Fers Mizuno JPX-921 Hot Metal : La tentation du loft-jacking ?

JPX-900, JPX-919… nous voilà arrivé à la nouvelle série de clubs JPX-921 proposée par Mizuno à l’été 2020 et post-confinement. Comme TaylorMade, Callaway, Titleist et Srixon, le contexte du COVID-19 n’a donc pas remis en cause le calendrier de parution prévu. La déclinaison Hot Metal est toujours celle censée être la plus abordable pour une majorité de golfeurs, et donc représenter le plus gros des ventes de cette nouvelle ligne 921. Cela étant, est-ce que quelque chose change vraiment ? Quel bénéfice tangible pour le futur consommateur ? Quel revers de la médaille ?

Préambule

J’ai tardé à écrire ce premier sujet, car bien que les clubs Mizuno nous soient arrivés cet été au studio, nous n’étions pas prêts, et encore en phase d’aménagement de notre nouvel outil de travail, notamment la zone de test Trackman.

J’aurai très prochainement l’occasion de proposer à quelques testeurs volontaires parmi vous, de venir les tester, pour la rédaction du second sujet, dit spécifiquement de « test ».

Dans cet article, je vais donc vous présenter les éléments techniques à retenir de ces nouveaux clubs.

Pour cela, la marque japonaise m’a envoyé une demi-série composée de 4 fers, (5,7, 9 et Gap wedge) sur un manche acier regular Nippon Shaft NS PRO 950 GH Neo.

Je pourrais aussi vous partager les résultats d’un premier test réalisé avec le Trackman 4, qui m’a essentiellement permis de comparer les différences avec les précédents modèles, car c’est finalement la question qui me paraît la plus importante.

Et là, il y a deux écoles de pensées !

Moderne contre ancien ?

L’une qui pourrait consister à justement apprécier qu’il n’y ait pas de changements, et notamment au niveau des sensations, du toucher, du vol de balle…

Après tout, quand vous aimez une série de clubs, et êtes contraint de la renouveler, vous espérez peut-être retrouver la même chose. J’y reviendrai.

L’autre école, et je crains que le marketing des marques pousse implicitement dans cette direction, une nouvelle version doit au contraire apporter quelque chose de nouveau, de revigorant, et en fin de compte, de plus performant !

De la continuité dans le changement ?

Cette réflexion me vient de ma propre expérience.

Quand on finit par choisir une série de fers, que l’on est certain de son choix, mais à regret, on use les clubs (surtout des vrais clubs forgés), et qu’il faut anticiper le changement, rien n’est plus désagréable que ces clubs qui changent tous les 18 ou 24 mois, et paf, envolée les sensations qu’on avait mis tant de temps à trouver.

Les marques sont rentrées dans un mécanisme fou de vouloir changer les clubs à un rythme effrénée, alors que vous, moi, savons que s’agissant de fers, en réalité, il n’y a aucune véritable révolution possible.

Simplement, le marketing et l’étude des courbes de ventes, et des comportements de consommateurs illustrent que passé 18 mois, le client vous oublie, et doit être restimulé.

Qu’est-ce qu’une nouvelle série de fers pourrait soudainement et objectivement révolutionner ?

Comme trop souvent, le marketing des marques se porte donc sur de nouvelles prétendues technologies ou nouvelles conceptions, alors que le fond du sujet reste les caractéristiques intrinsèques du club, et par rapport au besoin ou projet du jeu du consommateur final.

Or, sur ce point précis des caractéristiques, il y a bien un changement notable de la part de Mizuno, la baisse des lofts (en degrés) et donc plus fermés, pour épouser la tendance de fond du moment : Proposer plus de distance, à travers des trajectoires plus tendues.

Par rapport à la précédente série JPX-919, de l’aveu de journalistes américains, Mizuno avait été trop timoré face à une concurrence beaucoup moins complexée à l’idée de proposer un fer 7 avec un loft de seulement 27 degrés, ce qui équivaut pourtant à un fer 6, voir un fer 5 sur des séries typées meilleurs joueurs.

Dans le domaine des clubs JPX, et notamment Hot Metal ou Hot Metal Pro, encore une autre déclinaison, nous sommes clairement dans le domaine des clubs moulés, avec aucun doute possible.

Alors que Mizuno argue partout de son touché sans comparaison, cela vaut sans doute pour une série MP ou une série JPX Tour, mais beaucoup moins pour une série JPX Hot Metal.

La relation marque-consommateur

S’agissant d’un point important, les ventes en France, et non pas aux Etats-Unis ou au Japon, je constate en 2020 que la marque nipponne reste finalement très stable, et peut-être même trop.

JPX-900, JPX-919 et demain JPX-921, la musique ne varie pas.

La part de marché de Mizuno en France reste autour de 3-4%, et désormais distancée par une autre marque japonaise, Honma, dont la pénétration accélère actuellement dans l’hexagone.

Il faut donc imaginer qu’il y a une appétence du consommateur français pour le produit japonais positionné très haut de gamme, ce que XXIO a initié, et que Honma confirme.

Mizuno a-t-elle vraiment intérêt à aller chercher TaylorMade et Callaway sur le segment des fers Improvment ou super-improvment, à un prix de marché moyen ?

Pour l’instant, cette stratégie ne s’avère pas payante, car premier écueil, le niveau de stock des clubs Mizuno dans les magasins n’est pas comparable à celui des deux géants américains, et par conséquent, mathématiquement, vous êtes tout simplement moins exposé à une JPX-921 en comparaison d’une SIM Max ou d’une Mavrik, et alors que le positionnement prix Mizuno est sensiblement comparable après remise du marchand !

Prix comparable, caractéristiques comparables, mais moins de produits en magasins, ou moins de magasins qui présentent l’offre, c’est l’équation actuelle pour les fans de la marque.

Marque qui par conséquent se fait dépasser par sa droite par les autres marques japonaises, qui elles misent sur le haut de gamme, et un tarif d’au moins 30% plus élevé.

Alors effectivement, avec toujours la même équation, Mizuno fait ce qu’elle sait faire : Redessiner la cavité arrière de la tête.

JPX-921 : Qu’est-ce qui change ?

Certains commentateurs écriront que la marque a complètement redessiné la tête.

Je ne serai pas aussi affirmatif.

A bien regarder la précédente JPX-919, et la nouvelle JPX-921, le changement principal se situe sur le badge derrière la cavité de ce club moulé.

Effectivement, le nouveau badge donne un coup de vieux au précédent.

Quand le produit est neuf, il donne une impression d’une meilleure finition, d’un dessin plus fin, et même un peu plus luxueux.

Je vieillis sans doute, et la vue baisse. Je regrette que les éléments écrits toujours au dos soient difficilement lisibles. Le 921 est si petit qu’il est difficile de le distinguer, et c’est encore pire pour la mention Hot Metal, dans un creux de la cavité.

Concernant les autres éléments de la tête, il ne me semble pas que le dessin ait réellement changé, que ce soit l’arrête supérieure, la forme de la face, ou même le grind de la semelle.

On notera simplement par rapport à la JPX-900, que le hosel n’est pas creusé, mais est-ce que cela a une quelconque influence sur le rendement du club ? On peut en douter.

Côté matériau, pas de changement à signaler, Mizuno mise toujours sur le chromoly 4140M, essentiellement pour se distinguer.

Pour annoncer un gain de distance, la marque s’appuie sur le fait d’avoir réduit l’épaisseur de la face CORTECH. Nous savons que la vitesse supplémentaire ne peut être qu’imputée au loft abaissé…

Sur ce point, Mizuno s’attendait sans doute à la remarque, et pour sa défense, elle avance qu’il ne s’agit pas juste de « loft-jacking » (réduction brutale du loft).

Pas de loft-jacking ? Vraiment ?

Les lofts plus fermés n’entravent pas la trajectoire de balle qui devrait au contraire rester similaire, notamment l’angle de décollage, la hauteur de balle ou l’angle d’atterrissage.

Je ne sais pas si c’est intentionnel, mais deux ans auparavant, Mizuno m’avait envoyé 4,6, 8 et pitch, et cette année 5, 7, 9 et Gapwedge. Ce subtile changement m’empêche de comparer avec exactitude les trajectoires.

Dans ce cas, je vais me contenter d’émettre un avis : « Je ne crois pas qu’il soit possible de maintenir avec exactitude les conditions de lancement, même en ne baissant les lofts que d’un degré ! De mon expérience, ce simple changement influe sur la trajectoire de balle, et quoi qu’on en dise.

Pour argumenter dans ce sens, je vous propose une comparaison entre le fer 6 JPX-919 Hot Metal et le JPX-921 Hot Metal, les deux montés sur des manches en acier.

Ce test permet de valider le gain de distance très notable du modèle 921 versus le 919. Avec le nouveau fer 7, je vais plus loin par rapport à l’ancien fer 6 !

Mon smash factor augmente de 1.40 à 1.42, et je génère +3mph de vitesse de balle supplémentaire !

En termes de trajectoires, le vol de balle avec le fer 7 épouse une tendance très proche de celle du précédent fer 6. La hauteur de balle reste légèrement supérieure, cependant, les angles sont trop tendus pour véritablement espérer contrôler le point d’arrêt de la balle sur un green, et encore moins donner du backspin.

Cependant, oui, effectivement, avec ces clubs vous allez plus loin.

Autre élément difficilement perceptible à l’œil nu, Mizuno avance avoir élargi la face de son nouveau JPX-921 Hot Metal en comparaison du modèle précédent, et ce, pour en faire un concurrent vraiment direct au TaylorMade SIM Max ou Callaway Mavrik.

Avec les lofts plus fermés, cet élément peut effectivement influer sur une légère augmentation de la moyenne de smash factor à l’impact.

S’agissant du son et du touché, j’ai tapé alternativement les deux fers, 919 et 921, et suis bien incapable de dire une différence quelconque. Les journalistes de golf qui affirment cela m’épatent toujours !

Quelles différences entre Hot Metal et Hot Metal Pro ?

J’ai déjà eu l’occasion de l’écrire… Je ne suis pas très fan de ces distinctions de séries assez microbiotiques.

Entre les deux séries, les lofts sont identiques, les longueurs de manches (en standard) sont identiques, de même que les lies….

Les véritables différences se situent en deux points : L’offset et le bounce. 

Plus d’offset et moins de bounce sur la version Hot Metal, et inversement, plus de bounce, et moins d’offset sur la version Pro.

En gros, un sliceur aura plus intérêt à prendre la version Hot Metal…

Est-ce que cela justifie vraiment l’existence de deux séries aussi peu différenciées ? Je ne le crois pas.

Cela étant, Mizuno a pu m’envoyer une série Hot Metal Pro montée sur des manches en graphite, et une série Hot Metal montée sur des manches en acier.

Ce fameux shaft NS Pro 950 GH m’a fait une bonne impression, sans que je sache l’argumenter plus avant, alors que pour le grip, je voudrai souligner l’effort fait avec d’office un bon MCC+4 de Golf Pride, que décidément, je trouve bien confortable à l’usage.

Quel rapport smash factor/prix ?

Sur les sites anglophones, vous pourrez trouver une série JPX-921 en acier et 7 clubs pour environ 1149 euros, au lieu du prix tarif de la marque annoncé à 1299 euros.

En résumé, si ce type de club n’est pas ma tasse de thé, il faut admettre que cette série se met exactement en face de l’équivalent TaylorMade SIM MAX Ou Callaway Mavrik.

Attention, sur Internet, on peut croire que la série TaylorMade SIM MAX est moins coûteuse… attention, à bien comparer 7 clubs contre 7 clubs, et non pas 5.

Toutefois, 769 euros les 5 TaylorMade SIM MAX, c’est 154 euros le club à l’unité, alors que 1149 euros les 7 clubs JPX-921, cela représente en réalité un prix de 164 euros le fer à l’unité.

Je vous conseille donc de viser cette série entre 1050 et 1090 euros les 7 clubs, pour être dans un prix compétitif pour ce type de série, faute de quoi, TaylorMade pourrait rester mieux placé en termes de rapport qualité/prix ou plutôt smash factor/prix.

Car, en conclusion, c’est bien du smash factor que vous achetez.

Pour quel profil de golfeur ?

Mes premiers essais me confirment que cette nouvelle série aux lofts abaissés permet surtout de tendre un peu plus les trajectoires.

Cette série s’adresse donc plutôt à un golfeur qui veut viser des greens en prenant en compte la roule plutôt que le carry, et comme référence par rapport au drapeau.

Avec un fer 7, pour une vitesse de swing de 80 mph, je vais générer une distance au carry de 137 mètres, et 150 mètres avec la roule, soit 13 mètres d’écarts.

Pour faire de la précision, c’est trop ! Pour rattraper de la distance perdue sur le premier coup, et en prenant en compte cette roule additionnelle, c’est intéressant.

Pour un bon joueur, deux arguments seront rédhibitoires : Le spin et l’angle d’atterrissage.

Sans surprise, dans les deux cas, le loft abaissé tue tout contrôle. J’ai obtenu seulement 39 degrés d’angle d’atterrissage quand il en faudrait plutôt entre 47 et 49 degrés pour un fer 7.

En début d’article, j’écrivais que l’on pouvait chercher à retrouver dans une nouvelle série, les mêmes sensations ou au contraire, partir sur quelque chose de radicalement différent.

Dans ce cas, c’est un entre deux… Même touché et feeling, avec une trajectoire plus tendue, moins de spin, moins de contrôle et plus de roule avec le nouveau JPX-921.

A noter, le développement d’une série pensée complètement pour les gauchers (SEL), qui se sentent souvent, à juste titre, oubliés par les marques. Tous les fers, du 4 au Lob wedge sont disponibles en gaucher.

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