Wedges Cleveland CBX-2 : Le paradoxe des cavités contre les lames

CBX 2, tout simplement la deuxième itération après le premier CBX, un wedge à cavité qui relance le match contre les wedges dit lames. Paradoxalement, les ventes de séries de fers ont été considérablement bouleversées, et au cours des 10 dernières années, pour renverser la tendance entre les lames, et les cavités, mais jusqu’à présent, cette logique n’a pas complètement été répercutée sur les sandwedges. Est-ce qu’un wedge à cavité est vraiment plus tolérant ? Est-il en contrepartie, moins précis ? Ces wedges peuvent-ils devenir de plus en plus populaires ?

Le contexte

Sur le marché des sandwedges, deux marques s’affrontent un peu plus que les autres pour conquérir la première place des ventes, Cleveland et Titleist.

En France, le match diffère des autres marchés, et notamment nord-américain.

Du fait de son histoire, et de son passage dans le giron tricolore, au moins pour un temps, Cleveland reste toujours aujourd’hui la marque numéro 1, même si, comme pour l’ensemble des autres produits, vous, les consommateurs, avez tendance à de plus en plus rebattre les cartes, faire des rois, et les défaire.

Si on regarde le début d’année 2019, les deux wedges les plus vendus en France étaient le Cleveland RTX-4 devant le Titleist SM7.

Dans les deux cas, il s’agit des meilleurs wedges de chaque marque, mais surtout, des clubs conçus pour les meilleurs joueurs, des wedges que l’on pourrait qualifier de « lames ».

C’est un des paradoxes d’un segment du marché des équipements de golf, dont on peut toujours dire en 2019, qu’il est sous-estimé par les consommateurs.

Quand on regarde dans beaucoup sac de golf, il y a souvent un driver plutôt récent avec des fers qui le sont moins, et des wedges qui le sont encore moins.

De tous les clubs de golf, le wedge est pourtant celui dont l’usure est la plus rapide, et surtout avec un impact plus concret sur les performances, et en particulier le spin.

Au contact du sable, de qualités de lies inégaux, de pierres, de débris, les wedges prennent des coups sur le parcours.

Avec le temps, et les parties de golf, la face accroche moins, les rainures donnent moins de spin.

A l’échelle de golfeurs amateurs, cette usure reste difficile à mesurer, car elle n’est pas non plus spectaculaire.

En un an, un wedge ne perd pas la moitié de sa capacité à restituer du spin…

Sans étude précise, cela se mesure peut-être en 2,5 ou même 10 %.

Entre une approche à 50 mètres, et une balle qui s’arrête en 5 mètres ou en 4 mètres, pour un golfeur amateur, il faut être objectif, c’est difficile à visualiser.

A l’inverse, les pros changent environ toutes les 16 à 20 parties, ce qui ne représente que 4 à 5 tournois…

Le paradoxe, c’est donc de jouer des wedges lames à l’origine imaginés pour les pros, alors que l’on est amateur, et souvent classé au-dessus de 10 d’index, ce qui est d’ailleurs mon cas.

Plus de 70% des wedges vendus en France sont des « blade wedges ».

Des lames, des clubs qui peuvent proposer une grande variété de semelles et de bounces, mais n’en restent pas moins des clubs conçus pour des experts du petit-jeu.

Ce n’est pas seulement le consommateur, moi, vous, nous, qui s’enflamme sur son niveau de jeu réel à moins de 100 mètres.  

La réalité, c’est que l’offre de clubs à cavité, les plus gros wedges sont réellement minoritaires sur le marché.

C’est bien un domaine où l’offre ne sait pas répondre à la demande, ou pire, ne la comprend pas.

La distinction entre « blade wedge » et « cavity wedge » se joue donc sur la forme du club, et par conséquence, et en théorie, sur la tolérance.

A moins de 100 mètres, en bord de green, dans un bunker, finalement les situations les plus difficiles pour beaucoup d’entre nous, car l’exigence de précision dépasse largement le fait de simplement taper le plus loin devant soi, le besoin de facilité devrait l’emporter.

C’est quelque chose que beaucoup d’amateurs ont compris pour le choix d’une série de fers, mais paradoxalement, pas encore pour le choix des wedges.

Pour deux raisons, comme l’offre produit peu de clubs à cavité, c’est peu son intérêt de l’expliquer à la demande, et par conséquent, comme évoqué plus haut, il y a peu de clubs à cavité proposés en face des joueurs.

Le CBX, puisque c’est de lui dont on parle est justement un wedge à cavité.

On pourra parler de sa semelle dynamique, de sa face Rotex, mais l’essentiel c’est qu’il s’agit d’un dessin dit « hollow cavity » avec une chambre laissée libre derrière le talon et un poids déplacé en pointe, pour augmenter le Moment d’Inertie, et donc ce que les marques appellent la tolérance du club.

En mars 2018, ce fameux CBX était déjà le quatrième wedge le plus vendu en France, mais avec une part de marché que l’on pouvait estimer à moins de 10% en France.

C’était déjà pourtant le leader des wedges à cavité, un leader sans réelle et forte concurrence.

Un an plus tard, il a grimpé d’une place au classement général, et gagné des parts de marché.

Pas de quoi encore bouleverser l’échiquier, mais on peut admettre une tendance de fond qui irait dans le sens de plus de logique entre l’offre et la demande, le début d’un marché qui se rééquilibre.

Cleveland ne fait pas les choses par hasard.

Leader, marque reconnue dans le domaine de la production des wedges, marque souvent plus pragmatique, mais aussi moins investie sur le tour professionnel, elle a des points forts, et des points faibles.

Quand j’interroge des golfeurs experts, et des pros à ce sujet, ils me répondent que Titleist est LA marque du wedge lame pour la qualité du produit, et devant Cleveland.

Je pense que c’est plus une idée reçue qui auto-alimente l’inconscient collectif, mais c’est une réalité que vous avez-vous-même peut-être déjà entendue.

Cependant, s’agissant des wedges pour « Monsieur Tout le monde », Cleveland est largement perçue comme la meilleure offre, et justement des wedges comme le CBX y contribuent.

En France, et sans doute dans d’autres pays, Cleveland prépare un futur où le marché va se renverser.

Les consommateurs vont peu à peu (les chiffres le prouvent) basculer des wedges lames vers les wedges à cavité, et comme ils l’on déjà fait de manière irréversible dans le domaine des séries de fers.

A savoir sur les wedges CBX 2

Les wedges CBX 2 se classent selon 3 catégories de semelles. Les wedges de 46 à 52 degrés présentent une semelle en V pour favoriser les pleins coups.

Les wedges 54 et 56 présentent une semelle en S pour favoriser les sorties de bunkers ou de roughs profonds.

Enfin, les wedges 58 à 60 degrés présentent une semelle en C pour permettre aux golfeurs de plus manipuler la face, et notamment la coucher.

Concernant la face ROTEX, qui consiste à augmenter la friction avec la balle au moment du contact, c’est peut-être effectif, mais je ne trouve pas de différence notable avec d’autres wedges, d’autres marques qui n’auraient pas ce principe.

C’est un élément important de la communication, et de la différenciation de Cleveland pour tous ses wedges, mais c’est difficile à percevoir pour l’utilisateur.

Le concret pour un amateur de golf

Mettre de la tolérance dans son petit jeu !

C’est le credo de Cleveland avec les nouveaux CBX 2 !

2, car il y a déjà eu un modèle premier qui a justement permis de prendre plus de 10% du marché français, et on imagine que la mission du 2 sera peut-être de monter à 20%, et d’en faire ainsi le premier wedge le plus vendu en France, et en attendant que Titleist, Callaway ou TaylorMade réagissent.

C’est d’ailleurs pour moi le plus étonnant.

Ces marques sont enfermées dans une logique dite du « TOUR » sans apparemment développer une offre secondaire, pour aller chercher Cleveland, et le plus gros du marché.

Elles vont densifier leurs offres de semelles, mais pas réellement investir l’offre des lames à cavité.

Qui devrait jouer du CBX ?

Moi pour commencer ! A 15 d’index, et un niveau de petit jeu plutôt proche de 20, je fais partie de la cible ! Certainement, comme tous les golfeurs dont l’index dépassent 10 !

Ce n’est pas seulement la peur du bunker qui devrait nous faire opter pour des wedges à cavité, Cleveland ou pas, et si seulement l’offre était franchement plus développée.

Pour ma part, le premier problème posé par un « blade wedge », ce sont les coups dit « chunkés », à savoir les grattes en bord de green qui poussent la balle sur moins d’un mètre au lieu d’en faire dix !

Combien de coups perdus en bord de greens quand le lie est trop souple ou même gras ?

L’intérêt de jouer un club avec une tête plus profonde, c’est d’ajouter du rebond à un niveau maximum.

Le rebond, c’est donc cette capacité du club à rebondir du terrain pour remonter vers le ciel, et lancer la balle.

Quand on plante le club dans le gazon, si ce rebond est trop fin, il va trancher le gazon, mais pas lancer la balle.

En théorie, c’est donc le principal attrait d’un wedge tel que le CBX-2, et en cette période automnale où le parcours de golf est soudainement devenu plus humide, plus gras, et en fait, tellement plus difficile, c’est le moment de repenser le petit-jeu.

A l’inverse, l’été, quand le sol est plus ferme, à la limite, cela présente un peu moins d’intérêt.

Quand on veut bien jouer au golf, c’est frustrant de perdre des coups autour du green.

Sans parler d’en gagner en enquillant les chips-putts, perdre des coups sur une gratte ou un top alors que le drapeau n’a jamais été aussi près, c’est vraiment frustrant.

On considère trop souvent à tort que les wedges, c’est pour sortir des bunkers ou alors pour taper des coups à moins de 80 mètres.

Dans mon sac, et j’en ai trois (50,54 et 58), des « blade wedges », il s’agit des clubs que j’utilise le plus. A part le putter, j’utilise deux fois plus ces clubs que les longs fers.

Sur une partie, à cause d’un jeu de fers approximatif, des erreurs de tactiques, j’ai souvent entre huit et onze chips en bord de green à jouer.

Combien de chips-putts pour sauver le par ? Souvent, je n’arrive pas à en faire plus d’un. Deux, c’est la fête, et quatre un record !

J’aimerai croire que le matériel peut quelque chose pour moi.

Est-ce qu’un wedge à cavité permet effectivement de rater moins de chips, de faire moins de grattes ou moins de tops ?

Si un CBX 2 est en théorie plus tolérant, est-ce qu’il y a un revers de la médaille ? Est-ce que ce wedge donne par exemple moins de spin, ou moins de contrôle de la profondeur ?

J’ai réalisé différents tests en situations de terrains gras (test réalisé en automne), et en studio avec le Trackman 4.

La partie Test

Je vais commencer par le test en studio au trackman sur des pleins coups pour déterminer le pouvoir stoppant théorique du club.

S’agissant du CBX 2 reçu en 52, 56 et 60 de lofts, le premier constat que j’ai pu faire, c’est qu’il n’y a pas de contrepartie négative concernant le taux de spin ou le contrôle de profondeur, et versus d’autres wedges, et notamment les « blades ».

Je n’ai pas simplement regardé le taux de spin brut, pour la même balle tapée avec différents wedges (Callaway, TaylorMade, ou Mizuno).

J’ai regardé le spin rapporté à l’angle de décollage, et en fait le pouvoir stoppant global.

De ce point de vue, le wedge à cavité donne les mêmes résultats qu’un wedge lame ! Ce n’est pas un élément discriminant.

Après tout, cela reste un wedge, avec un loft et des rainures. Il serait étonnant que le résultat diffère seulement parce que la tête présente un volume plus important.

A ce propos, ce « volume » ne génère pas nécessairement et automatiquement plus de distance ou de smash factor !

En fait, les résultats sur des pleins coups sont équivalents. Il n’y a pas de réelles différences perceptibles.

Pas plus que cela modifie la hauteur de balle, et la trajectoire ! Pour les 3 clubs testés, 52, 56 et 60, j’ai obtenu des hauteurs de balles totalement comparables aux autres wedges.

J’en viens donc au test le plus important, dans le bunker durci par la pluie ou en bord de green sur un terrain gras.

Et là, c’est plus compliqué !

Je ne suis clairement pas un excellent golfeur, et encore moins excellent dans le petit jeu.

Oui, à l’entrainement, je vais faire de belles choses, et taper une majorité de bons chips.

Sauf que sur le parcours, c’est l’un des domaines où je score le moins…et commet parfois/souvent les fautes les plus grossières.

Je ne me sens pas assez bon golfeur pour parler de toucher, être capable de faire des différences entre les clubs, et pourtant je tape des milliers de balles par an…

Autour du green, j’avais une dizaine de wedges rangés dans un sac, pour procéder à des tas de tests différents, et pendant près de deux heures, en variant les lies, les distances, les coups lobés, les coups punchés.

Honnêtement, je n’arrive pas à avoir la certitude que le CBX 2 me fait rater moins de coups par rapport à un RTX4, un Callaway JAWS MD5 ou un MIZUNO T7.

J’aimerai le croire. J’aimerai croire la théorie.

Je crains que la compétence technique du golfeur dépasse les caractéristiques du club.

A savoir, si vous êtes plutôt bons wedges en mains, vous produirez des bons coups. A l’inverse, si vous êtes en délicatesse techniquement, vous raterez quand même des coups.

J’ai passé deux heures, et je n’ai pas réussi à obtenir un résultat qui me fasse dire « euréka » ou « J’en suis sûr ».

 Au mieux, j’ai un doute positif ou envie d’y croire, ce qui n’est pas tout à fait la même chose.

La taille du wedge doit certainement agir sur la psychologie du joueur, et donner plus de confiance.

En mains, cela me paraît crédible. Je n’ai pas ressenti d’appréhension particulière, mais je n’en ai pas forcément, à tort ou à raison avec un « blade wedge ».

Je vais continuer à tester, et changer mes wedges habituels pour ces CBX 2, et au moins pour la période de temps qui coure jusqu’en avril, pour continuer à faire des essais dans le temps, et voir, si mon petit-jeu peut s’en trouver améliorer.

Il me faudra donc plusieurs mois de recul pour revenir sur ce sujet, avec ou pas d’autres certitudes, et des résultats concrets.

Bilan du test

Bien que je n’arrive pas à prouver à 100% que le wedge à cavité est meilleur versus le wedge lame pour un golfeur au-dessus de 10 d’index, à prouver que la théorie est juste avec certitude, j’ai malgré tout envie d’y croire, tout en me référant au commentaire d’un autre consultant, et expert en la matière, Loïc Monchalin, clubmaker sur l’European Tour dans un passé récent « Tous les golfeurs auraient besoin de plus de rebond que de pas assez ! »

Sur des pleins coups, il n’y a rien à redire à propos des CBX 2 versus des « Blades « wedges.

Hauteur de balle, spin, contrôle de profondeur, distance, je n’ai rien trouvé qui les distinguent, et certainement pas négativement.

Autour des greens, et dans le bunker, je ne suis sans doute pas un assez bon golfeur, pour sentir que c’est franchement mieux ou nettement moins bien.

Sur 10 balles dans un lie gras, et donc franchement défavorable à une blade, j’ai effectivement gratté 1 balle, et pas avec le CBX 2 qui au contact du sol paraît facile.

Est-ce qu’une balle de différence suffit à conclure ?

Bien entendu, j’ai tapé plus que 10 balles, mais je n’arrive pas à conclusion « arithmétique » et irréfutable comme j’aimerai pouvoir le faire, sans être certain que je ne fausse pas moi-même le test.

Cependant, j’ai le sentiment que ce type de wedges correspond mieux à 95% d’entre nous, les golfeurs amateurs.

Des golfeurs classés moins de 5 d’index et les professionnels ne voudront pas jouer ces wedges, ne les trouvant sans doute pas assez beaux, et parleront peut-être même d’un toucher moins attrayant, ce que je ne sais pas définir personnellement.

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Commentaires   

mhezkia@gmail.com
0 #1 CB2mhezkia@gmail.com 11-11-2019 21:28
Bonjour,

J'avais, depuis un an, un lob wedge de 60° Cleveland RTX3...
J'avais l'impression de le "planter" de plus en plus en plus surtout sur les fairways trempés ou très près du green...
Ayant un Sandwedge 54° CBX que j'aime beaucoup, je me suis dit, pourquoi ne pas changer mon lob RTX pour un CBX 2 ? Je l'ai fait, il y a une quinzaine de jours. Révélation !!! Je ne plante plus, il me semble beaucoup plus facile à jouer... Bref, je ne regrette pas le changement.

Manu.
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