Wedges TaylorMade Milled Grind Hi-Toe: Relever la face!

Plusieurs semaines après nos collègues anglo-saxons, plus prompts à encenser les marques, nous avons reçu de la part de TaylorMade, un échantillon du wedge Milled Grind Hi-Toe, un club tout à fait original. L’originalité est-elle gage de performance ? Que peut-on vraiment retenir de ce produit ? Quelle utilité d’une pointe plus haute sur un wedge pour les golfeurs amateurs ?

C’est quoi un wedge hi-toe ?

C’est le jeu de qui s’inspire de qui… Callaway, TaylorMade et Ping ont toutes tour à tour proposées des wedges anticonformistes comme le PM Grind (Callaway), Eye 2 Sand Iron (Ping) et donc le Milled Grind Hi-Toe (TaylorMade).

Toutefois, dans le cas du Hi-Toe, il y a déjà un premier élément fortement différenciant : l’aspect cuivré, qui, indéniablement en fait un objet à part dans un rayon de magasin, ou mieux, dans un sac de golf.

Ce club phare dans la gamme TaylorMade, 4eme acteur sur le marché français pour les wedges avec environ 10 à 15% de part de marché, est décliné du 50 au 64 degrés, avec pour chaque club, une zone en pointe « toe area » conçue pour délivrer un maximum de spin, que vous tapiez un swing complet ou un demi-coup en bord de green.

Les wedges Hi-Toe sont aussi déclinés selon trois différentes semelles pour s’accommoder de chaque style de jeu, et surtout style de coup.

La semelle standard se retrouve sur les lofts 50, 52 et 54 degrés, plus souvent dédiés à des pleins coups, et selon le fabricant.

Cette semelle est aussi celle qui conviendrait le mieux à des conditions de gazons normales, ni un terrain trop sec, ni un terrain trop gras.

Nous avons justement reçu à l’essai le 52 degrés.

A partir du 56 degrés, et jusqu’au 60, TaylorMade propose une autre semelle dite « 4-way » plus cambrée avec un bounce (rebond) de 10 degrés.

Cette nouvelle semelle présente un traiing edge (bord de sortie) et un dessin du talon augmenté pour mieux convenir aux swings des golfeurs déplaçant le club selon un plan plus vertical, toujours sur un terrain plutôt normal, et où du sable fin (bunker).

Dernière semelle, la fameuse ATV est aussi possible du 58 au 64 degrés.

Il s’agit d’une semelle avec un bounce plus prononcé (12 degrés).

Le bord d’attaque du club est plutôt dessiné en V pour « couper » plus facilement le gazon ou le sable, et dans le but d’un meilleur contact.

Quoi qu’il en soit la gamme Hi-Toe a surtout été imaginée pour les bunkers, situation dans laquelle, on a vraiment besoin de « verticaliser » son swing, en même temps que d’ouvrir la face au maximum, afin de sortir la balle du sable, et du bunker, surtout quand la lèvre est prononcée.

Par rapport au PM Grind de Callaway, le Hi-Toe n’est pas aussi marqué, surtout sur le modèle 52 degrés. Si ce n’était pas marqué sur le club, j’aurais eu du mal à concevoir que c’était véritablement un club avec une pointe relevée.

Dans les faits, une face avec une pointe relevée ou allongée devrait présenter un intérêt au moment d’ouvrir la face du club vers le ciel, et de se donner plus de rainures à traverser ou frotter au moment du contact.

En quelque sorte, il s’agirait d’augmenter ses chances de donner du spin à la balle, et de réduire la marge d’erreur.

Personnellement, je ne tente de sortir d’un bunker avec une face ouverte avec un 52 degrés que très rarement, peut-être pas plus d’une fois par an !

Le principe d’Hi-Toe n’a pas vraiment d’intérêt sur les wedges aux lofts plus fermés.

J’ai encore du mal à comprendre pourquoi l’échantillon envoyé sur un tel modèle a été un 52 degrés.

Pas qu’une question de pointe ! La semelle a aussi son importance !

Avec plus de poids du club déplacé vers le haut, la semelle doit forcément être un peu allégée pour garantir un équilibre global du wedge.

C’est donc l’explication des trois petites cavités creusées au dos du wedge. Elles ne sont donc pas que cosmétiques !

Le swing weight du club serait ainsi en D5 selon TaylorMade.

Toujours s’agissant de la semelle, certains de mes collègues anglais expliquent qu’elle est légèrement concave, ce qui expliquerait son caractère plus « versatile », comprenez plus adaptable à tous les différents terrains.

Pour ma part, au moment de passer ma main sous la semelle du wedge 52 degrés, je sens cette semelle surtout « droite » plus que concave.

Ou alors si elle est concave, c’est vraiment très fin, et difficile à voir. A vérifier sur les autres lofts de cette gamme…

Pourtant, ils argumentent que la réduction du bounce au centre de la semelle permet à la marque de placer le bord d’attaque plus près de l’arrondi, et donc de passer plus facilement sous la balle.

Depuis que je teste des clubs de golf, c’est exactement le type d’argument qui est difficilement vérifiable ou même invérifiable par un amateur de golf.

Au sujet de ce wedge, je préfère mettre en avant la réussite du dessin, l’esthétisme de ce wedge finition cuivre, et par exemple, on sent très bien dans les doigts les lignes usinées sous la semelle.

Je ne sais pas encore si cela présente un intérêt technique mais cela fait partie de l’ADN de ce club, qui visuellement est très réussi.

A noter, TaylorMade vous prévient que le club va rouiller. Il pourrait préciser qu’il va rouiller dès la première utilisation sur un terrain gras et humide.

Le lendemain de ma première utilisation, je pouvais déjà constater le changement d’aspect du club. Avis aux amateurs ou pas…

Il n’y a pas d’actions humaines ou d’actions de polissages à la main pour ne pas faire varier la constance du club d’un wedge à un autre.

Comment vanter une production industrielle par rapport à une production artisanale !

Test sur le terrain et en studio

Sur le terrain, cette gamme de wedges n’est pas celle qui présente le plus de rebond.

C’est particulièrement visible avec le 52 degrés.

Sur un terrain plus gras, vous aurez intérêt à ouvrir un peu la face du club, pour plus le faire reposer sur le dos, et ainsi augmenter artificiellement le rebond.

C’est un truc à savoir, et à respecter à propos d’un wedge, surtout en automne, quand les parcours sont bien humides…

Bien entendu, la meilleure façon de savoir si vous pourriez bénéficier d’un wedge Hi-Toe par rapport à un wedge classique, c’est encore d’essayer depuis un bunker, et voir quel club vous donne le plus de régularité…C’est plus facile à dire qu’à faire, les fittings de wedges sont moins courants…

La différence entre le wedge Hi-Toe et le wedge TaylorMade Milled Grind classique tiendrait surtout sous la semelle, avec un relief en talon légèrement plus marqué pour le Hi-Toe.

Personnellement, je trouve que c’est imperceptible…

Pour l’avoir testé (52 degrés) en situation de chipping sur un terrain vraiment gras et humide, en alternant chip levé ou punché, en ajoutant du bounce ou en réduisant, je n’ai pas trouvé d’éléments notables à rapporter.

C’est le principal défaut de la communication autour du matériel de golf : Faire croire que c’est le club qui fait mieux jouer le golfeur.

Si vous êtes bon dans le domaine du petit-jeu, vous serez bon avec ce club. Si vous êtes irrégulier, vous serez irrégulier.

C’est vraiment l’esthétique du club qui peut être un élément déclencheur de l’acte d’achat, et bien plus que la liste des arguments techniques pas toujours facilement vérifiables.

En revanche, pour avoir conduit un test de plein coup à une vitesse modérée, j’ai bien vérifié le fait que c’était un wedge qui donnait plutôt beaucoup de spin à la balle.

Sur des coups à 65/70 mètres du green, avec le 52 degrés, j’ai délivré un smash factor très correct avec un taux de spin plutôt élevé (plus de 8500 tours pour des coups tapés à 70 mp/h).

Là-encore, quand on compare à d’autres wedges, c’est difficile de démontrer une performance supplémentaire ou l’inverse.

Les écarts entre un Hi-Toe, un Callaway JAWS ou même un Cleveland CBX 2 sont très faibles.

Objectivement, c’est bien le look du club qui prime sur tout le reste.

Bilan du test

Pour ma part, j’ai été plutôt positivement surpris par ce club.

Justement son aspect cuivré un peu unique pourrait tout à fait en faire un club de mon sac, et bien plus que l’argument du Hi-Toe, et même si sur le 52 degrés, je trouve un peu plus de spin à la marge.

Pour un wedge, le spin ne fait pas tout !

Il faut aussi prendre en compte l’angle d’atterrissage, la hauteur de balle ou encore le spin loft pour comprendre comment le joueur utilise le club…et comment diminuer la roule au maximum.

Pour l’illustrer, dans les mêmes conditions de test, avec un wedge Callaway MD4 52 degrés, je peux donner 1000 tours de spin de moins à la balle, et arrêter la balle 1 mètre plus vite, si l’angle d’atterrissage est de 47 degrés contre 41 avec le Hi-Toe.

Le choix du manche, le swing du joueur, c’est autant de paramètres qui empêchent d’affirmer avec certitude qu’un wedge est supérieur à un autre.

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