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Ping IBlade: la future lame marquera-t-elle un tournant au niveau du design?

Qui aurait pu croire que depuis le départ de Mike Nicolette, le célèbre ingénieur de la marque PING, 23 ans passés dans la maison, la marque basée en Arizona allait se sentir libérée, et oser prendre des orientations en matière de design assez éloignées de ce que l’ingénieur avait pourtant contribué à créer ?

Avant d’aborder la question de la future lame Ping Iblade prévue pour être commercialisée mi-août, le dernier club Ping à ne pas avoir encore été revisitée depuis l’avènement des - très réussies d’un point de vue esthétique - gammes G, revenons sur Mike Nicolette, et son influence pendant plus de vingt ans sur le design des clubs Ping.

Tout d’abord, Mike Nicolette n’a pas le parcours classique d’un ingénieur de clubs de golf. C’est avant-tout un joueur, et même un très bon joueur !

Avant de partir chez PXG en qualité de directeur en 2013, et avant d’avoir conçu des clubs Ping pendant plus de vingt ans, il a d’abord été joueur sur le tour, parvenant même à gagner un tournoi à Bay Hill en 1983, battant en play-off Greg Norman.

Pro pendant deux décennies avec des résultats honorables dont une dizaine de top-10, une fois devenu ingénieur chez Ping, il a activement participé à la conception de la célèbre lame de la marque, la fameuse S59.

Pour n’importe quelle entreprise, perdre un collaborateur du niveau d’expérience de Mike Nicolette pourrait être considérée comme un tremblement de terre ou un grand saut dans l’inconnu.

Pourtant quand nous avions interrogé la direction marketing de Ping à Orlando en janvier dernier, ce n’était pas quelque chose sur laquelle, la marque voulait s’étendre, se contentant de nous répondre qu’elle ne voulait pas commenter le départ d’anciens collaborateurs.

Départ qui s’est tout de même matérialisé par le renforcement d’un nouveau concurrent, PXG, Parsons Xtreme Golf dont l’ambition est de se placer sur le ultra haut de gamme jusque-là bataillé par Honma ou XXIO et d’autres.

Le future fer Iblade qui va donc remplacer la lignée des S59 et plus récemment S55 va démontrer que non seulement Ping a digéré le départ de son ingénieur star pendant plus de 20 ans, et assumer une orientation technique et design très différente, ce qui n’est pas pour nous déplaire.

Le nouvel Iblade devrait probablement être le plus « muscle back » des clubs PING depuis une grosse décennie.

Le club a été aperçu pour la première fois à l’occasion du Player’s Championship disputé à Sawgrass en mai dernier.

Toutefois, en près de 50 ans, Ping n’a pas forgé sa réputation sur les lames, mais bien plus sur les fers à cavité, et les clubs pour aider les golfeurs amateurs, comme par exemple le célèbre Eye-2, ou plus récemment la série G.

Ceci dit, comme d’autres marques, les premiers clubs produits par PING ressemblent beaucoup à ce que nous pourrions appeler aujourd’hui des lames.

Nicolette a donc activement contribué à dessiner le S59, une lame qui a été longtemps utilisée par Bubba Watson, double vainqueur du Masters.

Apparu en 2003, Watson les a joué sur le tour jusqu’en 2013, ce qui est très long pour une série de clubs de golf à notre époque.

Pour Nicolette, il définissait le S59 comme un club à top line étroite, transition douce au niveau du hosel, tête compacte, et à semelle cambrée pour une apparence très traditionnelle, et pensé pour les meilleurs joueurs.

Encore aujourd’hui, vous pouvez trouver des séries S59 usées en vente sur Amazon. Hormis pour les mettre dans un musée, nous vous déconseillons d’acheter des clubs dont les rainures seraient élimées.

Ping a longtemps proposé à la vente des clubs à l’unité, surtout pour permettre du remplacement pour des clients aficionados.

Quand les S59 ont été mis à la vente, les descriptifs produits faisaient état d’un bon touché à l’impact, très tolérant sur les coups décentrés, et une répartition des masses exceptionnelles !

La seule chose qui pouvait être éventuellement reprochée était le look !

Sur ce point, Mike Nicolette n’a jamais semblé faire trop cas de l’esthétique, privilégiant sur la base de son expérience de joueur du tour, l’efficacité au cosmétique.

Pourtant dieu sait que le look d’un club joue beaucoup dans la vente !

Les S59 ont vraiment été des clubs très consistants et satisfaisant bons nombres de leurs utilisateurs, surtout à la vue du léger gain de distances que les S59 octroyaient par rapport à la concurrence de l’époque.

Il faut dire que le shaft proposé privilégiait une trajectoire plus pénétrante notamment par rapport au principal concurrent, le Mizuno MP-33.

Si d’un point de vue performance le S59 a longtemps été une référence, effectivement d’un point de vue look, le moins que l’on puisse dire c’est qu’il s’agissait d’un club « particulier ».

Et au moment de lancer le S55, toujours en collaboration avec Nicolette, Ping a eu du mal à s’éloigner de ce principe de club performant, mais avec une tête aux antipodes des lames classiques comme par exemple chez Titleist ou Mizuno.

Ceci étant, et à la faveur de Ping, la série S avait le mérite de ne ressembler à aucune autre, alors qu’à l’inverse, beaucoup de lames se ressemblent, et parfois, il suffit de changer le logo pour avoir l’impression de visualiser le même club.

Autre point très important concernant Ping, et la vision de Nicolette dans le domaine des lames, Ping n’a jamais cherché à accélérer le calendrier de sorties produits pour cannibaliser ses propres ventes.

Le S59 est resté au catalogue jusqu’en 2013, et concernant le S55, il aura donc fallu attendre l’été 2016 pour voir arriver son remplaçant.

Or, depuis, Nicolette est parti, et on imagine mal Ping sacrifier la performance sur l’autel de la cosmétique.

Pourtant, le moins que l’on puisse dire, c’est que la marque assume un virage par rapport aux modèles précédents, et dans la droite ligne des séries G, qui ont de notre point de vue le mérite d’ouvrir la marque à un potentiel de consommateurs plus large.

Si on remonte aux années 60 et les premiers clubs à cavité produit par PING et en particulier Karsten Solheim, ce dernier avait déjà à l’époque l’idée de répartir le poids du club sur tout son périmètre.

Avec une toute petite cavité soudée à l’arrière de la tête, il entendait proposer un peu plus de tolérance sur les coups décentrés.

Au cours des dix dernières années, Ping a continué à développer cette idée de fers compacts avec une apparence pourtant comparable à une lame.

C’est l’histoire de la S59 !

Chez Ping, la série S correspond vraiment à l’attente des meilleurs joueurs, et au fil du temps, les ingénieurs dont Nicolette ont contribué à incorporer un poids en élastomère thermoplastique dans la cavité pour optimiser le centre de gravité et réduire les vibrations.

C’est même ce qui a fait la personnalité des clubs Ping !

A quelques semaines de la sortie des nouveaux Iblades, ces derniers vont illustrer le plus large « custom tuning port » jamais dessiné pour ce type de clubs chez Ping, et placé dans la partie basse et centrale, pour s’étirer de la pointe au talon.

A cette heure, faites confiance à Ping pour qu’en France comme aux Etats-Unis, rien n’ait filtré sur ce nouveau club, pas même la liste des golfeurs de la marque qui pourraient se laisser tenter au-delà de Bubba Watson, Louis Oosthuizen ou Hunter Mahan.

Lancé au même moment que les JO de Rio, il parait difficilement envisageable que des pros, et par exemple Julien Quesne les inaugure pour cette occasion, mais cela ne devrait pas trop tarder…

En conclusion et en attendant d’en apprendre davantage, Ping semble continuer à moderniser le look de ses clubs tout en poursuivant toujours assidument de privilégier une conception ultra-tolérante et efficace.

C’est un choix assumé par Ping que de proposer des clubs plus faciles à jouer pour Monsieur Tout le Monde, et sans être obnubilé par les joueurs du tour.

Nos tests ont d’ailleurs confirmé que ce soit avec le Ping Crossover, les bois et les fers de la série G, plus loin dans le temps de Gmax, et le Ping IE, qu’effectivement, la facilité d’usage était bel et bien le mot d’ordre de la marque.

Finalement trois ans après le départ de Mike Nicolette, Ping a su poursuivre dans la direction initialement désirée par Karsten Solheim, tout en ajoutant un peu de cosmétique, ce que l’ingénieur star n’avait pas jusque-là vraiment réussi à faire, comme si c’était un mal pour un bien.

Étonnamment, chez PXG, Nicolette est parti dans une toute autre direction au niveau du design, et n’a pas recherché à reproduire les dessins qu’il avait longtemps défendu chez Ping.

Ceci dit, le crédo de PXG est « Des clubs de golf qui ne sont pas comme les autres. »

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