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Fers XXIO 10

Suite du sujet consacré à la présentation des nouveaux clubs XXIO 10 découvert pour la première fois au Golf de Toulouse Seilh fin novembre. Alors que le fabricant japonais avait mis l’accent sur la présentation de son nouveau driver et son nouveau principe technologique, le true focus impact technology, intéressons-nous à ce principe technique décliné sur la série de fers.

Comment améliorer la distance, et la précision sur une série de fers ? Autant sur un driver, on peut considérer que par certains procédés technologiques, on peut modifier les performances, autant sur une série de fers, mis à part un fitting plus pointu, c’est tout de même un résultat délicat à atteindre.

Alors comment XXIO compte y parvenir avec la série numéro 10 ?

Plus de distance avec les fers XXIO 10...

S’agissant de la distance, la marque met en avant l’usage de nouveaux matériaux pour travailler sur l’augmentation de la hauteur de trajectoire, et ainsi le carry donné à la balle.

La face forgée en titane est le premier argument mis en avant alors qu’en second, du tungstène nickel a été ajouté dans le corps intérieur de la semelle, pour abaisser le centre de gravité.

Par rapport à l’acier, le titane présente deux avantages non négligeables : La vitesse de balle augmente du fait d’une meilleure réponse à l’impact avec ce matériau, et de plus, selon les fabricants, le titane permet d’augmenter sensiblement la taille du sweet spot.

Pour ma part, j’aurai plutôt tendance à dire que le sweet spot étant d’une largeur comparable à une tête d’épingle, c’est plutôt la réponse globale de la face qui est plus tolérante, soutenue par une taille de tête plus large et plus lourde, ce qui favorise le ratio vitesse de balle sur vitesse de swing, et donc un smash factor plus élevé.

Des deux principaux arguments mis en avant, c’est surtout le deuxième qui a retenu mon attention, et m’a interrogé.

Les ingénieurs japonais se sont évertués à reculer le plus possible le nouvel insert en tungstène pour favoriser un angle de décollage plus important.

D’abord sceptique, j’ai constaté que les lofts de la nouvelle série japonaise étaient très fermés, ce qui a entraîné une série de questions réponses autour de ce sujet entre Bastien Brepson, directeur commercial de la marque pour l’Europe du Sud, Nicolas Marchand, responsable presse, et moi-même.

On a déjà vu par le passé, et même récent, des marques tout simplement fermées les lofts pour clamer un gain de distance. Ainsi, en transformant un fer 7 en fer 5, vous pouviez effectivement gagner de la distance.

Ce ne serait pas choquant outre-mesure si cela ne posait pas deux contreparties : La première, l’angle de décollage de la balle se réduisant… l’angle d’atterrissage peut potentiellement se réduire, et rendre moins facile le contrôle de profondeur, alors que deuxième problème, un fer 3 ou 4 sous la barre des 23 degrés de lofts devient franchement difficile à jouer pour un index inférieur à 10, soit une grande majorité de golfeurs.

Or, la plupart du temps, les bons joueurs ne sont pas intéressés par des clubs avec des lofts très fermés, et des semelles très larges.

Dans le cas de XXIO, une fois le débat posé sur la table, l’argumentation de mes interlocuteurs a tourné autour de l’équilibre !

L’équilibre entre l’ajout de ce poids en tungstène dans la semelle, et à un point reculé à son maximum pour lancer plus haut, et la fermeture du loft.

Si le loft n’avait pas été fermé, cet ajout de poids supplémentaire aurait entraîné une trajectoire bien trop haute, et contraire à l’effet recherché.

Le fait de fermer conjointement le loft permettait selon eux de maintenir une forme de trajectoire cohérente, tout en bénéficiant de meilleures conditions de lancements.

Sans toujours parler du fer 7, après tout une série est composée de plusieurs clubs, le poids en tungstène est progressif selon les lofts.

Chaque poids présente un dessin et une densité unique pour définir une position du centre de gravité optimale.

La composition de la série...

La série XXIO 10 se décline donc du fer 4 au sandwedge, respectivement des lofts 21 à 56 degrés.

Moins spectaculaire par rapport au driver, mais tout de même notable, le fer 5 ne pèse que 350 grammes avec un shaft graphite, et 387 grammes avec un shaft acier pour un équilibrage en D0 sur manche en graphite stiff ou stiff regular, C9 pour un manche en regular.

Sur ce type de têtes, c’est bien plus l’attrait du graphite qui est mis en avant par rapport à un manche en acier.

Pour la série XXIO 10, on me présente le MP1000, qui en graphite pèse de 52 à 49 grammes du stiff au regular, tandis qu’en acier, le poids monte de 89 à 85 grammes entre stiff et regular.

Le torque est d’ailleurs distinct entre graphite et acier, puisque pour le second, selon la rigidité du manche, il oscille entre 3.0 et 3.1 alors qu’en graphite, il est plutôt variable entre 3.7 et 3.9, ce que j’ai pu ressentir une fois sur le parcours.

En effet, suite à la présentation théorique des clubs au siège de Airbus Corporate Jet, j’ai pu tester une série XXIO 10 sur le parcours de Toulouse Seilh.

Sur le parcours avec les XXIO 10...

Après une mise en route difficile, manquant de repères avec ces nouveaux clubs, j’ai progressivement appris à les apprécier, sachant que je ne joue pas habituellement du graphite, et surtout aussi léger.

Toutefois, je précise que si j’ai eu besoin de un ou deux trous pour me mettre dans le bain, c’est plus pour des raisons golfiques classiques comme un manque d’échauffement et de concentration qu’en raison des clubs eux-mêmes.

Au contraire, ma première expérience avec les XXIO 10 a été plutôt de nature à me convaincre, alors que je dois admettre que je ne me sens pas nécessairement concerné par ce type de clubs au premier chef.

Au fur et à mesure de la partie, j’ai trouvé des fers longs et précis, et j’ai même eu la sensation de taper d’excellents coups.

Sur le trou numéro 9, un long par 3 à 170 mètres du trou, alors que mes partenaires qui testaient aussi la série avaient opté pour des hybrides, il m’a paru opportun de jouer le fer 5.

J’ai posé la balle sur le green à la distance du drapeau, et seulement 4 mètres à droite pour enchaîner par un seul putt derrière. Après plusieurs bons coups de fers avec cette série, j’aurai du mal à dire que je ne l’ai pas apprécié !

J’ai surtout été frappé par les hauteurs de trajectoires, alors que pourtant deux heures avant je ferraillais avec mes interlocuteurs concernant cette question des lofts fermés.

Je n’ai pas écrit tout de suite ces lignes, pour rentrer à Lyon, et tester la série sur manche graphite regular avec le Trackman 4, afin de vérifier le niveau de performance réel.

Test complet...

J’ai procédé à deux tests : Un premier en indoor avec une balle Srixon Z-Star (comme d’usage), et un second en outdoor avec des balles de practices normalisées comme des balles premiums.

Entre les deux tests, j’ai principalement constaté un écart de vitesse de swing de ma part de l’ordre de 5 mph en faveur du test en extérieur.

Il est possible qu’inconsciemment, et comme beaucoup de golfeurs, je tape plus libéré et plus vite en extérieur par rapport à une cabine de frappe indoor.

Entre les deux séances, finalement, les ratios de smash factor entre une balle premium et une balle de practice normalisée premium ont été très similaires.

C’est surtout le ratio de distance produite par rapport à la vitesse de swing qui a été meilleur avec la véritable bonne balle, celle-ci prenant moins de spin que la balle de practice, même en normalisant les données du radar (ce qui consiste à recalculer la performance d’une balle de practice en appliquant les valeurs hypothétiques d’une bonne balle de jeu).

Bref, le fer 5 avec un loft de 23 degrés m’a apporté une distance de 150 mètres au carry et 167 mètres avec la roule, et pour les meilleures jusqu’à 171 mètres, soit ce que j’avais produit à Seilh.

Qu’en est-il de l’angle de lancement et d’un hypothétique gain de distance ?

J’ai eu l’opportunité de tester récemment la série Cobra KING F-Max avec notamment un fer 5 d’un loft presque plus conventionnel à 25 degrés, tout comme j’ai aussi testé un fer 5 Cleveland CBX Launcher de 23 degrés.

Comparativement, et dans les mêmes conditions en outdoor, le XXIO 10 lance effectivement sur un angle plus tendu (soit 16 degrés contre 18 degrés pour les deux autres fers cités).

Ceci étant, ce n’était pas eaxctement l’angle de lancement que j’avais eu le temps de voir sur le parcours de Seilh. C’est même impossible à l’œil nu. C’était plutôt la hauteur de la balle à son point maximum que j’avais pu apercevoir.

Avec le trackman 4, sur une série de plusieurs coups au fer 5, j’ai pu observer une balle qui atteignait en moyenne son point le plus haut autour de 22 mètres (avec une balle Srixon Z-STAR).

A titre de comparaison, avec le F-Max, la hauteur de balle était de 21 mètres. Cela ne parait pas beaucoup comme écart. Cependant, le XXIO 10 est fermé à 23 degrés quand le F-Max fer 5 est fermé à 25 degrés.

Autrement dit, j’ai la réponse à ma question. Malgré un loft plus fermé, le fer 5 XXIO 10 n’amène pas la balle moins haute qu’un autre club.

Autre comparaison, avec le CBX Launcher de Cleveland, la hauteur de balle du fer 5 est de 20 mètres, toujours sur un manche graphite.

Alors quelle incidence sur le contrôle de profondeur ?

Pour y répondre, je suis plus à l’aise avec le fer 7 qui sert plus souvent de valeur repère.

Dans le cas du fer 7, si l’angle de décollage constaté a été de 20 degrés, l’angle d’atterrissage a été de 45 degrés, soit 2 degrés de moins qu’une bonne lame qui donne assez de spin pour arrêter très rapidement la balle.

S’agissant du spin, j’ai enregistré une moyenne de 5800 tours avec le fer 7 XXIO 10, ce qui est plus comparable à une valeur de lame fer 6.

Autrement dit, ce n’est pas extravagant, mais bien logique. Le XXIO 10 ne peut pas prétendre donner un rendement de lames en termes de contrôle avec une lame d'un loft fermé à 35 degrés.

Si je suis bien incapable de sérieusement quantifier la précision d’une série de clubs, et confirmer si justement elle est plus précise en termes de moindre dispersion, en faisant la part des clubs par rapport aux joueurs, en comparaison de la série F-Max de Cobra, oui, j’ai trouvé de meilleurs ratios en termes de smash factor et ratio d’efficacité.

Au début de cet article, la question posée était « comment augmenter distance et précision ? »

En conclusion, je comprends la logique du fabricant japonais qui améliore sensiblement le smash factor et la puissance ressentie à travers un loft plus fermé et un centre de gravité reculé.

Si sur la précision, je pense difficile de faire la part des choses entre club et joueur, pour la distance, j’ai effectivement constaté que les balles atteignaient un point haut plus élevé par rapport à d’autres séries.

Me concernant, étant plutôt un joueur d’acier et plutôt lourd, le manche graphite regular léger n’est pas nécessairement mon premier choix, même si j’ai eu une franche sensation de facilité.

Sans doute en contrepartie trop léger pour moi, ce set-up ne m’a pas permis de swinguer à ma vitesse maximum. Il faudra compléter cet essai par celui d’un senior…

Sans aller plus loin dans l’analyse, je distingue pour un senior un véritable débat/choix entre manche léger ou lourd, entre smash factor plus élevé et endurance sur 18 trous.

XXIO veut sans doute répondre à la demande de ceux qui à près de 70 ans, veulent maintenir de la distance, tout en éprouvant moins de fatigue à la fin du parcours.

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