TaylorMade P7MC : Est-ce que quelque chose change vraiment ?

Eté 2020, TaylorMade met à jour ses gammes de clubs pour les meilleurs joueurs, et en particulier, la nouvelle P7MC en remplacement de la précédente P750, déjà une lame « cavity back ». Mis à part le design, la marque de Carlsbad a-t-elle réellement changé quelque chose à cette série ? Une lame Cavity Back est-elle vraiment si difficile à jouer par un amateur ? Quelles différences significatives avec une série Muscle Back classique ?

Comparativement à la précédente P750, notamment utilisée par le dernier vainqueur du PGA Championship 2020, Collin Morikawa, la nouvelle P7MC présente un dos plus sobre, avec une présence plus discrète du logo TaylorMade.

Pour se rappeler qu’il s’agit bien d’une lame CB, la P7MC conserve le dessin des rainures sur son dos, mais le nom TaylorMade a largement disparu, pour ne laisser la place qu’à un modeste et discret logo, comme seule trace d’appartenance.

Au-delà de cette seule considération de naming du produit, ou de présentation discrète de la marque, le « dos » de ce club est le principal élément de distinction.

A la différence d’une lame classique dite Muscle Back (MB), une CB pour Cavity Back présente un dos justement « creusé », et non pas « plein ».

Concrètement, le fabriquant ou le terme plus noble « craftman » quand il s’agit d’un artisan, enlève un peu de matière après l’étape de forge, ce qui paradoxalement devrait apporter un peu plus de tolérance dans la frappe.

Matt Bovee, ingénieur TaylorMade explique « L’acier carbone 1025 est forgé à l’aide d’une presse de 2 000 tonnes, ce qui permet d’obtenir une structure de grain plus serrée et plus compacte, pour offrir le toucher le plus solide et le plus constant possible. »

Il convient de définir ce qu’est la tolérance au golf… car ce n’est pas ce paramètre qui joue réellement, mais bien plus le loft. 

Un club plus tolérant qui voudrait dire plus facile à jouer n’existe pas.

La tolérance est une mauvaise interprétation d’un simple ratio : Vitesse de balle sur vitesse de tête de club.

Vous générez un swing, et une vitesse qui vous est propre. La tête du club quand elle contacte la balle génère la vitesse de balle.

Le loft, en plus de la longueur du manche, joue beaucoup sur ce ratio.

Plus la tête présente un loft ouvert, et moins la compression sera élevée.

Plus la tête présente, au contraire, un loft fermé, et plus la compression sera élevée, et en fait ce qu’on appelle à tort, la tolérance plus élevée.

Dans ce registre, une série de fers P7MC présente des lofts parmi les plus ouverts du marché, tout en restant dans la norme de sa catégorie (à savoir une lame CB).

Exemple pour un fer 7, un loft de 34 degrés.

A titre de comparaison, dans la même marque, un même fer 7 peut descendre jusqu’à 28,5 degrés.

Les deux clubs portent le même numéro, pourtant seulement le P7MC mériterait de s’appeler un fer 7.

Dans la foulée des marques japonaises, Srixon et Mizuno en tête, TaylorMade en vient donc à sur-segmenter son offre de clubs pour bons joueurs (P7MB, PP7MC et P770), ce qu’il conviendrait déjà de définir.

Avec ses nouveaux fers P7MB, P7MC et P770, TaylorMade imagine donc des clients/golfeurs qui propulsent une balle au fer 7 régulièrement, et à un minimum de 140 mètres au carry.

Des golfeurs moins intéressés par la distance pure, et la roule supplémentaire, mais bien plus par le contrôle de la trajectoire, et la moindre roule de la balle…

Je ne sais pas si c’est une définition suffisante d’un bon joueur.

Je connais des golfeurs qui tapent à plus de 140 mètres avec un fer 7, et ne jouent pas mieux que 20 d’index, et l’inverse est aussi vrai.

L’index est de toute façon un très mauvais repère, pour choisir une série de fers.

L’index ne transpire pas votre niveau de jeu avec des fers, et sur le seul compartiment des approches !

Un golfeur peut être 10 d’index avec une compétence meilleure au drive, et au putting, et un jeu de fers qui le classerait plutôt 24…

Le véritable juge de paix pour choisir des fers adaptés, c’est de définir son projet de jeu entre besoin de distance ou besoin de précision.

Et non, contrairement aux discours des marques, vous ne pourrez pas avoir les deux !

Entre un fer TaylorMade SIM ou SIM Max avec un loft super fermé et ce P7MC, il n’y a justement pas de compromis.

Les trajectoires diffèrent nettement entre très tendue, et plus lobée, sans parler de l’offset qui accentue la correction du chemin de club, et plutôt en faveur des sliceurs (quand l’offset augmente).

L’avantage d’une P7MC est en fait la possibilité de donner des effets à la balle, et de pouvoir arrêter la balle plus rapidement sur le green.

Son inconvénient est en revanche sa moindre facilité à pardonner le moindre coup décentré. Il est aussi déconseillé aux sliceurs, en raison de son moindre offset.

Décentré ?

Au niveau amateur, sans un trackman, c’est très difficile de sentir les légères différences de performances à quelques millimètres près dans la face. C’est plus spectaculaire pour un coup tapé en pointe, en talon, bas ou haut dans la face.

Pourtant, c’est bien sûr cet argument que vous devrez vérifier pour choisir votre fer, et même mieux le faire ajuster quand c’est possible.

Loft, lie, et offset sont en fait bien plus important à déterminer que votre niveau d’index pour savoir si vous pouvez ou devez jouer une P7MC.

Par rapport à la précédente P750, TaylorMade ne cherche pas à travestir la vérité dans son nouveau plan de communication. Sur ce type de clubs, il ne peut pas y avoir de technologie révolutionnaire qui change tout !

La seule chose qui peut changer, c’est la mode ou plutôt votre goût ! De même que l’usure de votre précédente série de lames CB qui peut vous inspirer un changement.

Plus que les clubs moulés, les clubs forgés sont plus fragiles, s’abîment plus vite, marquent plus (sans que cela n’entache complètement les performances).

Les caractéristiques d’une P7MC par rapport à la précédente P750 Tour Proto de TaylorMade sont en fait justement identiques.

Le loft n’a pas changé. Le lie n’a pas changé (sauf à la changer soi-même ou par un clubfitter).

Deux petits détails ont changé : L’offset réduit de 0.1 mm (invisible à l’œil nu et pratiquement imperceptible), et la longueur du manche standard a augmenté de 0.25 inches (un changement déjà plus notable, et favorable à la vitesse de swing).

Objectivement, à part cette question du shaft plus long, la série P7MC n’apporte donc rien de nouveau par rapport à la P750, sauf à être plus jolie, plus sobre, et très agréable à regarder.

Le design des clubs TaylorMade, pour bons joueurs, selon leur définition, a notablement progressé en 2020.

Par rapport à un équivalent Titleist (620 CB), TaylorMade n’a pas à rougir, et peut séduire le même public de golfeurs exigeants pour des têtes à la fois compactes, et sobres.

Est-ce vraiment un club intimidant et à proscrire pour un amateur au-dessus de 10 d’index ?

Absolument pas ! Comme évoqué plus haut, ne choisissez pas votre série selon votre index, mais bien votre projet de jeu, et surtout vos tendances de trajectoires.

Trop de golfeurs envoient systématiquement des balles à gauche, en raison de clubs aux lofts trop fermés, et avec beaucoup trop d’offset (une arme seulement anti-slice).

Pour ma part, je rejoue des lames, justement à la faveur du moindre offset, et pourtant, je suis loin de jouer 10 d’index tous les jours.

Les clubs de cette catégorie présentent aussi des manches plus longs que 10 ou 15 ans auparavant, de sorte que la perte de distance versus un club plus « improvment » n’est pas aussi dramatique.

En réalité, la clé du problème, par rapport à ce type de tête, va se situer au niveau du poids du manche.

C’est cet élément qui va être déterminant dans votre choix, et pour les clubs que j’ai reçu en essai, le manche proposé était un KBS Tour 120 S, un shaft acier stiff qui me correspond très bien, mais n’ira pas à beaucoup d’autres amateurs, qui pourraient le juger trop lourd.

Ne diabolisez pas la tête, si vous pouvez changer le shaft…

Par rapport à la P7MB, le graal des clubs de golf chez TaylorMade, la lame classique absolue, la différence se situe encore, et toujours, au niveau du loft, et de l’offset.

Loft 35 degrés pour la P7MB et 34 pour la P7MC en version fer 7, et un offset encore diminué de 5 mm en moyenne par numéro.

Entre une P7MC et une P7MB, laquelle vous fera mieux jouer ou vous sera la plus adaptée ?

Les écarts de caractéristiques sont infimes, et pourront se mesurer en centimètres sur le parcours.

Le look pourrait bien être le critère de choix le plus important, sauf dans le cas d’un golfeur qui cherche le contrôle et la précision d’une lame, et doit arbitrer son choix sur la question du draw et du fade…

Dans le cas du fade, privilégier la MB, et dans le cas du draw, la MC.

Dernier argument à faire valoir, dans la roue des marques japonaises, TaylorMade communique plus et mieux sur la question des combo, et la possibilité de composer sa série, en mélangeant des clubs de ses différentes nouvelles gammes, et par exemple P7MB, P7MC et P770.

Attention dans ce petit-jeu de l’apprenti sorcier de bien respecter une cohérence dans l’écartement des lofts, et donc des distances théoriques entre tous les clubs du sac…

Cela étant, je ne suis pas très convaincu par ce procédé qui vise à mixer des clubs avec justement des caractéristiques d’offsets qui diffèrent, et seulement parce que l’on voudrait traiter la question des lofts… et de la tolérance.

Je préfère assumer le choix d’une P7MC ou une P7MB, en ayant pondéré les deux questions du loft et de l’offset, que de tenter une cote mal taillée entre les deux, ou seulement en pensant aux lofts.

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