Plus de 5000 pages pour votre jeu de golf. Matériel, technique, parcours, voyages...

Hybride Z H85: Un profil de tête axé sur la confiance à l’adresse?

Sur son site Internet, Srixon exprime le fait que son nouvel hybride Z H85 est le plus avancé à ce jour, et surtout, il présente un profil plus tolérant, tout en inspirant plus de confiance à l’adresse, que ce soit sur le tee de départ ou depuis le fairway. Effectivement, en le posant à côté d’autres hybrides comme par exemple le TaylorMade M3 ou le nouveau GAPR équivalent, le Srixon présente un profil assez allongé. On imagine sans peine que le centre de gravité est déplacé vers l’arrière…Est-ce que pour autant, le smash factor va être significativement amélioré ?

Pour l’avoir eu dans les mains au mois de juillet, et puis testé au studio en septembre, il est vrai qu’au premier coup d’œil, le nouvel hybride Z H85 paraît rassurant avec sa dimension plutôt importante en comparaison d’autres hybrides mis sur le marché par des concurrents.

A l’inverse des séries de fers où parfois il est difficile de comparer des choses comparables avec notamment des lofts ou des semelles différentes, en matière d’hybride numéro 4, en règle générale, les marques respectent plus ou moins le loft logique d’un tel club, soit 22 degrés.

Alors qu’en-dessous de 23 degrés, la face commence à être trop fermée pour lancer facilement la balle vers le ciel, surtout quand on manque de vitesse de swing, l’hybride 4 de 22 degrés avec son profil plutôt large, commence à pointer le bout de son nez.

Lors de la conférence de presse organisée par la marque nippone au sein de la Cevaer Academy du Saint-Malo Golf Resort, une des choses qui m’avait un peu surpris était en fin de compte un positionnement tarifaire stable, et même plutôt mieux placé que certains confrères américains.

Après une période un peu plus inflationniste de la part des marques, c’était donc presque surprenant.

Pour tenir une politique tarifaire que l’on pourrait qualifier de raisonnable, il semble que Srixon poursuive deux logiques : Moins de présence sur le tour, et donc moins de frais marketing refacturés au client final. Pas d’ajustements ou réglages qualifiés de superflus sur les têtes.

Le temps nous dira si le consommateur fera la part des choses entre un produit joué par une star du tour avec des ajustements ou un produit plus discret et plus simple mais meilleur marché obtiendra plus de parts de marchés.

Forcément, dans le cas de figure du Z H85, successeur du Z H65, et ainsi de suite, la difficulté, c’est qu’il n’y a pas nécessairement une histoire rocambolesque à raconter autour du produit.

Peut-être que cela se retournera d’ailleurs un peu contre la marque… A en juger par quelques articles anglais que j’ai pu parcourir, le Z H85 souffre un peu d’une image de bon club sans histoire.

Concrètement, sur le plan technique, ce nouvel hybride est tout de même assez distingué par rapport au modèle précédent.

D’un point de vue look, ce nouvel hybride revient dans la tendance et la culture de la marque, alors que le prédécesseur était quand même un peu hors sujet.

Avec le Z H85, on retrouve l’identité de la marque Srixon. Leader pour les ventes de balles, les japonais ont plus de mal à démontrer une domination sur les bois de parcours, notamment par rapport aux rivaux TaylorMade, Ping et Callaway.

Cependant, jusqu’au Z H65, les produits Srixon étaient plutôt très compétitifs, notamment sur l’argument du smash factor ou de l’efficacité.

Le modèle Z355 avait obtenu un excellent rendement pendant nos essais.

Srixon mise en effet assez régulièrement sur des clubs aux profils larges pour favoriser un moment d’inertie élevé.

Leurs clubs sont alors plus prisés des joueurs en progression, et donnent en contrepartie un peu trop de spin pour les golfeurs qui cherchent des trajectoires ultra-pénétrantes.

Clairement, Srixon avait opté pour la catégorie des golfeurs les plus majoritaires : Les amateurs en progressions, et moins les « serious golfers ».

Avec le Z H85, un des hybrides qui présentent le profil le plus large du marché, il n’y a pas besoin de trop se poser de questions. C’est clairement une tête tolérante, censée donner un maximum de confiance à l’adresse. De ce point de vue, c’est plutôt réussi.

On retrouve sur la couronne un gros point commun avec le cousin Cleveland HB Launcher. A savoir, les deux hybrides présentent une « step crown », sorte de surélévation placée juste derrière la face.

Surélévation ou décrochage qui permet aux équipes de l’ingénieur Jeff Brunski de déplacer le centre de gravité de la tête vers l’arrière et vers le bas.

Le but étant de favoriser en théorie un angle de lancement plus élevé cher aux golfeurs qui ont du mal à faire décoller les balles, surtout depuis le fairway, et sans tee.

Sans ajustement, le hosel est tout ce qu’il y a de plus sommaire. Comme me le disent tous les fitters, et ce quelle que soit la marque, il n’y a plus de raisons de toucher des réglages sur un club, une fois que les bons ont été trouvés !

La tête « collée » prend alors tout son sens versus la tête « ajustable ».

Sous la semelle, Srixon a mis de côté le principe de wave sole vue sur le modèle précédent, et retrouve un dessin plus proche de deux générations en arrière. Seul un crantage situé sous la face rappelle un principe pouvant favoriser la compression de la balle, argument que défendait la Wave Sole.

Je ne fais pas faire mystère que je préfère nettement le dessin de cette semelle par rapport à la précédente. Le club paraît plus masculin.

En matière de clubs de golf, les rédacteurs, nous avons toujours trop tendance à nous focaliser sur les têtes, et ne nous attardons pas assez sur les manches.

Sur le nouveau Z H85, c’est surtout le manche Mahana proposé par la filiale du groupe, Miyazaki qui présente le plus d’intérêt.

Conçu en collaboration avec Toray Industries, et Mitsubishi, ce nouveau shaft serait censé développer une puissance maximale par rapport à la vitesse de swing du joueur.

Il faut donc espérer une forte hausse du smash factor, le rapport entre la vitesse de swing, et la vitesse de balle.

Notre hôte met en avant la Dual Speed Technology déjà argumentée sur d’autres produits comme XXIO pour expliquer une meilleure réponse du manche par rapport à l’accélération ou la décélération du joueur pendant la rotation.

Le Nanoalloy et les fibres de carbones employées par Miyazaki produiraient cet avantage.

Présenté en deux options (stiff ou regular) respectivement en 51 et 48 grammes, cette année, Srixon mise sur des manches relativement légers, mais robustes en comparaison des manches proposés deux ans plus tôt.

Pour ma part, j’ai testé un manche regular de 48 grammes avec un Flex Code de 4433 soit moyennement rigide en butt, et encore un soupçon moins rigide en tipp, ce qui devrait favoriser un effet fouetté plus important.

Cet effet est surtout intéressant pour un golfeur qui cherche un petit boost de vitesse.

Surtout, par rapport aux hybrides déjà testés chez Srixon, le Mahana est assurément le plus léger qui m’ait été proposé de tester.

Jusqu’à présent, j’avais testé des Jinsoku ou des Kaula, d’ailleurs légèrement plus longs, et surtout beaucoup plus lourds (en moyenne 68 grammes).

Cette année, le pari de Srixon est donc de nous proposer un manche vraiment plus léger, mais toujours aussi constant du tipp au butt en termes de rigidité sur toute sa longueur.

Pour rappel, l’International Flex Code détermine une rigidité de 1 à 9 sur quatre sections du shaft. Plus le numéro est élevé, et plus la rigidité est forte.

4433, c’est un manche moyennement rigide et assez peu différencié du butt au tipp. Toutefois, quand vous prenez le club en mains, et que vous le secouez pour essayer de voir sir la tête oscille fortement de droite à gauche, vous avez tout de même une sacré impression de rigidité.

Pour du regular, je déconseillerais de jouer un manche encore plus rigide en tipp ! Ce n’est quand même pas le manche le plus souple qui m’ait été donné de voir.

Dernier argument mis en avant par la marque, et qui rejoint la flexibilité du manche, la face a été construite à partir d’un acier maraging HT1770.

Comprenez surtout qu’elle a été amincie à l’extrême pour générer des vitesses de balles importantes.

Pour Srixon, c’est même l’un de ses principaux arguments à mettre en face de la concurrence.

De retour à Lyon et au studio, j’ai pu réaliser un premier essai de ce nouvel hybride.

Comparativement à d’autres hybrides 4 de loft 22 degrés, sachant qu’en moyenne pour des manches regular, j’avais jusqu’à présent plutôt testé des manches un peu plus lourds (entre 60 et 79 grammes), j’ai trouvé des résultats très comparables aux autres hybrides.

Je n’ai pas réellement trouvé de gains notables, si ce n’est une visualisation de la tête de club à l’adresse qui inspire franchement plus confiance.

S’agissant des performances mesurables, le grammage plus léger n’a pas nécessairement favorisé une plus grande vitesse de swing.

En revanche, j’ai effectivement trouvé un smash factor légèrement amélioré, et une vitesse de balle parmi les plus élevés des clubs récemment testés (autour de 123 mph de vitesse de balle pour 87 mph de vitesse de swing).

J’ai constaté un gain de 2mph de vitesse de balle par rapport à la moyenne du panel.

En contrepartie, j’ai trouvé un taux de spin plus important, et supérieur à 4400 tours qui contribue à freiner la balle en l’air.

C’est marginal mais couplé à une trajectoire de balle qui démarre un peu tendue, et termine sa course très bombée, finalement, le gain de vitesse de balle s’annule avec un angle de descente plus prononcé.

Autre fait relevé sur une dizaine de frappes, et concernant la dispersion, si j’ai commis quelques fautes de chemin et de faces, la dispersion est en bien plus la résultante qu’une problématique de spin axis plus élevé en raison d’éventuelles frappes en pointe ou en talon.

En résumé, le club délivre la même distance que les autres clubs comparés comme par exemple le Cleveland HB Launcher.

Paradoxalement, alors qu’avec le test du XXIO 10, j’avais moins bien centré la balle dans la face, et obtenu moins de smash factor, un taux de spin plus bas, et une trajectoire plus pénétrante m’avait donné plus de distance : Un résultat curieux !

En fin de compte, comme souvent, c’est le fitting du bon club pour la bonne personne qui fera la différence. A ce stade, je ne détecte pas de gains spectaculaires avec ce club.

Je le trouve simplement facile à swinguer en comparaison de têtes plus fines. Monter sur un manche plus adapté, à en juger par la taille de la tête, il doit y avoir moyen de chercher des smash factors élevés, mais gare au taux de spin.

Entre tolérance et distance, Srixon semble avoir clairement choisi le premier critère, celui qui est le plus en lien avec le consommateur majoritaire en France.

Restez informé

Recevez notre newsletter

Vous ne pouvez pas poster de commentaires si vous n'êtes pas membre du site.