

Concernant mon loft dynamique, cette valeur a bougé du double, à savoir 3.6 degrés !

Dans le même temps, l’angle de la face, en moyenne ouverte à 5 degrés, a subi une variation de 3.9 degrés !

Plus que la vitesse, c’est la gestion de la face par un golfeur amateur qui entraîne de grandes variations dans les résultats, et le contrôle des balles. Le club peut légèrement corriger le phénomène, mais certainement pas le régler complètement.

Avec un wedge Mizuno T7, mes valeurs d’écarts types ont été deux fois moindres, signe que le TaylorMade ne devait pas m’être complètement adapté pour une raison ou une autre.

Bilan

Ce n’est pas raisonnable de donner un avis trop tranché sur le test d’un seul wedge. Il peut arriver de trouver des différences de résultats entre un wedge 50, 56 ou 60 degrés.

Cependant, pour ce test, et pour l’instant, il y a un loup.

Conçu ou pas pour et par Tiger Woods ! Est-ce un club seulement pour bons joueurs ? C’est difficile d’affirmer cela.

C’est finalement un wedge dont le dessin est assez classique, qui n’est pas plus ou moins tolérant qu’un wedge Callaway MD5 ou un Cleveland RTX-4.

Sans les données révélées par le Trackman, à l’œil nu, je n’aurai vu aucune différence rédhibitoire, et surtout à plus de 50 mètres. J'aurai donc tendance à relativiser mon propre test.

Toujours à la différence de « collègues », autant je ne suis pas convaincu par le RAW sur la face, autant je n’ai pas remarqué que cela abîmait particulièrement les balles.

En revanche, j’ai découvert avec stupéfaction, le lendemain de mon test sur sol humide et gras, et sans avoir immédiatement nettoyé la face, que cette dernière avait déjà pris des traces noires indélébiles.

La face RAW a pris des tâches de rouilles (moins de 24h), que je n’ai pas réussi à enlever.

Effectivement, la face RAW se transforme très rapidement !

Pour avoir testé des wedges Cleveland, Mizuno et Callaway dans les mêmes conditions, je n’ai pas relevé du tout ce phénomène sur les autres wedges.

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