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Bois de parcours TaylorMade M3

En 2017, le M1 avait ouvert la voie aux bois de parcours TaylorMade à la fois ajustable sous la semelle, et au niveau du hosel, pour proposer une multitude de solutions aux golfeurs. Cette année, le nouveau M3 suit cette nouvelle logique, tout en apportant de nouvelles promesses de longueurs et de dispersions réduites. Qu’en est-il réellement ?

TaylorMade M3 : Une affaire de poids ?

Le nouveau bois de parcours M3 entend se placer comme un bois premium avec une construction en acier inoxydable 450 au niveau de la tête, une nouvelle face en Ni-Co C300, et une nouvelle couronne construite en 5 couches de carbone.

La couronne est ainsi une réplique de celle posée sur le driver M3.

Pour justifier la sortie d’un nouveau produit seulement un an après le M1, TaylorMade argumente sur une amélioration du rail situé sous la semelle, et servant à déplacer un poids de 29 grammes de la position draw à fade.

L’an passé, ce poids était seulement de 25 grammes. Pour la marque, ce rail plus long de 3,5 millimètres, et le poids plus important permet une plus grande plage de réglages (plus 8% par rapport au M1).

Ce poids se dévisse pour être déplacé sous la semelle.

Il se dévisse aussi pour être entièrement retiré. Je vous déconseille de le faire, car c’est une véritable plaie pour le remettre. Le poids se décompose en réalité en trois parties : une vis, un montant supérieur, et un montant inférieur. Les montants coulissent sur le rail.

Après avoir tenté d’enlever le poids, j’ai mis beaucoup (trop) de temps à le remettre. Je trouve cette perspective assez énervante, d’autant que les poids sur et sous les drivers/bois de parcours me convainquent de moins en moins pour générer des effets.

Créer du draw ou du fade est bien plus significatif par l’action humaine qui consiste à déplacer le chemin de son club par rapport à la face, que par un quelconque artifice d’un club.

Depuis la mise en place de ces offres par les fabricants, je n’ai jamais réellement réussi à prouver le bien fondé des poids, sauf dans le cas du déplacement avant/arrière, qui lui influe sur le taux de spin.

En somme, le principal argument du M3 (le poids sous la semelle) ne retient pas particulièrement mon attention à première vue sans tester, ou au contraire trop, car il faut galérer pour le remettre après l’avoir défait.

Si TaylorMade cherche une idée d’innovation utile : Penser à rendre le démontage du poids plus simple !

Le rail étant incurvé. Le montant inférieur passe son temps à glisser sans que vous puissiez facilement insérer la vis, et le montant supérieur par-dessus.

En matière de praticité, je donne une note de 0 sur 20 ! Et comme pour l’utilité, je ne suis pas convaincu…

En réalité, l’intérêt du M3 réside plus dans la possibilité d’ajuster le hosel. Si vous faites vous-même le test d’un bois ajustable, vous verrez que bien souvent, il peut être très utile de relever le loft de son bois de parcours.

Pour ma part, j’ai souvent constaté qu’un 17 degrés m’était plus favorable qu’un 15 degrés, surtout taper sans tee pour générer plus de smash factor. Pour autre joueur, le fait de descendre le loft à 14 degrés sera peut-être plus pertinent. L’intérêt, c’est de pouvoir choisir.

Ceci étant, le M3 n’est pas le premier bois 3 à proposer cette solution. Ce n’est donc pas une innovation suffisante.

Un look de bois 3 réussi

Le véritable point fort du M3 est de mon point de vue… esthétique !

Une fois posé au sol, à l’adresse, la couronne du nouveau M3 présente un look très agréable, avec un mélange réussi entre la partie avant grise métallique, et la partie arrière.

A une époque où on cherche trop souvent à parler de performance d’un bois à un autre, on oublie souvent que l’essentiel est surtout dans le look du produit.

Pour le coup, le bois 3 M3 est bien l’un des plus beaux depuis bien longtemps chez TaylorMade.

Même la semelle est très réussie. Le rail dont je doute de l’utilité apporte visuellement une touche « technique » au produit.

Le patron d’une marque de clubs que je ne citerai pas ici, à expliquer que pour vendre un club selon un argument technologique, il fallait déjà que visuellement le client puisse croire au bien-fondé de cette même technologie.

Il faut le voir pour le croire.

Sur ce point, je pense que c’est particulièrement bien réussi par TaylorMade, qui avance par l’intermédiaire de ses ingénieurs, d’autres arguments…

La maniabilité du bois serait améliorée par la nouvelle forme du M3, et notamment le fait que le rail soit plus avancé près de la face.

Au moment d’écrire ces lignes, je peux justement le contrôler en tapant des coups dans notre centre d’essai.

Comparativement à mon vieux bois 3, en tapant alternativement, je ne trouve pas que la maniabilité, soit meilleure ou moins bonne. Elle est bonne dans les deux cas. J’ai donc là aussi du mal à vérifier cet argument, ou le trouver nettement supérieur.

J’imagine que vous aurez la même problématique, surtout si vous n’utilisez pas de radar.

Les sensations sont bonnes. Est-ce qu’elles seront supérieures à un autre bois 3 de conception récente ? Ce sera votre appréciation personnelle.

Pour TaylorMade, le fait que la taille de la vis de réglage au niveau du hosel ait été réduite devrait agir positivement sur la speed pocket.

Cette dernière prend moins de place sous la semelle. Si la fente sous la semelle est plus longue, elle est moins large. Pour le fabricant, ce nouveau dessin la rend plus efficiente.

En fin de compte, le seul élément sur lequel TaylorMade peut réellement influer n’est autre que le spin.

Forte réduction du spin avec le TaylorMade M3 ?

Le coefficient de restitution de la face étant limitée, le spin est le seul argument qui peut permettre un léger gain de distance à vitesse de swing équivalente.

Pour la marque, cela doit être un véritable casse-tête pour espérer obtenir un petit gain de performance avec autant de petits changements à apporter sur un objet qui ne mesure pas plus de 139 cc !

C’est ce qui est terrible avec le matériel de golf : Beaucoup d’efforts pour des gains parfois minimes…

En revanche, TaylorMade a réussi quelque chose de notable en 2018 avec son nouveau M3 versus le M1 : Il est beaucoup plus maniable pour un plus grand éventail de joueurs.

Le test de la gamme M3/M4 a complètement confirmé pour moi le fait que la gamme M1 était beaucoup trop exigeante pour 99% des golfeurs amateurs.

L’an passé, j’avais vertement critiqué le driver M1 que j’avais trouvé injouable.

Avec du recul, la gamme M3, driver ou bois de parcours me paraît une réponse pratiquement inverse, notamment s’agissant des clubs standards en racks de magasins, et sans parler de fitting.

Entre le M3 et le M4, la différence de prix est uniquement le fait d’ajuster le hosel et le poids sous le rail.

Le shaft Mitsubishi CK Tensei 65 me paraît tout juste passable. C’est le point que je relève le plus souvent désormais concernant toutes les marques. Les manches sont le plus souvent des premiers prix chinois à 15 dollars de prix de revient.

Pour beaucoup de joueurs, cela ne fera pas encore une grosse différence.

Toutefois, compte tenu du prix de vente d’un tel bois de parcours, je ne voudrai pas que vous puissiez croire que vous avez le top du top en la matière. Le shaft est juste passable. Par rapport à la qualité de la tête, c’est un peu dommage.

Un premier essai

Pour avoir testé ce bois avec un Trackman 4, j’ai pu constater plusieurs points.

Le point positif : Le smash factor me paraît excellent (1.47) signe que le club est « facile » pour ramener la face plus souvent square à l’impact, et transmettre un maximum de vitesse à la balle.

Le point négatif : La dispersion est inchangée. C’est bien plus du fait du joueur que du club… dont l’influence sur les trajectoires est faible en comparaison du geste.

Par rapport à d’autres bois de parcours TaylorMade, le M3 est un des clubs que j’ai le plus apprécié pour un seul argument : La réduction drastique du taux de spin.

Sans avoir besoin de swinguer à ma pleine vitesse, j’ai obtenu un gain de distance notable par le fait de mieux manier ce club, lancer la balle plus haute, tout en constatant donc une réduction du spin.

L’équilibre du club est sans doute à l’origine de ces changements. Par rapport à ma moyenne, le gain est modéré (3 mètres).

Cependant, le faible taux de spin (2300 tours) que j’ai pu relever au cours de mon essai contre une moyenne usuelle de 3300 tours laisse penser que sur cet argument au moins, il se passe quelque chose…

L’écart peut paraître énorme. Cependant, sur une balle qui vole moins de 6 secondes, cela signifie un écart réel de 100 tours…

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