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Comparatif wedges Callaway Sureout et Cleveland SmartSole

Après la tendance au retour des clubs oversized s’agissant des fers, Callaway avec le wedge Sure Out, après Cleveland avec le Smart Sole, tente de populariser des clubs spécialement conçus pour ceux qui craignent les sorties de bunkers. Nous avons voulu vérifier l’efficacité et la pertinence de ces clubs dans le sable, en sollicitant un testeur amateur pas nécessairement virtuose dans l’exercice pour identifier, si par rapport à un club plus conventionnel, il pourrait en tirer un bénéfice concret, que ce soit en nombre de sorties réalisées ou en contrôle et précision.

Quelques mots sur le Callaway Sure Out

Nous tenons à remercier Jacques C. (abonné) de nous avoir solliciter pour réaliser ce test, ainsi que les deux marques, Callaway et Cleveland qui ont accepté de nous fournir deux échantillons, tout en prenant le risque de la critique.

Entre le lancement officiel du produit annoncé fin février 2017, et le mois d’avril, il nous a fallu un peu de temps pour récupérer un échantillon du Sure Out. Ce produit n’étant pas nécessairement programmé pour être commercialisé en Europe Continentale selon notre interlocuteur.

Le Sure Out est un sandwedge décliné en deux versions 58 et 64 degrés avec possibilité de choisir un manche acier ou graphite.

Pour le test, nous avons reçu un 58 degrés sur manche acier, idem pour le Smart Sole, lui aussi sur manche acier.

Ce club a été dessiné dans une seule optique : Eliminer les coups topés ou plantés dans le sable. Par définition, ce n’est pas tout à fait un 58 degrés classique jouable sur n’importe quel lie autour du green. C’est véritablement un club de bunker.

L’idée n’est en fait pas nouvelle.

D’une part, Cleveland s’est fait une spécialité de sortir ce type de clubs, et son dernier modèle n’est autre que le Smart Sole, conçu selon le même principe, une tête plus large, et une cavité très importante derrière la face.

L’idée est en fait encore plus ancienne car Ben Hogan avait déjà réalisé ce club près d’un demi-siècle auparavant.

Cependant, assez peu de marques ont fait le choix d’ajouter ce type de clubs à leurs catalogues, surtout dans les grandes marques.

Tour Edge propose aussi un modèle (1Out Plus) et Fourteen en fait de même (H-030), tentant au passage d’être un spécialiste de cette micro-niche de marché.

Le contexte et le besoin

Effectivement, pour beaucoup de golfeurs amateurs, la sortie de bunker peut se transformer en cauchemar et même en angoisse. Cela tient souvent dans le fait qu’ils n’emploient pas la bonne technique et ne s’entraînent pas assez dans ce compartiment de jeu.

C’est un peu un autre sujet, mais toutefois, attention de ne pas croire que le matériel de golf peut solutionner à lui seul une question technique.

Le matériel peut légèrement aider, mais si vous n’êtes pas dans les grands fondamentaux, cela ne peut pas agir comme une baguette magique.

L’inspiration de ce nouveau club est venue du célèbre coach américain, Hank Haney, connu pour avoir coacher Tiger Woods dans la deuxième partie de sa carrière, ainsi que plusieurs bons joueurs sur le tour.

Moins présent auprès des bons joueurs, il s’est récemment spécialisé dans le coaching des amateurs.

Dans ce cadre, il a fait le constat que le petit jeu était vraiment le parent pauvre de l’entraînement des amateurs, et particulièrement les sorties de bunkers.

Sous contrat avec Callaway, il aurait inspiré le dessin de ce club Sure Out au nom marketing très bien trouvé. Sure Out voulant dire « c’est dehors… c’est sûr ».

Pour Haney « Le problème numéro un s’agissant d’un sandwedge normal, c’est que les amateurs n’osent pas ouvrir la face. C’est même quelque chose qui les terrorise. Autre problématique rencontrée, il faut swinguer à travers du sable, et le sable créé de la résistance. »

De ce pitch de départ, l’idée d’Hank Haney conjointement avec Callaway a été de dessiner un club pouvant amenuiser l’effet de résistance au contact du sable, surtout pour les golfeurs qui n’attaquent pas assez franchement dans le sable, ce qui laisse entendre que la vitesse de swing est faible.

Une faible vitesse de swing ayant pour conséquence de ne pas nécessairement faire sortir la balle du bunker en corrélation avec la densité du sable rencontré.

Tout l’enjeu technique du Sure Out tient dans la tête surdimensionnée, un peu à l’image des clubs Oversized déjà testés sur notre site qui clairement apportent un gain de vitesse de balle à l’impact au bénéfice de la matière ajoutée.

Comme le club est nettement plus imposant, c’est aussi le cas de la face plus large avec 17 rainures usinées, et un rebond très élevé avec une courbure du leading edge au trailing edge* beaucoup plus prononcée. (du bord d’attaque entre la face et la semelle au bord arrière du club).

C’est cette courbure à l’arrière du club qui permet au golfeur de placer sa face de club square, et de swinguer sur un chemin extérieur-intérieur le plus naturel possible.

La marque défend l’idée que ce club peut aussi être utilisé sur les coups de pitchs et les flops shots.

C’est en partie vrai, mais simplement, si vous avez la maîtrise technique pour faire un flop shot, c’est que vous n’êtes pas sur le point d’avoir besoin de ce club.

Le flop shot nécessite de passer parfaitement sous la balle qui elle-même doit idéalement reposer sur un lie plus haut. Un club plus fin sera plus aisé à manipuler dans ce cas de figure.

Ce n’est donc pas un argument à retenir en premier.

S’agissant du Cleveland Smart Sole, le principe est exactement similaire.

Les deux clubs ne diffèrent que par le look. Le Sure Out présente une couleur chrome et un dessin assez sobre. Le Cleveland présente un look mat très épuré. Chacun pourra apprécier le look qu’il préfère.

L’essai comparatif

Pour cet essai, je n’ai pas voulu influencer le résultat et tester moi-même, ne me sentant pas représentatif, et même pertinent.

J’ai donc demandé à Jean, notre testeur senior, golfeur régulier mais pas nécessairement expert en sortie de bunker d’amener son sandwedge (un Cleveland 588 RTX CB) pour qu’il sente et mesure des différences avec les deux wedges oversized.

Nous nous sommes rendus au golf de Tassin près de Lyon pour réaliser l’essai avec des balles avec des balles XXIO Aerodrive, très douces.

A la différence des parcours du sud de la France, la plupart du temps autour de Lyon, le sable, même de très bonne qualité, est un peu plus lourd. C’est sans doute assez représentatif de beaucoup d’autres régions françaises.

Jean s’est organisé comme il en a l’habitude dans le bunker, et commencé à jouer avec son club pour s’échauffer. Les premières sorties se sont d’ailleurs révélées plutôt contrôlées. Il a très rarement si ce n’est jamais planté le club de sorte que la balle ne sortait pas du tout du bunker.

En revanche, et c’est révélateur chez beaucoup de joueurs, Jean a adopté une technique très proche du coup de golf classique joué sur le fairway : A savoir, les pieds alignés à la cible sur la même ligne que le chemin du club, et effectivement comme l’affirme Hank Haney avec la croyance absolue que le club doit être square avec la balle.

Je n’écris pas ces lignes pour me placer en donneur de leçon, mais simplement pour rapporter ce que j’ai vu, la vérité, ce qui est mon travail, mais aussi pour vous affirmer que cet essai a été réalisé sans trucages.

Dans un premier temps, j’ai laissé Jean jouer dans son organisation naturelle, ce qui ne l’a pas empêché de sortir la balle.

Donc premier élément, ce testeur n’est pas nécessairement quelqu’un qui plante le club dans le sable.

En revanche, il a peu de contrôle sur la profondeur et la dispersion de ses sorties.

A savoir que sur dix balles vers une cible donnée, il n’y a pas une tendance nette qui s’est dégagée. C’était un peu éparpillé.

Les deux clubs à tester sont justement là pour aider un golfeur tel que Jean.

Pour être encore plus précis sur la technique de Jean, ce dernier est donc représentatif du golfeur qui adopte une organisation peu différenciée de la technique sur le fairway, et avec une tendance à laisser son poids sur la jambe arrière la fin de la rotation, et des mains très actives comme s’il voulait cueillir la balle pour la faire voler.

Assez vite, pour une distance de 10 mètres, et une cible devant lui, ses balles ont eu une tendance à se retrouver courte (3 à 4 mètres) et très à gauche.

Par la suite du test, je lui ai modestement présenté les éléments d’organisations plus spécifiques avec le sandwedge dans le bunker, et notamment invité à ouvrir la face avec les mains en avant, pour voir, si avec son club, et par rapport aux deux autres modèles, il pourrait être plus consistant, et distinguer les clubs.

Dans son organisation naturelle, quel que soit le club, nous n’avons pas noté de différences suffisamment significatives avec les trois clubs d’un point de vue des résultats, 588 CB, Smart Sole ou Sure Out.

Les premières fautes ont commencé à venir après quelques frappes, et plutôt des coups topés. Soit le cas de figure illustré par Callaway et Hank Haney. Cependant, aucun des trois clubs n’a semblé vraiment présenter un avantage par rapport aux autres.

Dans une organisation plus conventionnelle pour une sortie de bunker, et justement avec une face de club plus ouverte, Jean a d’ailleurs réalisé quelques très belles sorties de bunker. Toutefois, à nouveau, en toute objectivité, impossible d’affirmer que l’un des deux clubs oversized a apporté un avantage.

Je ne dis pas qu’il n’y en a pas. Simplement, au bout de 45 minutes de tests, nous n’en avons pas trouvé.


Bilan de l'essai

Jean a eu la sensation paradoxale que les clubs oversized étaient plus légers (à shaft identique, les têtes des wedges oversized sont en fait un peu plus lourdes).

Au terme de l’essai, il n’a pas eu d’effet lui faisant conclure qu’il lui fallait absolument un de ces nouveaux wedges.

Ci-dessous, je vous illustre la différence de taille du sandwedge Sureout avec un Mizuno T5 plus conventionnel, pour que vous notiez la différence de taille au niveau de la face, en faveur du modèle Callaway situé à droite de la photo.

La question que je me pose à la suite de ce premier essai : « dois-je solliciter un golfeur encore plus en difficulté dans le bunker pour déterminer un bénéfice ? ».

En attendant, sans dénigrer, le comparatif ne débouche honnêtement sur aucune considération en faveur d’un club par rapport à l’autre, et pas sur un avantage pour sortir plus facilement du bunker par rapport à un wedge classique.

Cet essai n’a pas la prétention d’être un essai scientifique. C’est modestement une expérience utilisateur en situation concrète.

J’ai par ailleurs essayé les trois clubs, et je n’ai pas plus que Jean eu la compétence pour sentir ou déterminer une différence suffisante pour statuer.

Dans le cas de Jean, à la vue de son organisation, c’est un « client » pour occasionnellement gratter ses sorties de bunkers, à savoir qu’il peut toper quelques balles ou les prendre directement sans le sable. En revanche, il n’a jamais planté !

A travers cette conclusion, j’espère ne pas créer de la déception quant au résultat. Tester ne veut pas toujours dire trouver…

En matière de sortie de bunkers, il me semble à en juger par cet essai, que la technique est prépondérante sur le matériel.

Le débat qui est positivement amené par ces clubs oversized concerne le fait d’ouvrir la face du club. Il s’agit donc là de psychologie comme le décrit Hank Haney, à savoir rassurer les golfeurs sur le fait de ne pas adresser la balle avec une face square mais couchée pour glisser sous la balle.

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