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Wedges PING GLIDE 3.0: Pour l'amour du spin

Tous les 18 mois, qu’il pleuve, qu’il vente, qu’il neige, PING lance un nouveau wedge. Après le Glide 2.0, voilà le Glide 3.0, et dans 18 mois, vous aurez le Glide 4.0 ! Le petit-jeu est certainement le domaine dans lequel les amateurs ont le plus de difficulté à scorer, car bien au-delà du matériel, toute la difficulté du jeu de golf se concentre en quelques coups, qui font la différence entre sauver le par ou double-bogey. De tous les clubs de golf, le wedge est certainement le club le moins technologique, mais le plus fin et le plus esthétique à réaliser.  C’est d’ailleurs dans ce domaine que des clubmakers comme Edel trouvent le plus grand terrain d’expression…PING entend nous démontrer qu’ils ont trouvé la formule pour créer encore plus de spin ! Crédible ?

En matière de ventes, si PING réalise en 2019 une année exceptionnelle pour les bois et les fers, ce n’est jusqu’à présent pas le cas pour les wedges.

C’est peu dire que la marque n’a pas image dans ce domaine, et aux yeux des consommateurs français. 

Glide, Glide 2.0 et peut-être Glide 3.0, PING est très loin du podium pour les ventes, et même seulement en cinquième position derrière TaylorMade, avec une part de marché peut-être comprise entre 4 et 8%.

Avant de parler d’un nouveau produit et d’expliquer en quoi il peut changer la vie des golfeurs, il faut admettre que les précédents modèles n’ont déjà pas séduit ou rencontrer leur public.

Cette réalité n’est pas d’aujourd’hui.

Depuis plusieurs années, PING n’a jamais réussi à peser sur ce segment, très largement dominé par deux acteurs, Titleist et Cleveland.

Depuis au moins trois ans, les ventes de wedges PING n’ont pas réellement décollé, et pire, la marque s’est fait dépasser par TaylorMade, qui jusqu’alors était le moins bon élève de la classe en la matière, en tout cas pour les marques du big-five.

D’un point de vue commercial, il y a surement urgence de proposer un nouveau produit pour tenter de rebondir.

D’un point de vue du discours technique, et c’est le problème avec un wedge, c’est très difficile d’argumenter sur un gain ou une révolution.

C’est pourtant ce qu’essaie de faire PING, alors qu’il faudrait plutôt investir le terrain de l’authenticité, et de l’esthétisme.

Parler de la pureté de la lame, du dessin, et de la finesse des détails, et quelque part, vendre un objet beau.

A 155 euros le wedge acier, et même 165 euros le wedge graphite, PING s’enflamme.

Dans le domaine des équipements pour le golf, il y a bien un domaine qui connait une inflation relative ou contenue, c’est le wedge avec un prix moyen marché qui reste régulièrement sous la barre des 130 euros.

Alors que dans le domaine des bois de parcours, PING a pris cette année la première place pour les ventes de drivers en France, et justement à la faveur d’une stratégie produit/prix pertinente, en ne suivant pas la surenchère de TaylorMade et Callaway, PING semble faire l’inverse dans le domaine du wedging, où elle n’a pas l’image et la crédibilité pour le faire…

A 155 euros le wedge, PING se met hors marché, ce qui n’était pas le cas avec le Glide 2.0, qui jusqu’à présent en magasin sortait bien autour de 130 euros.

Dans le communiqué envoyé à toute la presse, on vous explique que cette fois, c’est la bonne ! Les ingénieurs ont repensé de fond en comble la conception du wedge !

Ils ont repensé tous les composants du club pour créer un design à spin élevé, plus tolérant, et plus léger.

Un concept à spin élevé pour un wedge ?

Il est intéressant de préciser que sur un coup de wedge à 50 mètres, la balle ne vole au mieux que 3 secondes, et alors que dans l’industrie du golf, on adore parler en tours par minute, pour annoncer des chiffres faramineux, comme par exemple 6000 ou 7000 tours.

Pendant 3 secondes, cela veut tout simplement dire au mieux 370 ou 380 rotations réelles de la balle !

A l’inverse, « dans la vrai vie », la balle qui va donner le moins de spin ne va en prendre que 250.

La fonction première d’un wedge, c’est de donner beaucoup de spin.

Affirmer avoir trouvé la formule pour en donner plus que plus, c’est tout de même osé, et révélateur du fait que PING est loin d’être la marque qui utilise le moins le marketing de la promesse dans sa communication.

Ce n’est pourtant pas la perception qu’ont les golfeurs, car pendant des années, PING a infusé avec succès un autre message « Ah, nous quand on sort une nouveauté, c’est du sérieux et ce n’est pas du blabla… »

Dans son discours, il y a pourtant un élément qu’il faut retenir, et certainement pas l’idée du spin élevé, mais plus la légèreté.

Alors que la tendance de fond du marché, en lien avec le vieillissement de la population, est justement à des drivers plus légers, il était étonnant que le domaine des wedges ne s'empare pas de la tendance.

Il y a d’ailleurs toujours un paradoxe avec les wedges : Les marques proposent de multitudes de combinaisons, pourtant, les magasins stockent toujours à peu près les mêmes références entre 52, 56 et 60 degrés, et avec le même manche acier.

A l’heure du fitting, c’est un peu étonnant de vanter l’ajustement des bois et des fers aux amateurs, et ne pas le faire pour le wedge.

Sur ce point, PING semble bien déterminé à proposer une multitude d’options de finitions et de semelles.

C’est certainement l’avenir à condition que les magasins jouent vraiment le jeu du stock.

La bataille des wedges se gagnera demain sur le fitting sur-mesure, justement aussi quand les golfeurs prendront conscience qu’il s’agit des clubs les plus importants du sac, et qu’il est nécessaire de les changer plus régulièrement, à cause de l’usure.

« Avec la gamme Glide 3.0, nous avons élargi notre cible en proposant une ligne se démarquant davantage de nos autres créations et du reste du marché, » affirme John K. Solheim, Président de PING.

« Nous avons abordé la création du design avec le but d’inventer un wedge à spin élevé, avec une belle allure proposant également plus de tolérance avec des sensations améliorées grâce à nos technologies reconnues. Chaque détail des Glide 3.0 est conçu pour améliorer les performances autour des greens, depuis le long chip activant la finition chromée Hydropearl 2.0 permettant d’aider le wedge à bien glisser sur l’herbe. »

Se démarquer du marché ?

Titleist, Cleveland, Callaway et TaylorMade tiennent le même discours, et rivalisent d’offres en semelles et finitions. Ce n’est pas un nouvel argument.

Plus de tolérance avec un wedge ?

C’est-à-dire ? On va faire moins de gratte, moins de top ? Comment un wedge peut-il possiblement être plus tolérant ?

« Du point de vue fitting, nous proposons quatre options d’usinage de semelle, incluant l’option inspirée du sandwedge Eye2, pour s’assurer que les fitters PING puissent trouver à coup sûr le Glide 3.0 convenant le mieux au type de swing du golfeur et aux conditions de jeu rencontrées, » explique Solheim. 

Avec les wedges Glide 3.0, les ingénieurs de PING prétendent avoir mis l’accent sur les sensations et la tolérance, en utilisant une conception multi-matériaux qui combinerait une tête en acier 431 avec un insert en élastomère Custom Tuning Port (CTP) doux et élargi.

Similaire aux fers i210, cette ajout de volume de CTP permettrait de proposer un insert plus large et couvrant plus de surface à l’arrière de la face, pour une meilleure activation de l’élastomère à l’impact et ainsi offrir des sensations à la fois douces et solides.

La nouvelle cavité brevetée et le CTP élargi étend la répartition périphérique des poids, pour améliorer le moment d’inertie et replacer le centre de gravité plus haut, donnant des trajectoires plus basses, plus de spin et plus de contrôle.

Des trajectoires plus basses, plus de spin, et plus de contrôle, ce sont des mots sans preuves ! C’est le golfeur qui swingue, et pas le club…

« Grâce à leurs technologies, les wedges Glide 3.0 plairont à une large gamme de joueurs, du golfeur de compétition à ceux recherchant de la tolérance, », dit Solheim.

« À l’adresse, ils offrent le look net d’un wedge du Tour. Nous avons ajouté un léger offset suivant les désirs des joueurs professionnels pour proposer une allure plus saisissante. Dans le même temps, nous avons étendu le poids périphérique et amélioré les sensations avec un matériau d’insert plus doux, pour s’assurer d’offrir la tolérance nécessaire aux golfeurs sur les coups d’approche. La combination de tout ceci place les wedges 3.0 à part et les rends encore plus attractifs. »

Le procédé de meulage de stries par roulette breveté permettrait de proposer un radius de bord plus large, avec une meilleure interaction avec la balle à l’impact, pour plus de friction, un meilleur spin et un meilleur contrôle de balle.

Les stries des wedges à loft plus bas (46°, 50° et 52°) seraient usinés avec un flanc de 20° et un radius de bord de .005’’, pour des performances optimales sur les pleins coups.

Les versions à lofts plus élevés (54°, 56°, 58° et 60°) disposent d’une demi-strie supplémentaire en bas de la face pour plus de spin et seraient usinés avec un radius de bord de .004’’ et un flanc de 28° pour donner plus d’effet, spécialement autour des greens.

Tous ces arguments sont sans doute intéressants, mais ne constituent pas une réelle nouveauté versus les autres marques, et n’expliquent pas réellement comment le wedge PING Glide 3.0 pourrait donner plus de spin que les autres…

Dans le même temps, la marque refuse ostensiblement de passer des wedges à l’essais pour vérifier ses dires. 

En matière de finitions, PING propose 4 variantes dont la Eye2, qui est pour le coup très personnelle à la marque.

Avec la pointe haute conçue par Karsten Solheim il y a 40 ans, il rappelle par sa face et sa semelle le profil du sandwedge originel Eye2, son hosel court permettrait de s’adapter aux coups de bunkers comme aux approches autour des greens.

La finition Wide Sole devrait être la plus pertinente pour les amateurs, car la plus tolérante avec une semelle ronde et cambrée avec un rebond marqué.

Recommandée aux golfeurs avec un angle d’attaque vertical prononcé et jouant sur des sols souples et du sable fin.

A l’inverse, la finition Thin Sole facilite la création de coups et la polyvalence sur les lies compliqués.

Talon relevé à l’extrême avec la finition de rebond de style PING WRX. Ce serait le wedge idéal pour les conditions fermes.

En réalité, le plus intéressant et le plus pertinent concernant ce nouveau wedge est à suivre…

Le grip et le manche des wedges Glide 3.0 ont été allégés de respectivement six et cinq grammes, pour une réduction globale de 15 grammes du poids total du club.

Le grip Dyla-wedge Lite, plus long d’un 3/4 de pouce qu’un grip traditionnel, proposerait une couche interne réduite permettant aux golfeurs de gripper plus bas, pour plus de polyvalence.

Le manche PING Z-Z115 conçu par Nippon Shaft et pensé avec un point d’équilibre plus bas et plus proche du tip pour à priori proposer un envol plus bas, ce qui reste tout de même très conceptuel pour un golfeur amateur.

« Le poids total plus bas permet au Glide 3.0 de mieux s’intégrer dans la série complète du golfeur et aide à swinguer plus facilement, » explique Solheim.

C’est surtout pertinent quand on sait que l’ensemble du marché va vers des produits plus légers, et que la majorité de la clientèle PING est déjà dans cette attente.

« Nous avons également réduit le poids de la tête d’approximativement quatre grammes, tout en conservant notre swingweight traditionnel pour permettre aux golfeurs de bénéficier du ressenti nécessaire au contrôle et à la précision. »

En conclusion, difficile de distinguer derrière les mots une réelle avancée pour le Glide 3.0.

Les mots employés par la marque, sans démonstration de la promesse sont-ils vraiment différents de ceux employés pour vanter le précédent 2.0, et demain pour justifier le 4.0 ?

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