Callaway Apex UW : Un compromis entre un bois de parcours et un hybride?

 

Pour un golfeur amateur, cela peut être un véritable débat que de choisir entre un bois 5 ou un hybride 4 à emmener dans son sac. La marque Californienne Callaway l’a peut-être senti et voulu renforcer son offre d’hybrides avec le nouveau APEX UW destiné aux bons joueurs, et surtout au croisement entre un bois de parcours et un hybride traditionnel…

Au moment de dessiner le nouvel APEX UW, les ingénieurs Callaway sous la houlette du Dr Alan Hocknell ont imaginé inventer un nouveau club qui pourrait séduire les très bons joueurs, et un en particulier, Phil Mickelson, le très récent vainqueur de l’US PGA Championship, à plus de 50 ans.

Mickelson ne cache pas sa fascination pour la distance alors qu’il sait que le temps joue contre lui… et notamment pour faire face à des golfeurs comme Bryson DeChambeau ou Brooks Koepka dans la pleine fleur de l’âge.

Pour rivaliser, le célèbre gaucher se doit de trouver des solutions pour des coups longues distances, et pourtant, parmi les professionnels, il est plus rare de trouver des fans des clubs hybrides, pourtant si populaires auprès des amateurs.

A choisir, un golfeur professionnel préfère souvent emporter un wedge de plus dans son sac.

Mickelson aime « taper des bombes » et visiblement pas seulement avec son driver, lui qui peste contre les instances qui veulent limiter la longueur des manches, voit peut-être dans ce nouvel APEX UW, l’opportunité d’utiliser une tête d’hybride plus profonde par rapport à un club traditionnel, et plus maniable qu’un bois de parcours.

Ici, tout est affaire de subtilité entre une petite tête de bois de parcours ou une grosse tête d’hybride…

C’est aussi une affaire de business avec un nouveau produit mis sur le marché à un prix pas inférieur à 329 euros, ce qui fait de l’APEX UW une possible solution pour votre sac mais à un prix un peu prohibitif, compte tenu de la moyenne des ventes d’hybrides en Europe continentale.

Callaway est certainement portée par la bonne santé du marché des équipements de golf, et qui ne se dément pas aux Etats-Unis, en Europe ou en Asie.

C’est d’ailleurs une petite musique que j’ai entendu plus fréquemment cette année dans la bouche de mes interlocuteurs chez Callaway, à priori mécontents des articles que j’ai pu publier cette année, considérant que le marché ne validait pas mes remarques…

Entre les lignes, vous achetez des clubs Callaway bien que je ne remarquerais pas d’évolution significative au sujet de la performance… La marque américaine se sentirait donc en pleine confiance au moment de vous convaincre de la suivre dans une nouvelle campagne de sortie produits.

Alors s’agissant du Apex UW, qu’est-ce que Callaway nous raconte de nouveau ?

La première chose que l’on peut apprendre, c’est qu’il s’agirait d’un bois de parcours utilitaire « haute performance ».

Est-ce à dire que les autres produits de la marque sont « basse performance » ?

Aujourd’hui, sur le marché des équipements de golf, quel club n’est pas raconté par son créateur comme étant haute performance. Comment d’ailleurs définir la haute performance ?

On apprend que le dessin du club est unique tout en combinant les meilleures caractéristiques d’un bois de parcours très lofté (à savoir un bois 5 ou un bois 7) avec les meilleures caractéristiques d’un hybride pour un vol de balle plus neutre.

Qu’est-ce que tout cela veut dire ?

Vol de balle plus neutre ?

Le vol de balle est conditionné par exemple par une vitesse de balle, un loft dynamique, un angle de lancement, un chemin de club, et une position de la face à l’impact…

A en juger par les indices que Callaway a bien voulu me passer, je peux imaginer que l’Apex UW est en fait une tête plus profonde, et donc avec un moment d’inertie plus élevé, ce qui en contrepartie, s’accompagnera avec une moindre maniabilité, mais plus de stabilité à l’impact pour favoriser le smash factor.

S’agissant de la trajectoire plus neutre, on peut imaginer que la marque veut parler du degré d’offset plus réduit par rapport à d’autres de ses modèles, comme le Big Bertha 21 ou l’Epic Max Star.

C’est d’ailleurs certainement pour cette raison, que ce nouvel hybride s’adresserait plutôt à des bons joueurs plutôt qu’à Monsieur ou Madame Tout le Monde, qui préfère le plus souvent un club qui corrige un chemin de club trop extérieur-intérieur (lutter contre le slice).

A l’inverse, un professionnel tel que Mickelson va privilégier un club qui contraindra moins son chemin de club, et ce dans le but de justement varier les trajectoires…

Terme qui est contradictoire avec la trajectoire neutre… En réalité, cet APEX UW sert bien à varier les trajectoires en hauteur ou entre fade et draw plutôt qu’à les neutraliser.

En revanche, comme l’indique Callaway, ce club pourra tout à fait servir depuis le tee, depuis le fairway ou même depuis le rough, cependant, dans ces trois situations, son rendement et les trajectoires vont grandement changées.

Souvent, sans l’aide de radars, les golfeurs et les golfeuses n’ont pas les instruments pour réellement percevoir que pour ces trois situations, ils ont bien trois distances moyennes différentes.

Depuis le tee, il est tout à fait possible que la vitesse de club soit en même temps que l’angle de lancement plus élevé, alors qu’inversement, depuis le rough, la vitesse de club soit freinée et la qualité du contact moins bonne. Selon les situations, on parle tout de même d’un écart potentiel d’une vingtaine de mètres, si ce n’est plus selon la compétence du joueur ou de la joueuse, et quel que soit l’hybride.

S’agissant des arguments purement marketing, Callaway va tenter de se distinguer des autres marques avec des termes très techniques, comme la face « Flash » SS21 dessinée à l’aide de l’intelligence artificielle, le système Jailbreak et cumulé à la Face Cup C300.

Toutefois, il faut se rappeler que le matériel de golf obéit à des normes très strictes, et parmi les dix marques les plus connues, il est quasiment devenu impossible de distinguer les produits selon les performances pures, sauf à réaliser un ajustement club/joueur ou fitting qui dans ce cas, permet d’optimiser la performance.

Les écarts de Smash Factor peuvent être le résultat d’une conception de tête différente, et en réalité, le principal argument à surveiller est le Moment d’inertie qui exprime la stabilité de la tête de club au moment de l’impact.

Et justement, dans le cas de l’APEX UW, à la vue de sa forme, il y a fort à parier que la tête puisse être plus lourde de quelques grammes, et en même temps plus stable…des arguments qui pourraient plutôt être favorables à Monsieur ou Madame Tout le Monde.

Si Callaway réserve ce produit aux meilleurs joueurs, c’est alors et en fait pour une autre caractéristique qui n’a rien à voir avec du Marketing : La position de la face par rapport au manche, et notamment son décalage plus réduit, et donc moins susceptible de compenser un chemin de club propice au slice…

Concernant le poids, Callaway confirme cette hypothèse à travers son principe de MIM ‘D Tungsten Weighting (en moyenne 18 grammes par club) dont elle vante le fait d’ajuster précisément le centre de gravité de la tête…

La marque explique qu’une position plus neutre du centre de gravité pourrait favoriser un angle de lancement plus élevé, et un angle de descente plus vertical pour un meilleur effet stoppant.

Cet argument est d’ailleurs loin d’être anecdotique, et tout à fait intéressant. Si cela venait à se vérifier, ce serait un véritable élément de séduction justement pour les bons joueurs susceptibles d’attaquer des greens à longue distance avec ce club.

Un des freins à l’usage d’un tel club au moment d’attaquer un long par-3 est justement le fait qu’il favorise un angle d’atterrissage de la balle moins prononcé, et donc moins de pouvoir stoppant donné à la balle, et plus de roule.

Pour une marque, le produit de rêve est donc bien un club qui facilite le décollage de la balle tant désiré par tous les golfeurs, et à l’inverse, produirait aussi un angle de descente prononcé, comme si on cherchait à bomber la trajectoire de balle.

Dans les faits, c’est très difficile à obtenir seulement par la configuration de la tête. Il faut aussi prendre en compte le shaft et le grip, deux autres éléments qui peuvent influer, et souvent passés sous silences par les marques… qui ne fabriquent pas ces composants, mais seulement les assemblent.

Or, la plupart du temps, les marques font des choix de rationalisations économiques s’agissant de ces deux composants. Toutefois, ces dernières années, Callaway s’est distingué du reste du marché, en proposant justement sur ses produits hauts de gammes, des manches ou des grips de qualité supérieure, fait très appréciable.

La marque américaine est souvent sur un positionnement tarifaire élevé, mais le rapport qualité/prix proposé est rarement franchement au détriment du consommateur.

Dernier argument surprenant émis par Callaway au sujet de son hybride, la marque le proclame 17% plus régulier d’un point de vue de la dispersion ou de la précision, sans pour autant fournir la méthodologie de son étude pour arriver à un tel résultat.

Dans les faits, il est quasiment impossible de prouver qu’un club puisse donner un tel avantage de précision sans prendre en compte le testeur. Il faut donc prendre cette promesse avec beaucoup de prudence ou de recul.

Pour un prix de 329 euros, Callaway propose donc un produit à un prix beaucoup plus élevé que la moyenne du marché dans l’hexagone, plutôt proche de 250 euros avec des offres comme le PING G425 ou le SIM MAX2 qui sont actuellement les modèles les plus vendus.

Toutefois, par rapport à son propre catalogue, Callaway dispose de modèles aussi coûteux comme l’EPIC Flash, alors qu’inversement le Big Bertha 21 proposé à 259 euros est plus proche du prix marché, sans que l’on puisse affirmer avec certitude qu’il sera beaucoup moins performant.

Pour Callaway, l’association avec Phil Mickelson est rêvée. Elle lui permet de créer des produits pour le satisfaire tout en alimentant l’imaginaire collectif autour de la performance. D’un point de vue marketing, c’est très puissant surtout que Mickelson incarne quelque chose de très important, et de beaucoup plus vendeur qu’un Bryson DeChambeau même au sommet de sa forme… il se rapproche plus d’un golfeur senior, soit la majorité du marché, et des consommateurs. 

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