Wedges Callaway MD5 JAWS: Les dents de la mer s’attaquent aux greens !

Roger Cleveland ne manque pas de superlatifs à propos de ces derniers sandwedges, les Callaway MD5 (MackDaddy) JAWS, un nom qui rappelle le célèbre film d’horreur américain sorti en 1975, Les Dents de la Mer. Titre de film, JAWS signifie littéralement « Les Mâchoires » en français, ce qui pour Roger Cleveland correspond parfaitement au concept des nouvelles rainures imaginées pour ces wedges MD5. Tout serait une question de trajectoires, et de spin supplémentaires. Est-ce vraiment le cas ?

Du spin avec des dents !

Pour le fabricant, il s’agit ni plus ni moins des rainures au profil le plus agressif jamais proposé ! La performance doit être totale.

La forme de la tête, la finition, le toucher exceptionnel, la maniabilité unique, et le spin exceptionnel sont autant d’arguments qui devraient achever de vous convaincre, à défaut de vous croquer.

Ce sont donc principalement les rainures qui concentrent l’innovation la plus importante sur cette nouvelle gamme.

Dites « Jaws », les rainures marquent un tournant pour Callaway, et son concepteur Roger « Steven Spielberg » Cleveland qui a dessiné/réalisé des rainures sur un angle de 37 degrés, alors que pour la précédente génération, MD4, cet angle n’était que de 5 degrés.

Ce changement, pratiquement invisible à l’œil nu pour un golfeur amateur, aurait pour fonction de rendre les rainures beaucoup plus nettes sur les bords, pour fournir un maximum de spin, et donc de grip depuis tous les lies possibles.

Pour Callaway, vous devriez pouvoir « terroriser les greens », et sentir une différence particulière à environ 70 mètres de votre cible, quel que soit le lie !

Plus sérieusement, la marque fait référence au fameux phénomène de « rebond et un stop » qu’une balle de golf peut faire, notamment quand elle est tapée/lancée par un golfeur professionnel évoluant sur le PGA Tour.

Si vous regardez des tournois de golf ou des résumés sur Youtube, vous avez peut-être déjà remarqué ces balles qui tombent sur le green, le mordent, et s’arrêtent pratiquement net dessus !

Notez qu’elles ne creusent pas un « trou » … elles mordent le green, et s’arrêtent ou dans certains cas, reculent même de plusieurs mètres.

Quand en 2017, je m’étais rendu au Titleist Performance Center à Oceanside, pour tester des wedges Titleist, en compagnie d’un expert de la marque, ce dernier m’avait illustré les 3 points clés pour donner un maximum de backspin :

Il fallait un wedge avec des rainures en parfait état, une balle premium censée prendre un maximum de spin, et enfin un green préparé comme sur un tournoi ou au moins pour un Grand Prix, afin d’obtenir ce backspin qui permet d’arrêter la balle immédiatement après sa chute sur un green.

Le club n’est donc que l’un des 3 paramètres à réunir.

Callaway produit d’excellentes balles de golf, et notamment la Chrome Soft, ce qui permet à la marque de pouvoir prétendre maîtriser jusqu’à deux de ces trois paramètres…

Reste qu’en France, et sans faire offense aux parcours de notre pays, nous n’avons pas le même climat sur 12 mois que le sud de la Californie, ni l’économie de la filière golf américaine pour tenir des greens au niveau de ce que l’on peut trouver sur quelques parcours américains.

Il ne faut pas exagérer tous les parcours aux USA ne sont pas préparés comme des parcours de championnats.

La promesse de Callaway est donc très forte, mais ne peut pas occulter le fait que les futurs clients ne pourront pas tous jouer sur des greens qui permettent un contrôle total du backspin.

Néanmoins, la prouesse technologique consiste à toujours utiliser la technologie dite « Groove in Groove » déjà développée par le numéro 1 mondial des ventes de clubs de golf, soit de plus petites rainures qui sont intégrées à des rainures plus grandes pour restituer une surface de contact plus rugueuse.

A ce sujet, Cleveland parle de la face Rotex, et TaylorMade de la face Raw.

Avec les rainures JAWS, Callaway prétend qu’elle fournit 84 points de contacts différents sur la face pour justement plus de spin.

Avant de détailler les autres particularités de ces nouveaux wedges Callaway MD5, il convient donc que je relate mon test et expérience, sachant que je ne suis certainement par un golfeur élite, que le test a été réalisé en France, dans la région de Lyon, et en Automne.

Autrement dit, très loin de la Californie, et dans des conditions qui s’apparentent à ce que les golfeurs français connaissent en moyenne 6 mois de l’année, d’Octobre à Mars.

Test du spin des Wedges Callaway MD5 JAWS : Un avis mordant ?

J’ai testé sur le parcours, et en particulier au bord d’un green pour faire des chips en variant les lies, les distances, et les trajectoires.

Pour ce test, j’ai utilisé des balles TaylorMade TP5, des balles que l’on peut considérer comme des balles pour les golfeurs professionnels.

En revanche, sur les greens du golf de Mionnay début novembre, après 10 jours de pluies, les conditions n’étaient pas celles adaptées à donner un backspin spectaculaire.

S’agissant justement du spin, et notamment à 70 mètres, j’ai répliqué le test en studio, avec le concours du Trackman 4, et des balles Srixon Z-Star, aussi des balles TOUR.

Callaway a eu l’amabilité de me prêter deux wedges MD5, 52 et 56 degrés.

J’ai pu les comparer à d’autres wedges, et notamment un Callaway MD4, un TaylorMade Hi-Toe, un Cleveland CBX-2 pour le loft 52 degrés.

Pour le loft 56 degrés, j’ai comparé avec un wedge Mizuno S18 et un T5, ou encore un Cleveland CBX-2.

Pour la partie en bord de green, la seule chose qu’à mon modeste niveau, j’ai pu noter comme une franche différence du MD5 par rapport aux autres wedges, ne se situait pas au contact de la balle avec la face, mais plutôt de la semelle sur le sol.

J’ai trouvé le contact doux, ce qui reste un commentaire sans doute subjectif, comme si le club passait délicatement sur un lie pourtant gras et humide.

Il faut préciser que ce type de wedge est bien une lame, un blade wedge, à savoir le plus exigeant des clubs dans le domaine du petit-jeu. C’est un club pour très bon joueur.

Malgré ce constat, je n’ai pas noté une difficulté si particulière alors que je ne suis pas un expert ou un talent du chipping.

Concernant ce qui nous intéresse, le spin à proprement parler, comparativement à d’autres wedges, je n’ai pas noté que les balles s’arrêtaient plus vite sur le green.

Toutefois, Callaway a pris le soin de préciser que ce n’est pas particulièrement sur des chips à 10, 15 ou 20 mètres que l’on peut voir le caractère plus mordant de ses wedges.

J’imagine que la menace, et la tension haletante nécessite un scénario avec plus de vitesse de swing, et donc, plus de vitesse de balle pour totalement s’exprimer.

Personnellement, pour des coups à 70 mètres du green, j’opte plus souvent pour un 54 ou un 56 degrés tapé en trois quart de swing, et pas forcé en rythme.

Avec un 60 degrés, je n’ai pas la vitesse suffisante ou alors le risque d’erreur est trop grand sur un coup joué à 100 ou 110%.

Au cours du test, j’ai essayé de développer une vitesse de swing constante quel que soit le wedge testé.

Ma vitesse de swing a oscillé autour de 70 mp/h, sans doute aussi influencée par l’équilibrage, le poids en tête des différents wedges.

A ce titre, les têtes JAWS paraissent plus lourdes par exemple qu’une tête de TaylorMade Hi-Toe ou Milled Grind 2.

Cela doit sans doute jouer sur la vitesse du club à l’impact, et malgré la même amplitude ou la même intensité du geste.

Premier constat étonnant, avec les JAWS 52 et 56, sans faire exprès, j’ai swingué légèrement plus vite avec le second modèle, avec le loft plus ouvert, soit 71 mp/h contre 69 mp/h pour le premier.

Ce petit écart de seulement 2 mp/h pour une plage de vitesse modérée suffit pourtant à ce que j’envoie le 56 degrés à 69 mètres de moyenne, contre 71 mètres de moyenne pour le 52 degrés, soit seulement 2 mètres d’écarts en moyenne.

A nouveau, je réplique certainement le test d’un golfeur moyen.

A titre de comparaison, avec un CBX 2, je trouve plus de 10 mètres d’écarts entre les deux lofts 52 et 56 degrés, mais avec un écart de vitesse de swing dans le bon sens…

Je ne vais pas remettre en cause le club, mais plutôt la régularité de mon swing pour vous alerter sur le fait que contrôler les écarts avec ses wedges est un point important pour scorer sur le parcours.

Malgré toutes les bonnes intentions des marques pour nous, et avec leurs clubs, notre compétence technique reste déterminante pour produire des coups de qualités, et parfaitement exploiter ce qu’elles mettent entre nos mains.

Ce faible écart de distance entre 52 et 56 degrés, ne s’explique pas complètement que par mon geste puisque j’ai contrôlé l’angle d’attaque, et le spin loft que j’ai donné sur la balle. Dans les deux cas, ils étaient cohérents avec les autres wedges testés.

C’est donc simplement la vitesse de swing qui peut resserrer les écarts de distances.

Concernant le spin, sur des coups à 70 mètres, je trouve bien un excellent niveau de spin donné à la balle, et pour l’arrêter sur moins de 5 mètres (carry 66 mètres et distance totale 71).

Ce n’est pas tout à fait le un rebond et stop ! Cela étant, je ne produis cet effet avec aucun wedge du marché, sauf sur un green préparé en conséquence, ou un green très soft où la balle s’enfonce à l’impact, ce qui n’est pas tout à fait l’effet désiré.

En réalité, le wedge JAWS propose bien un excellent niveau de spin, et bien légèrement supérieur au MD4. Cependant, pour limiter la roule d’une balle de golf, il n’y a pas que le spin !

La trajectoire, et notamment l’angle d’atterrissage joue un rôle prépondérant.

Avec le Callaway MD4, bien qu’en donnant moins de spin, j’ai arrêté la balle sur une distance plus coute avec une trajectoire plus haute (4 mètres au lieu de 5).

Pour cela, il suffit d’ouvrir un peu plus la face, et seulement quelques degrés suffisent.

A nouveau, j’ai fait ce constat par le hasard du test, et sans chercher à le faire volontairement. C’est une « erreur » que pourrait faire un golfeur amateur.

Toujours sur la seule question du spin, mon hypothèse est que Callaway a raison d’argumenter sur un spin très important, et par sa technologie Groove-in-Groove.

La marque oublie simplement que Cleveland, TaylorMade ou Mizuno ont eux-aussi d’autres noms pour des technologies qui produisent le même résultat.

C’est Rotex pour Cleveland, Raw pour TaylorMade, et Groove-In-Groove pour Callaway, mais à la fin, cela produit des résultats équivalents. La seule chose qui diffère, c’est le marketing de la technologie.

Pour Callaway, c’est tout de même un bon point.

En France, la marque occupe le troisième rang pour les ventes de sandwedges, avec une part de marché de plus en plus proche de celle de Titleist.

La bonne nouvelle pour la marque, c’est qu’il est irréfutable qu’elle produit des wedges au niveau de ses principaux concurrents, Cleveland et Titleist. La marque force le trait sur le marketing pour tenter de combler l’écart d’image, mais pas de spin…

Les autres atouts du casting

Pour en revenir aux autres caractéristiques de ce wedge, un autre point fort peut être distingué : Son look !

Le dessin de la tête est très réussi, et très distinctif, notamment avec les pastilles rondes et bleues intégrées derrière la cavité, la marque de fabrique Callaway.

Pour le toucher, les experts du wedging vous mettront en avant la réalisation en acier carbone mild 8620, qui couplé avec le placement précis du centre de gravité, donne ce rendu agréable.

La gamme MD5 pourra être livrée en deux finitions : Platinum Chrome illustré dans cet article, ou Tour Grey.

Encore un autre point fort, cette gamme est présentée avec 23 options différentes de lofts, et de bounces différents, et notamment 5 semelles : C-Grind, S-Grind, X-Grind, W-Grind et low W-Grind (nouveauté).

Enfin, Callaway propose de nombreux choix possibles pour les manches, avec notamment le True Temper Tour Issue 115 en acier ou le Project X Catalyst 80 en graphite.

Toujours pour se distinguer et être raccord avec la tête, le grip Lamkin Comfort peut être bleu…

Premier bilan

Un excellent wedge lame tout comme ceux des concurrents TaylorMade, Mizuno ou Cleveland.

Le MD5 Jaws n’est pas moins ou plus performant pour le spin donné à la balle. Il semble restituer un niveau de performance élevé, et au moins équivalent.

Vendu autour de 169 euros, tout comme le TaylorMade Milled Grind 2 ou le Mizuno T20 (le RTX-4, club le plus vendu en France est à 149 euros, comme d’ailleurs le Titleist SM7, son principal concurrent), les challengers jouent donc un prix plus élevé, avec un design plus recherché, et plus distinctif pour les esthètes.

Il faut avouer que le Cleveland RTX-4 est joli, mais sobre (peut-être trop) en comparaison des nouveaux wedges, et en particulier le Callaway MD5 Jaws.

Toutefois, pour l’instant, les consommateurs français semblent donner un avantage au prix versus le look…surtout que le niveau de contrôle donné à la balle est très équivalent entre tous ces clubs de qualité.

Restez informé

Recevez notre newsletter
(Note moyenne de 0 sur votes)

Vous ne pouvez pas poster de commentaires si vous n'êtes pas membre du site.