Fers Mizuno MP-20 : Pour l’amour du toucher ?

Pour commencer cet article à propos des fers Mizuno MP-20, je tiens à remercier Mizuno pour nous fournir des fers de démo chaque année, ce qui nous permet de les tester, de les conserver, et ultimement de les comparer dans le temps. Pour préparer ce sujet, j’ai à la fois l’ancien MP-18, et le nouveau MP-20 sous les yeux, et dans les mains. Quelles sont justement les différences notables ? Qu’est-ce que Mizuno a concrètement amélioré sur cette lame Muscle Back (MB) réservée aux meilleurs golfeurs ? Avant de vous dévoiler le résultat d’un test mené par 4 amateurs, et lecteurs de JeudeGolf.org, partons ensemble à la découverte d’une des plus belles lames du marché.

Les lames... toujours les plus belles

Il y a quelques semaines, je publiais un article consacré à la nouvelle lame Srixon Z-Forged, la belle et la bête. Comment ne pas tomber sous le charme de ses lignes pures ? Ce commentaire vaut tout autant pour la nouvelle lame Mizuno MP-20, qui au même titre que la Srixon Z-Forged, mérite d’être vantée pour son esthétisme pure et parfait…

Simplicité, et excellence sont les deux mots qui viennent rapidement à l’esprit.

Cependant, beaucoup de golfeurs et de golfeuses savent que ce qui est parfois le plus beau, n’est pas nécessairement le plus simple à jouer, tant et si bien que les lames finissent plus souvent accrochées à un mur, plutôt que dans un sac de golf.

Premier constat quand vous posez côte à côte, les fers MP-18 et MP-20, génération 2018 contre génération 2020, c’est franchement difficile de les distinguer, sans rentrer dans de micro-détails.

Le logo Mizuno a été changé de position, tout comme la mention MP…

Quand on regarde les faces de deux clubs, là, c’est impossible de les distinguer.

Sur les deux clubs, et au niveau du hosel, Mizuno prend le soin de rappeler qu’ils ont été forgés à partir d’une seule pièce (billet) de pure acier carbone 1025 E, et selon la technique dite de « Grain Flow Forged HD » souvent mise en avant par Mizuno pour nous exprimer la haute qualité de fabrication.

En réalité, sur une lame traditionnelle, il n’y a pas vraiment de grandes possibilités d’innover, et de développer de nouvelles technologies, et encore moins en seulement deux ans.

Deux ans, ou même vingt ans… une lame MB reste un club minimaliste qui s’adresse à des golfeurs qui acceptent de perdre en distance, pour au contraire, gagner notablement en précision, et en capacité à travailler des effets ou des trajectoires.

La plupart du temps, ce commentaire limite ces clubs aux meilleurs golfeurs, et j’ai largement fait partie de cette école de pensée, jusqu’à découvrir l’importance de l’offset sur le chemin du club.

Plutôt que de fermer exclusivement ces clubs à seulement des golfeurs ou des golfeuses de moins de 5 d’index, ses lames présentent l’intérêt d’être des vrais clubs de précisions… dans un sport… de précision !

Taper un fer 7 à 160 mètres ne présente pas d’intérêt si la dispersion est de 40 mètres, et quand l’exercice qui vous est demandé consiste à se poser à moins de 10 mètres d’un drapeau, et sur un green généralement pas si profond, et pas si large.

Le gros revers des clubs dit « Super Improvment » avec des lofts plus fermés pour justement générer de la puissance, c’est qu’ils sont très/trop imprécis. On peut taper des coups plus longs, mais aussi plus loin des drapeaux !

Le débat est donc largement ouvert entre distance ou précision, et il s’arbitre sur un autre paramètre : la tolérance des coups décentrés.

Ce dernier argument est souvent fatal aux lames MB ! Les sensations à l’impact, et le résultat du vol de balle sont souvent très décevants pour un golfeur amateur.

Le salut des lames MB passent alors par l’esprit créatif du consommateur qui peut se fabriquer une série COMBO en mêlant différents clubs dans son sac, et c’est justement ce que Mizuno essaie de faire en proposant une lame MP-20, une variante HMB, et une version MMC.

Toutefois, entre ces 3 options, ce n’est pas tout à fait le grand écart.

Sur cette lame MP-20 (Mizuno Player), la principale nouveauté n’est en fait pas visible à l’œil nu.

Sous la face, Mizuno a incorporé une couche supplémentaire de cuivre avant de la recouvrir de Chrome Nickel, et dans le but d’améliorer si possible le toucher.

Bien que je tape des milliers de balles de golf par an, avec des dizaines de clubs différents, l’humilité me force à dire que je suis incapable de ressentir une différence de toucher, entre le MP-18, et le MP-20. Peut-être qu’un golfeur professionnel pourrait arriver à distinguer une toute petite différence ?

Avec ce type de club, le plaisir, c’est de taper une balle au centre de la face, alors que pourtant, on ressent plus vite, et plus souvent une balle décentrée.

Mizuno affirme s’être inspirée de son ancienne lame TN87 (sortie en 1988) pour dessiner ce nouveau club.

Toujours au chapitre des changements, Mizuno aurait réduit l’épaisseur de la topline de près de 0,05 mm sur le fer 3 et de 0,15 mm sur le pitch, pour satisfaire les golfeurs professionnels (Casey et Donald en tête).

Sur des valeurs aussi petites, à l’œil nu, c’est imperceptible.

Enfin, s’agissant du dessin global de la tête, Mizuno a essayé de travailler sur une relative stabilité supplémentaire avec une semelle plus cambrée et un déplacement de la masse pour rendre les coups plus tolérants quand tapés haut ou bas dans la face, et sans déformer la ligne traditionnelle d’une Muscle Back, autant dire que c’est à nouveau un changement seulement marginal, et difficilement perceptible.

En fait, le changement le plus visible réalisé par Mizuno rappelle des stratégies plutôt américaines, entre le MP-18, et le MP-20, ils ont surtout allongé les manches !

Entre le fer 4 MP-18, et le fer 4 MP-20, il y a bien un écart objectivement mesurable d’un quart de inches (0,25 inches) !

Sans doute un objectif de gains de vitesse de swing, et un gain de distance espéré !

Revers de la médaille, plus on allonge un manche de lame MB, et plus on réduit la précision…

Premier test et comparaison MP-18 versus MP-20

Grâce au fait que Mizuno est l’une des seules marques à envoyer des fers, et les laisser à JeudeGolf, je peux donc comparer des données objectives sur les clubs.

Seul bémol, entre 2017 et 2019, Mizuno a légèrement changé la composition de la demi-série de tests : Fers 4, 7 et pitch en MP-18, et 4,6,8 et pitch en MP-20.

Cependant, si on s’intéresse aux fers 4, on peut constater que l’allongement du manche pourrait théoriquement joué un rôle sur l’augmentation de la vitesse de swing (+3 mp/h).

Quand je regarde les données du tableau ci-dessus, je ne peux constater qu’une nette amélioration de mes performances avec le MP-20 versus le MP-18.

Cela étant, il s’agit d’une comparaison entre deux tests réalisés à deux ans d’intervalles.

J’ai refait le test des deux fers 4 MP-18 et MP-20, au même moment, et dans les mêmes conditions. En suivant un protocole identique, de set-up et de swing, et avec la même balle, pour parvenir à un résultat différent, et instructif.

J’en suis arrivé à la conclusion que le quart de inch supplémentaire sur le manche du MP-20 était contre-productif.

Cela me gêne dans ma régularité, et entrave ma vitesse de swing, en même temps que de détériorer mon niveau de précision.

Avec le fer 4 MP-18, j’obtiens une vitesse de balle de 110 mp/h et un smash factor de 1.31.

Avec le MP-20, sur 10 balles dans les deux cas, je ne fais pas mieux en vitesse de balle (110 mp/h).

Vous noterez que selon le Trackman 4, je ne centre pas parfaitement la balle au centre du sweet spot. Je pourrais donc optimiser encore le smash factor.

Finalement, et alors que les deux clubs sont montés sur le même manche True Temper Dynamic Gold S300, le MP-20 ne favorise pas une distance plus longue.

En résumé, les deux clubs produisent des résultats équivalents.

Sur le marché, vous pourrez trouver une MP-18 neuve pour 25% moins chère par rapport à la nouvelle MP-20. La bonne opération pour les fans de la marque, c’est peut-être de reconsidérer la MP-18, tout aussi belle, et donc toute aussi performante.

Si vous voulez partir sur la MP-20, vérifiez pur vous la longueur des manches, sachant que Mizuno permet largement de fitter les clubs, et notamment d’ajuster le choix des manches, et leurs longueurs.

Certains de mes confrères arguent que ces clubs donnent trop de spin. Je suis en désaccord. Au contraire, une MP donne justement le bon niveau de spin. Notez que dans les deux cas, j’ai obtenu 3980 tours de spin avec un fer 4, et ce, malgré une vitesse de swing qui n’est pas celle d’un professionnel !

Effectivement, quand vous optez pour ce type de clubs, vous renoncez à de la distance ajoutée de manière artificielle, mais vous cherchez la précision absolue.

Précision qui sera fournie par l’angle d’atterrissage plus prononcée (loft du club), et par un spin élevé.

Il n’en demeure pas moins exact que le moindre coup décentré n’est pas pardonné !

En deux ans, alors que la part des clubs Mizuno stockés en magasin a au moins été divisée par deux, la part de marché n’a que légèrement reculé en France. Mizuno reste en queue de peloton pour les ventes de fers en France, toujours scotchée à son image de clubs pour bons joueurs.

La nouvelle MP-20 ne devrait pas changer cet état de fait.

Je ne déconseille pas de jouer avec ces clubs, car, au contraire, il faudra en passer par là quand on aspire à notablement progresser. La précision reste le but ultime du joueur de golf.

Simplement, l’époque est très/trop influencée par la distance à tout prix.

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