Guide de choix 2021 des séries de fers dites « Player » et « Large Cavity Back »

Il y a quelques années, sur JeudeGolf, nous avions vu l’émergence d’une nouvelle catégorie de fers forgés beaucoup plus tolérants que ce qui existait déjà. Un peu comme le canada dry, cela devait ressembler à un club pour bon joueur, sans pour autant être aussi exigeant. Alors que la profession ne donnait pas réellement de nom à ces clubs, depuis devenu une véritable catégorie à part entière, nous parlions alors tout simplement de « forgés tolérants ». Depuis quelques mois, sur JeudeGolf, nous avons revu la définition et utilisons dorénavant la terminologie de « Large cavity back » où on retrouve le nouveau Callaway Apex 21, le Mizuno MP-20 MMC ou encore le TaylorMade P790. Cette catégorie est devenue si populaire auprès des amateurs, que chaque marque a désormais au moins une série à proposer…

C'est quoi une série de fers Large Cavity Back ?

Srixon a quelque part ouvert la voie avec la série Z545, puis Mizuno a suivi avec les versions MMC de ses lames forgées… Les marques japonaises ont été les premières à présenter au marché des clubs forgés, tout ou partie, avec des lofts plus fermés, des offsets plus marqués, et des semelles plus larges.

Le but était de séduire des bons joueurs en délicatesse avec les difficiles lames MB ou CB ou plus encore, d’interpeller les joueurs en progressions, et désireux de passer au forgé, sans être encore tout à fait certain de pouvoir s’y frotter.

Cette catégorie a pourtant connu son véritable envol avec l’arrivée sur le marché de la série TaylorMade P790, qui a même réussi à se hisser à la première place des séries les plus vendues en France ! C’était une première pour une série de cette catégorie, et alors que jusqu’à présent, les consommateurs plébiscitaient sans le savoir des séries dites « Improvment », des clubs le plus souvent moulés…

Avec cette nouvelle catégorie dite Large Cavity Back, les marques ont exploré une nouvelle manière de parler aux consommateurs, et répondu à un besoin jusque-là latent : Des beaux clubs qui restent techniquement abordables.

Dans cette catégorie, le loft moyen d’un fer 7 se situe autour de 30,5 degrés quand pour un Cavity Back classique, il est plutôt de 33 degrés, et même 34 ou 35 degrés pour un Muscle Back.

L’écart de loft est donc très important, très marqué par rapport aux clubs forgés les plus pointus, et par conséquent, les utilisateurs découvrent ou redécouvrent des smash factor élevés, tout en ayant l’impression de jouer des « forgés » comme les meilleurs joueurs de leurs clubs.

Ils font d’ailleurs parfois un raccourci quand ils jouent sur le parcours, et demandent à leur voisin qui utilisent des clubs classiques (MB ou CB) : J’ai été aussi long que toi avec ton fer 7 ! ils oublient qu’ils ne comparent plus tout à fait un fer 7 avec un fer 7. Les 2,5 degrés de moins rentrent dans le calcul de la distance couplé avec une largeur de semelle qui peut être largement le double d’une cavity back classique.

Cet exemple, pour dire que clairement entre une Large Cavity Back telle que la TaylorMade P790 et une TaylorMade P770 ou P7MC, il y a clairement un gap de distance à numéro de club équivalent.

Cela étant, comme à toute médaille, il y a un revers…malgré le discours des marques sur la hauteur de trajectoire, ce type de « Large Cavity Back » n’est pas ou n’est plus un club de précision !

C’est un club de « smash factor » pour des golfeurs qui commencent à être des bons frappeurs de balles, et constatent un véritable gain de distance.

Au lieu de « smasher » leur fer 7 à un niveau idéal de 1.33, ils vont constater des smash factor de 1.36 ou plus, ce qui va se faire conjointement, et au détriment de la hauteur de balle.

Moins de hauteur de balle par rapport à une CB ou MB classique, c’est irrémédiablement moins de contrôle de profondeur des trajectoires de balles, des balles qui tombent de moins haut, et avec beaucoup moins de spin…

Ce qui est gagné en roule, est perdu en capacité à poser la balle rapidement, et surtout l’arrêter rapidement sur un green.

En conséquence, dans la vie d’un golfeur, un club Large Cavity Back ne peut être qu’un passage…une étape vers un club plus précis ou à l’inverse pour un golfeur vieillissant, un dernier arrêt avant de partir dans l’autre sens, vers des clubs encore plus larges et avec des lofts plus fermés…

Pour un golfeur en progression, et à en juger par la vitesse à laquelle les amateurs améliorent leur index, c’est peut-être une série qui va rester dans le sac, entre deux et cinq ans.

En définitive, si ce type de clubs n’est vraiment qu’un passage dans la vie d’un golfeur qui ambitionne de progresser, cette offre était vraiment nécessaire pour atténuer la marche à passer, entre les clubs moulés, et les clubs complètement forgés.

Coup d’œil dans le rétroviseur

Avant de parler de 2021, qu’en-était-il de l’offre 2020 pour ces clubs ?

Le fonctionnement du tableau : Présentation par marque du club correspondant à la catégorie, mention si le produit est « connecté ou pas » avec un système type Arccos, et de quatre caractéristiques imputables à un fer 7 (loft, lie, longueur du manche, et offset), et enfin, mention si le club est décliné pour les femmes.

Sur les 13 marques que nous allons vous présenter au travers des différents articles de cette série de guides, 8 proposaient déjà une solution pour cette catégorie en 2020 !

Comme évoqué plus haut, le loft moyen constaté sur un fer 7 était de 30,5 degrés en moyenne, avec des manches d’une longueur standard de 37 inches.

Concernant l’offset, l’autre argument discriminant pour choisir une série de ce type, il était en moyenne autour de 3 millimètres.

A titre de comparaison, sur une série Cavity Back classique, le niveau d’offset moyen était plutôt autour de 2,6 millimètres.

Plus on s’éloigne de la lame Muscle Back, et plus on cherche à aider les golfeurs amateurs contre le slice, et un chemin de club peut-être un peu trop extérieur-intérieur.

A partir de cette catégorie de clubs, vous, les amateurs, devez commencer à être plus vigilants sur la notion de « forgée »

Pour les marques, inscrire « forgé » ou pas sur la tête peut avoir une incidence tout à fait radicale sur les ventes. Clairement, les golfeurs qui s’intéressent à ces clubs en font un critère de choix numéro 1.

Le problème, c’est que l’on peut inscrire « forgé », et ne forger que le corps de la tête ou que la face, et pas tout le club en entier.

Il ne faut jamais oublier que le forgé, ce n’est pas une mode ou un art de vivre, c’est une réponse bien précise et technique. Un club 100% forgé, au-delà du touché, c’est un club facilement ajustable en lie, et en loft, pour parfaitement coller aux spécificités de swing de son futur utilisateur.

Quand la lame seule est forgée, et pas la tête, le golfeur perd en fait le gros intérêt de choisir ce club. Il ne pourra pas facilement et après son achat, changer le loft et le lie, en fonction de l’évolution de son swing.

D’une certaine manière, un club qui n’est pas complètement forgé, cela perd beaucoup de son intérêt… or dans cette catégorie, il faut lire entre les lignes, et les Astérix du contrat…Plus rares sont les clubs 100% forgés…

En 2021

La comparaison 2020-2021 permet d’illustrer le fait que d’une année sur l’autre, les changements au sein des gammes de produits sont très limités.

Toutefois, nous essayons d’augmenter la taille de notre panel, et cette année, nous illustrons en plus Honma qui a fait l’effort de nous présenter sa gamme, ou encore la marque de club de clubfitter Wishon.

Les faits les plus notables

Cette année, Callaway revient avec deux offres, la série APEX 21 et la série APEX DCB 21… peut-être une de trop pour la lisibilité de son offre déjà pléthorique.

En réalité, entre les deux séries, la DCB est la plus tolérante, et facile des deux, mais c’est aussi celle qui ressemble le moins à une véritable Large Cavity Back, et pourrait pratiquement se classer dans la catégorie suivante : Improvment. Le niveau d’offset est plus marqué que sur la série APEX 21, qui elle, est parfaitement dans la définition du genre… Attention, la face du club n’est pas forgée.

C’est aussi une des séries parmi les plus coûteuses de la catégorie, intelligence artificielle oblige ?

Chez Cobra, la KING Forged Tec emprunte les mêmes codes qui ont fait le succès de la TaylorMade P790. La ligne est gourmande à souhait. Si on aime la ligne de la P790, le sentiment sera forcément le même pour ce club très ressemblant. Toutefois, attention au loft encore plus fermé que la norme, ce qui est en fait un club résolument puissant mais moins intéressant pour le contrôle de balle, sauf à trouver un shaft qui lance haut…

Chez Mizuno, la véritable nouveauté, c’est la JPX-921 Forged, parfaitement dans la plaque par rapport à la définition de ce qu’est une Large Cavity Back.

Comparativement à la JPX-919, Mizuno a légèrement revu sa copie pour rivaliser avec les Américains. Les lofts ont été sensiblement baissé d’un degré, et l’offset réduit.

Concernant Honma, entre TR21P ou TR20 X, les différences de caractéristiques sont microscopiques, ce qui n’est pas le cas du prix. La TR21 P est nettement plus coûteuse.

Chez Srixon, on a fait la même erreur de changement de naming que Titleist avait déjà faite en abandonnant les noms AP2 et AP1, pourtant bien identifiés par les golfeurs.

Srixon a profité de la nouvelle année pour abandonner la logique Z545, Z565, Z585… pour couper le nom à ZX5, de sorte qu’on identifie plus aussi facilement que par le passé la catégorie du produit.

Le ZX5 est pourtant le digne successeur d’une ligne de produits qui avait marqué le retour de la marque japonaise en Europe.

Un micro-changement d’offset à noter entre Z585 et ZX5… alors que le changement de look est plus marqué, plus moderne, mais aussi à l’inverse, trop passe partout.

En revanche, côté prix, Srixon se distingue avec le meilleur ratio qualité/prix du segment…sans doute dans le but de redevenir le leader.

Côté TaylorMade, pas de changement justement pour le leader, après le précédent relooking de la P790, qui elle justement avait gardé son nom, sa signature…

Alors que PING n’a pas encore annoncé une nouvelle série dans cette catégorie, ce qui pourrait peut-être arriver en juillet, Titleist serait bien sur le point de dévoiler une nouvelle T200.

Julien Rituit, patron de l’enseigne en France a récemment dévoilé sur sa page Facebook des clichés des nouveaux modèles déjà sur le PGA Tour, et sans doute sur le marché à la rentrée de septembre.

On peut imaginer que PING comme Titleist vont annoncer des choses au moment du British Open.

Le prix : Un véritable critère de choix ?

Pas si sûr, étant donné que toutes les marques se positionnent sur un prix stratégique autour de 180 euros le fer à l’unité. Attention, quand vous comparez les prix des séries, de bien vérifier, si le distributeur vous parler de 5 ou 6 clubs…

A fin juin, la série Cobra et la série Srixon étaient sur le positionnement prix le plus compétitif alors qu’à l’inverse, Callaway et Honma avaient plutôt tendance à monter les prix.

Concernant Titleist, si on peut imaginer que les caractéristiques seront probablement inchangées entre la T200 actuelle et la future, rien n’indique qu’il en sera de même pour le prix…et compte tenu des tensions d’approvisionnements actuellement sur le marché.

Le véritable critère de choix pourrait être au contraire le délai d’approvisionnement.

Article à suivre : Les séries de fers Improvment standards

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