Fers Mizuno JPX-921 Tour : Modernes contre anciens ?

A écouter Chris Voshall, la voix de Mizuno Golf depuis de nombreuses années, quand il s’agit de présenter des nouveaux clubs, les gammes de fers JPX séduiraient davantage les « jeunes » ou nouveaux fans de la marque japonaise, plutôt que les traditionnelles lames MP qui ont pourtant fait la notoriété de la marque, et notamment dans les mains de l’ex-numéro un mondial, l’anglais Luke Donald. Mizuno ne peut pas réellement en parler, mais c’est surtout Brooks Koepka, l’homme aux déjà quatre victoires en majeur, qui a mis les JPX-Tour sous les rampes des projecteurs. Avec la nouvelle série 921, qui succède à 919, et 900, Mizuno peut-elle encore réinventer la poudre, s'agissant de fers pour des golfeurs d'élites ?

La nouvelle série Mizuno JPX-921 Tour

Comme avec chaque nouvelle série de fers mise sur le marché, les magazines et les sites marchands rivalisent de superlatifs pour en justifier le bien-fondé.

Et si mis à part le look, rien ne changeait vraiment ? Et si justement, le look, c’était bel et bien le seul critère de choix ?

Si telle était la réalité des équipements de golf, ce serait plus facile de comprendre pourquoi changer des clubs tous les deux ans.

En prenant seulement les modèles JPX-919 et 921 Tour, le constat pourrait être : Un relooking de la cavité arrière, et rien de plus !

La version 919 était-elle trop sobre ? Peut-être trop sobre de sorte qu’elle ne ressortait pas dans les longs rayons des magasins ?

Dans ce cas, la nouvelle JPX-921 Tour a le mérite de proposer un « dos », une cavité plus affirmée… oserai-je dire avec plus de caractère.

Mis à part cela, comment imaginez expliquer qu’il y a des différences techniques notables ?

Le fabricant l’ose pourtant. Bien entendu, sur ce type de club, il ne peut pas argumenter d’une augmentation de la distance.

D’ailleurs, ce n’est pas le sujet quand on parle d’un club seulement utilisé par les meilleurs golfeurs, les plus athlétiques ou les plus exigeants dans le sens de travailler la balle, lui donner des effets.

A contrario, des golfeurs qui acceptent une moindre tolérance en cas de coups décentrés.

Mizuno avance donc tout de même un argument technique : Celui d’avoir revu le contour de la tête, pour apporter plus de stabilité à l’impact.

Au moment d’écrire ces lignes, j’ai la chance d’avoir les deux têtes dans les mains, 919 ou 921 présentent les mêmes dimensions, les mêmes formes. Si changement il y a, il est franchement microscopique, ou bien seulement esthétique, et encore limité au dos du club.

Dans le détail, le JPX-919 était censé présenter plus de poids en pointe. Ce serait moins vrai avec le JPX-921…

En enlevant du poids en pointe, Mizuno aurait épaissit la face justement au niveau du point d’impact (le centre), et ce, dans le but d’améliorer le feeling.

Allons tester !

Avec les deux clubs mis à ma disposition par Mizuno, important à souligner, et à remercier, je ne sens strictement aucune différence à l’impact !

J’imagine mal la scène entre l’ingénieur Mizuno et Brooks Koepka, lui faire tester les mêmes clubs, et ce dernier dire « Ah oui, c’est vrai qu’il y a un petit truc en plus… »

Et d’ailleurs, il ne le dit pas. Ce dernier est une véritable tombe quand il faut parler de clubs de golf.

Je n’ai trouvé aucune intervention où il en fait mention. 

Cet été, au mois d’aout, interrogé par la presse américaine au sujet de son driver TaylorMade, il a été laconique, et a chassé toutes les questions concernant ce sujet. Koepka ne fait pas de publicité aux clubs qu’il met dans son sac, même pas un commentaire.

Et d’ailleurs en date du 6 août, il jouait encore des JPX-919 Tour, sachant que pour ses bois, il n’hésite pas à utiliser un driver M5 et un bois de parcours M2, des clubs qui ne sont pas la dernière génération du fabricant.

Encore une preuve que sans contrat, un golfeur professionnel ne change pas si facilement de clubs…

S’agissant des fers, on peut imaginer que des clubs comme les JPX-Tour s’abiment plus rapidement, car la qualité de l’acier 1025 E est justement d’être plus doux…, et donc plus fragile dans le temps.

Sans être sévère, 919 ou 921 Tour, le feeling est bien entendu excellent, et le plaisir d’une frappe centrée dans la face est au rendez-vous. N’ayez même pas de doute là-dessus.

Le 921 surpasse-t-il le 919 ? Je ne le crois pas, et on en revient donc seulement à la question du look, et donc de goûts et de couleurs.

Je ne crois pas à l’argument qui consisterait à dire que le sweet spot serait plus large sur la nouvelle version. Le sweet spot est par définition, la bonne, une surface pas plus grande qu’une tête d’épingle !

Vous pouvez augmenter une surface ridiculement petite de +10%, cela restera une surface ridiculement petite.

Mizuno avance pourtant que le 921 apportera un bonus de robustesse, comprenez de constance au niveau du spin donné, coup après coup. C’est un argument tout bonnement invérifiable !

Qui dit que le spin donné à la balle dépend du seul club ?

Des milliers de tests que j’ai pu faire en plus de 7 ans, le spin donné à la balle dépend de trop de facteurs, pour affirmer qu’un club plutôt qu’un autre (quasiment le même) donnera plus de régularité à 100 tours près.

Comme d’autres paramètres que l’on peut analyser avec un radar, le spin se mesure à tort ou à raison en milliers de tours par minute, alors que dans les faits, une balle vole moins de 7 secondes avec un fer. Les différences de spin exprimés en centaines, et non pas en milliers, sont alors beaucoup plus relatives.

Autre argument difficilement croyable, les ingénieurs Mizuno auraient élargi la taille des semelles sur les longs fers pour favoriser les angles de lancements, sur des coups par essence plus difficiles, et inversement réduit cette taille sur les clubs pour faire des approches, et ce, pour favoriser l’interaction avec le gazon.

En théorie, c’est une idée géniale. En pratique, cela paraît très marginal.

Le plus important, c’est finalement, ce qui ne change pas, et la véritable promesse de Mizuno : L’acier carbone 1025 E forgé en grain flow, une marque de fabrique de la marque nipponne.

Bien centré, le contact de balle est parfait.

Bonne nouvelle pour les gauchers, cette série se décline du 6 au Gapwedge dans la version SEL, donc destinée aux gauchers.

Concernant les caractéristiques, c’est du grand classique avec un loft de fer 7 à 34 (certaines séries MB montent plus haut, et notamment à 35).

L’offset est minimum, et ne viendra donc pas corriger un chemin de club trop extérieur-intérieur (sliceur).

En fait, sur cette gamme, Mizuno ne triche sur rien, ni la longueur des manches, ni le rebond, ni le lie. C’est du grand classique pour des golfeurs qui ne veulent justement pas de fioriture ou d’éléments perturbateurs.

Donc, objectivement, j’ai testé des fers 5, 7 et 9, et n’ai rien à redire sur la performance, et encore moins sur le toucher. J’en suis réduit à ne commenter que l’esthétique !

Oui, ils sont beaux, et oui, quelque part, le style de la cavité est plus moderne que celle du précédent JPX-919… la belle affaire.

Pour un fan Mizuno, le vrai sujet serait le choix cornélien entre MP-20 et JPX-921…dans les deux cas d’excellents clubs.

Un seul argument réellement objectif pourra vous départager : Le niveau d’offset !

La MP-20 est encore un poil en-dessous, et donc encore la plus traditionnaliste par rapport à la JPX-921.

A quelques pouillèmes de millimètres près, la MP-20 est encore la série Mizuno la plus neutre d’un point de vue des effets à donner à la balle, et donc la série pour les joueurs qui savent alterner entre draw et fade.

Cela dit, l’écart est si faible, que ce n’est pas l’argument qui a convaincu Koepka.

Et sur ce point, Voshall a peut-être bien raison, autant un Faldo, un Donald ont toujours grandi avec du MP, autant un Koepka n’a pas cette même « culture », et plus susceptible d’aller sur un club au look, un tantinet plus moderne.

C’est donc l’éternel match du moderne contre l’ancien.

La version Tour versus les autres versions des clubs JPX-921 

Le tableau ci-dessus recense les principales caractéristiques des clubs Mizuno JPX-921 que j'ai pu tester à ce stade. Pour chaque gamme, Hot Metal, Hot Metal Pro, Forged et Tour, et toujours les 3 mêmes fers, 5, 7 et 9, on retrouve le loft du club, le loft dynamique que j'ai mis au moment du test, mais aussi le poids du manche, le poids total du club que j'ai pesé au studio, et la longueur des manches.

La ligne bleu ciel correspond à la moyenne des trois clubs. Cette information n'a qu'une valeur relative, mais vous permet toutefois de vous faire un avis rapide sur la gamme, et sans rentrer dans le détail de chaque club.

Il ressort que fort logiquement, la série Tour est celle qui me fait mettre le plus de loft dynamique sur la balle, et donc le moins de smash factor, comme nous allons pouvoir le constater sur le tableau suivant, qui recense les véritables performances que j'ai obtenu avec ces clubs, et au cours d'un test en studio avec la même balle (Z-Star).

Selon le même principe, la ligne en bleu ciel est une moyenne des valeurs obtenues pour les 3 clubs testés à chaque fois.

Il faut retenir que malgré une vitesse de swing comparable pour les 4 gammes, la version TOUR est celle qui potentiellement peut donner moins de vitesse de balle (la qualité du centrage de balle est en cause sur un club plus exigeant, et le loft est moins favorable versus une série Hot Metal).

Les angles de trajectoires sont plus élevés avec la version TOUR. Le point fort de cette version se retrouve surtout sur l'angle d'atterrissage, qui même pour un golfeur amateur, est plus marqué par rapport aux autres gammes.

Inversement, en termes de ratio d'efficacité pour faire de la distance (distance au carry divisé par vitesse de swing), la série Tour est globalement la plus délicate à exploiter.

En plus de l'angle d'atterrissage, le taux de spin est plus élevé, ce qui restreint la roule. En conséquence, avec des clubs JPX-921 Tour, l'écart entre distance au carry et distance total se retrouve plus faible, ce qui sera un avantage pour un golfeur à la recherche de précision, et un inconvénient pour un golfeur à la recherche de distance supplémentaire.

Des quatre gammes, il en ressort que la Forged est celle qui est en fin de compte la plus tolérante, et qui me génère le moins d'écarts de profondeurs, entre un bon et un mauvais coup. Ce qui est intéressant à relever, c'est qu'entre une série Tour et une série Hot Metal, le niveau est comparable, et me génère la même dispersion, mais pas pour les mêmes raisons...

Attention, de ne pas toujours jurer que par les clubs avec moins de lofts. Ils ont leur inconvénients. 

Mon avis

Il s’agit d’une excellente série qui n’apporte rien de plus par rapport à la version 919. 

Simplement, si en deux ans, vous avez trop abimé vos clubs Mizuno, vous pourrez changer en fermant les yeux… vous retrouverez les mêmes sensations, et performances. C’est aussi un argument important pour des clients fidèles : Changer sans changer !

C’est là où le look ou esthétisme d’un club de golf est finalement le principal, et peut-être seul critère de choix.

On se reparle du look au moment d’aborder la prochaine JPX-923 ?

Pour finir, on ne choisit pas un club de golf selon une question d’index, mais plus par rapport à un projet de jeu, entre distance supplémentaire ou pouvoir stoppant supplémentaire.

Une série JPX-921 Tour s’adresse à un golfeur qui cherche peu d’offset et un maximum d’angles d’atterrissages, pour contrôler ses distances sur les coups vers le green. En contrepartie, il accepte moins de smash factor, et surtout moins de tolérance sur les coups décentrés.

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