Plus de 5000 pages pour votre jeu de golf. Matériel, technique, parcours, voyages...

Bois de parcours Callaway Epic Star : Quelle est la bonne vitesse ?

Ultra léger, ultra long… telle est la promesse de Callaway pour son nouveau bois de parcours premium, le modèle EPIC Star qui reprend la majorité des technologies déjà vues sur le précédent EPIC développé avec l’intelligence artificielle. Destiné à concurrencer XXIO, Honma et PXG sur le marché du ultra haut de gamme, c’est donc essentiellement la question du poids total du club, tête et manche, qui doit fournir un lancement avec moins d’effort et de vitesse de swing, pour un public clairement senior. Pour avoir testé ce club avec plusieurs vitesses de swings différentes, j'ai fini par comprendre comment en tirer le meilleur parti, et définir le profil de l'utilisateur/golfeur idéal...

Un bois de parcours Ultra-Premium pour répondre au besoin exprimé par le marché ?

Callaway ne manque pas de superlatif pour cette nouvelle gamme de produits Star en édition limitée, mais dont l’importance dans la stratégie globale de la marque n’est pas des moindres.

Depuis quelques saisons, Callaway a opéré un repositionnement stratégique, et clairement une montée en gamme pour retrouver le chemin de la profitabilité.

Une stratégie qui peut être critiquée par certains du fait de la hausse des prix que cela implique, mais une stratégie, qui en matière de golf, s’avère souvent être la meilleure, dans un environnement où les consommateurs sont prêts à payer plus pour une valeur ajoutée supplémentaire.

Dans ce contexte, le marché ultra premium a connu en France, et un peu partout dans le monde, une progression qui n’avait pas été autant anticipé.

Fort d’une présence relative au Japon, Callaway a expérimenté depuis plusieurs années le fait de créer des gammes de produits complètes et exclusives pour ce marché aux codes, et fonctionnements différents du marché américain.

On peut largement imaginé que la nouvelle gamme EPIC Star est issue d’une réflexion à l’origine destinée au pays du Soleil Levant.

Pour le marché occidental, Callaway qui était déjà bien ancré sur le marché premium (driver à plus de 500 euros), la tentation de monter encore d’un étage vers l’ultra-premium n’était pas seulement une aspiration, mais pratiquement une obligation.

Dans un environnement où les consommateurs sont de plus en plus volatiles, moins fidèle à une marque, et animé par l’envie de se différencier avec des produits plus chers, Callaway ne pouvait plus laisser filer le train, sans monter à bord.

Si la gamme de bois de parcours EPIC lancée en janvier était « capitale » d’un point de vue de la mise en avant du savoir-faire, et des technologies, la gamme STAR qui en découle désormais, est encore bien plus « capitale » d’un point de vue commercial.

Si on se met dans la peau des décideurs de la marque, ils doivent légitimement considérés avoir une plus grande légitimité sur le marché français, et notamment en raison d’une présence plus ancienne comme marque majeur, et par rapport à des acteurs plus « jeunes », comme XXIO, Honma et même PXG.

Le bois de parcours EPIC Star n’est donc pas avare de promesses de performances, en même temps que de s’afficher comme un produit de luxe, pour un prix avoisinant les 400 euros, quand le modèle d’origine est plutôt positionné entre 250 et 330 euros, selon les détaillants.

Un tel produit ne peut pas cacher son ambition de viser une cible senior.  Le marketing de la marque exprime un club qui lance la balle avec moins d’efforts pour de plus longues distances, et une précision exceptionnelle.

Le centre de gravité a été abaissé, et la vitesse de balle accrue sur toute la surface de la face, mais surtout des économies de poids drastiques ont été faites au niveau du manche, et du grip.

Le nouveau manche ATTAS Speed Series 40 R spécialement réalisé pour l’occasion (le club a été assemblé au Mexique) présente un grammage réduit de près de 30 grammes par rapport à un TENSEI Series monté sur un bois EPIC Flash.

Même le grip a été allégé à seulement 5,8 grammes pour un club qui au maximum ne pèse pas plus lourd que 302 grammes, un poids plume.

Ce poids minimum est l’information la plus importante à retenir au sujet de ce nouveau bois de parcours.

S’agissant des autres arguments, Callaway met en avant une quatrième génération de « Face Cup » pour plus de vitesse de balle, surtout pour les coups décentrés.

Toujours s’agissant de la vitesse, la « Speed Step technology » développée conjointement avec l’industrie aérospatiale est toujours censée améliorer l’aérodynamique globale du club, pour augmenter la vitesse de swing, sans effort supplémentaire.

Enfin, la facilité de lancement est la résultante d’un moment d’inertie plus élevé, et d’un centre de gravité abaissé. Le carbone triaxial est 78% plus léger que l’acier.

D’un point de vue look, le modèle EPIC Star rappelle beaucoup son grand frère, l’EPIC Flash lancé en janvier dernier.

Le nouveau design doré exprime clairement le positionnement ultra-premium. Le résultat inspire l’adjectif « élégant ».

Premier test

Comme pour l’ensemble des produits EPIC Star, je n’ai pas le profil imaginé pour ce club. Si dès la prise en main du bois 3, vous sentez la très grande légèreté, il m’a fallu au moins une cinquantaine de frappes pour comprendre comment optimiser ce club.

Pour moi, c’était au départ beaucoup trop léger, et les premières frappes étaient déconcertantes jusqu’à ce que je comprenne l’essence même de ce club.

Ce n’est pas une question de vitesse de swing ! J’ai fini par swinguer à près de 100 mp/h avec ce bois 3, ce qui est une vitesse extrêmement rapide, de même que je l’ai testé avec une vitesse inférieure à 70 mp/h.

La clé d’une bonne utilisation de ce club, c’est la vitesse de transition entre le backswing, et le downswing.

Sur les premières balles, je ne m’en suis pas soucié, et je vais le dire, j’ai détesté ce club ! Les balles partaient n’importe où, et je n’avais aucun contrôle sur la tête. C’était épouvantable, et puis à force de taper, de chercher, j’ai compris un peu par hasard, que ce n’était pas une question de vitesse de swing, mais bien une question de transition.

Pour parfaitement utiliser ce club, il ne faut pas l’agresser !

J’aurai pu faussement conclure que ce club ne devrait pas être utilisé à une vitesse de swing de plus de 80 mp/h. Ce n’est pas le sujet.

Si vous avez un swing, un tempo, une transition douce, vous pouvez accélérer et même à plus de 100 mp/h, et trouver de la performance, et du contrôle.

En revanche, si comme moi, sans y prêter attention, entre le backswing, et le downswing, votre transition est trop agressive, trop rapide, les coups seront hors de contrôle, car le shaft trop léger, trop souple (un shaft senior habillé en regular) ne répondra pas correctement.

Au bout d’une centaine de balles tapées, et beaucoup de transpiration, j’avais compris qu’en réduisant le temps de transition, en laissant du temps au club pour se placer au sommet du backswing, je pouvais l’accélérer sans problème.

La transition, c’est le point clé de ce club avec un manche aussi léger.

Conscient des questions suscitées par le précédent test du driver EPIC Star, et notamment par la marque, pour cette première prise de contact avec le bois 3, j’ai eu l’idée de répliquer le test du club selon 4 vitesses de swings différentes.

Depuis toujours sur JeudeGolf.org, je m’évertue à écrire sur des clubs que j’ai effectivement testé et tenu en mains, club adapté ou pas pour moi.

Test avec une transition adaptée au club (plus lente)

Ci-dessus, le test du bois 3 Epic Star après que j’ai eu compris la question de la transition, et donc adapté mon swing à un tempo plus lent. Ce qui ne veut pas dire un swing plus lent !

J’ai donc répliqué 4 vitesses, ce qui n’est pas aussi idéal et parfait que d’avoir 4 testeurs avec 4 vitesses, j’en conviens.

Pour créer ces 4 vitesses, j’ai « joué » sur l’amplitude de mon mouvement, et l’intensité de mon geste.

 

La vitesse la plus difficile à produire a été la plus lente, pour laquelle, j’ai eu plus de mal à obtenir de la précision.

Plus la vitesse augmente, et plus la portée de balle augmente, de même que les trajectoires se « bombent »…

Premier constat : Le loft dynamique est plutôt élevé quelle que soit la vitesse de swing, c’est le résultat d’un manche très léger, très souple, qui ne me permet pas vraiment de freiner la position des mains dans la zone d’impact.

Ce type de manche favorise le fait de « scooper » la balle, faire passer la main droite sous la main gauche, alors que le « release » tardif se fait plutôt quand la main gauche passe avant la main droite (pour un droitier) à l’impact.

C’est un peu technique, mais le loft dynamique est bien le résultat d’une action des mains à l’impact. Quand il augmente, c’est parce que le manche n’est pas assez rigide, notamment au niveau du tip (en bas du manche).

C’est volontaire de la part de la marque, pour une clientèle avec un swing lent ou peu agressif, qui au contraire, a besoin de souplesse au bas du shaft pour faire décoller les balles.

Quand on regarde les 4 vitesses, le phénomène distinctif le plus notable se situe au niveau de l’angle d’atterrissage.  Plus la vitesse augmente, et plus l’angle d’atterrissage des balles augmentent, limitant la roule. C’est à nouveau logique compte tenu de la cible.

Un golfeur avec une vitesse de 70 mph appréciera de voir sa balle suivre une trajectoire plus tendue, pour obtenir plus de roule (environ 30 mètres).

Dans mon cas, à pleine vitesse, cette roule sera réduire à seulement 10 mètres… Le shaft, toujours lui, est en cause.

Concernant le smash factor (environ 1.40) quelle que soit la vitesse de swing ne peut selon moi pas être plus élevé du fait du poids de la tête qui n’est pas très lourde.

Le smash factor, ratio entre vitesse de balle, et vitesse de swing dépend fortement et aussi de la masse de la tête de club. Une tête légère produit plus difficilement plus de vitesse de balle, surtout à des vitesses de swings élevées.

Cela étant, j’ai réussi à monter le smash factor à 1.46 sur les meilleures balles.

Le point le plus notable que j’ai relevé concernant ce test avec 4 vitesses se situe bien au niveau du moment d’inertie exprimé en partie par le spin donné à la balle.

Plus la vitesse de swing augmente, et plus on sort de la cible imaginée par Callaway, et plus le spin augmente dans de trop fortes proportions (4000 tours à 100 mph).

C’est bien là le signe d’un club qui n’est pas adapté à une vitesse de swing trop élevée. En revanche, à seulement 70 mph, le niveau de spin constaté est parfait (2300 tours).

En conclusion, ce club a bien été conçu pour des vitesses de 65 à 75 mph, mais comme je l’écrivais plus haut, plus important encore, pour des transitions lentes à modérées.

Si votre transition est rapide, mais votre vitesse de swing globalement lente, alors ce club ne sera pas adapté ! C’est toute la subtilité que ce test révèle, et qui n’est pas nécessairement expliqué par la marque ou par un détaillant.

Test à 70 mph (vitesse de swing lente/transition lente)

Sans le vouloir, à 70 mph, c’est aussi la vitesse avec laquelle j’ai le plus de mal à centrer la balle dans la face, ce qui involontairement réplique assez bien les difficultés rencontrées par un golfeur senior…

Tous les tests ont été réalisés sur tee. Les angles d’attaques sont donc naturellement plus élevés par rapport à un test sans tee.

En bleu, les valeurs idéales pour un coup de bois 3 et la vitesse de swing donnée.

En orange, les valeurs réalisées par le testeur…

Ce graphique illustre que l’angle de lancement est dans la bonne plage de valeurs (15 degrés) pour une vitesse de swing lente (70 mph).

Test à 80 mph (vitesse de swing modérée /transition lente)

Je commence à mieux centrer les balles dans la face avec pour résultat une meilleure précision.

Le spin est idéal (3600 tours) par contre je commence à lancer trop haut. Néanmoins, des quatre tests, c’est la vitesse pour laquelle le club est le proche de l’optimum en distance.

Test à 90 mph  (vitesse de swing rapide/transition lente)

La preuve que même un swing rapide peut tester et utiliser ce club. Cependant, et à condition, d’adopter une transition lente entre la fin du backswing, et le début du downswing…

Test à 100 mph (vitesse de swing très rapide/transition lente)

Avec la bonne transition, on peut obtenir des distances intéressantes malgré la légèreté du club.

Les ratios démontrent néanmoins que l’on s’éloigne d’un club adapté pour une vitesse de swing rapide...

Restez informé

Recevez notre newsletter
(Note moyenne de 0 sur votes)

Commentaires   

golfnswing@gmail.com
0 #1 Ah bon !golfnswing@gmail.com 06-11-2019 00:32
La dernière trouvaille des marques, la légèreté. Mais c'est bien sûr car, n'est ce pas, si vous jetez un bâton de 10 grammes et un autre de 80 gramme, celui de 10 gr ira plus loin. Je me trompe ? Et si vous jetez une balle de golf puis une balle de ping pong, celle de ping pong doit certainement aller plus loin. C'est ça ?
Allez, après les lofts des fer 7 mis en loft de fer 5, rendant les séries actuelles injouables pour la majorité des golfeurs et, maintenant, les poids plumes , quelle sera la prochaine trouvaille marketing, saupoudrée de références improbables à l' aéronautique et à l'intelligence artificielle ?

Vous ne pouvez pas poster de commentaires si vous n'êtes pas membre du site.