Fers TaylorMade SIM MAX et SIM MAX OS

Annoncés seulement quelques jours après les nouveaux drivers TaylorMade SIM et SIM MAX, sans surprises, la marque de Carlsbad dévoile la déclinaison pour les séries de fers du même nom, des clubs en premier lieu destinés aux golfeurs en progression. Des joueurs ou des joueuses qui ne recherchent pas la technicité d’une lame, tout en appréciant tout de même un dessin, un son, et un toucher agréable. Après la longue série des fers de la famille M, du M1 au M6, les SIM MAX marquent-ils justement une rupture ou au contraire une continuité ?

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Depuis plusieurs années, TaylorMade est à la bataille pour la première place des ventes de séries de fers pour les golfeurs en progression, un terme qui permet surtout d’isoler la question des golfeurs à un chiffre, ou ceux qui apprécient les lames, et notamment pour donner un maximum de spin, en acceptant moins de tolérance.

Finalement, le segment des golfeurs en progression est largement le plus important en nombre de golfeurs, et logiquement les clubs destinés à ces joueurs sont parmi les plus vendus en magasin, et en France.

Il s’agit aussi des clubs qui d’une certaine manière obéissent le moins à une logique de fitting, et tout du moins élaborée.

Ce sont donc aussi bien des clubs qui s’achètent facilement, comme ils se vendent facilement.

En concurrence avec les fers PING G410 ou Callaway EPIC, ils sont donc stratégiques, au point que chaque marque entend renouveler autant que faire se peut son offre, et tous les ans.

En la matière, c’est souvent le dernier qui a parlé, qui a raison...

Pour connaître et discuter régulièrement avec les responsables de ces marques, je peux vous dire qu’à cette heure, en ce début de saison, ils sont dans leurs petits souliers, en attendant de voir comment vous allez recevoir ces nouveaux produits, et la nouvelle histoire qui les accompagnent.

Le lancement est primordial, et souvent déterminant pour tout le reste de la saison à venir.

Qui va gagner le match 2020 entre TaylorMade, Ping, ou Callaway, les 3 habituels finalistes de ce jeu ? Celui qui racontera la meilleure histoire, aura le meilleur look, le meilleur son, et le meilleur prix…

Cette introduction faite…comprenant que ces fers se destinent à des golfeurs au-dessus de 10 d’index et jusqu’à débutants, des clubs qui ne sont pas par essence des clubs de fitting, mais plutôt des solutions pour des joueurs qui ne veulent pas rentrer dans autant de technicité et de complexité d’ajustements, simplement des clubs pour jouer au golf !

Des clubs pour se faire plaisir… tout en rêvant un peu.

Qu’est-ce qui génère ce plaisir ?

L’impression de facilité pour lancer la balle ? La distance parcourue ? Le son à l’impact ?

C’est en fait un peu tout ça, et résumé dans un chiffre : Le Smash Factor.

Si vous n’êtes pas muni d’un radar pour mesurer objectivement ce ratio, entre votre vitesse de swing, et la vitesse de balle à l’impact, ce chiffre paraît bien futile.

Si vous allez au practice, et tapez avec un tel club, vous pourriez constater un gain de distance, peut-être une dizaine de mètres.

Un fer 7 est en fait un 5 ! Les lofts de ce type de clubs sont plus fermés qu’une série classique ou une série vieille d’une dizaine d’années.

De ce point de vue, entre SIM MAX et M5/M6, TaylorMade a encore baissé les lofts de manière sensible.

De plus d’un degré sur le fer 7, ce qui va forcément jouer sur la performance, et la distance, mais aussi sur la baisse du spin, et les trajectoires (angles de lancement, et de descente).

La série SIM MAX assume ce statut de clubs « improvment » avec des lofts fermés, et de larges semelles.

En revanche, il faut croire à écouter l’argumentation de Chandler Carr, ingénieur américain en charge de la conception de cette série, que la marque n’assumait plus tout à fait la différence de plaisir au contact, entre une lame, et un club « improvment ».

En effet, pour les puristes, ce type de clubs qui ne présenteraient en fait que des avantages (smash factor plus élevé, distance plus importante) auraient le désavantage de délivrer un toucher, et un soin moins franc, et moins propre qu’une lame ou plus précisément un club forgé.

C’est la grande différence entre un club moulé, et justement le forgé.

Quand une série de clubs porte le même nom que le reste de la gamme, et en particulier le driver, il ne faut pas trop se faire d’illusions, et en particulier dans ce cas, le produit n’est pas à lui seul une innovation.

En 2020, le driver SIM aura une histoire vraiment intéressante. La série de fers SIM MAX ne va pas révolutionner la distance, ou la facilité pour jouer au golf.

L’objectif est à la fois plus modeste et plus pratique : Donner plus de plaisir, et un meilleur son.

Cependant, comme la démonstration de la distance supplémentaire d’un driver dans un environnement normé, le plaisir, le touché, le son, des aspects subjectifs ou sensationnels ne sont pas forcément et unanimement partagés par tous les individus, et de la même façon.

C’est pourtant bien ce qu’il faudra retenir en premier de cette nouvelle série : Donner plus de plaisir perçu.

Aux Canaries, pour la présentation faite par TaylorMade pour les nouveaux produits 2020, Chandler Carr a commencé sa présentation par une question « Comment donner plus de performance aux golfeurs sans sacrifier le son et le toucher ? »

Pour TaylorMade, il s’agit bien de casser la barrière du son, et ne pas faire de compromis entre performance et perception.

Chandler Carr reprend un principe humain assez simple quand on joint les mains, comme si on voulait former un triangle ou une charpente, si vous « croisez » les pouces qui forment les poutres de bases, ce qui assure le maintien, la contrainte de suspension diminue, la face et le dos du club se rapprochent, car sous l’effet de la balle à l’impact, la face fléchit plus.

C’est selon lui le principe de la Speed Bridge, un argument technique déjà développé sur les précédents fers de la famille M.

La gamme SIM MAX le reprend à son compte. De ce point de vue, il n’y a rien de vraiment nouveau.

Sur les fers « Improvment » de TaylorMade, l’idée avec la Speed Bridge consiste par ce biais à optimiser le bruit à l’impact.

Par itération, à chaque nouveau fer, ils essaient de modifier ce paramètre.

Avec le M6, la face était déjà très fine (seulement 1.6 mm), avec le fer SIM Max, la face sera encore plus fine de 17%.

Attention, 17% de 1.6 mm, cela parait un pourcentage énorme, mais dans les faits, ce n’est jamais que 0.27 mm…

Soit on considère d’un point de vue de l’industriel que c’est énorme, soit on considère avec du recul que ce n’est jamais que 0,27 mm !

Depuis des années, les marques affinent les faces, et pourtant, les gains de vitesses de balles sont minimes. Ces arguments sont aussi dangereux que lorsqu’elles annonçaient des gains de 10 mètres tous les ans ! A force d’affiner les faces, il faut craindre qu’elles disparaissent.

C’est pourquoi, cet argument n’est pas celui qui me paraît avoir le plus d’intérêt, au contraire, de la conséquence du travail sur la structure du club, pour modifier le son à l’impact, et en fait, le rapprocher du son émis par un club lame, et dans la même situation.

Les marques se donnent les moyens d’étudier la fréquence hertzienne de l’impact d’une balle sur la face. Elles enregistrent des cartes de chaleur des contraintes reçues sur la face.

Elles travaillent sur des modifications qui peuvent justement modifier ces contraintes, et donc la résultante le son.

Autant, les gains de distances paraissent très souvent marketing, autant dans ce cas, le travail sur le son paraît plus vérifiable, et presque plus authentique à la remarque près que les golfeurs amateurs ne sont pas tous des mélomanes du son… d’un club de golf.

Bien entendu, ce ne serait pas des clubs TaylorMade, si la marque n’avait pas un nouveau système d’atténuation des vibrations à nous proposer.

La difficulté serait visiblement de réduire les vibrations à l’impact, modifier donc la fréquence émise à l’impact, sans enlever de la vitesse à la balle, et au moment de la compression.

Chandler Carr dévoile alors l’objectif plus précis des clubs SIM : Vous offrir un son à l’impact proche d’une série type P760 (lame cavity back), sans pour autant vous proposer la même difficulté d’usage ou un smash factor moindre.

Jouer des clubs qui procurent de bonnes sensations aux bons joueurs, avec la facilité d’un club improvment.

Dans la vaste gamme TaylorMade, vous avez aussi les P790, remarquez que chez TaylorMade P signifie Player (bon joueur), et M (ImprovMent ou joueur en progression), un peu comme pour Mizuno avec les séries MP pour bons joueurs…

Les P790 ont connu un certain succès au moment de leur introduction sur le marché, séduisant justement une part importante de golfeurs entre deux eaux… Pas tout à fait en mesure de jouer des lames exigeantes, et plus tout à fait envie de jouer des clubs avec des lofts fermés, et des grosses semelles…

D’un point de vue marketing, commercial et industriel, les P790 ont grappillé des ventes sur les précédents M5/M6.

En améliorant le son des SIM, TaylorMade prend le risque de rapprocher encore ces clubs, et de réduire la frontière.

Deux ans en arrière, j’avais déjà interrogé Brian Bazzel, le patron des ingénieurs TaylorMade, à ce sujet, et notamment l’hésitation que l’on pourrait avoir entre P790 et M3.

C’est là où il faut être familier des questions d’offset d’un club de golf.

L’offset est, pour schématiser, l’écart entre la base du hosel et l’emplacement de la face du club. Ce petit écart est plus prononcé sur un club improvment.

Plus cet écart augmente, et plus cela influe sur un chemin intérieur-extérieur… du club vers la balle, et la position de la face square à l’impact.

C’est en quelque sorte une rustine anti-slice.

C’est l’autre composante majeure de ce type de club « Improvment » … Aider les golfeurs à moins balancer les balles hors de contrôle à droite du fairway.

Un fer SIM MAX continuera à proposer légèrement plus d’offset qu’un fer P790, mais moins qu’une SIM MAX OS !

Exemple, l’offset du fer 7 P790 est mesuré à 2.9 mm, quand il est de 4.2 mm sur un fer 7 SIM MAX. C’est significatif !

Comme M5 et M6, la gamme SIM MAX avancera en duo… avec une version OS pour oversized, ce qui veut dire surdimensionné.

La différence se situera au niveau de la taille, et donc plus de poids apporté vers la semelle pour augmenter la distance au carry, et au maximum possible.

Si le SIM MAX peut représenter une alternative au P790, et ouvrir un débat, la version OS ne fera pas dans la dentelle. Il s’agit vraiment de parler aux golfeurs et golfeuses qui manquent de vitesse de swing.

Avec l’OS, la taille de la semelle est plus large, et il y a encore plus d’offset (5.2 mm). Surtout, le loft continue de baisser, et par exemple, pour le fer 7, il va se rapprocher dangereusement près du niveau d’un fer 4 (27 degrés).

La contrepartie, c’est que le fer 5 passe sous la barre des 23 degrés (20 degrés) dont on sait que c’est la limite de loft jouable pour beaucoup d’amateurs.

Nous avons donc là un paradoxe avec une série pensée pour des joueurs amateurs en délicatesse avec la vitesse de swing, et un loft de fer 5 qui commence à ne plus être abordable techniquement par des golfeurs… en délicatesse avec la vitesse de swing !

Le SIM MAX OS est pourtant dans la continuité du M6. Il y a toujours la Speed Pocket, la Speed Bridge, et le système d’atténuation des vibrations.

SIM MAX ou famille M, finalement mis à part le travail sur le son, la nouvelle série marque plus une continuité qu’une révolution. Comment le pourrait-elle, et mis à part baisser les lofts ?

Aux Canaries, j’ai eu l’occasion de jouer un parcours de 18 trous et de taper quelques coups, mais sur un manche graphite, ce qui est logique par rapport à la cible de clients visés.

En comparaison de l’acier, le graphite est loin d’être le matériau qui offre justement le plus de retour de sensations.

A ce stade de mon expérience, je n’ai donc pas encore un avis ou une opinion suffisamment pertinente sur le principal critère mis en avant par mes interlocuteurs, le son.

Ces derniers, pour me justifier le fait de fermer autant les lofts (le fer 7 SIM MAX est tout de même à seulement 28.5 de loft) m’ont expliqué avoir mené une petite expérience, au Kingdom, le centre d’essai de la marque, à côté du siège californien.

Un professionnel dont ils n’ont pas donné le nom aurait tapé un M6 alors que les lofts auraient été ramenés à un niveau plus classique, obtenait des trajectoires bien trop hautes, avec trop de spin, et peu de contrôle…

Cette anecdote pour me faire comprendre que les lofts fermés marchent de pair avec les semelles plus larges. Autrement dit, ce n’est pas simplement un truc marketing pour tromper le consommateur, et transformer un fer 7 en un fer 5 !

Ils n’ont pas donné le nom de ce golfeur professionnel…

Enfin, et c’est peut-être le prochain argument le plus important à vérifier au cours d’un test, la technologie du cône inversée continuera à jouer un rôle central, et toujours sur la face de ce club.

Par exemple, sur le fer 7, ce cône placé derrière la face, et dont la fonction est de favoriser la déformation de la face en un point central pour augmenter la vitesse de balle, aurait été déplacé de 4 mm vers la pointe du club, et notamment pour corriger un excès de draw donné à la balle.

Cela aurait pu être accompli en réduisant l’offset ?

C’est peut-être dans le lot de toutes les informations données par la marque, l’élément le plus important, et à retenir de cette nouvelle gamme.

SIM MAX, SIM MAX OS, TaylorMade peaufine son offre de fers, année après année, pour une cible de golfeurs qui ne sera pas dans le même souci du détail qu’un golfeur à la recherche du fitting ultime.

En revanche, avec ce type de clubs, le golfeur s’assure de prendre des clubs très puissants, et sur lequel, la marque prétend faire un travail de qualité sur le son, et le toucher.

Par rapport à un M6, à cette question près, sentirez-vous une réelle différence ? Cela me parait encore assez difficile à dire.

Dans le match qui opposera TaylorMade à Callaway ou Ping, les petits détails pourraient faire une grosse différence. Si jamais les rivaux ne suivaient pas la baisse du loft, alors TaylorMade pourrait revendiquer les clubs les plus longs…

En 2020, il faudra aussi retenir que TaylorMade simplifiera son offre de fers avec d’un côté quatre fers Players, et finalement plus que deux fers improvment SIM MAX et SIM MAX OS, pour les golfeurs en progressions, y compris les joueuses.

Si tous les golfeurs, moi compris, peuvent se faire griser par de tels clubs, incontestablement puissants, il faudra toujours arbitrer entre gains de distance, et contrôle des trajectoires. C’est là où les joueurs à la recherche de contrôle devront être vigilants.

Le contrôle étant matérialisé par le taux de spin, la dispersion, et les angles qui forment la trajectoire (lancement et atterrissage de la balle).

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