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Utility Srixon ZU 85: Choisir le bon loft et le bon manche

Driver, bois de parcours, hybrides, fers, il ne manquait plus que l’utility ZU 85 à vous présenter. Dernier mais pas le moindre des produits de la nouvelle ligne Z85, notamment, et peut-être parce que ne le savez-vous pas, il s’agit d’un des clubs les plus populaires sur le circuit professionnel. L’utility Srixon a depuis sa version d’origine ZU 45 (2014) quelque part contribué à relancer le genre. Cela étant, le choix du bon numéro peut être crucial au moment de taper un coup de long-fer à la place d’un bois depuis le tee de départ…

L’intérêt d’un Utility Srixon ZU85

Quatre ans en arrière, quand j’ai découvert pour la première fois l’utility ZU 45, je me souviens avoir eu un réel coup de cœur pour ce club, et finalement pour ce genre de club, ni hybride, ni fer.

Parfois en difficulté dans le jeu long, avec une forte tendance à disperser au drive, l’alternative d’un long-fer paraissait crédible.

Finalement, cela valait le coup de supprimer un fer 3 et même un hybride pour faire une place à ce club servant d’alternative pour un coup de départ.

Je l’ai donc utilisé de plus en plus régulièrement sur le parcours. L’expérience m’a montré finalement que ce club n’était en fait pas si facile à utiliser, en particulier sur le fairway.

De plus en plus familier avec le Trackman, au hasard d’un test, je me suis contredit, et commencé à le remettre en question, finalement plus favorable à un fer 3 « classique », notamment depuis le fairway.

Pour ce type de club, clairement, la rigidité du manche est un élément capital de la maniabilité, et donc du résultat.

Un utility, c’est une tête plus massive et un manche plutôt lourd (100 grammes) et plutôt long (plus de 39,25 inches).

Tout est réuni pour produire de la distance : masse et vitesse.

Le hic, c’est qu’il faut non seulement une bonne vitesse de swing de la part du joueur, mais aussi une très grande précision pour centrer correctement la balle dans la face.

Ce type de club ne pardonne pas, vraiment pas…

En revanche, à l’inverse d’un driver à la face dite « bulged », capable de créer du « gear effect », ce type de club à la face plate limite les effets négatifs de « spin axis ».

Autrement dit, quand vous décentrez votre frappe, vous n’ajoutez pas en plus en guise de punition, une distorsion supplémentaire à droite ou à gauche, à la trajectoire de la balle.

C’est là, l’élément clé pour comprendre l’intérêt d’un Utility par rapport à un driver. La dispersion est forcément moins importante.

Tapée en pointe, une balle contactée avec le driver va partir en hook courbée à gauche, et inversement tapée en talon, la balle va partir en slice exagéré à droite.

Ce ne sera moins le cas avec un Utility ou même un hybride. Vous n’aurez qu’à gérer les fautes de faces ou de chemins de clubs, et donc de directions du lancement de la balle.

Les spécificités du nouveau ZU85

Avec le nouveau ZU 85, Srixon mise encore sur l’acier carbone 1020 combiné avec une face en acier SUP10 très résistante, pour marier vitesse de balle et toucher.

Le « Muscle » au dos du club est très similaire à celui des nouveaux fers Z785.

En revanche, le « trait » de la top-line est beaucoup plus épais.

La tête est tout simplement plus massive, plus exacerbée pour favoriser la confiance à l’adresse.

Curiosité, le ZU85 est le seul club Srixon de la gamme à ne pas présenter la marque de fabrique du fabricant : la semelle Tour VT.

Au contraire, la semelle à faible rebond (ce qui ne le rend pas trop tolérant sur le fairway) est en fait un peu plus large par rapport à la version ZU65 (mise à jour de 2016).

Un premier essai

Pour me faire une nouvelle idée, Srixon m’a donc adressé le nouveau modèle en version 23 degrés (numéro 4) sur un manche graphite regular Mahana spécialement conçu pour un Utility.

Jusqu’à présent, je n’avais testé que des manches aciers et stiffs.

Par rapport à une vitesse de swing légèrement supérieure à 85 mph, vous pouvez espérer une distance de 180 mètres avec un tel club. C’est donc vraiment une alternative à un bois, ou dans certains cas à un driver.

En matière de dispersion, on peut voir que sur une vingtaine de frappes, il y a relativement peu de grosses fautes à gauche ou à droite. En tout cas, les effets sont limités.

La moyenne de « spin axis » ou « rotation de la balle sur son axe » est relativement faible (2.5°). La balle dévie moins naturellement de son axe vers les côtés.

En revanche, le véritable revers de la médaille vient du fait que sur un coup sur deux, potentiellement, le joueur classé au-dessus de 10 d’index (pour donner une idée) va manquer le centre du sweet spot fréquemment, et très vite perdre en rendement.

La vitesse de balle peut vite chuter, et la distance avec.

La dispersion n’est pas en latérale, mais en profondeur.

A titre de comparaison, j’ai repris le ZU45 de loft 20 degrés (numéro 3) sur manche acier stiff.

Avec un manche plus lourd, et un loft plus fermé, on se dit qu’en théorie, on doit aller nettement plus loin.

Sur la moyenne des balles tapées, oui, cela se vérifie, mais si vous regardez les balles les plus longues, entre l’utility 4 et l’utility 3, ce n’est pas si flagrant.

Je vous invite à prendre en considération un manche graphite par rapport à de l’acier, spécifiquement pour ce type de club. Le gain se retrouve notamment au niveau du smash factor qui remonte nettement (1.41 contre 1.37 avec l’acier).

Le graphite permet d’accentuer nettement la vitesse de balle, même si le taux de spin monte en parallèle, ce qui pourrait légèrement atténuer le gain de distance.

Idéalement, j’aurai aimé comparer deux manches stiffs, mais je suis amené à penser que le graphite amène un peu plus de facilité, et de maniabilité sur un club, qui est en fait déjà assez difficile à swinguer.

Avec un loft plus ouvert, mais surtout un manche plus léger, et moins « raide », j’ai réussi à lancer les meilleures balles à la même distance.

Pour choisir un Utility, je vous suggère de regarder les meilleures balles, mais aussi et surtout les moins bonnes.

Des ingénieurs m’ont souvent indiqué qu’en dessous de 23 degrés de loft, les amateurs n’avaient pas assez de vitesse pour correctement faire décoller les balles.

Cela s’applique sans doute aux Utility.

23 degrés, et donc le numéro 4 dans le cas présent, est sans doute la limite maximum à considérer pour ce type de club.

Le choix du manche ne doit pas vous conduire absolument à opter pour de l’acier et du stiff pour les plus rapides d’entre vous.

Dustin Johnson, connu pour sa longueur, a choisi de joueur cette année en quelques occasions, et sur les conseils de son coach, un utility sur manche graphite extra-stiff.

Pour conclure, l’Utility est vraiment un club à jouer sur un tee de départ. C’est très difficile à manier depuis le fairway. Le risque de gratte ou de top est plus élevé par rapport à un hybride.

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